261/14 - Si le charme était un fardeau…

Jeudi, 18 septembre 2014 - 261/14 - Si le charme était un fardeau…
Si le charme et la beauté auraient été un fardeau, alors Pascal serait étalé au sol comme une crêpe sous son poids. Avec sa stature athlétique, ses cheveux châtain clairs blonds, ses yeux verts d’une mer en folie, et son visage d’ange, Pascal faisait tourner les têtes. Ce qui me faisait encore me poser la question; “mais qu’est-ce qu’il pouvait bien me trouver???”.
- C’est un porc, un salaud, je le déteste…
Elodie avait lâché ça, oubliant que juste derrière elle, il y avait Caroline et moi. Sa voix tremblait. Elle se plaignait du comportement de Pascal à sa mauvaise copine Maud. Pascal inconscient du drame qu’il faisait vivre à notre petite blonde, batifolait avec une autre petite blonde. Une blonde bien plus ronde qu’Elodie. Bien plus à son goût.
Ses formes étaient aussi généreuses que son sourire. Les sourires qu’ils s’échangeait laissaient peu de place au doute, ils se plaisaient. Petit pincement au coeur pour moi, qui n’osait pas me plaindre. A voir la tête de Caroline, elle n’en pensait pas moins qu’Elodie. Seule Maud semblait trouver la situation cocasse.
Je pense que Pascal a dû sentir nos 8 paires d’yeux lui creuser la nuque, parce qu’il s’est retourné dans notre direction. J’ai aussitôt baissé les yeux sur mon verre. Je ne voulais pas qu’il me chope en train de le dévorer du regard.
La petite blonde a suivi son regard, puis elle a posé sa main sur son épaule et lui a chuchoté quelque chose à l’oreille qui l’a fait rire. J'ai eu envie de lui raser la tête avec un éplucheur.
Terrassée sur place par une bouffée de chaleur, ma tête était une bouilloire. Horrifiée, je sentais la transpiration se propager de racine en racine sur mon crâne. Gênée, j’étais persuadée que tout le monde pouvait voir les gouttes perler sur mon front, autour de mes lèvres. Discrètement, j’ai tenté d’essuyer autour de ma bouche tout en parlant, comme si de rien.
Les sentiments que j’éprouvais pour Pascal étaient toujours aussi virulents. C’était l’horreur. Je crois que je ne supporterais jamais de le voir si joyeux, si à l’aise, alors qu’on est plus ensemble. Comme si je n’avais jamais compté, jamais existé. Je l’aime toujours très fort c’est certain.
Je n’avais pas pensé le croiser ce soir. Quant Thomas avait insisté pour que je sorte prendre un verre avec eux, je lui avais demandé qui et qui, et il n’avait pas mentionné Pascal, donc je me croyais en sécurité. Je croyais mon coeur à l’abri des émotions fortes pour ce soir. Chiotte.
Je rêvais d’être serrée contre lui, dans ses bras, sentir la chaleur de son corps. Je voulais sentir son souffle se mélanger au mien, sentir ses mains me caresser. Zut, je voulais faire l’amour avec lui. Que cette idée me prenne comme ça, là, au milieu d’un bar, m’a fait rougir. Le bout de mes seins pointaient et avaient durci. J’étais en chaleur, c’était le cas de le dire.
Aïe, et le voilà qui vient dans ma direction. Encore pire rouge! Elodie l’a intercepté, ce qui m’a donné un peu de temps pour calmer les battements excécifs de mon système nerveux.
Ils se sont écartés, la discussion semblait plutôt être une mini dispute. Pascal restait rigide, imperméable. Il se penchait vers elle pour parler. Elodie a voulu s’accrocher à son t-shirt, il a saisi ses poignets pour détacher ses mains, avant de s’éloigner à reculons. L'autre blondinette n'avait rien râté.
Méchamment, j'ai été salement contente de les voir se disputer. Bien fait pour sa tête!
Pascal m’a fait la bise, à Caroline, serré la main à Michael, juste à la table d’à côté. A Thomas ils ont juste fait une sorte de main épaule. Puis Pascal a passé son bras derrière moi. A l’oreille, il m’a chuchoté que j’étais rayonnante. Pfff, franchement, je n’y croyais pas. Toujours le sourire aux lèvres, clairement inconscient du mal qu’il pouvait nous faire, Pascal a adressé le même compliment à Caro. Quel bla-bla-teur!
On a discuté de tout et de rien. Enfin, il a plutôt discuté avec Caro, moi je n’avais comme d’hab pas grand chose à dire. Caro savait qu’il avait été à Neuchâtel en début de semaine. Moi non. Ils ont donc parlé de ça, évidemment, moi, je ne savais rien, donc impossible de m’inclure dans la conversation.
Pascal a proposé de nous rapporté quelque chose à boire, et m’a demandé de venir l’aider. J’ai compris que c’était pour me parler à l’écart. A l’écart de Caro?
Ironique, je lui ai balancé que Caroline savait toujours tout de sa vie, c’était… pas très amusant. Pascal a ironisé à son tour, que Caro au moins l’appelait et semblait s’intéresser à sa vie, à lui. Hum… ça partait très mal! L’un comme l’autre, on a essayé de changer de sujet, de calmer le jeu. On ne voulait pas se disputer.
Pfff, c’était pourtant difficile de ne pas! Pascal m’a dit avoir été surpris de me trouver chez Thomas l’autre jour. Et moi donc, comment se fait-il que cette pouffe chez lui, celle-là même chez qui il m’avait fermé la porte au nez. La petite blonde nous observait, surtout Pascal. Elle semblait incapable de détacher son regard, et continuait à regarder dans notre direction avec insistance.
Bref, on était à nouveau à 2 cheveux de la dispute encore. Il a dit lui-même qu’il savait pourtant que Thomas m’appelait régulièrement, et se demandait ce qu’on pouvait bien trouver à se dire. Hum! J’ai jugé inutile de lui répondre.
Puis, j’ai remarqué un petit signe de tête de Paul, auquel Pascal a répondu. La petite blondinette avec qui il discutait plus tôt avait déjà son sac sur l’épaule, les bras croisés, et attendait à côté de Paul avec 1 autre copine. Si je n’avais pas vu le geste de Paul, je n’aurais pas remarqué la réponse de Pascal. Ils allaient partir. Pascal a donc aussitôt commencé avec les “Bon, bonne soirée, faut que j’y aille.”.
J'étais furax, ces copains n'arrêtaient pas de lui mettre des filles dans les pattes. Et Paul en plus. J'étais fâchée contre Paul du coup. Désespérée de le voir s’en aller, j’ai jeté ma dernière carte dans le feu; je lui ai demandé si c’était vrai qu’il partait avec des copains pour le week-end.
Ça l’a stoppé. Etonné, il a confirmé. Il pensait que j’étais au courant. Je lui ai demandé comment?! Comment voulait-il que je sois au courant. Apparemment, Thomas était aussi de la partie, alors il pensait qu’il m’en avait parlé. Il se réjouissait de ces quelques jours loin d’ici.
Après une hésitation, Pascal est revenu vers moi; “Pourquoi tu me demandes ça? Qu’est-ce que tu veux Jane?”…
Ce que je veux? Si seulement je le savais, ce serait nettement plus simple pour mon bien être non? Si je savais quoi lui répondre. Je sentais dans ma chair qu’il suffisait d’un rien pour que les choses s’améliorent ou changent… Mais, terrorisée, je savais que j’étais inutile, je ne savais pas quoi faire ou dire. Qu’est-ce qu’il fallait? Zut, j’avais les boules!