245/11 - Projet de fuite à St-domingue
245/11 - Fuite à St-domingue
Vendredi, 02 sept 2011
Je pouvais entendre leurs voix à l’intérieur, Caroline riait d’un rire claire et heureuse. C’était comme un coup de poing dans le ventre. Comment Pascal pouvait-il être si content, alors que j’étais malheureuse comme les pierres. J’ai frappé, sonné. C’est arrivé tout seul, mon bras, ma main se sont avancé sans que je leur en donne l’ordre. Trop tard pour reculer, de toute manière en avais-je vraiment envie?

Les rires ont cessés, mais personne ne venait ouvrir. J’ai sonné encore. Et je sonnerais jusqu’à...
Caroline a fini par ouvrir avec un petit sourire gênée. Je ne suis pas entrée, j’ai demandé à parler à Pascal. Il était assis sur le canapé, de profil à la porte. Il n’avait même pas levé les yeux vers moi.
Caroline s’est tournée vers lui, cherchant une réponse du regard. Ça a semblé durer une éternité, mon cœur cognait comme un malade, terrifié par ce qu’il allait dire. Allait-il m’envoyer sur les roses, me demander de rentrer chez moi?
Finalement, il s’est levé pour venir jusqu’à la porte. Chaque pas semblait signer mon arrêt de mort. Il a fait un bisou à Caro en passant et a fermé la porte derrière lui. J’ai voulu commencé à parler, mais il m’a attrapée par le bras pour qu’on s’éloigne de la porte pour aller presqu’au milieu du chemin.
Il me semblait que les choses n’allaient pas si bien se passer. Pascal n’avait pas l’air sur le poing de me passer la pommade, mais il semblait moins remonté que la dernière fois. Cette fois, c’est moi qui lui ait demandé de me lâcher, avec presque le même ton qu’il avait utilisé l’autre soir. Surpris, il m’a lâchée. Alors, il m’a demandé ce que je foutais là. Ma tête était complètement vide, je ne me souvenais plus de ce que je voulais lui parler.
Prise de court, je lui ai demandé s’il avait prévu depuis le départ de retrouver Caroline?
Les sourcils froncés, il m’a dévisagée sans amour pendant quelques secondes avant de me dire qu’il n’avait pas pensé que ça ce passerait comme ça, mais que c’était peut-être pour le mieux. Qu’au moins, il pouvait avoir confiance en Caroline, qu’il ne pouvait pas en dire autant me concernant. Cool, sans s’en rendre compte, il m’a rappelé approx ce que je devais dire, il m’a mise sur la voie.
- Pfff, mouais... C’est vrai, je n’ai qu’à comprendre... Jess, Caro, etc... C’est juste! Et pendant que tu t’amuse à tous les râteliers, je dois juste attendre gentiment derrière mon téléphone! T’es gonflé! Vraiment!
- Rhahhh Jane, on va pas se remettre à avoir ce genre de discussion, ça ne nous mène nul part...
- T’as raison, ce serait embêtant pour tes petits plans j’imagine... Je n’ai pas à me justifier, parce que je crois que contrairement à toi, je suis libre de faire ce que je veux. De plus, tu me l’avais caché, mais je sais que tu sortais avec Caroline, alors je pense que tout ça était prévu d’avance.
- Pas du tout, mais alors pas du tout... Je pensais... Pfff, à quoi ça sert d’en discuter de toute façon, on ne peut pas revenir en arrière et je ne veux plus y penser.
Pascal évitait de me regarder, il avait les mains dans la poche et de temps à autre regardait en direction des fenêtres de Caro. Je pense qu’il devait être impatient de retourner vers elle. Ça m’a fait mal. Je devais lui dire ce que j’avais à lui dire, vite, avant de fondre en larmes. là, je serais pathétique, alors autant filer avant que ça n’arrive.
- Je voulais juste que tu sache qu’il ne s’était rien passé avec Thomas, rien dont je puisse me sentir coupable ou même rougir, et ça je peux le jurer sur ma tête et sur celui de toute ma famille. Et je t’aime de tout mon cœur, malgré que tu m’aies fait aussi mal, et je t’en veux, je t’en veux aussi de chercher des excuses aussi naze pour me torturer. Et sincèrement? Je regrette de n’avoir pas couché avec Thomas, au moins, je me serais sentie moins mal de subir ça.

Pascal savait que je ne jurais jamais à la légère, et j’étais contente de pouvoir le faire en toute sincérité; je n’avais pas couché avec Thomas. Et c’était vrai pour le reste aussi, je n’avais rien fait qui puisse me faire rougir.
Même si on s’était embrassé avec Thomas, je n’avais pas à en rougir, il en avait sûrement fait bien plus avec sa femme, et Caroline.
Pascal m’a alors attrapé par le bras pour me traîner en direction de chez lui. Je me suis sentie légèrement soulagée et même un peu heureuse. Mais j’ai très vite compris que c’était probablement juste pour continuer à parler.
Sur le chemin, Pascal m’a fait comprendre qu'il était trop tard, puis qu’il n’arrivait pas à effacer de sa tête ma sortie de la chambre de Thomas. Pour lui rappeler qu’il n’était pas le seul à avoir des choses sur le coeur, je lui ai dit que moi non plus, je ne pourrais jamais oublié qu’il avait couru se réfugier dans les bras de Caroline. On s’est retrouvé face à face, incapable de se regarder en face, torturé chacun à sa manière par ce qui s’était passé.
Après un long silence, enfermé chacun dans nos souffrances, je lui ai demandé si, alors que je pleurais toutes les larmes de mon corps, s’il était en train de coucher avec Caro? Il n’a pas eu besoin de répondre, son silence embarrassé hurlait la réponse. Ça m’a brisé le cœur. J’ai reculé d’un pas et j’ai dit bonne nuit. J’ai couru plus que marcher jusqu’à ma voiture parce que les vannes avaient sauté, et je ne voulais pas pleurer devant lui, ni devant personne d’ailleurs.
En arrivant à ma voiture, déçue et aussi soulagée, j’ai remarqué qu’il ne m’avait pas suivi.
Après avoir déplacé ma voiture pour partir, je l’ai parqué plus loin et je suis revenue sur mes pas. Je voulais savoir s’il était retourné chez Caro ou pas. Mais non, ouf, il était chez lui. Puis, j’ai vu la silhouette de Caroline monter les marches de sa terrasse, et une main invisible m’a serré les entrailles. Mouais, perdu. Puis, oh ciel, gros soulagement.
Pascal ne l’a pas fait entrer, je l’ai entendu lui dire qu’il était crevé, qu’il préférait rester tranquille chez lui ce soir, et qu’il n’était pas d’humeur pour de la compagnie. Caro lui a demandé si ça c’était si mal passé avec moi et Pascal lui a répondu qu’il ne voulait pas en parler. Et elle est partie après un hug.
J’ai attendu une petite 1/2h pour être sûre que ce n’était pas du cinoche. Ben non, Pascal est resté chez lui.
Le vendredi, j’étais claquée... Vers 9h30, mon neveu a essayé de me joindre pour la chienne, mais j’ai bouclé mon téléphone, j’étais trop naze pour me lever ou même répondre. Vers 11h, j’ai entendu les derniers messages biper, ça m’a réveillée. J’étais cassée, mais quant j’ai lu que le chien était seule toute la journée, je me suis levée pour aller la chercher. Après l’avoir promenée, on est rentré et je me suis recouchée.
Il ne fallait pas que j’oublie que j’avais RV chez dol vers 17h pour discuter à propos de Saint-Domingue avec Alain. J’ai l’intention de quitter la Suisse et aller m’installer là-bas. Loin de ma famille, loin de tout ce qui me torture, au chaud à l’abri d’une maison que je ferais construire selon mes goûts. Ce sera mon coin de paradis.
Ce soir, après le RV chez Dol, j’avais l’intention de me recoucher un moment, j’étais trop naze pour rester debout. C’était comme si j’avais participer à un match de box, j’avais mal partout.
Ce soir, j’espère que Pascal se demandera où j’étais, ce que je faisais. A ce stade, à part surveiller pour voir ce qu’il faisait lui, je n’avais pas trop le choix, à part attendre. Plus il tarderait, plus je lui en voudrais et plus ce sera trop tard.
Puis, je crois que j’étais déjà très enragée contre lui; alors que je croulais de douleur, lui s’amusait... J’avais envie de me venger!
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245/11 - Prjet de fuite à St-Domingue - Vendredi, 02 sept 2011