31 Décembre 2017 (6) - La Saint-Sylvestre

Publié le par JaneDo


31 Décembre 2017  (6) - La Saint-Sylvestre

(Dimanche 31 Décembre 2017 - La Saint-Sylvestre)

A 19h, Caro et moi étions prêtes. On a rejoins le Hall où se déroulait la fête. Magnifique! C'était magnifique. La salle était bondée. Difficile de reconnaître ceux qui faisaient partie de notre groupe. On n'avait aucune idée des costumes qu'ils portaient. Je me sentais moins seule en compagnie de Caro. Mais je savais bien qu'au bout d'un moment, on se perdrait dans la foule, mais au moins, on connaissait nos costumes, donc, on se reconnaîtrait. J'espère....

J'ai parcourus la foule à la recherche de Pascal. Pourquoi je n'avais pas pensé lui demandé ce qu'il avait choisi comme costume? Je ne m'attendais pas à autant de monde, et aussi haut en couleur. Mon costume semblait banal du coup. La plupart des gens portaient des costumes comme au Carnaval de Venise. Très chargés, colorés et des coiffes extraordinaires. Bon, je n'avais pas les mêmes moyens qu'eux, alors mon costume me convenait.

Mais quand même, j'avais l'impression d'être presque nue au milieu de tous ces gens.

Puis je l'ai reconnu. Je connais sa silhouette par cœur. Enfin, je crois. Habillé en Officier, époque du Roi Soleil je pense. Mais, je n'étais pas une connaisseuse. Les masques couvraient entièrement presque tous les visages, comme le mien d'ailleurs, donc je n'étais pas sûre à 100%. Il était avec un autre grand comme lui. Je pense que ce devait être Paul.

Je me suis approchée un peu. Je voulais entendre les voix, si c'était possible. Pas réussi, parce qu'ils se sont tus à notre approche. Il m'a fixé, alors j'ai détourné la tête. Je crois que c'est Pascal. Ils ont commencé à servir les plats qui composaient le Buffet. Et j'avais la dalle. On s'est donc approché du buffet. Hum... pour manger, il fallait soulever un peu nos masques, sinon, que dalle à bouffer!!!

J'ai vu mon officier discuter avec des femmes qui semblaient s'intéresser. Ils riaient, et encore une fois, mon regard à croiser celui de l'officier. J'ai détourné la tête. Puis, j'ai repéré Thomas; habillé en Casanova. Rire, ça lui ressemble bien!

Puis, j'ai senti un bras autour de ma taille. Je me suis retournée violemment prête à repousser l'assaut de l'intrus. Non mais pour qui il se prend celui... Ah! L'officier. L'emmerdement avec ces masques, c'est qu'on ne voit pas si quelqu'un souri, etc. L'Officier m'a prise par la main et m'a entraînée derrière lui. A l'écart, sur un des balconnet, Pascal a soulevé son masque et souri. Diantre, j'adore son sourire. Ça me fiche des palpitations.

C'est quant il a soulevé mon masque que j'ai réalisé que je ne l'avais pas fait. Sans demander ma permission, il a pris mon visage entre ses mains et m'a embrassé. Encore une flambée de chaleur et de palpitations. On s'était retrouvé. Génial.

Il m'avait repérée presque aussitôt. Je lui ai dis que moi aussi. On a ri. J'étais contente. Il m'a entrainée sur la piste pour danser, mais c'était surtout un prétexte pour rester collé l'un à l'autre et s'embrasser. On a dansé. La musique a été coupée pour une annonce, mais je n'ai rien entendu, j'étais aux anges, au paradis, la tête complètement à l'envers.

On faisait une trêve ce soir... Enfin, JE faisais une trêve. Je ne voulais pas gâcher la soirée avec mes récriminations.

Puis, il y a eu un mouvement de foule et on a été séparé. Pfff. J'ai vite retrouvé Caro, j'ai cherché Pascal, mais je ne l'ai pas retrouvé tout de suite. Quant je l'ai vu, il était avec une femme, son bras autour de sa taille m'a indiqué qu'il devait certainement s'agir de sa femme. Je voyais qu'il sondait la foule, donc il me cherchait sans doute.

Comme je savais à quoi il ressemblait, j'ai tenté de profiter un peu de mon anonymat et me balader, faire des connaissances avec des masques. Danser avec des inconnus. Bref, m'amuser un peu.

Fatiguée, j'ai été prendre l'air sur un des petits balcon, tout en regardant les gens s'amuser à l'intérieur. J'ai repéré Caro. Thomas, Paul, puis je crois qu'il devait s'agir de Vania et sa copine. Deux femmes habillées de l'époque Victorienne, engoncées dans des corsets; ce devait être assez désagréable à porter.

En retournant à l'intérieur, j'avais vu la direction qu'elles avaient prise, alors j'ai voulu aller rejoindre Vania et sa copine. Vania portait un demi-masque, donc je l'avais reconnu sans hésitation.

Je suis tombée sur Pascal et Olivia, ils s'embrassaient. Ça m'a fait un choc.

Je suis restée tétanisée à les regarder, les yeux écarquillés. Leurs masques sur la tête, ils se donnaient en spectacle? Après m'avoir embrassée? Salaud. Pascal a levé les yeux et m'a vue. Je crois qu'il a dit quelque chose comme ; "Shit!" (merde). Et s'est précipité vers moi. Mais j'avais déjà tourné les talons et j'essayais de me noyer dans la foule. Trouver un coin pour me cacher... et pleurer. Ça m'avait fait un coup au cœur. J'étais à 2 doigts de m'évanouir. 

Pascal a attrapée mon bras, je l'ai jarté. Il a essayé à nouveau, mais je lui ai dis de me lâcher. Il a prononcé mon nom, mais je lui ai tourné le dos pour m'enfuir. Il s'est alors jeté à genoux en s'accrochant à ma robe. Les gens ont commencé à s’écarter pour regarder. Ils ont dus croire que c'était un spectacle ou une demande en mariage.

Entre les dents, je lui ai dis de se relever de suite et de me lâcher. Il voulait qu'on parle. Que ce n'était pas ce que je croyais... Il me semble avoir déjà entendu ce genre de réplique dans un ou deux mauvais film. Je ne voulais pas lui parler, ni même le voir. Je voulais qu'il me fiche la paix. 

La fête était finie pour moi. Je n'avais qu'une envie, c'était de rentrer, ramasser mes affaires et rentrer chez moi. Qu'il aille se faire cuire un œuf. Il venait de me gâcher la soirée. On ne pouvait pas compter sur lui, il n'était pas sérieux. Chaque fois que je pensais lui donner une chance, il réussissait à la bousiller. Triste à mourir, l'estomac retourné en boule, le cœur en miette, j'en avais assez.

Comme il ne me lâcherait pas avant que je lui dise que j'acceptais de lui parler, je l'ai dis. Quant il s'est relevé, les gens se sont mis à applaudir. Les gens!!! Ils n'avaient aucune idée que j'avais le cœur déchiré, que je vivais les dernières minutes les plus atroces de ma vie... ils applaudissaient! Pascal m'a prise par la main et m'a traînée derrière lui. J'étais aveuglée par le chagrin et les larmes, je ne voyais plus rien. Mais j'ai croisé le regard satisfait d'Olivia, et ça m'a blessé.

Pascal m'a emmenée dans la suite qu'il avait réservé. Je suis restée derrière la porte. J'étais au plus bas, je tenais à peine debout, mais je ne voulais pas m'asseoir. Il a jeté son masque en entrant. Il a voulu me prendre les mains, mais je l'ai repoussé violemment. Je lui ai fais signe de ne pas m'approcher. Il a reculé pour s'asseoir sur le canapé qui me faisait face.

On avait même pas allumé la lumière. La chambre était éclairée par les lumières qui provenaient du dehors. C'était largement suffisant, comme ça il ne pouvait pas voir mes larmes qui continuaient à couler. Pour moi, c'était la mort dans l'âme que je devais me rendre compte que c'était la fin, je n'en pouvais plus. Et ça me faisait souffrir.

J'avais de la peine à respirer, un poing au cœur, et j'étais trop triste pour parler. Tous mes efforts étaient concentré dans l'effort de tenir debout. Si j'avais été seule, je me serais laissé tomber.

On aurait pu penser que ses explications auraient ramené un peu de paix, m'aurait fait du bien et calmé les choses... mais pas du tout... c'était même pire. Je n'en croyais pas mes oreilles. J'étais abasourdi. Je me sentais désorienté, pour ne pas verser, je me suis appuyée à la porte.

Pascal a commencé par dire que c'est elle qui l'a embrassé, pas lui. Que de toute façon, ce n'était pas si grave, c'était le Carnaval. Qu'il n'y avait pas de quoi en faire un drame. Que c'était la première fois qu'il me voit réagir aussi brutalement pour quelque chose qui n'en valait pas la peine. Je le regardais sans rien dire. Je crois que la tristesse m'avait anesthésiée, je crois que je n'avais même pas la force de bouger le petit doigt.

Tête basse, parfois entre ses mains, il a continué, après une énorme hésitation...

Il a dit que ce qu'il avait à me dire était pire. Qu'il aurait préféré ne pas avoir à me dire quoi que ce soit, que j'allais le détester. Qu'il avait été stupide, qu'il s'était laissé manipuler. Il avait foiré. Et blabla et blabla. Qu'il avait honte, qu'il ne savait pas s'il aurait dû attendre, mais qu'il a pensé qu'il devrait tout mettre sur la table et laisser tout ça derrière, dans l'année 2017.

Je lui ai coupé la parole pour lui dire d'accoucher. Je ne voyais pas ce qui pouvait être pire que de s'embrasser avec ma pire ennemie.

Pascal voulait que je promette d'avance de lui pardonner. Il voulait qu'à minuit, même si je lui en veux et tout, d'être à ses côtés pour entrer dans la nouvelle année. Il voulait être le premier que j'embrasse. Il savait que Thomas avait l'intention de me demander de sortir avec lui, et que peut-être le moment était mal choisi de tout m'avouer, mais... Il aurait peut-être dû continuer à me mentir, mais, il n'en pouvait plus de se sentir coupable.

Et c'est pour ça qu'il a laissé Olivia l'embrasser; elle le menaçait de me faire des révélations qui...

Le visage enterré entre ses mains, il parlait à voix basse. Mais j'entendais clairement. Chaque phrase me coupait plus profondément qu'un poignard.

Alors il m'a dit que s'il avait demander un break, donc une séparation, c'était pour me cacher sa trahison. On aurait recommencé à zéro, et quoi qu'il ait fait aurait été mis sur le compte du fait qu'on était pas ensemble.

Pascal m'a avoué qu'il sortait avec Olivia longtemps avant de m'avoir demandé un break. Je lui ai dis que c'était inutile de continuer à parler de break, il m'avait larguée. On le savait tous les 2... Non, tous les 3. Ressenti le coup de poignard dans le cœur en prononçant les derniers mots.

Il m'avait évité, trop occupé à voir Olivia. Ces mots me blessaient comme à l'époque, quant j'attendais ses appels qui ne venaient pas. Il n'avait pas osé rompre avec moi, mais avait dis le contraire à Olivia. Elle s'en ait rendu compte et avait voulu qu'il le fasse devant elle, et même là, il avait menti, en me faisant croire qu'elle se faisait des idées. Devant elle, il a avoué n'avoir pas rompu avec moi. Après ça, elle l'avait travaillé au corps pour qu'il me quitte. Alors il l'a fait.

Pascal s'excusait en avouant chaque horreur qu'il a fait, mais ça ne servait à rien... Le mal était fait.

Quant Thomas avait traîné Jess en Angleterre pour qu'il puisse fêter la St-Valentin avec sa Valentine... Il avait emmené Olivia à Paris, où ils ont passé un week-end en amoureux. Il ne se rappelait pas s'il m'avait menti là-dessus, mais à sa femme oui. A moi aussi, je croyais qu'il était chez un copain!

J'étais pliée en 2, je voulais qu'il arrête, j'avais trop mal; Il avait dit à Olivia qu'il ne m'aimait plus, qu'il voulait me quitter, mais avait peur de ma réaction. Je voulais qu'il me laisse, qu'il s'en aille. Je crevais de mal, mon cœur saignait à l'idée qu'il ait pu dire qu'il ne m'aimait plus... QU'IL NE M'AIMAIT PLUS... Trahison.

La douleur me terrassait. Je ne sais pas depuis combien de temps il avait quitté la chambre, ni combien de temps j'avais pleuré. Petit à petit, j'ai séché mes larmes pour éviter d'être trop défigurée. Je devais redescendre et filer au plus vite. La seule chose que je voulais, c'était partir, filer, rentrer chez moi. Je n'avais pas le courage de faire face à qui que ce soit.

Pascal m'avait trahie, gâchée la soirée... et moi qui espérait encore... mais... c'était fini... et pourtant, je l'aimais encore... Je crois que c'est ce qui faisait le plus mal; de l'aimer encore après tout ça.

Je me suis tamponnée les yeux avec de l'eau froide une bonne dizaine de minute. Ils restaient atrocement enflés.

Dans la salle de bal, Thomas m'a happée au passage. Il avait passé la soirée à me chercher. Il avait dû me reconnaître en me voyant avec Pascal. Minuit approchait. J'ai fait semblant, en essayant de prendre une voix réjouie, mais malgré le masque, je n'ai pas pu le tromper. Sans que j'aie le temps de l'en empêché, il a soulevé mon masque et a tout de suite vu que j'avais pleuré... à cause de Pascal.

Ils ont commencé le compte à rebours de minuit, et Thomas m'a gardée dans ses bras. Derrière lui, sans avoir besoin de croiser son regard, Pascal attendait. Dire qu'il pensait que j'allais vouloir l'embrasser à minuit après tout ce qu'il m'a raconté?!

A minuit, c'est Thomas que j'ai embrassé. Thomas qui a réussi à me faire sourire et me donner l'envie de rester. J'ai aussi embrassé Paul, Michael et quelques autres copains qui s'étaient reconnus et retrouvés. Caro, Vania, sa copine et Jess aussi en vrac. Et plus tard, quant il a réussi à m'attraper quant je n'étais pas avec Thomas... Pascal. Je ne voulais pas faire d'histoires, ni qu'il puisse mesurer la profondeur de ma blessure. Blessure non seulement de l'amour trahi, mais de ma fierté aussi.

Il avait l'air triste, ça m'a un peu piqué dans la poitrine, mais je ne voulais pas m'en faire pour lui. Je ne voulais même pas penser à lui. Avant de me laisser partir, il m'a chuchoté à l'oreille qu'il m'attendrait dans la Suite que je connaissais, jusqu'au matin. Il espérait que je viendrais.

Je n'en avais aucune intention... J'avais l'intention de rester avec Thomas. Ne pas penser à lui. Il pouvait y rester toute la nuit s'il le voulait, je m'en fiche. J'espère qu'il attendra. Pour rien.

Dire qu'on va commencer l'année 2018 par un lundi !


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