219/2013 - Dans sa tête... (Elodie & Maud) - (1)

Publié le par JaneDo


Mercredi, 7 Août 2013   - 219/2013 - Dans sa tête... (Elodie & Maud) - (1)

Je m’étais préparée mentalement pour ce moment. Toute la journée. Hier soir, dormir avait été difficile. Je me suis répétée encore et encore ce qu’il me fallait dire pour l’amener à me parler. Anticipé ses refus, ses paroles, les excuses inévitables. Prévoir ses arguments. Même répété mes expressions. Ne pas lui montrer la peur qui avait grandi en moi depuis plusieurs semaines. Ne pas lui montrer que j’étais à fleur de peau. Que j’avais peur de le perdre. Rester neutre. Lui montrer que je pouvais aussi être une amie avec qui on pouvait parler de tout.

  • Raconte-moi! Je suis ton amie aussi, non?

Pascal ne voulait pas. Arguant que ça reviendra nous hanter, me hanter. Que je lui reprocherais chaque mot encore et encore. Que je les tortillerais, comprendrais ce que je voudrais. Qu'on passera notre temps à se disputer à propos de ça.

  • Ou je comprendrais trop bien? De toute façon, c’est dans ta tête. Même si tu ne m’en parles pas, ça flotte dans ta tête. J’aime mieux savoir contre quoi je me défends. Mais, si je peux te promettre une chose, c’est ne jamais de raser avec ce que tu me diras. Si tu veux, on n’en parlera même plus. Tu me connais depuis le temps… Je ne te rabâcherais jamais les oreilles avec ce que tu m’as dis. Par contre sans savoir, oui, je risque de t’emmerder dans tous les sens. parce que je ne sais pas exactement ce qui se passe.
  • J’aimerai ne pas être seulement une amante, mais aussi ton amie. Comme ça m’a fait mal chaque fois que tu as été parler avec les autres et pas avec moi. Si ça ce trouve, on se séparera, et tu continuera à fréquenter Caro, qui aura non seulement été ta maitresse, mais aussi ton amie. Je veux être capable de tout entendre.

Mais attention, seulement cette fois, Je ne voulais pas que ça déborde. Qu'il pense qu'il peut après ça, tout le temps, tout me raconter!!! Je ne veux pas que ça déborde.

  • Qui est Elodie? Non, en fait je m’en fou. Qu’est-ce que tu lui trouve? Comment ça se fait que peu après l’avoir rencontrée, tu as passé toutes tes nuits chez elle? Elle a un tel pouvoir d’attraction sur toi? Qu’est-ce que tu ressens pour elle?

Peut-être que ma question avait été un peu trop sèche... froide! Faut que j'y mette un peu plus de nuance!! De douceur. Hum, mais j'étais... angoissée. J'aimerai qu'il me dise qu'il ne ressentait rien. Que c'était seulement pour s'amuser. Ou encore plus simple, que c'était seulement pour la baiser, point barre.

Mais je crois que je rêvais, je fabulais. Ce n'était pas son style. S'il va vers une fille, c'est qu'elle l'intéresse!

  • Rien. On s’entendait bien.
  • Alors qu’est-ce que tu ressentais, qu’est-ce qui te faisais courir chez elle tous les soirs? Tu y allais tous les soirs n’est-ce pas?
  • Pas tous les soirs… Enfin, presque. J’avais envie de la voir. Quant je rentrais ici, je… me sentais étouffer. Jess me harcelait avec ses questions, ses demandes. Pourtant, je lui ai dis que je ne divorcerais pas pour l’instant, mais elle voulait toujours en savoir plus. Comme si je savais moi-même! Oui, j’avais envie de voir Elo. J’étais impatient de foutre le camp d’ici. Je n’arrive pas vraiment à la cerner. Au début, je croyais qu’elle blaguait quant elle a dit qu’elle voulait attendre. Elle voulait qu’on y aille doucement.
  • Oui mais… Attend… Tu dormais tous les soirs chez elle, tu ne veux pas me faire croire qu’il n’y a rien eu.
  • On n’a pas couché ensemble.
  • Alors vous faisiez quoi? Pourquoi tu y allais alors?
  • J’avais besoin de la voir.
  • Et? Vous faisiez quoi? Vous ne faisiez pas que vous regarder dans le blanc des yeux, non?
  • Heu… Non, on flirtait.
  • Raconte. Je veux tout savoir. Qui, quoi, comment? Qui commençait quoi, tout.

Waouh, clairement Pascal n’avait pas envi de parler de ça. Il a rougi. J’ai attendu sagement qu’il se détende et que les mots lui viennent. Je préférais ne pas trop parler pour ne pas le braquer. J’avais déjà l’estomac en compote.

Zut, je vais résumer, parce que je ne me rappelle pas de chaque mot dans les détails. Mais, je ne veux rien oublier. Il pourrait y avoir un détail important. Mince, c'était le pire moment de ma vie.

Ils s’embrassant beaucoup. Parfois, c’était limite. Elodie se retirait avant que ça n’aille trop loin. Ce qui attisait encore plus son désir. Il espérait qu’elle en ait autant envie que lui et qu’elle laisse tomber ses principes. C’était difficile pour lui de dormir, avec Elodie dans ses bras, sans avoir envie de lui faire l’amour. Le lendemain, Pascal était toujours sur sa faim et avait encore plus envie de la revoir. Toujours impatient d’aller la retrouver après le boulot.

A mon avis, voilà pourquoi il croyait être amoureux d’elle. Elle attisait sa flamme, son désir. Quelle manipulatrice. Est-ce que je devrais le laisser aussi sur sa faim de temps en temps?

Pascal pensait à Elodie tout le temps. Se demandait ce qu’elle faisait. Si elle était aussi impatiente d’arriver au soir pour se voir. Quant il ne dormait pas chez elle, elle lui envoyait des messages pour dire à Pascal qu’elle s’ennuyait de lui. Qu’il lui manquait, qu’elle n’arrivait plus à dormir sans ses bras. Alors, elle l’appelait dès le matin, dès qu’il arrivait au boulot. Avant qu’il n’entame sa journée. C’était devenu un rituel.

Ouais, une bonne façon de ne pas quitter ses pensées de la journée! Maligne. Parfois même, elle lui envoyait une photo d’un bisou sur l’écran de son natel.

  • C’était vraiment chou… (Pascal a eu l'air rêveur en disant ça... grhhh)

Glups! Dur d’avaler ma salive là. Pascal m’a jeté un regard en coin. Le mot “chou” lui avait échappé, et il a regardé pour voir ma réaction ou si j’avais entendu. J’ai fait comme si de rien. Mais c’était l’apocalypse dans ma tête. Je pense qu’il a dû se dire qu’il pouvait continuer, j’avais l’air de bien supporter pour l’instant.

Elodie l’appelait souvent aussi avant midi. Ça aussi, c’était devenu un rituel. Ce qui fait que, s’il était occupé à ces moments là, Elodie ne quittait pas ses pensées. Ça l’embêtait de ne pouvoir être dans son bureau pour l’avoir au téléphone.

Ça, ça m’a fait mal. Devant son air rêveur, presque… amoureux, je n’osais pas lui demander où j’étais moi dans ses pensées. Est-ce qu’il pensait aussi à moi? Est-ce qu’il était déçu quant c’était moi au téléphone et non Elodie?

Pascal était toujours impatient aussi de regagner son bureau et de la rappeler avant la pause de midi. Il savait qu’elle attendrait son appel elle aussi avant de quitter le bureau. Parfois, elle l’attendait déjà en bas. Pascal aimait bien ce genre de surprise.

Ils allaient souvent manger loin des autres, en tête à tête. Ça n’enlevait rien à son impatience en fin de journée, de courir la retrouver.

D’en parler lui rappelait ces moments, les papillons dans le ventre, que son coeur battait à rompre à l’idée d’aller la rejoindre. Jeeez, je le voyais bien sur son visage. Une jalousie mordante me ravageait la poitrine et le ventre, me donnant des frissons partout. Une douleur lancinante me brûlait dans le crâne. J’avais envie de le frapper. Je n’arrivais pas à accepter qu’il ait pu éprouver ce genre de choses pour une autre.

Je voulais qu’il me raconte comment ça avait commencé. Tout. Je sais que je voulais surtout savoir si c’était lui qui avait fait le premier pas. Les premiers gestes. J’espérais que non. De toute façon, je ne voyais pas ce que cela changeait!!! Il avait éprouvé des sentiments forts pour elle, et ça, c’était déjà trop. Trop pour moi.

La première fois qu’il a été chez elle, elle l’avait invité à dîner. Il l’avait raccompagnée une fois après un concert. Elle l’avait invité à prendre un dernier café. Il avait hésité, parce qu’il devinait qu’il lui plaisait, elle l’avait dit à Varios. J’imagine donc, qu’ils se sont rencontrés à un de ces concerts. J’avais la gorge trop nouée pour parler. Ils n’avaient fait que parler.

Pascal lui avait dit qu’il était marié, mais que c’était terminé. Il lui a aussitôt dit qu’il voyait quelqu’un d’autre, même si on n’était plus ensemble.

Pascal ne pensait pas qu’il se passerait quoi que ce soit. Malgré tout ça, il se rappelle comme elle s’était mise à califourchon sur lui et ils se sont embrassés. Ça l’avait émoustillé. Pour éviter que ça n’aille plus loin, il avait pris la fuie. Elle l’avait marqué. Il avait aimé son baiser, son sourire. Il s’était mis à penser à elle. Et aussi, il espérait la revoir. Ils se sont revu et ont été prendre un verre ensemble. Elle savait qu’elle lui plaisait. Peu après, un soir, il l’avait ramenée chez lui, et j’étais là.

Je m’en souvenais que trop bien! Je me rappelle la manière qu’elle m’avait détaillée…

Après beaucoup d’insistance, Pascal m’a raconté leurs nuits à se caresser, s’embrasser presque jusqu’à s’enflammer les neurones. Je dois être mazzo, parce que j’ai voulu savoir jusqu’où allait leurs caresses. Jusqu’à la couleur de ses sous-vêtements. Savoir ce qu’il ressentait dans ses moments là. Si son coeur battait fort. S’il l’avait désirée plus que moi. Il a avoué qu’il avait tellement envie d’elle, qu’il avait même commencé à se demander s’il n’était pas temps de couper les ponts avec moi.

Pascal aimait ses seins. La sensation de ses seins entre ses doigts. Sa peau… Son odeur aussi...

J'ai demandé s’il ne regrettait pas de n’avoir jamais couché avec elle. A ma grande surprise, il a répondu que non. Que le rêve en valait la chandelle. Que s’ils avaient couché ensemble, il l’aurait regretté aujourd’hui. J’ai préféré ne pas insisté là-dessus, parce que je savais que c’était par rapport à Maud. Peut-être que si je réussi à le détourner de Maud, il regretterait Elodie? Aouh! J’espère que non!

J’avais trop envie de vomir. Mal à crever. J’avais eu raison d’avoir eu peur. Mon inconscient avait aussitôt senti le danger.

J’ai prétendu avoir besoin d’un café et d’une pause. Il fallait que j’aille m’asperger la figure, sinon j’allais vider mon estomac ici même. Pascal s’est levé pour nous préparer des cafés. Je ne pourrais rien avaler. Il m’a fallu plus de dix minutes pour retrouver un peu de couleur. J’avais aussi un peu peur que tous ces souvenirs lui donnent envi de la revoir. De reprendre les choses où elles étaient restés. Que même s’il ne dirait rien, il penserait à elle tout le reste de la soirée.

Elodie était amoureuse de lui, mais ne voulait rien commencer sans qu’il ait d’abord régler les choses avec moi…

Dire que j’avais passé la journée à trembler à l’idée de cette soirée. Les raisons, je les connaissais maintenant. Etait-ce une bonne idée de sonder sa tête comme ça? Michael avait été un amour de nous laisser son appart. Mais maintenant, ici, j’aurai toujours ces mauvais souvenirs qui viendront me hanter. Je ne pourrais plus dormir ici sans penser à Elodie. Aux sentiments de Pascal pour cette fille.

L’air de rien, je ressentais aussi du respect pour elle. Respect, parce qu’elle avait réussi à réveiller ses sentiments… Je n’avais plus tellement envie de la traiter de pouffiasse. Je ne pouvais qu’éprouver du respect pour celle qui a réussi, elle aussi, à conquérir son coeur. Je l’enviais aussi.

Alors, j’ai voulu savoir ce qu’il pensait, ce qui se passait dans sa tête, quant il passait la soirée avec moi. Pourquoi courait-il chez elle après? Je n’ai pas insisté. Je ne voulais pas qu’il me dise qu’il ne ressentait plus rien pour moi… L'empêche, je crois que secrètement, je voulais savoir, être sûr qu'il n'avait jamais éprouver des sentiments aussi forts que pour moi... Mais, je ne demanderais pas.


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D
Ben merde alors il était très amoureux d'Elodie! ^-'^
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