203 - Le petit chef de Brian
Je déteste avoir des rendez-vous en début de semaine, et pour moi, mercredi est encore en début de semaine. Brian avait un dîner avec son département et il m’avait demandé de l’accompagner. Arf, j’aurai bien aimé qu’il propose ça à sa nouvelle petite copine. Si ça n’avait pas été pour Brian, j’aurai trouvé une excuse bidon pour ne pas y aller. De longues heures cramponnée à une table à faire la conversation avec des abrutis faisait tout pour se rendre intéressant ou se prétendre important, ça me gave.
Son chef est un vrai trou duK...
Je me demande comment il arrive à se supporter ou même à tenir debout sous le poids de sa stupidité. Et dire que la plupart des hommes mesurent l’intelligence au salaire ou diplômes!! Ou pense que si on a réussi à faire des études poussées, c’est qu’on est forcément intelligent. Pour Brian, j’ai souri, ri, par simple politesse... Ciel, je lui aurai bien fait une ou deux remarques au petit gros!!
J’étais contente de quitter la table pour fuir les blagues insipides et débiles de ce gros con. Quant on est déjà aussi moche, on devrait au moins essayer d’être cool et sympa. Lui pense compenser avec sa maserati! Il doit certainement en avoir une toute petite qu’il ne doit même pas savoir utiliser à voir, sa voiture et son obsession à parler de sexe toute la soirée dès qu’il était en présence d’une femme. Les blondes riaient à ses blagues salaces, les brunes souriaient par politesses. Moi, j’ai laissé les sourires de côté pour l’occasion.
Il a voulu savoir si les africaines aimaient le sexe. Je lui ai dit que oui, mais contrairement à ce qu’on essayait de faire croire, la taille avait son importance, surtout pour les africaines! Et toc, pas pu m’en empêcher, et avec le sourire. Alors il s’est lancé dans un débat pour essayer de me convaincre que la taille n’avait aucune importance. Hihihi, il en a une petite, c’est sûr.
Brian m’avait glissé à l’oreille que je pouvais me lâcher, alors je me suis lâchée.
Le pauvre, il a passé un mauvais moment. Surpris d’apprendre que le trou pour déjections n’était pas une zone érogène et que ce n’était au menu que pour une certaine catégorie de personnes qui ne connaissent pas grand chose au sexe. Et non, les femmes n’aiment pas ça. Celles qui le font croire ont leurs raisons... Je n’avais pas beaucoup de respect pour les hommes qui ont besoin d’aller planter leurs spaghettis dans le trou d’évacuation au milieu des rejets du corps humain.
La petite blonde qui l’accompagnait m’a avoué, en chuchotant, qu’effectivement elle subissait en silence, parce que si elle refusait, il en trouverait bien une qui accepterait et du coup, elle perdrait son ticket resto-luxe. Pauvre. J’avais mal aux fesses pour elle.
Le petit gros a fini par abandonner, ne réussissant pas à me convaincre. Il avait essayé de mettre Brian dans son camp. Mais Brian n’a aucun goût pour les bizarreries et préférait le standard. Brian se demandait si ceux qui ont des goûts aussi salaces n’auraient pas des tendances homosexuelles! Le petit gros a assuré que non. Heureusement, le reste de la soirée, j’ai eu des conversations plus amusantes avec des personnes peut-être moins frickées, mais drôlement plus intéressantes.
J’étais vachement contente de rentrer...
Chez moi, avec Patricia, on a encore bavardé devant une tasse de café. Son chef trouvait que j'avais beaucoup de caractère, que j'étais intéressante et l'avait félicité d'avoir réussi à attraper (l'idiot) une femme aussi inabordable. Apparemment, je ne serais pas facile à approcher. Mais, il lui a aussi glissé que ça ne devait pas être facile tous les jours, parce que j'avais des idées bien plantées. Mouais! Le petit gros avait dit qu'il m'aimait bien à la ronde avant de prendre la fuite. Le genre de truc que vous lance les petits machots de service! Ce qu'il ne sait pas c'est que je connais Brian depuis l'enfance.
Brian a fini par dormir à la maison, trop fatigué pour rentrer chez lui. Et puis, il faisait moche, il pleuvait, j’étais contente de dormir dans ses bras, bien au chaud.
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Le petit chef de Brian (203-mer-22.jui.09)