208 - La semaine commence mal
Les messages d’Akemi-sama et Souricette m’ont fait frémir. Mince, elles avaient raison... Il faudrait mettre les choses au clair avec Pascal, mais j’avais peur... tellement peur!
- Si je t’avais demandé de ne pas y aller, qu’est-ce que tu aurais fait? Tu y serais quand même allé?
Gros soupir? C’était quoi ce soupir, hein?
- Oui, probablement.
- Probablement? Ça veut rien dire, oui ou non?
- Écoute, ça n’est pas arrivé, alors laissons ça stp.
- Non. Je veux savoir. Parce que je sais que ça se reproduira, alors je veux savoir. Dis moi ce que tu aurais fait.
Ahh, je connaissais sa réponse au petit regard qu’il m’a lancé... Oui, il y aurait été quand même. Plaf. Et ben, ça fait mal par où ça passe. Si j’avais pu être sourde et aveugle, j’aurai aimé là de suite.
- Je ne pouvais pas la laisser comme ça quand même.
J’ai eu une petite attaque de mutisme passager. Ma tête était en feu, des tonnes de pensées s’y bousculaient pour avoir la primeur, et je ne savais pas si je voulais les partager. Puis c’est sorti tout seul;
- Donc, quitte à faire de la peine à une des 2... autant que ce soit moi... waouh!
- Jane...
- Ne me touche pas.
Il avait essayé de me prendre la main ou de poser sa main sur la mienne, je ne sais pas, mais je n’aurai pas pu supporter de contact tant que je n’avais pas mis de l’ordre dans ma tête. Arf, le seul néon qui flachait dans ma tête était celui qui portait l’inscription; “Il aurait été rejoindre Caroline de toute manière."
Le déjeuner passait mal, même mon café avait un goût de chiotte. Je manquais de souffle, il me fallait rentrer tout de suite, à la seconde. Je ne pouvais pas supporter d’être en sa compagnie, ni l’entendre, ni le voir. En même temps, j’avais envie d’être dans ses bras... Va comprendre!
Il aurait fallu tout de suite, illico presto qu’il trouve comment, quoi, quelque chose pour tout effacer et que je puisse ne pas ressentir de la répulsion à être en contact avec lui. Mais rien... Moi qui rêvait d’être sourde, tout d’un coup, je l’étais. Je n’entendais plus rien, il me fallait juste atteindre ma voiture le plus rapidement possible, loin de lui, de son regard, hors d’atteinte. J’avais mal jusqu’à l’os. J’ai détalé comme une flèche, sourde et aveugle à tout ce qui ne ressemblait pas à ma voiture.
Ce n’était pas la meilleure de commencer le lundi matin en tous cas.
Pascal a essayé de me joindre sur mon portable. Hun, il croyait s’en tirer avec un simple coup de fils? Dans la voiture, sur le chemin de la maison, j’avais un peu réfléchi; Pascal ne pouvait pas vraiment faire autrement. Même si ça m’enrageait de le reconnaître, c’était parfaitement normal qu’il réponde aux appels au secours de Caroline
Après avoir essayé de m’avoir au téléphone, il a fini par venir chez moi. Il est arrivé pratiquement en même temps que moi. Rien que pour ça, bêtement, je ne lui en voulais plus. J’suis vraiment trop nulle. Comme je ne me sentais pas d’attaque pour parler, j’ai filé. Après avoir tourné en rond pendant plus d’1 heure, j’ai fini par rentrer. Il avait dû partir au travail.
Impossible de dormir, travailler, regarder la télé. Rien. J’étais à fleur de peau. J’ai commencé un peu de tout, puis finalement, je suis partie prendre le café chez ma sœur comme à mon habitude presque tous les lundis. Au moins, ça me faisait
penser à autre chose.
Le reste de la journée, je me suis forcée à travailler un peu. J’avais aussi envie de me reposer et profiter de mon espace, sachant que pendant 1 semaine, ma copine de Belgique allait être ici. Il fallait aussi que Patricia se trouve un autre endroit où habiter, j’en pouvais plus. J’avais besoin d’être seule chez moi, je ne supportais plus de partager mon refuge.
Pascal avait passé des heures à essayer de me joindre. Niet. Je ne répondais pas au téléphone. A midi, il a fait un saut chez moi, mais j’étais toujours chez ma soeur. Il essayerait peut-être de passer chez moi après le travail, alors j’ai filé chez Brian. Je m’étais pourtant promis de ne plus me reposer sur Brian pour un oui ou pour un non, mais là, je ne savais pas où aller d’autre.
Puisqu’il ne réussissait pas à me joindre, il m’a envoyé des tonnes de messages, puis il a essayé de me retrouver. Il a même été jusqu’à voir chez Layne. Puis il a vu ma voiture chez Brian. Il a attendu quelques heures, puis il a compris que je resterais probablement chez Brian. Je n’étais pas d’humeur à lire ses messages, alors je les ai effacé pour ne pas être tentée plus tard.
Par contre... Je lui ai envoyé un message pour lui dire; qu’il s’était probablement trompé de numéro, ce n’était pas celui de Caroline. Après ça... silence radio. J’étais déçue qu’il ait abandonné...
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La semaine commence mal - (208-lun-27.juil.09)