Juin 2018 (1) - Derrière les portes closes...

Publié le par JaneDo

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Juin 2018  (1) - Derrière les portes closes...

(vendredi 01 au vendredi 15 juin)

Afff, j'ai appris que Jess revenait faire un tour en Suisse. Quelle poisse. Poisse, parce que ma situation n'était pas encore claire, et d'avoir mis Pascal en attente... Afff, j'ai l'impression que chaque décision que j'avais prise revenait s'éclater dans ma figure...

Sortir avec Jérémy était une bêtise, et sortir avec Thomas était une autre bêtise... Shifter de l'un à l'autre n'était pas ma plus brillante idée! Etre avec quelqu'un m'empêchait de voir Pascal autant que je l'aurais voulu.

Pascal a proposé qu'on mange ensemble mercredi à midi. J'étais contente de le voir. Pourtant, j'ai cru sentir qu'il était un peu... Comme je lui en ai fais la remarque, il s'est mis "à table"; il savait que Caroline m'avait dit qu'ils se voyaient, et il espérait que ça n'allait pas tout gâché entre nous.

Tsss, est-ce qu'il était sérieux? C'est lui qui faisait tout pour tout gâché, pas moi! Il aurait peut-être dû y penser avant!

Alors il m'a répété ce que Caro m'avait déjà dit; il croyait que je ne voulais juste pas le savoir. Qu'il soit discret. C'est ce qu'il avait essayé de faire, et il n'avait pas pensé que Caro aurait la langue si bien pendue. On était amies, il aurait dû le prévoir, et lui dire de ne pas m'en parler.

En même temps, il ne voulait pas recommencer à me cacher des choses... Surtout demander à ma copine de me mentir. Il aurait fini par me le dire, une fois que les choses iraient mieux entre nous.

Quant Pascal me l'a dit, j'ai bondi de ma chaise et je suis partie. Pascal m'a rattrapée. J'ai éclaté. Je lui ai dis que je n'en pouvais plus. Que je n'étais pas sûre de vouloir recommencer avec lui. Que tout était trop compliqué avec lui.

Pascal m'a prise dans ses bras. Il s'est excusé. Évidemment, il ne savait pas pourquoi il s'excusait. A moins que ce soit pour tout; Olivia, Caroline, etc. Je n'en savais rien. J'étais à bout de nerfs. J'ai failli le repousser brutalement, mais je savais que ce n'était pas la chose à faire si je ne voulais pas le perdre.

Il m'a dit que ce n'était pas tout... Et c'est là qu'il m'a dit qu'il allait chercher Jess à l'aéroport demain.

Ok, là c'était trop! Maintenant en plus, avoir Jess sur le dos... Non, j'étais crevée, j'en avais marre... Rien ne marchait comme je l'aurai voulu. J'ai pété un câble, et tant pis si je n'aurai pas dû le repousser, qu'on était en public, etc. Tout ce que je voulais c'était m'en aller. Ne plus entendre un mot.

Pascal m'a encore rattrapée. Pour sa défense, il avait l'air désolé. Alors je l'ai écouté me dire combien il était désolé pour toutes les conneries. Il fera un effort pour essayer de s'améliorer.

Je n'en pouvais vraiment plus, alors je le lui ai dis. Après le coup de la Olivia, il n'avait même pas respecter le fait que je lui avais demandé de ne pas fréquenter d'autres femmes, et comme de rien, il a continué à voir Caro. Et certainement d'autres femmes, et maintenant, je devais encore me taper sa femme... encore!

Alors je lui ai dis que j'étais désolée, je n'en avais pas la force. Et qu'il allait surement continuer avec sa femme comme si de rien, peut-être même la sauter au passage. Là, il s'est interposé pour dire qu'il ne la toucherait pas. J'ai secoué la tête. Même ça, ce n'était pas assez.

Au point où j'en étais, je lui ai demandé si à part Caro, s'il avait eu d'autres aventures avec d'autres femmes... et j'ai même pas eu à écouter la réponse, Pascal est devenu tout rouge. J'ai voulu la vérité, alors il a avoué avoir vu d'autres femmes. Mais une fois de plus, il a dit qu'il pensait que j'avais dis ça comme ça.

Il avait eu des aventures avec 3 autres femmes. Des filles qui venaient aussi au chalet. Je l'ai fait tout me dire. Je voulais tout savoir; quant, comment, où, etc. Embarrassé, il a tout dit. J'étais verte. Je l'ai laissé finir et je me suis levée pour partir.

Pascal était déjà en retard pour le boulot, mais il ne voulait pas me laisser partir tant qu'on avait pas réglé les choses. Il craignait sans doute que je ne lui pardonne pas ses frasques et que sa punition allait certainement s'intensifier.
Comme tous les hommes, il voulait connaître la fin de l'histoire avant de commencer...

J'étais... fatiguée, à bout, déçue, rompue... je lui ai dis qu'il me fallait réfléchir, mais que je ne croyais pas que j'arriverais à digérer tout ça. Pascal n'était pas d'accord de me laisser partir comme ça.

Pascal a téléphoné au boulot pour dire qu'il ne savait pas quant il retournerait au bureau, ni s'il viendrait de l'après-midi. Je lui ai dis de ne pas faire ça, parce que je ne voulais pas être avec lui en ce moment. Que je ne voulais plus parler.

Pascal a passé son bras autour de mes épaules. J'avais l'impression que c'était trop lourd à supporter. On a marché en silence, j'étais naze, plus bas que terre. Aucune énergie, même pas la force d'ouvrir la bouche. Pascal respectait mon silence et n'a pas osé m'adresser la parole. Il se contentait de marcher en me tenant, comme s'il avait peur que je tente une échappée.

On s'est assis sur un muret au bord du lac. On avait croisé un copain à lui et ils se sont parlés 2 minutes. J'avais réussi à produire un semblant de sourire et saluer de la tête, avant de regarder ailleurs et essayé de collecter mes pensées. En fait, c'était la débandade dans ma tête. C'était le vide total.

Je ne savais plus si j'étais en colère, si j'avais mal, ce que je devais faire, ni comment réagir. J'étais complètement perdue.

Même assise je n'étais pas bien. Alors je me suis levée. Pascal en a fait autant et restait à m'observer. Quelques instants après, je me suis rassise. Et je me suis levée, j'ai fait quelques pas. Puis rassise... debout... Je voulais m'en aller, être seule. Rentrer m'enfermer à la maison et réfléchir.

Puis Pascal m'a prise par la main pour me trainer je ne sais où, j'ai retiré ma main. Peut-être un peu brutalement, mais son contact là tout de suite m'indisposait. J'avais vraiment envie d'être seule.

Horrible que ça puisse paraître, j'avais envie de voir Thomas, m'enrouler dans ses bras et m'endormir.

Ma réaction n'a pas échappé à Pascal. Il devait se douter que je ne voulais pas de sa présence. Que je ne voulais pas le voir. Après s'être à nouveau confondu en excuses, Pascal a dit qu'il ne savait pas très bien quoi faire, mais qu'il ferait tout pour que les choses s'arrangent.

Il ne m'avait jamais vue aussi abattue, aussi... et il a secoué la tête. Il voulait juste être à mes côtés, être présent. Au moins jusqu'à ce qu'il sente que j'allais mieux. Si j'avais des questions, il était prêt à répondre à tout.

J'étais désolée de le voir lui aussi abattu. Il avait un regard perdu. Et j'adorais tellement ses beaux yeux verts palpitants de malice. J'aimais aussi le voir sourire, mais depuis qu'on avait mangé, il n'avait pas souri une seule fois.

J'ai caressé sa joue, j'étais désolée... Pascal a paru surpris... En le faisant, ma colère a refait surface aussi sec...

On a passé 2h à discuter, assis sur la terrasse du MG. Pascal me prenait souvent la main. Il ne voulait pas que cette séparation dure, mais c'était un peu tôt pour moi. Je lui ai dis que je n'arrivais toujours pas à digérer le fait qu'il m'ait jeté comme une vieille chaussette pour cette garce. Garce qui n'avait pas cessé de chercher à m'humilier... avec son aide. C'était de sa faute.

Il ne pouvait quand même pas s'attendre à ce que tout s'arrange et qu'on efface tout comme ça, sans qu'il ait fait le moindre effort...

Quand même, il était resté avec moi, au lieu d'aller au boulot. Ça comptait pour quelque chose. Il cherché et trouvé les mots qu'il fallait pour essayé de me soulager. Il avait été patient. C'était admirable. Bien sûr, il espérait que tout reparte comme en 14, mais ça, c'était pas possible.

Je suis rentrée légèrement soulagée et moins à ras le sol... Il m'a écris, appelée, et continuée à s'assurer que j'allais bien. Je ne m'y attendais pas.

Vendredi soir, on est tous sorti prendre un verre au Time-Out. Jess était là bien sûr. Par contre, j'ai été surprise que Pascal ne s'occupe pas de sa femme et soit tout le temps près de moi. Ce qui dérangeait un peu, c'était l'impression d'une petite gué-guerre entre lui et Thomas pour s'asseoir à côté de moi, ou m'offrir des verres. Si je les avais toutes bues, j'aurai été saoul dans l'heure.

Gênée par la présence de Jess, j'ai dansé avec Thomas. Ce qui n'a pas eu l'air de plaire à Pascal.

La connasse d'Olivia est apparue un peu avant minuit et a foncé droit sur Pascal. Non mais, elle fait exprès ou quoi! Elle veut m'énerver ou Jess? Tout en est-il, Pascal l'a remballé vite fait. Je n'étais pas la seule à le remarquer.

Thomas m'a appris que Pascal avait poussé sa femme chez lui. Il ne voulait pas qu'elle s'installe dans son appart. Si elle voulait rester en Suisse, elle n'avait qu'à aller chez ses parents, ou chez son frère. Il croyait que je le savais.

Oh! Je crois que Thomas, tout comme Jess, pensait que j'étais derrière la réaction de Pascal. En tous cas, Jess était furax. Pascal aurait pu la laisser occuper la chambre d'amis, mais il n'avait rien voulu savoir. Il ne mettait pas son nez dans sa vie privée, alors il en attendait autant de sa part.

Thomas m'a dit que le ton était monté, et il savait avant même de les voir dans son appart ce qu'il en était.

Jess lui avait rappelé que quant il était aux États-Unis, elle, elle ne l'avait pas fichu à la porte de leur appart, donc il pouvait en faire autant. Pascal lui avait demandé si elle accepterait de voir une autre femme passer la soirée à la maison, sans en faire toute une histoire, ou une scène? Non? Alors voilà.

Samedi, Pascal m'a donc proposé de passer la soirée chez lui... Bien sûr, j'ai refusé.

Je n'allais pas aussitôt me mettre sa femme sur le dos. Je lui ai proposé d'inviter Caro à la place. Pascal m'a regardé comme si je l'avais giflé. Il m'a demandé si c'était ironique, ou si je cherchais à le tester. Non. Je ne le testais pas. Je voulais voir comment Jess supporterait, ou peut-être inconsciemment voir si Jess allait retourner ses attaques contre Caro et non moi.

J'étais très sérieuse et alors, Pascal m'a dit que c'était à cause de choses comme ça qu'il ne savait jamais comment agir. Hum... il avait raison!

De toute façon, samedi soir, j'avais un anniversaire. On faisait une grande fête dans le jardin de ma frangine pour son chéri, et je ne pouvais pas y couper. J'ai donc été à ma soirée. J'avais aussi averti Caro de surveiller Pascal, donc d'aller chez lui. Qu'elle avait carte blanche.

1h plus tard, elle m'a appelé pour me dire que Pascal l'avait invitée à manger chez lui. Elle (et Pascal aussi) voulait savoir si elle pouvait lui proposer de dormir chez elle, ou si elle pouvait dormir chez lui.

Je n'avais pas pensé à ça... Je ne m'y attendais pas...

J'avais dis à Caro de ne pas pousser non plus. Puis, j'ai changé d'avis. Après tout, autant savoir ce que Jess fera. Alors j'ai rappelé Caro pour lui dire qu'elle pouvait faire comme elle voulait. J'avais juste été surprise qu'elle m'ait posé la question aussi ouvertement.

Elle a rigolé. Ça me pesait un peu, mais c'était ma copine et aussi... la personne la plus sûre que je pouvais supporter autour de Pascal. Je pouvais compter sur elle, et on partageait nos secrets et parfois même nos désespoirs. J'ai ensuite appelé Pascal pour lui dire que j'avais discuté avec Caro.

Jess a pété les plombs. Elle avait été furax et avait essayé ce qu'elle avait pu pour leur gâcher la soirée. Finalement, elle était sortie avec Thomas et s'était saouler la gueule.

J'ai failli aller passer l'après-midi avec Pascal dimanche, mais... pour éviter d'être dans le point de mire de sa femme, j'ai préféré garder mes distances. Et aussi, j'étais crevée après la soirée chez ma frangine.

J'ai quand même passé mon temps à me torturer la tête. Je savais que Jess avait dormi chez Pascal, qu'ils avaient déjeuner ensemble dimanche. Courageuse et persistante, Caro avait fait du jogging avec Pascal dimanche matin. L'après-midi, des copains sont passés chez eux. Donc Caro a trainé avec lui presque tout le week-end.

Elle était aux anges de jouer la petite amie...

Jess était sur la brèche et n'a pas arrêté de l'attaquer avec de petites piques. Pascal a dû la défendre. Caro m'a raconté tout ça avec du soleil dans la voix, comme une petite fille dans un magasin de bonbons. De voir Pascal la défendre l'avait éblouie. Oui, elle faisait partie du trio, je ne pouvais pas toujours vouloir la tenir à l'écart. Sans compter que, la plupart du temps, elle me rendait service par sa présence.

La semaine qui a suivi, j'étais super submergée par le boulot. J'avais un tel retard sur les projets à terminer avant les vacances de l'agence, que je devais mettre les bouchées doubles. Pascal a cru que je lui faisais la tête parce qu'il avait passé le week-end avec Caro. Je lui ai dis que non, alors du coup, je lui ai proposé de prendre un verre chez Caro le jeudi soir.

Et il a pu voir que je ne boudais pas, que je n'avais aucun problème avec lui ou Caro. Hum, je trouve que je suis super cool comme bonne femme. Ou peut-être... super idiote?

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Juin 2018  (2) - Derrière les portes closes...

(samedi 16 au samedi 30 juin)

Vendredi soir, Varios à la der, paniqué, a appelé Pascal. Leur bassiste était à nouveau aux abonnés absents et il avait un concert ce soir et demain. Pascal avait approximativement 3h pour les rejoindre à Berne et sauter sur scène pour le remplacer. Le bassiste devait surement être à moitié sur la lune sous une table quelque part. Je me demande pourquoi ils l'ont pas déjà remplacé. On peut vraiment pas compter sur ce mec.

Pascal m'a proposé de l'accompagner. Je n'en avais pas tellement envie. J'aurai bien profité d'une soirée tranquille, seule à la maison. C'est tellement rare d'avoir l'appart pour moi toute seule, j'avais bien envie d'en profiter.

Mais, l'idée de ne pas savoir ce qui se passe là-bas, tout loin, tout seul ou pas, a suffit pour que j'accepte de le suivre. Si j'avais refusé, je parie que Caro m'aurait surement remplacée avec joie!

Un week-end affreux... Prises de têtes à n'en plus finir... Afff...

D'abord, je me demande pourquoi Pascal m'avait demandé de l'accompagner. J'étais toute seule quant il jouait, alors je m'embêtais à fond. Sauf quant j'ai oublié que je m'ennuyais et que je l'ai regardé jouer.

Mon cœur s'est mis à battre à toute allure, et à avoir des ratés.

J'imagine qu'avec la lumière dans la figure, il ne devait pas voir grand chose en dehors de la scène, donc il ne pouvait pas me voir rougir, ni le regarder comme une fan en état de transe. Diantre, qu'il me plaisait. Il était toujours aussi... sexy. Son air sérieux et pas là, pas sur une scène. Comme s'il était chez lui à jouer tout seul pour le plaisir.

Comme c'est mon journal, je peux dire que j'avais envie de lui sauter dessus et le bouffer tout cru. Mais dans la vie, je porte presque tout le temps mon masque, et j'ai l'air calme et composée. Moi qui ne voit rien en dehors de ce qui m'intéresse, je fais semblant de regarder autour de moi d'un air blasé, genre, j'ai l'habitude, rien ne m'étonne ou rien de spécial; c'est juste un groupe qui joue.

Parfois j'entends les commentaires des filles autour de moi, ignorantes du fait que je suis, un peu sa copine, et ça me fait rougir. J'entends même leurs petits plans de trouver le moyens de rencontrer les gars du groupe, de se glisser dans les loges ou de les attendre vers le bar, etc. Hum.

Notre première prise de tête était parce que Pascal leur a parlé pendant la pause. J'ai eu l'impression d'être ignorée. Pascal est juste passé se chercher quelque chose à boire, m'a fait une bise SUR LA JOUE (quelle blague!) et après avoir parlé avec ses filles, il est reparti rejoindre le groupe.

Furax... Si j'avais eu ma voiture, je me serais tirée pour rentrer chez moi. Mais là, je devais attendre en fulminant dans mon coin.

J'ai eu un peu honte de ma réaction après coup, parce que, comme il avait dû venir remplacer l'autre plouk, il n'était pas préparé, et pendant la pause, il devait revoir les morceaux avec le groupe, il pouvait pas s'attarder et faire le joli cœur avec moi. Je me suis rendue compte, bien malgré moi, qu'en fait, je voulais montrer à ces nanas qu'il était avec moi. Hum, pas très lumineux!

Vu mon humeur, j'ai voulu retourner à l'hôtel, ce qui était encore une idée vraiment stupide... Les nanas avaient organisés avec le groupe de se retrouver dans une boîte. Je ne sais pas si j'avais cru que Pascal serait rentré avec moi au lieu de suivre le groupe. Je pense que oui. Alors le fait qu'il soit sorti avec le groupe m'a fait encore péter un câble.

Je fulminais dans la chambre, sans réussir à trouver le sommeil... Mon imagination s'est mis à me jouer des tours et j'imaginais des choses qui m'ont fait finalement décider d'aller les rejoindre. J'aurai espéré que Pascal m'appelle pour me supplier d'aller le rejoindre, mais niet.

En arrivant là-bas, les types à l'entrée ne voulaient pas me laisser entrer. Encore une vexation qui n'a pas arrangé mon anxiété et mon humeur. Quant finalement, j'ai réussi à passer la porte, la boîte était si grande que je ne savais pas comment les trouver. Quant je suis dans cet état, même en temps normal, quant il y a autant de monde, je vois rien.

Perdue et stressée, la tension en alerte rouge, j'ai dû me poser et respirer, sinon je finirais pas faire une attaque. En regardant les gens danser, tout en scannant les alentours. Et j'ai repéré Pascal sur la piste. Assez facile, il est grand et il sait danser.

Le sourire aux lèvres, il dansait avec une Louise que je ne connaissais pas. Sûrement une fan du groupe. Mon cœur a failli lâcher. Je me suis mise à trembler. Mes jambes n'auraient pas réussi à m'emmener jusqu'à lui. Je me suis accrochée et attendu de pouvoir bouger pour aller vers lui. Surtout, ne pas le perdre de vue, parce que je n'avais toujours aucune idée où se trouvait les autres.

J'étais si énervée, ce devait être pour ça que je tremblais... Dire que Pascal savait que j'étais à l'hôtel et il s'amusait!!! Il aurait dû être plutôt en train de courir me rejoindre! Pourquoi m'avoir demandé de venir si c'était pour que je reste seule à l'hôtel??? Le rat des bois!

Dans ma tête, je planifiais déjà de prendre le 1er train demain pour rentrer... puis, j'ai pensé qu'il s'en foutrait et s'amuserait d'autant plus... Je ne pouvais pas partir, et ça me fichait encore plus en rage.

Quant ils dansaient, cette Louise et lui, elle avait une main sur son épaule, non, sur ses épaules qui m'appartiennent, et s'approchait sans arrêt pour lui dire des trucs à l'oreille qui le faisait sourire. Il lui souriait, ils se souriaient. Arhhh, ça me rendait encore plus anxieuse et je devais me calmer pour pouvoir bouger, pour que mes jambes arrêtent de trembler et que je puisse marcher.

Maintenant, ils étaient pendus au bar, et elle continuait à le toucher, et lui... et lui la laissait faire... grhhhh...

Je n'arrivais pas à arrêter les tremblements. Mais je voulais absolument aller vers Pascal, lui montrer que j'étais là, voir ce qu'il allait faire, s'il me donnerait ou non l'impression d'avoir été pris la main dans le sac. J'étais si tendue, je voulais lui faire une scène, mais pas ici. Trop de monde. Je ne voulais pas de témoins quant je laisserais le bouchon sauter.

Aguichant un sourire factice sur ma figure, j'ai été me planter au bar à côté de lui, et j'ai attendu qu'il me voit. Je palpitais de rage, mais, déguisée. Tsss, j'aurai dû me mettre de l'autre côté, à côté de la pouffiasse, parce qu'il regardait dans sa direction et pas dans son dos. Quelle idiote! Trop tard pour changer de place.

Ravie (ironie) d'entendre la nana lui faire des propositions... Elle était aussi à l'hôtel et était venue exprès pour voir le groupe jouer. Une vraie groupie quoi. Alors elle lui a proposé d'aller à son hôtel à elle. Et Pascal souriait... non mais! Il aurait dû lui dire qu'il avait une copine, qui en plus poireautait toute seule à son hôtel. Elle lui a demandé à quel hôtel il était et le goujat le lui a dit.

C'est vrai que je trouvais ses petits demi-rires choux, mais j'aurai voulu qu'ils ne soient que pour moi!

Un des membres du groupe est venu se planter vers eux et lui a chuchoté quelque chose à l'oreille; que j'étais là, juste derrière lui. Et Pascal s'est retourné. Il y avait de la surprise dans ses yeux, mais je n'ai pas vu, ou n'ait pas voulu voir de culpabilité?? Il m'a souri, comme si de rien n'était... Incroyable!! Comme s'il n'avait rien à se reprocher. Ça a fait monter de la moutarde dans la tête.

Donc, je lui ai fais une scène pour ça aussi... une fois de retour à l'hôtel. Et là aussi, je l'ai regretté! Je ne voulais pas qu'il soit bridé, coincé. Je ne veux pas qu'il change, qu'il soit trop tendu pour être sympa avec les gens... alors pourquoi est-ce que je lui faisais des scènes pareilles!! Je n'en sais rien, je ne sais pas ce qui m'a pris de devenir une telle... mégère!

Pascal a passé le bras autour de mes épaules. Il n'a pas jugé utile de préciser que j'étais sa copine. En fait, je ne l'étais plus vraiment, ou pas encore redevenue sa copine. Et au rythme que je m'amuse à donner la plus mauvaise image de moi, et de me montrer sous mon plus mauvais jour... ça risquait pas!

Je me suis dérobée, me sentant humiliée par l'attention qu'il avait accordée à cette bonne femme. Humiliée qu'il l'ait laissée lui faire des propositions sans mettre les choses au clair, alors je ne voulais pas qu'il me touche. Pas ma plus fameuse performance!

A cause de ma réaction, Pascal n'avait pas pu, ni oser me présenter en tant que sa copine. C'est ce qu'il m'a fait prendre conscience, alors que je lui cassais les oreilles depuis plus d'1h avec mes remontrances.

Mouais, je me suis ridiculisée pendant plus de 3h à lui crier dessus, à lui faire des reproches, alors qu'il était crevé, que pour une fois, on était seul tout un week-end... hahhh, je n'ai rien trouvé de mieux à faire. Parfois, ce qu'on peut être nul ! Je n'aurai pas dû laisser mes insécurités prendre le dessus. J'aurai dû utiliser ma tête.

La seule chose sur laquelle j'avais des raisons de lui en vouloir, la seule chose pour laquelle j'avais raison, était le fait qu'il aurait peut-être dû retourner à l'hôtel après avoir pris un verre avec le groupe, et pas rester à traîner. Alors, j'ai essayé de lui faire croire que tout partait de là. Je ne sais pas s'il en faisait autant, mais il m'a laissé croire qu'il comprenait... J'avais vraiment honte de moi!

Même si j'avais eu tord presque sur tout, j'ai continué à faire celle qui avait eu des raisons d'être dans tous mes états et je lui ai tourné le dos pour dormir et même repoussé son bras qu'il a voulu mettre autour de moi. Je me suis mise au bord du lit quant il a voulu me serrer contre lui.

Super, comme ça, je n'ai pas réussi à fermer l’œil tout de suite, et étais furieuse de voir qu'il s'était endormi après à peine 15 minutes et 2 minuscules essais pour se rapprocher! Alors qu'il dormait, je me suis enroulée contre lui, sinon, je n'aurai jamais réussi à m'endormir. Dire que je lui faisais passer un week-end de merde! Il risque de regretter de m'avoir invitée à l'accompagner!!

Le lendemain matin, on était enroulé l'un contre l'autre comme d'habitude. Peut-être que je n'aurai pas dû faire l'amour avec lui, c'était trop tôt, mais, comment lui résister!

Pascal s'était levé avant moi, comme d'hab. Il m'a laissé un mot pour dire qu'il était sorti faire son jogging. Il est revenu en même temps qu'un des types de l'hôtel qui apportait le déjeuner. Pascal avait pensé à me commander les "œufs au bacons". Il avait pris ses écouteurs et son Ipod.

J'ai décidé de faire profil bas. Je n'avais pas été au plus haut de ma forme hier soir. Je l'avais empêché de dormir pour lui faire chier pour rien. On aurait dit qu'il avait oublier, ou peut-être qu'il avait décidé de faire l'impasse dessus. Pascal était tout adorable, ce qui me rendait 2 fois plus honteuse.

Comme il faisait beau, Pascal me proposait d'aller faire un tour en ville, faire les magasins, peut-être dîner quelque part et peut-être une promenade au bord de l'Aar. L'après-midi, il devait répété avec le groupe et si j'avais envie, je pouvais y aller avec lui?

Le soir, j'ai de nouveau pété un câble parce que je trouvais qu'il parlait trop avec la chanteuse du groupe. Celle-là même qui lui avait mis un truc dans son verre une fois. Les mêmes filles étaient encore collé derrière le groupe et ça m'a énervé de le voir leur parler.

Je n'étais pas moi-même... Je faisais des histoires pour rien et me montrait minable. Je ne voulais pas qu'il se rappelle de ce week-end et de mes histoires, alors j'ai essayé de me calmer vite fait quant je me suis rendue compte que je recommençais à me montrer chiante, comme hier soir, et que je boudais.

Après un passage aux toilettes pour me calmer, and pull myself together, et me ressaisir, je suis revenue avec le sourire, et me suis collée à Pascal. Heureux de mon changement subit d'humeur, il a passé son bras autour de moi. Le reste du temps passé avec le groupe, il est resté tout câlin et collé. Me tenant par la main à chaque occasion.

Peut-être que c'était pour éviter que je lui fasse une scène après??? Ou peut-être que c'était pour éviter que je pète un câble et qu'il ne puisse pas me sauter dessus???

J'étais contente d'avoir pu me contrôler samedi soir, parce qu'on a passé une soirée remplie d'amour et de tendresses. J'espère que je lui ai fais oublier les heures qu'il a passé à me regarder fulminer, pester, lui reprocher tout et rien, lui crier dessus, le repousser, lui faire la tête, et montrer ma mauvaise humeur à tout le groupe de musiciens, de lui avoir fait honte le vendredi et une partie du samedi soir...

A cause de ma stupidité, je me suis montrée extra gentille et tendre tout le dimanche...

Mais je n'ai pas voulu aller dormir chez lui dimanche soir. Je ne voulais pas avoir à nouveau à subir les flammes de sa femme. C'était presque 23h quant on est arrivé chez moi, mais on a passé encore 1h dans la voiture à se faire des bisous et discuter.

Je me sentais en faute et je voulais absolument me racheter, alors j'ai accepté d'aller manger avec lui le mercredi à midi, et le jeudi soir après son entrainement. Bien sûr, il a parlé de notre situation. Il voulait savoir si on était  nouveau ensemble, si je lui avais pardonné... mais je ne pouvais pas répondre à ses questions, ni oublier aussi facilement.

Le week-end suivant, j'ai participé aux grillades dans leur jardin. C'était délicat de les avoir tous les 2 autour de moi. Je ne me sentais pas très à l'aise. Thomas cherchait toutes les occasions de garder près de lui. Pascal en faisait autant. Jess me regardait à nouveau méchamment et Caro tentait tant bien que mal à rester dans la course.

Je ne sais pas comment Caro arrive à toujours rester collé à Pascal. Moi, ma fierté parfois me joue des tours et je me sens ridicule à lui coller au cul, alors je dégage et me force à parler avec les autres, à faire celle qui s'amuse, quant je rêve de foutre le camp et m'enfermer chez moi.

Le samedi soir, pour ne pas que Jess me voit, je me suis faufilée chez Pascal en catimini. On avait de la peine à ne pas rire de se retrouver à agir comme des ados qui se cachent de leurs parents. Pascal s'est assuré que la porte était verrouillée entre les 2 apparts. Je pensais me tirer en douce avant le matin. Pascal n'était pas d'accord.

On a donc passé tout le dimanche sous la couette. Purée, il faisait une chaleur terrible. Heureusement qu'il a l'air conditionné, sinon j'aurai fondu.

Jess a bien essayé d'entrer chez Pascal, mais, c'était fermé. Elle l'a bombardé d'appels et de messages. J'ai pensé qu'elle surveillait peut-être pour voir qui était chez Pascal, alors j'ai filé quant il a accepté de lui ouvrir en fin de soirée, le dimanche, sachant qu'elle ne me verrait pas.

Je ne voulais pas qu'on sache que je revoyais Pascal. J'aurai honte qu'on pense que je lui avais si vite pardonné. Pascal le savait. Pourtant j'étais consciente que je voulais être avec lui, qu'importe ce qu'il avait fait. Je pense que Pascal devait s'en douter? Ou peut-être pas?

On avait recommencé à se voir en cachette, aussi souvent qu'on le pouvait. Caro le savait et Jess devait s'en douter aussi. Mais à cause du week-end que Caro avait passé chez Pascal, c'est contre elle que la furie de Jess s'était tournée. Et Jess ne manquait pas une occasion de lui lancer des piques ou de tenter de se mettre entre eux. Elle l'appelait "La Glue", l'ombre de Pascal ou la pauvre fille.

Pascal, le pauvre, s'évertuait à la défendre et essayait de la protéger tant bien que mal... Mais Jess avait la dent dure. Moi, je continuais à faire profil bas. Je ne voulais pas que sa femme se mette à me harceler comme avant. Je préférais rester dans l'ombre.

A cause de Jess, Caro a fondu en larmes le week-end passé pendant les grillades. Elle n'avais pas arrêter de la chercher et de l'insulter en l'affublant de noms d'oiseaux. Elle était désespérée d'être la cible des attaques de Jess. De dire qu'elle restait accroché à Pascal, que c'était pathétique, qu'elle n'avait pas de vie, et qu'il ne l'aimait même pas.

Quant Pascal s'est rendu compte de se qui se passait, il a dû intervenir et consoler Caro. Ce qui n'a fait qu'énerver davantage sa femme qui était à moitié cuite (saoul).

Pascal m'avait proposé de partir en vacances avec lui à Hawaï, mais je n'étais pas très chaude. Il risquait de s'imaginer que tout était arrangé et oublier de continuer à faire des efforts pour se faire pardonner. En plus, mon passeport n'était pas en ordre, je devais le refaire. Et je voulais aller à Cambridge voir ma copine. Je ne pouvais pas tout faire.

Pascal a raccompagné Caro chez elle et y avait passé près d'une heure. Pour finir, il lui a proposé aussi de venir avec nous à Hawaï. Ça ne m'a pas fait très plaisir. Évidemment, elle avait accepté tout de suite. Ce que j'étais incapable de faire.

Pour ne pas rester sur le carreau à les regarder partir ensemble, alors que je reste ici à passer mon temps à faire taire mon imagination, j'allais être obligée d'aller en vacances... Ça m'emmerde à fond, parce que j'étais un peu à sec chaque fin de mois ces temps, alors partir à Hawaï en comptant chaque centime me fait chier.

Et exclus de devoir le dire à Pascal et exclus d'accepter son aide! Chiant.

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