Dim, 7 Février 2016 - Week-end d'angoisse

Publié le par JaneDo

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Dim, 7 Février 2016 - Week-end d'angoisse

Hun! Pascal avait dit qu'il m'appellerait, mais il ne l'a pas fait. Caro et moi avions fait des kilomètres dans tous les sens, cherché partout où il pouvait être. Même été vérifié le tableau de ses matchs. Caroline a même eu le courage d'appeler Varios, le groupe dans lequel Pascal joue de temps à autre.

Dès que Varios a répondu, on a su que le groupe n'était pas en concert. Apparemment, ils étaient à la salle de répète. Chaque fois qu'on partait d'un endroit pour aller ailleurs, on avait un petit pincement; la peur de se croiser, de se louper. Que Pascal était peut-être en chemin pour l'endroit qu'on venait de quitter. Alors, parfois, on repassait en vitesse, scrutant les voitures, vérifiant tous les petits chemins où il était possible de parquer. Surtout aux endroits où Caro avait repéré certains des copains à Pascal.

J'ai comme un poing au cœur, je me demande si Caro ressentait la même chose? C'était lamentable d'être en train de tourner comme des hélices pour chercher quelqu'un qui n'avait apparemment pas envi de nous voir. On est même passé chez lui plusieurs fois. Pas là.

J'ai contrôler mon piège et remarqué qu'il n'était même pas repassé chez lui pendant toutes nos recherches. Je ne sais pas pourquoi, mais j'étais certaine qu'on finirait pas tomber sur lui ce soir.

Mais j'avais dû trop espérer. On a abandonné vers 5h du matin. On était complètement épuisé. Et triste. Ça se voyait sur notre visage et on ne se donnait même pas la peine de le cacher. Après tout, on était dans le même bateau. Tout comme moi, elle aurait été soulagée de le retrouver.

J'ai pris un café avec Caro, question de me réveiller un peu avant de rentrer. Tout comme moi, Caro essayait de ne pas montrer qu'elle était triste. On s'est copieusement lamenté sur notre sort. Et bien sûr, on a parlé d'Olivia.

Caroline avait l'impression qu'Olivia était une manipulatrice. Qu'elle avait l'air d'être aux commandes avec Pascal. Je n'arrivais pas à croire qu'il se laisserait mener par le bout du nez aussi facilement. Mais bon, les hommes sont de grands idiots. Ils ne sont pas capables de voir un éléphant si une jolie miss est assise dessus!

A propos d'Olivia, si je me rappelle de ce que je connais d'elle, et de ce que j'ai vu, je crois que Caroline a raison. Ça m'a foutu les boules. J'aurai peut-être dû réagir avant au lieu de rester en retrait. Ça me rendait folle de n'avoir pas vu ce qui allait arriver.

L'idée qu'il était avec une autre fille, ou avec elle, me rendait dingue...

Et ça me rendait folle que Pascal m'ait menée en bateau, en me donnant l'impression que tout allait bien, qu'on était OK. Est-ce que je me suis faite avoir? M'avait-il bercée d'illusion pour que je n'intervienne pas? Pour que je ne me doute de rien? Est-ce que c'était trop tard? J'ai peur. Et mal au cœur.

Comment avait-il pu me faire ça. C'était sans cœur, moche. A cet instant, je le détestais et avais envie de lui faire du mal. C'était seulement comme ça que mon mal disparaîtrait.

Avant de rentrer, je suis passée encore une fois chez Pascal. La feuille était par terre, elle était tombée. Donc, il était rentré. Coup de poignard dans le cœur. Larmes. Dire que Pascal ne m'avait même pas appelée et qu'il m'avait menti. Avec qui avait-il passé la soirée? Ou avait-il été? En plus pour rentrer aussi tard?

Dimanche de merde. Je n'ai presque pas dormi, j'ai une tête à faire peur. Toute la journée avec un point dans l'estomac, avoir l'impression que quelqu'un m'écrabouille le cœur. J'ai froid et je n'arrive pas à me réchauffer. J'ai vraiment peur. Je suis à fleur de peau. La moindre chose me fait fondre en larmes.

Si ça m'arrive devant quelqu'un, je prétends avoir quelque chose dans l’œil. De toute façon, avec mes yeux enflés, ça passe comme une lettre à la poste. Qui pourrait imaginer que, moi, je puisse pleurer.

Je suis la reine du faire semblant; je souris, et si mon sourire se termine en larmes, qu'importe, c'est ce truc dans l’œil qui fait que j'ai les larmes qui coulent. Dire que ça marche... il n'y a donc personne qui me connaît mieux que ça? Je me sentais si seule. Personne à qui parler. Je pourrais passer chez Caroline, mais... on risque de passer la journée à chialer!

Caroline m'avait appelée dans la matinée. Évidemment que je ne dormais pas. Elle était excitée parce qu'elle avait vu sa voiture. Moi je l'avais vu en partant de chez elle. J'aurai dû avertir Caro quand même. Arf, j'ai honte d'avoir été égoïste et garder l'info pour moi.

Elle aurait voulu aller sonner, mais Pascal ne lui avait pas dit non plus qu'il était là. Il lui avait aussi fait croire qu'il serait à Londres avec sa femme et les autres. C'est pour ça qu'il ne voulait pas qu'elle l'appelle. Elle aussi avait fait semblant d'y croire, même si elle savait déjà que ce n'était pas vrai...

Mais, Pascal n'était pas assez stupide pour penser que Caroline ne passerait pas chez lui, si?

Quant Caroline était repassée en début d'après-midi, Pascal était reparti. Elle avait eu l'idée de lui déposer une boîte de chocolat devant sa porte, question de le culpabiliser un peu, et lui faire penser à elle. Maligne! J'aurai même pas eu l'idée moi! Frustrée et dégoûtée, elle a balancé la boîte au bord du lac. Si quelqu'un en voulait qu'il se fasse plaisir. Elle a sauté dans sa voiture et été faire la tournée des amis à Pascal. On ne savait pas où habitait Olivia, elle venait de déménager pour se rapprocher de son travail.

Caro a aussi été voir chez Michael, l'endroit le plus probable un dimanche après-midi. Il n'y avait personne, Michael était à Londres. Puis chez Paul, qui était aussi avec les autres en Angleterre, un endroit où Pascal aurait pu se réfugier. Mais non, il n'y était pas non plus. Désillusionnée, ne sachant plus où regarder, se sentant seule, elle a fini par déclarer forfait.

Pascal ne m'a appelée que dimanche soir!!! Juste avant que sa femme ne rentre. Quel salaud. J'ai failli ne pas répondre, mais je voulais l'entendre pour voir si j'aurai pu soupçonner quelque chose. J'aurai pu lui demander ce qu'il avait fait de sa soirée de vendredi et samedi, mais je ne voulais pas entendre ses mensonges.

Et qu'est-ce qu'il avait fait tout le dimanche hein?

J'ai écouté attentivement le ton de sa voix, pour voir si je percevais sa trahison. Presque pas. Si je ne savais pas, je n'aurai rien remarqué. Tandis que là, je sentais bien qu'il choisissait ses mots. Faisait tout pour ne pas avoir à mentir. Donc, il évitait de se trouver coincé. Genre, me raconter ce qu'il faisait, ce qu'il avait visité, comment se passait son voyage à Londres.

J'évitais aussi, parce que je savais qu'il mentirait s'il était coincé. Donc, quant je lui demandais comment ça allait, il me disait qu'il était crevé. Qu'il ne pouvait pas rester longtemps au téléphone; il ne voulait pas que Jess le surprenne en train de m'appeler!!!

Ce qui n'était pas un mensonge, c'était juste travestir la vérité; si je le croyais à Londres, forcément, Jess pouvait à tout moment le surprendre à me parler. Mais, comme il n'y était pas, et qu'elle devait surement bientôt arriver, ça restait vrai; elle ne devait pas non plus le surprendre avec moi à l'autre bout du téléphone.

Bref, si je n'avais rien su, je me serais faite avoir comme un bleu... Ça me rend triste de voir qu'il commence à être très fort pour camoufler les choses. Comme pour Londres; il ne m'a jamais dit qu'il y allait, c'est moi toute seule qui l'ait déduit d'après ce qu'il me racontait.

Pascal ne m'a jamais dit "on part demain", mais "Ethan sera à l'hôtel demain matin". Même quant je lui ai demandé si ça n'aurait pas été plus malin d'arriver à Londres le vendredi soir, il m'a juste répondu, que c'était "ce que Thomas et Ethan ont convenu"... Malin! C'est moi qui en ait déduit qu'ils allaient tous à Londres, lui avec... Je suis furax d'avoir été aussi stupide.

Maintenant que je l'ai eu au téléphone, j'ai bien senti la différence. Et c'est seulement parce que je savais, que j'ai remarqué qu'il évitait le sujet ou évitait d'explicitement mentionné sa femme ou Thomas, ou même Londres.

Il était chez lui et regardait probablement en direction du jardin. S'il avait été à l'hôtel, avec sa femme dans les parages, il m'aurait appelée depuis la salle de bains, ou encore dans le hall de l'entrée en surveillant les ascenseurs. J'aurai entendu du monde circuler, ou le bruit des ascenseurs. Tandis que là, sachant qu'il était chez lui, je l'entendais bouger librement, pas de bip d'un ascenseur, ni de bruits de voitures, etc...

Si j'avais voulu le mettre mal à l'aise, j'aurai couru chez lui, l'appeler depuis l'extérieur et me pointer devant son nez, alors qu'il essayait si savamment de me mener en bateau. Mais, à quoi cela aurait-il servi? Ce n'était certainement pas une très bonne idée. Du moment que je le mettais au pied du mur, il aurait dû avouer qu'il n'avait pas été en UK, et peut-être même ce qu'il avait fait ces jours-ci? Ou avec qui? Non, je ne voulais pas le savoir.

Tant qu'il pensait que je gobais ses histoires, il ferait tout pour protéger son secret et du coup, me protéger d'avoir mal.Tant qu'il pensait que je ne savais rien, c'était à moi de jouer. A moi de trouver la solution pour le ramener...

Je me sentais malade, fatiguée. J'ai peur, mal au cœur. Raide de chez raide. Il faut que je me secoue, que je remue mes méninges. Si je continue comme ça, c'était perdu d'avance. On dit toujours qu'un homme averti en vaut deux. Il faut que je retrousse mes manches et me prépare pour le combat. Je ne vais pas laisser cette garce voler l'homme que j'aime sans rien faire.

Olivia ne sait pas à qui elle a à faire. Il faut que Pascal ignore que je sais tout. Va falloir que je parle à Caroline. Elle a pas intérêt à parler. Si Olivia pense que je suis une petite conne qu'elle va pouvoir pousser de côté, elle me connait mal !

Et lui, Pascal, il va le regretter amèrement. Mais pas tout de suite. Chaque chose en son temps!

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------Publié le 30/03/2019 21:20

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