256/2013 - Douce vengance...

Publié le par JaneDo


Vendredi, 13 septembre 2013  - 256/2013 - Douce vengeance...

Caroline a donc pris un vol dans l’après-midi pour aller rejoindre Pascal à Londres. Hum! Je me demande s’il savait qu’elle allait faire ça? Si elle lui avait demandé son avis avant de partir? Ou s’ils avaient décidé ça ensemble? Je mentirais si je disais que ça ne me faisait rien. Bien sûr que ça me faisait quelque chose. C’était un sentiment un peu mitigé, mêlé de jalousie et d’envie. Caroline faisait parti de sa vie, partie du trio.

Ciel, comment se fait-il que je la considère comme partie intégrante de l’équation? Comment est-ce que j’ai fait pour me fourrer dans une histoire pareille?

Au début, c’était seulement Pascal et moi. Comment Caroline a-t-elle réussi à se hisser si près, pour qu’aujourd’hui, je la considère comme l’autre femme dans la vie de Pascal?

Franchement, j’aurai dû accepter de partir en week-end avec lui. On aurait passé un week-end en amoureux, rien que les deux. Au lieu de ça, je me retrouve ici toute seule, alors que mon mec passe du bon temps avec une autre femme!

C’est à croire que je fais tout pour flinguer ma relation avec Pascal.

Caroline par contre, toujours partante pour tout, savait profiter de la situation. Et haut la main. Elle savait faire plaisir à Pascal. Moi, j’étais trop coincée, trop hésitante. Je dois être trop compliquée. J’aurai pu en même temps, en profiter pour voir ma cops Dani, qui vit près de Cambridge. En plus, les vols ne sont même pas chers. Petit pincement de jalousie face aux bonnes idées et aux petites surprises que Caroline invente pour surprendre Pascal.

Pascal avait quand même tout tenté pour me faire changer d’avis;

  • Mais vient Jane… On passera un super week-end. Ethan nous servira de guide. Allé vient stp, pour me faire plaisir, ce sera cool. Je te réserve un billet pour demain matin ok.
  • Non, ça ne me dit rien. Est-ce que tu insiste seulement parce que tu as peur que je fasse la tête? Alors pas de soucis. Ou c’est seulement parce que tu sais que je dirais non. Comme ça, tu as la conscience tranquille hein?
  • Soit pas bête. Tu sais bien que j’ai vraiment envi que tu viennes. Tu crois que je t’avais demandé pourquoi? Juste pour parler? T'es chiante... Viens!
  • Moi je pensais que tu aurais la bonne idée de rentrer, qu’on passerait un doux week-end tous les deux, tranquille, à la maison au chaud…
  • Jeeez, je comprends pas pourquoi tout doit toujours être si compliqué pour toi. Tu prends juste ton passeport ou ta carte d’identité et hop, tu saute dans le premier avion. On achètera ce qu’il faut ici au pire. Merde Jane, pour une fois, dis oui et vient?
  • Non. Tu passera la soirée avec Caro et demain j’arrive comme un cheveux sur la soupe. Non merci, ça ne me dit rien. Puis, Thomas m’a invitée à manger. Avec lui, je pourrais espérer passer un week-end tranquille.
  • Je vois… Tu préfères passer la soirée avec Thomas, à faire les mêmes choses que d’habitude, plutôt que venir faire la fête?
  • Mhhh-oui...
  • T'es pas drôle... Qu’est-ce que je peux dire pour te faire changer d’avis?
  • Je vois pas… Tu pourrais rentrer comme prévu aussi?

Bref, impasse. Après avoir échangé encore quelques mots, on a raccroché. Je ne sais pas si je m’attendais vraiment à ce qu’il se décide à rentrer. Mais ça m’a énervé qu’il m’informe par sms qu’il ne rentrerait que dimanche. Lui qui disait préféré qu’on se parle de vice voix plutôt que les sms! Ça m’a tellement énervée, que je n’ai pas penser lui demander s’il rentrait dans la matinée ou en fin de journée.

Mais, je n’ai pas eu à le faire. Dans la soirée, Pascal m’a récrit pour dire qu’ils ne rentraient que lundi en fait. Grhhh.

Ma frangine avait été manger chez Carmine. Elle est rentrée vers 23h30. Elle travaille demain, alors elle n’a pas tardé à aller se coucher. La petite, après avoir regardé 5 épisodes de “Attack on Titans”, a aussi été se coucher. J’ai encore attendu une petite heure, profitant pour vite prendre une douche, avant de filer chez Thomas.

J’avoue que je ressentais une sorte d’excitation à l’idée de finir la soirée cher Thomas. Après tout, c’était la faute à Pascal.

Thomas était légèrement tendu. Mais, moi aussi. On a eu des rires nerveux, on se marchait dessus pour parler. Bref, comme des collégiens. Puis, en riant, Thomas a lancé que c’était pire que si c’était notre premier rendez-vous. On a rigolé. Ça a eu pour effet, de soulager le trac.

Thomas a suggéré qu’on se lâche, et qu’on soit comme d’habitude. Thomas a promis de ne rien tenter, si je ne veux pas, ni me demander quoi que ce soit. Ça m’a rassurée, et je me suis sentie plus calme.

On a choisi un film ensemble, dans sa DVD-thèque. Hum, je ne sais pas pour lui, mais de l’avoir si proche, sentir ses cheveux effleurer ma joue, quant on regardait le synopsis des films, me troublait. Il a dû le sentir, parce qu’il m’a fait un bisou.

Pour regarder le premier film, on s'est mis l’un à côté de l’autre, affalé dans le canapé. Thomas était en training. En plaisantant, je lui ai dit que si j’avais su, je me serais aussi mise en training, alors il m’en a sorti une paire. J’ai choisi le training blanc, trop grand pour moi. Ça l’a fait rire. Je lui ai aussi emprunté une paire de chaussettes, pour pouvoir virer mes chaussures et planter les pieds sur la table.

On a fait une pause café au lieu du film. A nouveau installé devant notre film, Thomas m’a prise la main, puis gentiment, il m’a tirée vers lui. Pour finir, je me suis mise entre ses jambes. Ma place préférée. Thomas m’entourait de ses bras, et chaque fois que je sursautais, il me serrait un peu plus. Pourquoi les hommes réagissent moins que nous devant des scènes d’horreurs? Je ne le sentais pas même frémir. Ou est-ce que j’étais trop occupée à essayer de contrôler ma propre réaction?

J’ai senti sa joue caresser la mienne, puis des petits bisous derrière l’oreille. Difficile de prétendre que ça ne me faisait rien.

Ses mains chaudes caressaient doucement mon bras, me serraient la main dans la sienne, se baladaient dans mes cheveux. J’ai fini par me désintéresser du film, pour me tourner vers lui et répondre à ses petits bisous de tendresses. On n’a pas vu la fin du film. On a passé bien une heure à s’embrasser, à flirter puis tout naturellement on a fini par se laisser aller dans les bras l’un de l’autre. C’est très bizarre, mais je l’aime aussi…

Après, j’ai rigolé, parce que Thomas a dit qu’il n’avait pas vu grand chose du film. Il a avoué avoir été un peu nerveux. Moi aussi. Thomas n’était pas sûr que je voudrais aller plus loin, parce qu’on était tous les deux conscients que c’était entrer dans le mensonge, les cachoteries, la tromperie. Il savait bien que j’aimais Pascal.

Une chose était sûr, il ne fallait jamais que Pascal se doute de quoi que ce soit. Thomas ne dira jamais rien, et moi non plus.

En tous cas, je n’ai pas pensé à Pascal. Ni avant, ni pendant. Après, un petit peu seulement. J’étais bien. Pas de regrets. Dans ses moments là, je comprends très bien ce que Pascal ressent pour Caroline. Oui, j’aime aussi Thomas. Peut-être pas de manière aussi dévastatrice et destructeur que Pascal, mais tout aussi sincèrement. Thomas compte beaucoup pour moi.


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