215/2012 - Face à Face ou Dos à Dos!
Vendredi, 03 Août 2012 - (215/2012) - Face à Face ou Dos à Dos?
Heureusement que mon intuition ou mon sixième sens, ne sais-je, m’a conduite jusque là… Qu’est-ce que Pascal faisait chez Caro? Caro s’est lovée dans ses bras, avant de réaliser que les rideaux n’étaient pas tiré, alors elle les a fermé. Zut, je ne voyais plus rien. Ça me rendait malade de ne plus rien voir, l’impression d’avoir été menée en bateau et qu’il préférait passer sa soirée avec elle me rendait folle.
C’est affreux qu’il m’ait dit qu’il ne sortait pas pour aller ensuite chez elle, non? Et si je l’appelais? Est-ce qu’il me répondrait? J’aurai dû le faire avant qu’elle ne tire les rideaux, j’aurai pu voir sa réaction. Je n’arrivais pas à me décidé à partir. Et c’était ridicule, je ne pouvais pas rester plantée ici? J’avais envie de faire quelque chose, mais je ne savais pas quoi!
Merde, j’avais envie de pleurer, de me ruer là-bas et de lui faire une scène colossale. Puis, je me suis rappelée que je n’étais pas en mesure de me battre ni contre elle, ni contre Jess. Je ne pouvais pas lui donner grand chose, pour l’instant, j’étais inutile. J’avais bien accepter l’idée jusque là, il me suffisait de continuer à fermer les yeux.
Je l’ai quand même appelé. D’abord, il n’a pas décroché, alors j’ai insisté le bombardant en même temps de messages. Je voulais savoir ce qu’il avait à dire, écouter attentivement le ton de sa voix pour savoir la prochaine fois quant il me mentait.
- Est-ce qu’on peut se voir?
- Jane désolé, je peux pas ce soir, je te l’avais dit.
- Oui, mais tu as dis que tu ne sortais pas et je suis passée chez toi et il n’y a personne?
Hésitant, il est resté silencieux un puissant moment. Enfin, pour moi qui était à l’autre bout du fils les yeux rivés sur des fenêtres bouchés. Puis, je l’ai vu sortir pour me parler au téléphone. Caro était derrière la fenêtre et le regardait. Je pense qu’elle devait savoir que c’était moi. D’ailleurs, je crois qu’elle regardait aux alentours et notamment dans ma direction. Je ne pense pas qu’elle pouvait me voir. Par prudence, je me suis camouflée derrière les arbres. Je ne la voyais plus, mais je voyais Pascal.
Elle est sortir le rejoindre et je l’ai vu lui faire signe de rester silencieuse. J’avoue que ça m’a un peu dégoûtée.
- Oui, un truc de dernier moment… Je suis désolé, je n’ai pas pu t’avertir. Ecoute, on s’appelle demain d’accord, et…
- Non, j’ai envie de te voir stp? T’es où?
Aïe… Encore un silence. Pascal s’était assis sur les quelques marches du porche. Il avait fait signe à Caro de s’en aller, de retourner à l’intérieur. Elle s’est encore retournée pour regarder en direction du lac, puis elle est rentrée. Pascal s’est replié sur lui-même et a posé sa tête sur son bras.
- Est-ce qu’on peut en discuter demain stp, c’est pas vraiment le moment. Je préfère qu’on soit face à face.
- Alors t’es chez une fille c’est ça?
- Jane… Je t’en prie, on en parle demain. Je vais devoir raccrocher, on se parle demain, bisous.
Avant que je n’ai eu le temps de rouspéter ou de m’opposer à sa requête, il m’avait raccroché au nez. Il avait l'air pressé! J’étais verte. Que faire? Me pointer là-bas quand même? Lui envoyer un mot pour lui dire que je savais qu’il était chez Caro? Et à quoi ça m’avancerait s’il me le confirmait? Tant pis, j’ai décidé de rester là jusqu’à ce qu’il rentre.
Minuit, Pascal n’était toujours pas ressorti de chez Caro, pourtant, il bosse demain! Je commençais à avoir mal au dos et les jambes complètement engourdies. Ma vision se brouillait aussi à force de fixer la porte et j’avais mal au cour. Tellement mal… Pas de mots pour exprimer cette douleur sournoise qui s’incruste sous la peau, qui blesse beaucoup plus finement qu’une lame de couteau planté dans le coeur.
Qu’est-ce qu’il foutait? C’était ça son truc de dernière minute?
1h, 2h, 3h du matin, il ne sortait toujours pas. Le rat des bois. En ce moment, je le détestais de me mentir, de me cacher le fait qu’il la voyait toujours, d’avoir préféré la voir elle plutôt que moi. Il estimait peut-être passer une meilleure soirée avec elle plutôt que moi qui ne le laissait pas m’approcher. Rhhh, je me sentais étouffer, ma tête les imaginait et ces images me torturait. Je lui en voulais de m’abandonner pour se consacrer à une autre femme.
4h du matin, je n’en pouvais plus, mes pieds étaient gelés, mes articulations douloureuses et je crois que j’avais compris qu’il ne rentrerait pas, qu’il passait la nuit chez elle. D’ailleurs, aucune lumière ne filtrait. Je n’avais plus qu’à rentrer avant que le jour se lève. J’aurai l’air maligne si on me trouvait là. Je savais aussi que je ne réussirais pas à fermer l’oeil. J’ai fondu en larmes.
En rentrant j’avais avalé 2 somnifères direct, je voulais être sûr de dormir et ne pas passer trop de temps à penser. Du coup, j’ai dormi tard et au réveille, toujours dans les vapes, je n’ai pas réussi à faire grand chose de ma journée.
En fin de matinée, Pascal a essayé de me joindre, mais j’étais dans les bras de morfée. Je ne sais même pas si je lui aurai répondu, je ressentais toujours les effluves de colères qui me montait à la figure. Pourtant, j’ai décidé de ne pas suivre mes mauvaises habitudes en lui faisant la gueule, ce serait jouer son jeu et me priver de le voir. Autant avoir un face à face, et lui laissait une chance. Mais, j’étais trop fière pour l’appeler moi, il n’avait qu’à se débrouiller.
Pascal a dit qu’il ne sortait pas ce soir, ni ce week-end, mais il a trouvé du temps pour aller chez Caro? Ben, il avait qu’à en trouver pour moi!
En fin de journée, avant de quitter le boulot, il a quand même eu la présence d’esprit de m’appeler. Je me rappelle avoir pensé qu’il n’avait pas dû beaucoup penser à moi aujourd’hui! J’ai gardé la tête froide et le sourire. Pourtant, les choses ne se passaient pas comme je l’avais espéré, Pascal me sortait tout un tas d’excuses bidons, comme quoi il avait déjà un “truc” avec sa femme, qu’il ne savait pas si, etc.
J’ai réalisé que chaque fois qu’il disait un “truc”, c’était qu’il mentait, ou qu’il ne voulait pas me dire ce qu’il faisait…
Ça m’énervait un peu qu’il me mente et qu’il me prenne pour une bille! Après 10mn au téléphone, je dois donc me rendre à l’évidence qu’il n’avait pas envi de me voir, qu’il se cherchait des excuses. Il me couvrait de mensonges, m’endormait sous un flot de paroles qui ne menaient nulle part. J’avais beau insister, mais il esquivait.
J’ai raccroché pour ne pas m’effondrer ou de fondre en larmes au téléphone.
Mais, il n’était pas question qu’il m’envoi balader, pas question qu’il s’en tire aussi facilement. Je voulais le voir ce soir. Pas question de passer tout le week-end sans le voir. Ou… Peut-être que ça lui ferait les pieds si je l’ignorais, ne le rappelais pas, ne lui envoyais aucun message, que je n’insiste plus? Tout en le surveillant? Pourquoi pas? Et si je ne lui répondais pas du week-end? Je suis sûre qu’il trouvera étrange que je ne fasse rien?
Le soir, Thomas m’avait proposé de passer chez lui prendre un verre et si ça me tentait, de l’accompagner faire la tournée des grands ducs. Je n’en avais pas trop envie, j’avais pas la frite, mais j’ai accepté d’aller chez lui parce que je pourrais jeter un oeil chez Pascal.
Pascal et sa femme étaient sorti, Thomas m’a dit qu’ils mangeaient avec des amis. Ils ne sont pas rentrés tard, et ils n’avaient pas l’air de vouloir bouger de la maison. Ils ne sont même pas monté chez Thomas. Quant Thomas et ses amis ont décidé de sortir, j’ai prétendu que j’étais bien trop fatiguée et que je rentrais. J’avais l’intention de rester dans les environs pour espionner Pascal. Thomas a failli faire tout rater à vouloir qu’on passe la soirée tous les 2 chez lui ou à essayer de me forcer la main pour venir chez moi.
Avant de quitter les lieux, j’ai fait un tour du côté de l’appart à Caro, ben elle aussi ne semblait pas sortir ce soir! J’avais passé plus d’1h dans le jardin, il semblerait bien que Pascal et sa femme restaient à la maison ce soir! Et dire qu’on est vendredi soir!!! Comment se fait-il qu’il n’essaie de me voir ou au moins de m’appeler??? Zut.