230 - On a.. rompu.. - (2/2)
Mercredi..... 18 août 2010
(230 ... 2/2)
Jeeez, l’empêche, si j’aurai pu disparaître ou éventuellement m’évanouir, ça m’aurait bien arranger... Je ne rêvais pas, il avait bien dit qu’il l’aimait, et devant moi en plus, devant toutes les 2?!?
Ce qui me semblait bien pire, était qu’il n’avait pas répondu à ma question, à savoir s’il m’aimait... s’il m’aimait aussi! Intérieurement, je fulminais, mais je tremblais aussi. Il allait me falloir faire une sortie digne. Pas question de pleurer, je n’avais qu’à le faire quant je serais toute seule.
Petit frémissement; il avait dit qu’il était fatigué... Mon pauvre bébé, je n’aurai peut-être pas dû lui faire ça ce soir... Crrrrp, hé! Ça va ou quoi? Je ne vais pas chaque fois repousser les choses... Oui, mais, c’est vrai Pascal avait l’air fatigué! Rhhh, ça c’est moi, toujours à avoir des regrets, à chercher des excuses, à faire attention aux autres et m’oublier dans l’histoire!
Pascal me regardait avec une drôle d'expression, je suis sûre qu’il se demandait s’il n’allait pas m’enfoncer le pieux là, tout de suite. Malgré la chaleur, j’avais froid, je frissonnais jusqu'à la pointe des cheveux, et aussi des picotements dans les joues. Est-ce que j’étais rouge là?
- -Caro sait très bien ce qu'il en ait (comme pour dire, moi non?). Elle connaît très bien mes sentiments.
- -Qui sont?
Je ne sais pas ce qui m'a pris d'être aussi agressive, aussi chiante. Je n’aurai peut-être pas dû demander ça comme ça, avec le ton que je l’ai fait, mais j’étais à cran là, owh!
- -Caro sait très bien que je t’aime Jane. D’ailleurs, il y a des moments comme ça, où je me demande bien pourquoi!!! Je t’ai dans la peau, je n’y peux rien, c’est comme ça!!!
Hééééé! Alors... Alors il m’aime? Owhhhh que je l’aime aussi, afff. Là, j’ai commencé à rougir de ma connerie et minuscule, tellement minuscule, encore plus qu’une fourmi. Ce n’était pas la 1ère fois que je l’entendais dire “qu’il m’avait dans la peau”. Je ne comprenais pas exactement ce qu’il voulait dire par là, mais ce devait être un peu plus qu’aimer.
Caro s’est effondrée. Elle a demandé ce qu’elle avait fait de mal? Elle voulait comprendre pourquoi je réagissais si vivement contre elle tout à coup? Elle voulait savoir si Pascal avait menti en lui disant qu’il ne la laisserait pas tomber? S’ils pouvaient se voir ou si ça dépendait de moi, s’ils avaient besoin de ma permission? Le visage ravagé, elle s’est adressée à moi; je connaissais ses sentiments, je savais par quoi elle avait passé, elle s’était confiée à moi et pensait qu’on était amie, alors elle voulait savoir pourquoi je voulais que Pascal la jette comme une vieille chaussette?
Glups! Quoi dire? Je me sentais légèrement mal à l’aise. Je n’ai pas su lui répondre. Je ne savais même plus ce qui m’avait pris de faire autant d’histoires. Je n’arrivais même plus à me rappeler comment tout cette merde avait commencé.
- -Pascal, tu ne peux pas me faire ça, tu ne peux pas être aussi cruel, Jane non plus? Vous vous foutez de ce que je peux ressentir? Je croyais qu’on s’entendait bien, qu’on avait passé de super vacances? On était bien non? Alors pourquoi?
Afff, elle avait raison, mais en même temps, elle me forçait un peu la main. Caroline s’est mise à pleurer et Pascal s’est précipité pour la consoler. Je dois dire que j’avais eu tellement peur quant il a dit qu’il l’aimait, que là, sous le coup du soulagement, ça ne me faisait rien qu’il la prenne dans ses bras, ni de le voir la consoler. J’avais l’impression d’avoir échappé à une grosse catastrophe.
Une fois calmée, Pascal s’est assis avec elle, face à face. Il a essuyé les larmes qui coulaient sur ses joues en feu, puis, il a pris ses mains dans les siennes.
- -Écoute... C’est difficile, je ne peux pas me couper en 2...
- -Mais si tu m’aimes?
- -Mais J’aime Jane. C’est Jane que j’aime vraiment...
Oh! Mais je l’adore lui. Mes petites jambes étaient en coton, du coup, je regrettais d’avoir provoquer cette horrible confrontation. Je me rends compte que j’avais voulu que ça explose à cause de mes propres insécurités. J’avais eu les boules pendant les vacances. J’avais tellement eu les boules que j’avais même perdu du poids. Pascal s’en était rendu compte et il m’en avait fait la réflexion.
Caro avait à nouveau les larmes aux yeux et Pascal a pris sa tête contre lui. Je commençais à me sentir mise de côté.
Je ne sais pas pourquoi, mais ce soir, je battais les records mondials de conneries. Sans doute frustrée et jalouse, je me suis levée et assez ouvertement, j’ai ramassé mes affaires bruyamment et pris la direction de la porte. Pascal a dû lâcher Caroline et me rattraper avant que je ne passe la porte. Je crois que secrètement, c’était ce que je voulais; qu’il la lâche. C’était vraiment, mais alors vraiment stupide, monstrueusement stupide. Après avoir dit qu’il m’aimait, me voilà agissant comme la dernière des idiotes. Non mais franchement!
Je réalise maintenant que c’était à ce moment précis que j’avais poussé le bouchon un peu trop loin...
J’avais oublié tout ce que Pascal avait dû traverser depuis qu’il était rentré, les problèmes avec sa famille, son prochain départ pour l'Allemagne, toutes nos discussions, toutes les preuves d’amour qu’il n’avait cessé de me donner. Pascal m’avait même fait remarqué que je ramenais toujours Caro à toutes les sauces alors qu’il tentait de rompre avec elle en douceur.
Pascal m’a demandé ce que je voulais faire, de rester... Et j’ai vu une petite lueur de déception traverser son regard... A ce moment là, j’aurai dû vite sortir un truc, comme quoi, je sortais juste fumer une clope par exemple... Mais non, la mine boudeuse, j’ai dit que je rentrais... 1h du matin passé... Le couperet est tombé net sur ma tête...
- -Ok, j'’en ai assez, je suis fatigué... De toute façon, la seule personne à qui j’ai des comptes à rendre, c’est à ma femme et à personne d’autre. Je n’ai pas le droit de m'engager ou de sortir, ni avec l’une, ni avec l’autre. Il est tard, je suis raide, vous devriez rentrer... toutes les deux.
Abasourdie, je suis restée sans voix. Caro a tenté de parler et de le toucher, Pascal a évité le contact. Sans nous regarder, Pascal a dit que c’était terminé, qu’il était préférable de rompre avec toutes les 2, qu’on s’était tout dit, c’était trop tard, que c’était probablement inévitable, et que c’était mieux comme ça, qu’il valait mieux en rester là. Pascal avait été ferme et plutôt sec.
Je crois que j’avais du mal à saisir ce qui venait de se passer. Même dehors, même en entendant les pleurs de Caro, je crois que je ne voulais pas accepter la réalité. Je savais que ça ne servait à rien de retourner sur mes pas pour essayer de parler à Pascal.
Non??? Ce n’était pas possible que ce soit terminé? Ça devait être une blague? Je me suis retournée pour regarder vers sa maison... Il avait déjà éteint dans le salon et il y avait de la lumière dans sa chambre, on pouvait voir sa silhouette se déplacer. Il n’était même pas caché derrière la fenêtre? Il ne pouvait tout de même pas être sérieux? J’essayais de me convaincre qu’il devait juste être fatigué. Ouais, ouais, il devait seulement être fatigué...
J’ai commencé à ressentir un horrible sentiment d'abandon et une boule commençait à me remplir l’estomac. Je savais que ce qui venait de se passer était sérieux, et que si on en était arrivé là, c’était de ma faute. Je crois qu’au fond de moi, je savais que Pascal était sérieux... J’avais mal, très mal.
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