262/14 - Ephémère???

Publié le par JaneDo


Vendredi, 19 septembre 2014 - 262/14 - Ephémère…

Un gros noeud de torchon au fond de l’estomac, j’ai trouvé le courage de ne pas lui demander de rester. De ne pas partir avec ses amis à Berlin. Avec courage, je l’ai regardé partir avec Paul et ses deux copines. De retour chez moi, je me suis effondrée. Je suis foutue, je l’aime toujours et je n’arrive toujours pas à l’extraire de mon système.

Le plus dur allait être de tenir tout le vendredi sans appeler Pascal. Sans tenter quoi que ce soit. Malgré mes larmes et mon désarroi, je sais que je tiendrais, que je ne ferais rien pour l’empêcher de partir.

Les heures s’écoulaient avec une lenteur effarante. Tout semblait me pousser à sauter sur mon téléphone et appeler Pascal pour le supplier de rester avec moi ce week-end. Mais à quoi cela aurait-il servi? Il y aurait d’autres week-end, d’autre possibilité de voyage, d’autres filles, et alors qu’est-ce que je ferais? Le problème restait entier.

Steven m’a invitée à manger une pizza dans un restaurant au bord du lac. J’ai dit oui. Après tout, je n’avais rien d’autre à faire, et cela m’évitera des heures de souffrances, à laisser mon imagination poursuivre Pascal à Berlin. Et jusque dans sa chambre d’hôtel. L’imagination était mon pire ennemi aujourd’hui!

Pascal m’a surprise en m’appelant en début d’après-midi. Vraiment tout concourrait à me pousser à m’aplatir ou à faire la connerie suprême de me mettre à exiger ce que je n’avais pas à exiger de lui. Quel cauchemar. Le coeur serré, j’ai tenté de me montrer joyeuse pour qu’il ne devine pas ma détresse.

Mais hier soir, au moment de partir, il avait vu de la tristesse et des larmes dans mes yeux. Il disait que cela l’avait perturbé, qu’il avait eu de la peine à dormir. Là, j’ai été piquée au vif! Je me suis dis qu’il se foutait de ma gueule. Si cela l’avait vraiment perturbé, pourquoi ne m’a-t-il pas appelée hier soir??? Cela m’aurait évité de verser des litres de larmes!

Pascal a voulu savoir ce que je faisais ce week-end. Sans détour, je lui ai dis que j’allais surement passer le week-end à l’imaginer à Berlin, à le pleurer. Que ça me faisait de la peine, mais que c’était la vie. J’avais l’air de plaisanter, mais c’était exactement mon sentiment.

Je ne voulais pas lui mentir. D’un autre côté, c’était aussi comme si je lui demandais de ne pas partir, et ça, je l’ai regretté.

D’ailleurs, j’avais lancé ça comme une sorte de plaisanterie, une blague, Pascal n’a rien dit. Au contraire, il a changé de sujet. C’est moi qui restait coincé sur le sujet, en lui disant que j’avais eu Thomas en ligne, et qu’il m’avait parlé du voyage entre potes.

Je me suis sentie puérile, ridicule, comme si j’espérais qu’il m’invite à les accompagner. Alors, j’ai changé de sujet aussi. Je lui ai parlé des idées peintures que j’avais en tête depuis plusieurs jours, alors je pensais profiter de ce week-end pour les concrétiser. Etonné, Pascal m’a demandé si j’allais, avec Steven et ses copains, faire la fête à Paris.

Moi aussi j’ai été étonnée, je lui ai dis que je mangeais avec Steven ce soir, donc je ne pensais pas qu’il allait à Paris, sinon il me l’aurait dit.

J’ai ensuite appelé Caro, je voulais savoir si elle allait à Berlin elle aussi. J’étais un peu étonnée moi aussi que Pascal s’imaginait que j’allais à Paris avec Steven! D’où sortait-il ça? Caroline avait une voix de déterrée. Elle avait bien essayé de trouver le moyen de les suivre à Berlin.

Mais il semblait qu’ils s’étaient tous donné le mot, elle n’avait pas réussi à connaître les détails, ni à se faire inviter. Personne ne lui a proposé de se joindre au groupe. Pourtant, il y avait d’autres filles. Elle avait même demandé à Pascal de l’emmener, de ne pas y aller. Ça avait été un refus net et sans appel.

Ce qui me surprenait, c’est que Caroline avait l’air furieuse. Désespérée, mais furieuse. Ce matin encore, elle avait encore appelé Pascal, et lui avait encore demandé de l’accompagner. Elle m’a avoué qu’elle avait même fondu en larmes en lui demandant pourquoi, s’il y avait d’autres filles, qu’il ne voulait pas qu’elle vienne. Bref, elle restait ici.

J’ai promis de passer la voir, hum, même si je n’en avais aucune envie. Je voulais rester tranquille et profiter de ce week-end pour me ressourcer.

Mais pourquoi est-ce que Pascal m'appelle aussi soudainement? A quoi il joue? Il imagine bien que ça me donnera de l'espoir? Pourquoi m'appeler pour finalement me faire comprendre qu'il part? Je ne comprends rien! Bon, c'est clair que s'il ne m'avait pas appelée, je n'aurai jamais penser qu'il avait deviné ma peine hier soir. C'est... adorable quand même.

Lâche, 17h, j’ai voulu annulé avec Steven. Pascal devait être sur la route, ou dans l’avion. Je n’avais pas pensé lui poser la question, parce que je ne voulais pas le savoir. Maintenant, je regrettais de ne pas avoir cherché à en savoir plus. Je n’avais plus la pêche, et je ne me voyais pas sortir faire la fête. J’avais le coeur lourd.

Steven a réussi à me faire changer d’avis. J’avais tellement souvent annulé nos rendez-vous que j’ai fini par accepté de le retrouver plus tard. J’ai prétendu avoir un truc vers 20h, avec la famille. J’avais encore l’espoir de trouver une excuse pour ne pas avoir à sortir de chez moi, pour pouvoir passer la soirée à peindre et à lire.

Je crois que Steven me plaît, il y a quelque chose chez lui qui me fait craquer. Je ne sais pas très bien quoi. J’ai un peu peur que ce ne soit qu’éphémère, alors je garde mes distances.


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