15 au 30 juin 2016 - J'avance à pas de fourmi!

Publié le par JaneDo


15 au 30 juin 2016 - J'avance à pas de fourmi!

Il ne se passe pas grand chose. C'est l'été bordel, je veux le voir plus qu'une fois tous les 7 en 14 :(( Je me dessèche d'impatience, pourtant, je sais que je dois laisser un peu d'espace, et le laisser venir à moi. Je ne dois pas me précipiter à chaque occasion comme une affamée du désert qui cherche une d'eau. La patience n'est pas une de mes vertus!!!

Donc, je me balade avec une angoisse latente qui me colle à la peau toute la journée, tout le temps. Même quant je vais me coucher. Je me sens tendue, je crois que j'ai aussi peur, pour tout un tas de raisons. Je n'arrive même pas à bosser comme il faut.

Ma tête n'arrête pas de penser à lui; qu'est-ce qu'il fait, est-ce qu'il pense à moi, pourquoi est-ce qu'il ne m'appelle pas, pourquoi il n'insiste pas plus pour qu'on se voit... hahhhpoufff! Crevant.

Caroline avait dit à Pascal que je ne venais pas au concert du groupe. Comme elle me l’avait expliqué, c'était censé être une surprise, elle voulait voir la tête qu'il ferait. Je n'aimais pas trop l'idée, comme je déteste les surprises, je rechigne à en imposer aux autres. Mais bon, ça ira pour cette fois, j'avais aussi envie de voir la tête qu'il ferait.

En partant de chez lui, il m'avait envoyé un message pour me dire que sa femme ne venait pas. C'est vrai, elle détestait être entassé, dans une salle basique, avec un tas de gens ordinaires. Elle n'aimait pas le petit peuple sans le sous. Elle doit sûrement savoir que je n'ai pas un compte en banque bien nourri (fourni) comme eux. C'est peut-être pour ça qu'elle ne m'aime pas beaucoup.

En franchissant la porte de la salle, j'ai cherché du regard des têtes familières. J'ai immédiatement aperçu Caroline, un verre à la main, me faisant de grands signes, au cas où je l'avais pas vue. Sa robe décolletée, blanche avec des brillants, était difficile à manquer.

J'aimais bien voir ses concerts, mais ce soir, je n'éprouvais que de la gêne et le sentiment désagréable d’être une usurpatrice, profitant bassement de l'absence de la femme à Pascal. Paul et quelques autres copains que je ne connais pas naviguaient autour de la même table. Je subis sans broncher les remarques convenues et peu amusantes, avec le sourire. J'ai presque poussé un soupir de soulagement quant la salle s'est éteint pour l'arrivée du groupe.

Pascal s'est installé, comme à son habitude, un peu en retrait et était occupé à faire les derniers réglages sur sa guitare. Au fait, jouait-il de la basse ou de la guitare ce soir??? Aucune idée. Tout à l'heure, j'éviterai les discussions qui tourneraient autour de la performance du groupe pour cacher mon ignorance. Varios avait l'habitude de faire une sorte d'interrogation, parce qu'il voulait savoir ce que les gens pensaient.

Ils ont commencé à jouer, et je me suis noyée dans la musique. Parfois, je chantais un peu sans m'en rendre compte, sur les morceaux que j’aimais. Je n'avais d'yeux que pour Pascal. Bien sûr, je regardais de temps en temps les autres, mais mon regard revenait presque aussitôt sur lui. Il était toujours aussi craquant, ignorant totalement tout ce qui n'était pas sa guitare. Il était tellement cool que je tombe encore amoureuse de lui à chaque fois que je pose les yeux sur lui. Oups! Arrête ça ma fille!

L'empêche, je suis toujours médusée par le pouvoir d'attraction qu'il exerce sur le publique féminin. Huh, sur moi aussi. J'avais les jambes en Cotton et le cœur dans la bouche. Une vrai midinette à deux balles. Il me faisait toujours autant d'effet... ou c'était peut-être le fait qu'il jouait de la guitare??

Juste avant la pause, Pascal a enfin levé les yeux dans notre direction. Nos regards se sont croisés l'espace d'une seconde. Il m'a dit plus tard que la surprise l'avait fait rater un accord. Varios lui en avait fait la remarque pendant la pause. Cela ne lui arrivait jamais, heureusement, ce n'était pas grand chose. Personne n'avait dû s'en rendre compte, à part Varios bien sûr.

Le pied géant. La pouffe d'Olivia n'était pas là. Le pied géant. J'ai pu profiter un max de la présence de Pascal. Varios l'a dispensé du rangement des instruments, alors on est tous parti attendre le groupe dans le Pub près de la salle où ils avaient joués. Certains fans avaient suivi. Désagréablement surprise de constater qu'il s'agissait surtout de petite jeunette qui trottaient après les garçons du groupe.

Bref, on a été sans arrêt dérangé par les filles qui passaient lui demander où ils jouaient la semaine suivante et autre. Pascal leur a dit de demander directement à Varios qui allait arriver d'un moment à l'autre. Mais elles restaient là à le bombarder de n'importe quoi pour rester scotcher vers lui. Pfff. Elles voulaient savoir pourquoi Pascal n'était pas là aux concerts précédents, et il a dû leur expliquer, pour la énième fois, qu'il n'était qu'un remplaçant. D'ailleurs, je me demande ce que le guitariste ou bassiste a encore inventé cette fois?

Pas grave, ce soir, j'étais près de lui, je pouvais entendre sa voix, le regarder sourire, rigoler, ses expressions. Bref, j'étais aux anges. Et surtout hyper hyper contente de ne pas voir la pouffe de Olivia.

Hélas, j'avais Caroline dans les pattes. Impossible de lui dire de s'en aller et de me laisser avec Pascal.

J'aurai pu, parce qu'après tout, c'était normal de vouloir rester seule avec ton petit copain, non? Non, je ne pouvais pas lui faire ça. Je me serais sentie embarrassée de jouer les pétasses de service.

Par contre, je regrette de n'avoir pas été assez maligne. Si je n'avais pas été en retard comme d'habitude, j'aurai pu venir avec Caroline, avec sa voiture, et au retour, j'aurai pu rentrer avec Pascal. Tarte!

On est parti les 3 en même temps, vers les 2h du matin, mais chacun dans sa voiture. C'était d'un nul. Une fois en route, Pascal a eu la délicatesse de m'appeler et on est resté au téléphone depuis Vevey. J'ai noté qu'il ne m'a pas proposé de nous arrêter quelque part et... je sais pas... prendre un verre dans un bar. Ah non, les bars ferment à 2h du matin. Et aller en boîte juste pour ça, c'était pas possible.

Mais il aurait pu proposer une ballade en amoureux au bord du lac, ou je sais pas moi... quelque chose... et on aurait pu rester un peu plus longtemps ensemble! Un peu déçue, mais je vais pas faire la fine bouche. J'ai au moins passé la fin de soirée en sa compagnie. Même si on était pas seul, c'était bien quand même.

Personne n'a mentionné le nom d'Olivia. Tant mieux. J'aurai pourtant voulu savoir si il y avait de l'eau dans le gaz... Savoir si mon plan avait fonctionné ou si je devais en remettre une couche!

Je n'ai pas revu Pascal avant le week-end suivant. Thomas avait organisé une grillade le samedi après-midi dans le jardin. Et je dois dire, que s'il n'y avait pas Thomas dans les parages, je me demande quant j'aurai revu Pascal. Brian, avec qui j'avais à nouveau discuté et raconté ce que j'avais fais, m'avait dit de ne pas aller à la grillade.

Sachant que j'irai quand même, parce que je voulais voir Pascal, même de loin, même si je ne pourrais pas l'approcher de trop près. Brian m'a conseillé, si je ne pouvais résister, de faire juste une apparition alors, et de filer dès que je sais que Pascal m'ait vue. Disparaître sans aller vers lui, sans lui parler. Juste ficher le camp. Ensuite, il passera son temps à me chercher du regard, et quant il comprendra que j'étais partie, ça lui fera quelque chose que je ne sois pas aller vers lui, au moins pour lui dire bonjour.

Comme ça, la prochaine fois qu'il me verra quelque part, il se dépêchera de venir vers moi avant que je ne disparaisse... Alors j'ai fais ça. C'était un très bon conseil.

Conseil que j'aurai donné si je n'étais pas impliquée, au point d'être aveuglée. Oui, je l'aurai fais si je n'étais pas complètement à côté de la plaque ces temps.

C'est fou comme on perd la tête quant on est dans l'histoire, et pas en train de regarder de loin. On se laisse emporter par nos envies, au lieu de raisonner. Et on a la tête complètement vide, incapable de fonctionner correctement.

1h après que je sois partie, Pascal a essayé de m'appeler. Il voulait savoir où j'étais passée, pourquoi j'étais partie, etc. Brian m'a conseillé de ne pas répondre.

Si j'y tenais, je pouvais, mais seulement le lendemain, et carrément pas cet après-midi là, ni dans la soirée.

Du coup, dimanche on a passé pas mal de temps à s'envoyer des messages. On ne pouvait pas s'appeler, vu la présence de Jess chez lui. C'était mignon. Il m'a proposé de manger avec lui mardi à midi, mais hélas, je ne pouvais pas, j'étais avec l'équipe de l'agence pour dîner avec un client, une maison de cosmétiques, et je ne pouvais ni repousser, ni annuler.

D'ailleurs, le week-end prochain, je serais à Zurich avec toute l'équipe de créateurs. On est invité à participer à une soirée par la marque. C'est durant cette soirée qu'ils vont présenter les modèles de packaging pour la promotion de leur produit. Un de mes dessins fait parti de la sélection, donc je dois être là-bas. Ils présentent jamais les dessinateurs qui ont fait le travail, mais l'agence.

Je n'ai pas voulu raconter tout ça à Pascal. Je lui ai juste dit que je n'étais pas là. Même pas dit où j'allais ou pourquoi. Il a insisté, mais je suis restée évasive. Je crois que je suis aussi tendue de rester à distance, et d'être loin le week-end et de ne pas savoir ce qu'il fait. Et de ne pas être disponible pour le voir au cas où...

Je crois que ça commence à le titiller un peu... J'ai bien l'impression qu'il voit moins Olivia. Peut-être que ça vient d'elle? Si c'est le cas, je dois occupé la place avant qu'elle ne change d'avis et revienne à la charge. Même chose si ça vient de lui d'ailleurs...

Ou est-ce que je me dis ça parce que je cherche une excuse pour le voir??? Hahh, je sais plus!


Publié le 25/04/2019

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