241/2013 - Laisser Pascal mijoter...

Publié le par JaneDo


Jeudi, 29 août 2013 - 241/2013 - Laisser Pascal encore mijoter

Caro m’a invitée à manger chez elle ce soir. C’était un piège. Pascal lui avait demandé de m’inviter, il voulait me forcer à lui parler…

Je suis arrivée avec une bouteille de vodka, et une tarte aux pommes, fait maison, pour le dessert. Je pensais passer une soirée tranquille, entre nanas, à refaire le monde de nos amours. Je devais être chez elle à 19h, et je suis arrivée à 19h30. Presque aussitôt après avoir passé la porte et poser la tarte sur la table, Caro m’a avertie que c’était Pascal qui lui avait demandé de me faire venir.

J’ai voulu tout de suite partir. Mais, trop tard. Pascal se tenait déjà dans l’entrée.

Glups, il n’avait pas apprécié d’entendre Caro m’avertir. Pascal lui a demandé froidement, si elle espérait me voir repartir! Glups??? Avait-il raison? Elle ne voulait pas qu’on se rabiboche? Non, je ne peux pas l’imaginer. Caroline est aussi mon amie. Pascal m’a prise par la main pour m’emmener chez lui pour discuter. Glups, je ne voulais pas. Je ne voulais pas croiser Thomas. J’ai été contente de voir qu’il n’était pas chez lui.

Mince, je ne voulais pas non plus parler à Pascal. J’aurai aimé qu’il mijote encore un peu dans son jus. Ça lui aurait fait les pieds.
J’ai donc dû jouer la carte de la franchise.

J’ai expliqué à Pascal ce que j’avais ressenti à son retour de son week-end avec Caro. Il n’a rien proposé, n’a pas eu l’air pressé de me voir. D’habitude, avant, quant il partait en voyage, la première chose qu’il faisait en rentrant, c’était m’appeler. En général, on se voyait toujours le soir même. Il disait que je lui manquais. Ça ne devait plus être le cas alors!

Pascal a voulu m’interrompre, pour dire que je me trompais, que je lui manquais toujours autant, partout. Mais, je n’avais pas terminé. Si je le laissais m’interrompre, j’oublierai la moitié de ce que j’avais à lui dire.

Je lui ai rappelé qu’après son voyage à Londres, il n’avait pas fait beaucoup mieux. Je l’avais trouvé distant. Vendredi soir, fatiguée de n’avoir pas vraiment de nouvelles, d’avoir eu le sentiment qu’il cherchait à me reléguer à plus tard, je l’ai attendu chez lui et j’ai eu, encore une fois, l’impression de ne pas être la bienvenue. Comme si je dérangeais.

Je n’ai pas voulu parler du fait qu’il ne m’avait même pas touchée. La blessure était encore à vif, ça me faisait encore mal.
J'ai dit que, ces derniers temps, c’est toujours moi qui m’arrange pour qu’on se voit, que j’avais l’impression qu’il n’en avait pas envi. J’avais donc décidé de rester hors de sa vue.

Pascal s’est confondu en excuses. Ça m’énerve. Il n’avait pas voulu être distant, il était simplement préoccupé. Son père voulait le voir, et il n’arrivait toujours pas à digérer que, le bonheur de Caroline avait semblé plus important aux yeux de ses parents, que le sien. Au boulot, avec son père, il reste professionnel, ils parlent boulot.

Pascal évitait toujours soigneusement de se retrouver seul avec son père. Il ne voyait pas ce que son père pourrait bien dire pour le faire avaler ce qui s’était passé. Il ne voulait pas lui donner l’occasion d’essayer de l’amadouer avec des explications bidons. Hum… J’avais trop envie de lui balancer; " Tel père, tel fils ! ".
Est-ce que Pascal se rend compte seulement à quel point je l’aimais?

S’il ne faisait pas connerie sur connerie, il n’aurait pas à s’excuser. J’aurai aussi voulu lui dire, qu’apparemment, ses parents le connaissent mieux qu’il ne le pense, puisque clairement, il ne tenait pas à divorcer non plus. Donc, ils avaient dû voir juste. Peut-être que ce n’était pas seulement à Jess qu’ils pensaient. Peut-être qu’ils avaient fait ces arrangements à l’époque que Pascal était encore raide dingue de Jess, et qu’il la suivait comme un petit chien.

Je me rappelle avoir vu des papiers dans son coffret. Ces papiers semblaient avoir été fait bien des années avant leur mariage. Je ne pense pas que c’était dans le but de favoriser Jess. Je ne peux pas imaginer des parents fonctionnant autrement, que pour le bien de leurs enfants.

Cette discussion ne nous menait nul part. Il s’excuse et alors? Je devais lui pardonner dans l’heure? Ça ne changeait rien, ce qui est fait, est fait. On ne pouvait pas s’embrasser et faire comme si de rien. Et je n’en avais pas envie. J’étais quand même à vif. Je ressentais encore de la frustration de ces longues soirées à me demander ce qui se passait, à le suivre, à me sentir perdue. Je ne pouvais pas juste me couler dans ses bras et tout oublier.

Je lui ai demandé comment cela s’était passé avec Elodie. Il m’a raconté en gros, parce que je lui ai posé la question et qu’il se sentait obligé.

Mais, il a passé par dessus qu'elle avait insisté pour qu’il reste, etc. Pascal ne m’a pas dit qu’il m’avait vu passer devant le restaurant. Ni qu’il avait été ensuite chez elle. Elodie voulait lui dire qu’elle pouvait attendre, qu’elle ne voulait pas lui mettre la pression. D’après Pascal, Elodie n’avait pas grand chose à lui dire en fait. Alors moi, je me demande pourquoi il était resté aussi longtemps avec elle! 5mn aurait suffit!!!

J’ai filé en vitesse avant que Thomas ne rentre. C’aurait été gênant de se croiser. J’aurai pu passer chez Caroline, mais je n’en avais plus envie. Les épaules engourdis, la tête lourde, je me sentais extrêmement fatiguée d’un coup. Je n’avais qu’une envie; retrouver mon lit, ma télé, et ne penser à rien pour le reste de la soirée et de la nuit. Pascal semblait triste de me voir partir. Il m’a suppliée de rester, qu’on pouvait encore parler un peu.


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