Janvier 2018 - J'ai dis "Oui"

Publié le par JaneDo


Janvier 2018   (1) - Nouveau Départ

(Lundi 1er au vendredi 12 janvier 2018)

Je ne me rappelle pas bien du plus gros de la soirée; je suis restée, j'ai dansé avec Thomas, mais le reste est flou. Toute la soirée, j'ai eu l'impression d'étouffer. J'avais envie de pleurer chaque fois que j'essayais de penser à ce que j'allais faire, ce que je devais faire. Mais, c'était difficile, parce qu'il fallait aussi donner le change; sourire, rire, trinquer... C'était le brouillard.

Thomas a bien vu que j'étais triste, il m'a répété qu'il voulait être là si j'avais besoin d'une épaule pour pleurer, de parler, ou même si j'avais besoin de câlins. C'était chou, mais ça me déprimait encore plus.

Quant l'orchestre a fait une pause, les fêtards n'aimaient pas l'idée de la bande sonore, alors certains ont voulus jouer ou chanter. Thomas a encouragé Pascal et Carlos à jouer avec lui. Pascal tirait la gueule, mais il l'a accompagné.

Une fille a été chanter. Un Karaoké. L'assistance était enthousiaste et a applaudi l'intervention.

Thomas était drôle avec une guitare électrique habillé en Mousquetaire. Un Mousquetaire qui joue à la guitare!!! Malgré ma tristesse, ça m'a fait sourire. Ou peut-être la Vodka. C'était amusant de voir ces personnages du passé faire de la musique.

Puis, ils ont joué un morceau sur lequel Pascal a chanté. Aïïïe, d'entendre sa voix m'a retournée l'estomac. J'avais des palpitations dans tout le corps; je n'arriverais jamais à me détacher de ce mec.

J'étais la reine de mon propre enfer. Quant il chante, sa voix est celle que j'entends quant on fait l'amour. Le souvenir de ses bras, de sa chaleur, de ses caresses me torturait. J'étais foutue. Comment envisager la vie sans lui? Je lui en voulais bien sûr, mais je l'aimais aussi. Je ne savais plus rien.

Est-ce que je ne devrais pas lui laisser encore une chance? D'en avoir envie me foutais en rage contre moi-même. Nos yeux se sont croisés, j'ai eu les larmes aux yeux. J'ai regardé Thomas, il n'avait rien vu. Tant mieux.

Si j'avais été un minimum intelligente, je serais partie... J'aurai dû partir, rentrer chez moi. Il n'y avait personne pour m'arrêter. J'ai pensé à Caro et je l'ai cherchée du regard. Pas difficile, elle était devant. J'avais pensé aller vers elle, mais l'idée de devoir parler, faire semblant que tout baigne, m'a découragée. Je suis sortie fumer sur un balconnet.

Avec la porte fermée, j'entendais moins tous ces gens super heureux, qui font la fête comme si le monde leur appartenait. C'est fou, tout le monde semblait baigner dans le bonheur. Même un peu hystérique. Ils étaient tous si joyeux alors que moi, je n'arrivais même pas à me saouler la gueule, ni à participer à la fête.

Dans un éclair de lucidité, j'ai fini par décider de partir. Je n'avais rien à faire parmi toutes ces personnes heureuses de vivre. Qui souhaitent à grand renforts de cris, de chants l'arrivée de la nouvelle année.

Je ne pouvais rentrer chez moi dans cet état. J'avais trop bu. J'ai donc eu la brillante idée de profiter d'une des chambre que Thomas avait loué. Je suis allée chercher quelques affaires avant de revenir m'enfermer dans la dernière des chambres libres. J'avais bien l'intention d'y passer la nuit et laisser cette nouvelle année faire son entrée sans ma participation. Thomas me cherchera sans doute et pensera que je suis rentrée au chalet.

J'ai essayé de dormir, mais c'était difficile avec le bruit des gens qui font la fête et des feux d'artifices qui éclataient dans tous les sens. Ça m'a fait pleurer. C'était beau mais mon cœur se sentait seul. En training avec ma veste de ski sur le dos, je me suis assise un petit moment sur le balcon et j'ai regardé les gens qui circulaient en bas. Je n'ai pas fait long, il faisait trop froid.

Mis la télé, aïe, le programme était nul, programme de fête, ou des films sur le thème de Noël ou Nouvel An. Pffff, c'était l'ennui total. 3h du matin, Thomas a essayé de me joindre à plusieurs reprises. J'imagine qu'il m'avait cherchée, ne me voyant nul part, il a essayé de m'appeler. Je n'ai pas répondu.

Je pensais à Pascal... Il m'avait envoyé un message pour me dire qu'il avait remarqué que j'avais quitté la fête. Il en avait fait autant. Si j'avais envie de le voir, je savais où le trouver et espérait contre toute attente que je finirais par venir le rejoindre.

Je me demandais ce qu'il faisait. S'il faisait la fête malgré tout, heureux comme un pape, ou s'il allait m'attendre comme il l'a dit. Plus les minutes passaient, plus j'avais envie d'aller voir s'il m'attendait. Non, c'était une excuse, j'avais envie de le voir, envie d'être avec lui. Et j'étais fâchée d'y penser. J'étais irrécupérable si je craquais.

Est-ce que j'avais envie d'être heureuse, ou continuer à m'arracher les cheveux... C'était à moi de choisir... J'ai craqué!

C'était difficile de m'éloigner de Pascal, impossible de ne pas l'aimer, j'avais la folle envie d'être dans ses bras, l'embrasser, qu'il m'embrasse, me serre dans ses bras, me touche...

Impossible de lui résister, ou résister à l'envie de dormir dans ses bras. Au Diable la raison. Je pouvais bien m'accorder une trêve pour ce soir? Ou est-ce que je me cherche des excuses? Mon cœur battait si fort que j'avais l'impression que ça résonnait dans tout le Palace. Même peur qu'on me surprenne derrière la porte d'une suite, avec ma couleur de peau, on pourrait croire que je cherche à harceler un client de l'hôtel.

Pascal a ouvert. Pourquoi fallait-il qu'il soit aussi beau? Pourquoi d'aussi beaux yeux? Je sais que je tremblais un peu. Anticipation. Et le voir là devant moi, j'ai oublié ma tristesse en l'espace d'une seconde. On savait tous les deux pourquoi on était là face à face. Pascal a eu un petit sourire et m'a prise par la taille pour me serrer contre lui.

On n'a pas dit un mot dans l'heure qui a suivi, juste fait l'amour. Après, toujours sans un mot, on s'est endormi. Mon cœur était soulagé, en paix, heureux. Heureuse de sentir sa présence, j'ai sombré quant il m'a serrée contre lui après l'amour. Apaisée. C'est vrai que ce n'était pas nécessaire de discuter.

Au réveil, j'ai voulu lui rappeler que ce n'était pas parce que j'étais là que j'avais tout pardonné ou oublié. Il a posé un doigt sur mes lèvres pour me faire taire. Autant éviter les sujets qui fâchent. Il m'a fait le signe qu'on utilise quand on veut faire une trêve. A vrai dire, ça me convenait parfaitement. Je pouvais oublier pendant quelques heures la honte d'avoir craqué et d'être venue me donner à lui après tout ce qu'il avait fait.

On a tous les 2 fait semblant d'avoir oublié le passé et on a passé une journée adorable, à rigoler, à parler de tout sauf de (...), comme avant. On a mangé un repas léger en début d'après-midi et passé le reste de l'après-midi au lit.

Vers 19h, il fallait retourner au chalet et c'était au-dessus de mes forces. J'ai laissé Pascal partir en premier en prétendant y aller plus tard, pour ne pas éveiller les soupçons. Que s'ils sortaient avant que je sois rentrée, qu'il m'envoie un message et je les rejoindrais. Mais je n'avais pas l'intention de retourner à la Villa. Je suis rentrée chez moi.

Je suis rentrée chez moi. Je ne pouvais pas faire face à Thomas, j'aurai été obligée de lui mentir, et je n'en avais pas envie. Ni faire face à Pascal non plus après avoir été si faible.

Chez moi, j'ai trouvé une carte de Jérémy glissée dans la porte. Ah! Il avait certainement sonné, comme il n'y avait personne, il avait dû repartir déçu. Ouf qu'il n'était pas venu me chercher à Gstaad. Bon, il aurait perdu son temps. Je ne savais pas si je devais répondre. Peut-être dans quelques jours, sinon, il aurait bien des chances qu'il se rapplique ici encore.

Bon, c'est peut-être mignon, mais par moment, je le trouvais un peu collant...

J'ai fini par répondre aux nombreux appels et messages de Thomas en lui disant par sms, que j'étais rentrée parce que j'avais besoin d'être un peu seule. Il m'a rappelée dès qu'il a reçu mon message, et cette fois, j'ai répondu. Thomas était un peu triste que je sois partie comme ça. Il m'avait cherché partout et avait fini par pensé que j'étais au chalet, mais a vite compris quant il était rentré que je n'étais nul part.

J'ai profité du reste de la semaine pour me reposer avant le retour de Kaya et Valério. Ça m'a fait un bien fou. J'en avais besoin. J'ai pu aussi réfléchir un peu et envisager le futur avec un peu moins de tristesse et un peu plus d'espoir. J'ai beaucoup pensé à ce que Pascal m'avait raconté. Je n'étais plus aussi abattue.

Il y avait des choses que je pouvais comprendre, d'autres que je comprenais aussi, mais que je ne pouvais pas laisser couler, et le reste que je ne comprenais pas, qui me foutait en colère par principe et que je ne pouvais pas laisser passer.

En fin de semaine, jeudi, Pascal a appelé. Il voulait savoir si je voulais qu'il me laisse de l'espace (give me space), ou s'il pouvait quant même appeler, ou si on pouvait se voir. En fait, il ne savait pas quoi faire. Il ne savait pas si je le prendrais mal, si cela m'agresserait, s'il devait me fiche la paix, ou ne voulait pas que son silence me fasse penser qu'il s'en fichait pas mal...

Bref, j'avais compris. Pascal était mal placé pour m'appeler, mais moi aussi. J'savais pas non plus...

Puisqu'il m'avait en ligne, il voulait savoir si on pouvait se voir, même 5 minutes, même si c'était pour juste rester assis près l'un de l'autre en silence, ça lui ferait plaisir.

C'était un peu tôt pour moi. Je devais réfléchir à tout ce qu'il avait dit et à ce que je devrais faire. Il pouvait appeler ou écrire s'il voulait, même si je ne répondais pas, ça me fait plaisir de savoir qu'il pense encore à moi.

Je n'ai pas osé monter à Gstaad le week-end suivant. Ce n'est que dimanche soir que j'ai réalisé que c'était le Petit Nouvel An. J'aurai dû y aller au lieu de passer mon week-end à déprimer parce qu'ils devaient certainement tous bien s'amuser, alors que moi, j'étais dans mon coin à me martyriser la tête. Je ne voulais pas penser qu'Olivia y était surement.

En fait, je n'ai pas été à Gstaad à cause de Thomas, parce que je savais qu'il me demanderait encore si j'avais décidé si oui ou non j'acceptais qu'on sorte ensemble, et que je ne savais pas encore ce que je voulais faire.

Je devrais accepter de sortir avec Thomas. Pour me convaincre, il a même proposé de lui accorder 3 mois. Comme ça, je n'aurai pas à me sentir coupable vis-à-vis de lui. Je suis consciente que mes hésitations viennent du fait que je ne veux pas trop que Pascal en souffre. Et d'un autre côté, je voulais le faire souffrir. Très logique!!!

J'avais aussi peur que ma décision risque de mettre une fin définitive à tout espoir de retourner avec Pascal. Pfff, comme si Pascal avait hésité à sortir avec Olivia pour ne pas me faire souffrir...

Finalement, à force de me torturer la tête, et peut-être parce que j'étais fatiguée de remuer tout ça, j'ai décidé d'accepter la proposition de Thomas. Après tout, je ne pouvais pas laisser Pascal s'en tirer aussi facilement. J'avais craqué à Nouvel An, mais c'était peut-être tout aussi bien, parce que ma décision va le terrasser.

J'ai aussi décidé de ne rien lui dire, qu'il l'apprenne quant il l'apprendra ou s'en rendra compte. Comme il me l'avait fait avec cette Olivia. Pas la peine que je sois plus gentille que lui. S'il arrive à tenir les 3 mois à venir, tant mieux, s'il n'y arrive pas, alors c'était peut-être mieux comme ça. L'avenir nous le dira.

J'étais gênée d'appeler Thomas pour le lui dire. Le week-end prochain, j'irai à Gstaad, et s'il me propose encore de sortir avec lui, je lui dirais OUI.

D'avoir pris une décision m'a soulagée. La tristesse s'est envolée. J'ai retrouvé le sourire et mon entrain. Toujours un petite angoisse au fond de l'estomac, parce que j'avais peur que ça foire avec Pascal. Je vais lui dire à nouveau, que je ne veux pas le voir fréquenter qui que ce soit, même pas Caro. Et que s'il ne respectait pas sa promesse, je ne sais pas ce que je ferais.

Pascal me devait une année! Je veux le voir souffrir autant que j'en avais bavé.


Janvier 2018   (2) - J'ai dis "Oui"

(Samedi 13 au vendredi 19 janvier 2018)

Oh! Je suis heureuse... Et ça me fiche la trouille! Quant on est trop bien, les retombées font hyper super mal!!! J'ai toujours eu peur quant tout allait bien, ou que j'étais trop heureuse, parce que j'ai toujours derrière la tête que, je vais le payer très cher! Thomas est absolument adorable avec moi, me couvre de cadeaux, sous prétexte qu'il a peu de temps et qu'il n'a pas une minute à perdre.

Il a dit que c'était comme être condamné, tu n'as que 3 mois, alors tu veux en croquer chaque minute, profiter de passer le plus de temps possible avec ceux que tu aimes, le leur dire, les gâter, pour n'avoir aucun regret. C'est pas comme si je ne le connaissais pas, on est déjà sorti ensemble 2x. Mais chaque fois, je l'avais lâché pour retourner vers Pascal.

Thomas m'avait appelé, comme à son habitude en début de semaine. Quant il m'a proposé d'aller manger un truc avec lui après son entrainement, j'ai accepté. J'ai même été l'attendre à la sortie de la salle de sport.

Je n'ai pas été très surprise de voir la connasse là, probablement en train d'attendre Pascal.

Je ne sais pas pourquoi, mais une phrase qu'il m'avait dite quant il m'avouait toutes ces horreurs m'est revenu en tête; "Ne me demande rien pour que je n'ai pas à te mentir..." . Je n'arrivais plus à me rappeler à propos de quoi, ou la question qui l'avait fait me dire ça. Les voir s'embrasser au bord du lac m'ait aussi revenu en mémoire.

Je suis restée en arrière, à 3 mètres derrière Olivia. Elle m'a vue et s'est avancée encore. Probablement pour être sûr d'atteindre Pascal avant moi. Pfff, si elle savait à quel point je m'en fiche ce soir!! Pascal et Thomas sont sortis en même temps.

Pascal a fait l'erreur de s'arrêter pour parler à la grognasse. Trop tard pour lui, il n'a pu que me voir partir avec Thomas. Ça a dû lui donner une bonne leçon. Pascal a bien sûr essayé de m'appeler, je n'ai pas répondu parce que j'avais planté mon natel sur discret. Donc, je n'ai vu que bien plus tard.

Les dès étaient déjà jetés. De toute façon, je ne l'aurait pas fait étant avec Thomas.

On venait de terminer les cafés-desserts et Thomas avait déjà réglé l'addition, quant, au détour de la conversation, alors qu'il me faisait encore sa proposition, j'ai juste dis "Oui. Oui, je suis d'accord". Il a suspendu son geste, m'a regardée les yeux écarquillés en me demandant de répéter ce que je venais de dire. J'ai répété. Tout excité, il a bondi de son siège, a fait partagé à la ronde la nouvelle; "Elle a accepté! Elle a accepté de sortir avec moi! Elle a accepté...".

Tout le monde s'est mis à applaudir, comme s'il s'agissait d'une demande en mariage!!! Puis il m'a soulevée de mon siège et m'a fait tourner en m'embrassant. En plein restaurant! Moi qui n'aime pas trop les scènes ou démonstrations en publique, j'étais gâtée!

Je souriais de le voir si heureux. Main dans la main, on est sorti. A chaque 2 pas, il me serrait dans ses bras, c'était fou. Il a dit qu'il voulait s'assurer qu'il ne rêvait pas, que j'étais bien là et réelle. Trop chou. On a été chez lui. J'avais prévu que je passerais la nuit chez lui, donc pas de vieux slibard ce soir.

Je savais aussi que Pascal verrait ma voiture, soit ce soir, ou demain matin. Ça lui fera les pieds. On dirait qu'il aura une double leçon; la prochaine fois, aller vers la personne qui compte le plus, et ne pas perdre son temps avec les excuses, parce que ça pourrait être trop tard! J'ai parqué au fond, comme je savais que les 2 partiraient le matin tôt, et que je resterais à me larver au lit.

Finalement, je suis partie dès que Thomas s'est endormi. Ça m'avait pris presque 10 minutes pour m'extraire de ses bras. Je lui ai laissé un petit mot près de la machine à café.

J'ai pensé que Pascal pouvait attendre pour apprendre la nouvelle. De voir ma voiture et savoir que j'ai dormi chez Thomas risquait de vendre la mèche.

Vendredi soir, Thomas a tenu à venir me chercher pour aller à Gstaad. J'ai dû avertir Caro que je montais plus tôt de mon côté. J'étais contente de n'avoir pas à conduire et contente d'être avec lui. On aurait dit un enfant devant une boîte surprise. Il était joyeux et parlait beaucoup. Je n'ai eu qu'à sourire.

Sur place, on était pratiquement les premiers. Paul et un de ses potes étaient là. Thomas savait que je ne voulais pas encore que tout le monde soit au courant, alors il a dû réfréner ses démonstrations de tendresses. C'était marrant, comme si je l'avais bridé.

Je n'ai pas voulu mettre mes affaires dans sa chambre. Je préférais discrètement venir le rejoindre... Oui, je ne voulais pas que Pascal ou Caro le sache encore.

Thomas est resté très collé présent tout le week-end. Il faisait même barrage. Pascal pouvait difficilement m'approcher sans retrouver Thomas collé à côté.

Le samedi, on avait été se balader main dans la main dans la station, alors que la plupart des garçons avaient jetés leur dévolu sur le glacier ou les sports hivernales proposés par la station. Thomas aurait voulu aller faire de la raquette, mais je n'avais pas trop envie d'aller m'épuiser sur une piste quelconque. Je voulais aussi éviter de me retrouver nez à nez avec Pascal.

En regardant les vitrines, Thomas m'a vu regarder un magnifique manteau avec de la fourrure autour du capuchon. C'était en peau et fourrure de je-ne-sais-quoi, en général je m'en fiche, un truc me plaît ou ne me plaît pas, sans raison. Le manteau était magnifique. Mais quant j'ai vu le prix, ça m'a fait tousser mentalement. Clairement, il est devenu moins attractif, parce que je n'achèterais jamais un manteau ou veste à un prix pareil.

Thomas a tenu à ce que je l'essaie. Voir et l'avoir sur soi, c'est pas la même chose. Je pourrais changer d'avis; trop lourd, trop long, pas assez chaud, manche, etc... Alors je l'ai essayé. Il me l'a offert. Je ne voulais pourtant pas.

Jamais je n'irai payer plus de 2000CHF pour un manteau, alors que je peux trouver une toute aussi agréable à porter et chaude à 200CHF. Payer un truc 10x le prix, ça je fais jamais. Je le lui ai dis. Mais, il m'a dit que ça lui faisait plaisir, et que je ne pouvais pas refuser, il avait bien le droit de gâter sa petite amie comme il l'entendait. Il préférait nettement m'offrir quelque chose qu'il était sûr me plaît que de chercher des heures, et au final, ça ne me plaira que moyennement.

Thomas ne voulait pas que je l'empêche de me faire plaisir et de se faire plaisir par la même occasion.

Je lui ai dis que je ferais désormais attention de ne pas monter ou mentionner si quelque chose me plait, de peur de le voir dépenser à tord et à travers. Ça l'a fait rigoler. Il m'a dit que ce serait alors de ma faute s'il m'offrait des trucs qui ne m'intéresse pas et qui ne me plaisent pas. Il avait pas tord, bon nombre de filles accepterait sans broncher.

Je n'arrive pas à être comme ça avec quelqu'un à qui je tiens.

Pascal a lorgné dans notre direction presque tout le week-end, mais il était bien trop occupé avec sa femme qui s'était saoulée en début de soirée, et qui avait tenu à suivre au Bar et en boîte. Il a essayé de me parler 1 ou 2 fois le samedi soir en boîte, et de m'inviter à danser aussi, mais chaque fois, Thomas est arrivé et m'a enlevée. Je me suis laissée faire, parce que si j'avais été seule avec Pascal trop longtemps, j'aurai fini par tout lui dire.

Je pense qu'il a dû se douter de quelque chose, parce qu'un moment donné, alors qu'on dansait, Thomas m'a embrassée. Aussi, je lui avais passé les bras autour du cou et j'avais répondu à son baiser. Même de loin, j'ai vu Pascal blêmir à travers mes yeux à moitié fermés. Et Thomas semblait bien trop heureux pour que ça ne se devine pas. Moi aussi je crois.

Le dimanche, Pascal a tenté une dernière fois de me choper pendant le déjeuner, mais Thomas était collé à côté de moi, donc Pascal dû laisser abandonner.

Pascal tirait la gueule, c'est le moins qu'on puisse dire. Je crois qu'il avait l'air désespéré. Ça m'a un peu fait une petite boule à l'estomac. Lui faire de la peine me fait toujours mal quelque part. Je l'aime quand même, malgré le fait que, en ce moment, j'aime aussi Thomas.

Mais... A chacun son tour de ne pas savoir ce qui se passe, à se torturer la tête à se poser des milliers de questions, de faire des spéculations, de chercher comment atteindre l'autre... A chacun son tour!

Le dimanche soir, j'ai dormi chez Thomas. J'avais toutes mes affaires, vu qu'on rentrait de Gstaad. Et lundi matin, je suis partie avant Thomas. Et Pascal. Je ne voulais pas laisser à Pascal l'occasion de m'attraper et me demander ce qui se passait.

Pascal a voulu qu'on mange ensemble mardi soir, mais j'avais le souper chez mon papa. Alors, je n'ai pas eu à inventer d'excuses. Le mercredi, je ne pouvais pas, j'avais déjà rendez-vous avec Thomas. On a mangé et on a passé la soirée chez lui. Le jeudi, c'était mon jour à moi. Je n'ai pas beaucoup bossé cette semaine. Une vraie feignasse...

D'après ses messages, Pascal se rendait compte que je l'évitais. Il n'a pas osé me poser de questions directes par messages. Il s'attendait sans doute à ce que j'accours quant il me sonne, mais, pas cette fois.

Je ne voulais pas que Thomas publie sur les toits qu'on était ensemble, parce que je passerais pour la méchante dans 3 mois. On se quittera, mais si on reste toujours aussi proche qu'avant, personne ne comprendra. J'aurai vraiment le mauvais rôle. Quelques personnes pouvaient être mis au courant, mais je ne voulais pas que ce soit flagrant. Pas encore du moins.

Vendredi soir, j'ai préféré monter avec Caro, parce que Thomas montait vraiment trop tôt, et que j'avais besoin d'un peu plus de temps pour préparer mes affaires. Et j'aime bien nos trajets entre filles, entre rires et papotages. Toutefois, je ne lui ai toujours rien dit concernant la vraie nature de ma relation avec Thomas. Même si elle a bien sûr remarqué un rapprochement.

Pascal l'a cuisiné, pensant qu'elle savait quelque chose. Mais, d'après ce que me disait Caro, il pense que Thomas se prépare à me demander de sortir avec lui. Pascal n'a aucune idée que Thomas l'a déjà fait, et aucune idée que j'avais déjà dit oui.


Janvier 2018  (3) - Trop heureuse... ça fait peur!

(Samedi 20 au vendredi 26 janvier 2018)

J'étais moi-même surprise d'être si heureuse et de ne plus trop me morfondre à cause de Pascal. Pourtant, Olivia continuait à lui tourner autour et ça m'énervait. Ça m'énervait aussi de la retrouver au chalet chaque week-end. J'avais pensé qu'Olivia disparaitrait de ma vue dès que Pascal la plaquerait.

Mais non, elle est toujours là, toujours dans les parages, toujours dans mes pattes. En plus d'Olivia, il y avait aussi Jess... Je ne voulais pas me torturer avec ça. A Pascal de se torturer cette fois, plus à moi. J'ai envie d'être heureuse, j'en avais marre de passer mon temps à pleurer.

En arrivant à la Villa, cette fois Pascal a pris les devants, il m'a immédiatement prise à part pour parler. Pfff, j'en avais pas envie. J'avais croisé le regard de Thomas et il est venu me chercher, ce qui a énervé Pascal. Alors, il a voulu parler à Thomas.

Ils sont monté dans la bibliothèque. Je ne sais pas ce qu'ils se sont dis, mais quant ils sont redescendu, Thomas avait la lèvre fendue. Il avait reçu un coup de poing. Il n'a pas voulu en parler, alors j'ai respecté son silence. Quant j'ai voulu lui faire un bisou, il a fait la grimace, ça lui faisait mal. Je me suis sentie coupable vis-à-vis de Thomas. Probablement de ma faute.

Pascal était au courant pour nous deux maintenant... Après la Bibliothèque, Pascal a disparu. On ne l'a pas vu du week-end. Il m'a laissé un message plus tard pour me dire qu'il voulait me parler.

Pascal est rentré. Il n'avait pas envie de rester à Gstaad. Je pense que c'est à cause de moi & Thom.

On a passé un week-end super. Thomas est adorable. J'avoue que je me sentais plus à l'aise sans avoir les yeux de Pascal dans le dos.

Caro s'est ennuyée ferme. Elle a même failli rentrer samedi matin. Mais, elle avait essayé d'appeler Pascal qui n'avait pas répondu. A son message, il lui a dit qu'il ne voulait voir personne.

Comme il avait planté Jess au chalet, elle est descendue avec nous. Il y avait de la lumière quant on est rentré, après avoir mangé avec toute l'équipe. Pascal est venu à la porte. J'ai juste fait un signe de la main et je suis montée chez Thomas. Il n'y avait plus de raison de se cacher. Donc, j'ai dormi chez Thomas. Après avoir pris un café avec lui le matin, je me suis remise au lit quant il est parti pour le boulot.

Mercredi, j'avais un truc avec la famille, Thomas avait envi de m'accompagner. J'ai dû lui rappeler qu'on était ensemble que 3 mois, alors je ne pensais pas que c'était une bonne idée. Il a quand même voulu venir avec moi, alors on a été ensemble.

Hum... vraiment gênant. Une tati avec un petit ami... Trop bizarre. D'autant que d'habitude, je fais toujours les choses toute seule. Les gamins l'ont scrutés en long et en large. Ma sœur aussi. Thomas est toujours à l'aise partout, alors il n'a eu aucun mal à s'intégrer. Pascal va être furax quant il saura ça!!! Pour excuse, Thomas lui n'est pas marié. Et même ses aventures ont toujours été discrètes.

J'ai passé presque toutes mes soirées avec Thomas. Même quant j'inventais des excuses pour rester chez moi, ou avoir un soir à moi, il me proposait de passer chez lui après. Aussi, souvent après avoir passer une bonne partie de la soirée tranquille chez moi, j'avais envie de dormir dans ses bras, alors je finissais par aller chez lui. Thomas me rend heureuse. Pour l'instant, je nage dans le bonheur... et ça me fout les boules!

Je me rends compte qu'il faudra que je parle avec Pascal. Ce n'était pas une bonne idée de le laisser comme ça, sans nouvelles, sans se parler. C'était le plus sûr moyen de le perdre définitivement. Avant, il faut d'abord que je sache ce que lui et Thomas se sont dis exactement. Pascal doit m'en vouloir...


Janvier 2018  (4) -  Son père s'en mêle!

(Samedi 27 au Mercredi 31 janvier 2018)

 Thomas montait toujours sur Gstaad beaucoup plus tôt, en général, il se sentait obligé d'être au chalet avant l'arrivée des invités. Un peu tôt pour moi, donc, la plupart du temps, je monte avec Caro ou avec ma voiture. Je n'avais pas réussi à trouver le courage de voir Pascal cette semaine. Je m'étais résolue à lui parler une fois à Gstaad. Je crois que j'avais un peu peur de craquer, ou peut-être que je me sentais coupable.

Pascal sachant que Thomas était déjà en route, est venu m'attendre en bas de chez moi. Choc. Là, il m'avait prise de court. Je n'avais non pas osé questionner Thomas à propos de ce qu'ils s'étaient dit...

On ne pouvait pas parler ici, parce que la vieille du 1er est toujours sur son balcon. Pascal a alors proposé que je monte avec lui et qu'on parlera dans la voiture. Aïïïe, j'étais pas trop sûre, mais j'ai fini par me faire une raison. Il ne me laisserait pas me tirer par une pirouette.

Dès les premiers mots, j'ai compris que Pascal ne savait pas que je sortaits déjà avec Thomas. Il m'a dit que Thomas avait l'intention de me faire sa demande, et il m'interdisait de sortir avec lui, Il ne le supporterait pas.

J'étais drôlement embêtée. Étant sur les routes à plus de 130 km à l'heure, j'ai hésité à lui dire qu'il arrivait un peu tard. Pascal a fini par sortir pour se ranger dans une air d'autoroute.

Il s'est encore confondu en excuses, et j'avoue que mon cœur saignait. J'avais peur de lui dire, mais je le devais. Je ne pouvais pas vraiment continuer à tourner autour du pot.

J'ai été atroce, je lui ai servi sa phrase mythique qui m'avait fait si mal à l'époque... Un break!

J'ai demandé un break. En sortant presque les mêmes âneries qu'il m'avait servi; les choses sont compliqués en ce moment, et blabla, et la vérité en lui disant que je n'arrivais pas à lui pardonner. Il m'avait fait trop mal. Il m'avait fait me sentir comme une merde, qu'il avait préféré une autre fille malgré tout ce qu'on avait vécu, etc.

Pascal était effondré et ça m'a carrément brisé le cœur de le voir si down. Je savais que ça allait être pire après, quant il apprendra en haut qu'en fait, je sors déjà avec Thomas. Malgré que ça me faisait carrément mal au cœur, j'ai dû me rappeler que lui n'avait certainement pas eu autant mal au cœur pour moi, et c'est plus tard, que j'ai remarqué qu'il sortait avec Olivia! Ça m'a donné la force de la fermer et attendre qu'il soit devant le fait accompli.

Il y avait pas mal de virages et de route à faire, je ne voulais pas le mettre trop en colère...

Une fois à la Villa, Thomas est venu bien sûr m'accueillir, un peu troublé que je sois montée avec Pascal. Dès que j'ai pu, je lui ai dis ce qui s'était passé et proposé qu'on le dise à Pascal ensemble. Sa confiance est remonté de plusieurs crans. Je ne lui ai pas dis que j'avais noté que Pascal ne savait rien encore. Plus tard, Thomas m'a dit que de toute façon, Pascal devait le savoir. Je crois qu'il préférait éviter la bagarre. Moi ça me va!

Et Pascal a tout de suite été au parfum... Il a vu dans notre comportement qu'il y avait plus que de la simple amitié... Il était décomposé... Comme je lui ai redis dans le parking, je ne voulais pas le voir batifoler avec d'autres filles, même pas Caro!

De toute façon, d'après sa tête, il n'était pas d'humeur. Il nous suivait du regard, complètement rétamé. Ça m'a rappelé moi quelques mois plus tôt quant je me suis aperçu des raisons de son "break". Après ça, je l'ai ignoré. De temps en temps, je surveillais pour voir s'il faisait le con c'est tout.

Avant qu'on aille se coucher, Pascal m'a tiré de côté pour me demander si je l'avais fais parce que je savais que ça allait le faire souffrir.

Je lui ai répondu "Oui et non". Oui, je savais que ça le ferait souffrir, et il le méritait amplement, même si ça me faisait quand même mal au cœur, mais en même temps, ça me soulage et me donne envie de tout oublier et lui pardonner. Non, parce que Thomas est adorable, et j'avais assez pleuré à cause de lui et Thomas me faisait du bien. Il me rendait heureuse.

Choqué, il m'a demandé si j'étais amoureuse de Thomas? Je n'ai pas répondu. Parce qu'il me dit, que si c'était le cas, il n'avait aucune raison d'attendre le retour d'une femme qui ne reviendra jamais. J'ai pas répondu non plus. Je lui ai simplement dit qu'il savait donc ce que j'avais ressenti. Je lui ai demandé si ça faisait du bien...

Pascal voulait partir, mais finalement, de ne pas savoir ce que je faisais l'a fait rester. Il a passé le week-end à morfler. Il était taciturne, fermé et de mauvaise humeur.

Certains souriaient de voir que pour une fois, c'est lui qui en prenait pleins la gueule, d'autres le prenaient en pitié et d'autres me lançaient des regards brûlants; j'étais la méchante! Dommage qu'ils n'avaient pas réagi de la même manière quant c'était l'inverse! Au contraire, ils avaient accepté Olivia les bras grand ouvert.

En rentrant le dimanche soir, j'ai dormi chez Thomas. Mon petit ami... ça me fait bizarre de dire ça :)))

Lundi matin, j'ai pris le café avec lui avant qu'il parte au boulot. J'avais vu Pascal partir et jeter un regard en direction des fenêtres de Thomas. Il savait que j'étais là. Il tirait encore la gueule. Non, il était malheureux.

Ben, comme je l'avais été pendant plus d'un an. Un an perdu...

Je devais passer à l'agence, mais je me suis faite porter pâle. Je n'avais pas fait grand chose depuis quelques temps, alors je n'avais rien à montrer. Ça m'a fichu un coup de pieds aux fesses. En rentrant, j'ai travaillé toute l'après-midi. J'ai bossé aussi une grande partie de la soirée. A 2h du matin, j'ai posé mes crayons et pinceaux, aucun courage de conduire, donc je n'ai pas été chez Thomas. On a remis ça à demain.

Mardi soir, j'ai pensé qu'on irait manger dehors avec Thomas, mais j'ai appris que le père à Pascal voulait les voir tous les deux; lui et Pascal.

Son père leur a passé un savon. Jess avait raconté que Thomas et Pascal s'étaient battu. Son père était furax. Il se demandait comment ils avaient pu en venir aux mains, comment ils avaient pu laisser une femme se mettre entre eux. Ils devraient se soutenir, se protéger. Avaient-ils oublié leurs manières et leurs rangs, ils étaient quoi? Des poissonniers? Des loubards? Il leur a demandé de régler ça tout de suite, de s'excuser l'un envers l'autre et de se serrer la main. Pascal a refusé. Il a dit que c'était pas son affaire, que ça ne le regardait pas.

Je me suis sentie mal à l'aise; Thomas se faisait remonter les bretelles à cause de moi. Il avait aussi pris le poing de Pascal dans la figure à cause de moi. Je me sentais fautive. Mais en même temps, je ne pense pas que Pascal serait trop fier de raconter pourquoi c'en était arrivé là. Et il avait raison, ça ne regardait pas son père.

Un peu abattue, j'ai attendu Thomas assise au coin du canapé. Quant il est monté par les escaliers qui séparaient les 2 apparts, il m'a fait un signe. J'ai compris, son père suivait derrière. J'ai fui dans sa chambre.

Le père à Pascal voulait connaître les raisons de la bagarre. Qui? Pourquoi? Thomas ne lui a pas répondu. Comme Pascal, il a dit que c'était un problème entre lui et Pascal, et qu'il règlerait ça avec Pascal. Son père m'a pratiquement traitée de raclure. Thomas lui a dit que ce n'était pas ce qu'il croyait.

Après avoir essayé de le cuisiner pendant plus de 10 minutes, le père à Pascal a compris qu'il ne tirerait rien de Thomas non plus, et il est parti. Pendant qu'ils discutaient, Jess était montée et a voulu intervenir pour semer sa graine, mais Thomas lui a demandé de ne pas s'en mêler. Quant le père à Pascal est parti, Thomas l'a en quelque sorte renvoyée.

Thomas lui a dit qu'elle n'avait pas intérêt à la ramener ou dire quoi que ce soit. Il était furieux qu'elle ait déjà eu la bêtise de parler de ça au père. Il lui a rappelé qu'il savait aussi des choses qu'elle n'aimerait pas voir étaler devant les parents de Pascal, alors elle avait intérêt à savoir fermer sa bouche.


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