262/11 - Fin du w-e en enfer (2)

Publié le par JaneDo

262/11 - Fin du week-end en enfer (2)
Lundi, 19 sept 2011

Non seulement Thomas devait regagner sa chambre, mais on aurait pas dû s’endormir ici. D’après le ton des voix, Pascal et Caroline se prenaient la tête. C’est affreux, mais ça m’a fait plaisir. En reconnaissant la voix de Pascal, Thomas s’est tout de suite senti en faute.

  • Arhhh, il va me tuer...
  • Beuh, pourquoi?
  • Qu’est-ce qu’on va faire? Si on reste là, et qu’on est découvert, ça va être gênant et en plus, il va croire qu’on se cachait, si on sort...  Il va me haïr!
  • Je vois pas pourquoi... Mais c’est vrai que si on est découvert, on aura l’air de les avoir épié!

D’entendre Pascal, de le savoir à 2 pas, j’avais le coeur dans les chausettes, mais j’avais eu assez mal, il fallait que je lâche prise. Je crois que je sentais que c’était terminé, ou sur le point de l’être. Je n’étais pas candidate à l’entendre me le dire de vive voix, ou pas encore prête pour ça. Il me fallait me blinder, récupérer des forces, ensuite, je lui demanderais où on en ait. Je ne me fais aucune illusion sur sa réponse. En attendant, valait mieux que j’évite de me ridiculiser en tombant à ses pieds et le supplier, ou un truc du genre.

  • On a meilleur temps de sortir, plus on discute, plus les minutes tournent et plus on aura l’air...
  • Tu veux vraiment sortir? Tu sais bien comment Pascal réagira? T’es sûre que tu veux faire ça?
  • Est-ce qu’on a le choix?
  • Tu sais, Pascal avait toujours été mon meilleur ami, on se racontait tout, mais... depuis que tu es entré dans ma vie, on est plus vraiment ami, ça fait longtemps qu’on ne se parle plus vraiment, on a perdu quelque chose... ça me manque. Ca, ça va nous éloigner encore plus et ça me rend triste.
  • Tu veux dire que c’est de ma faute? Ou ne serait-ce pas plutôt depuis qu’il a épousé ta soeur? Il y a des choses qu’on ne peut plus raconter... au frère de sa femme!

Après un petit silence, il s’est rendu compte que j’avais raison. Comment aurait-il pu lui parler de ses histoires avec moi, alors qu’il était avec sa soeur, et aussi quant ils ont été séparés pour la 1ère fois quant Pascal a été muté en Allemagne. On aurait pu attendre qu’il soit en faute, ou dans une situation gênante, comme ça, il n’aurait rien à nous reprocher! Et si ça n’arrivait pas, ben, on aura l’air encore plus cons. Donc, on est sorti. Man! l’expression sur le visage de Pascal valait de l’or. Ca a aussi eu pour effet de stopper leurs disputes d’un coup.

On s’est excusé et on a filé. J’ai évité de trop laisser traîner mon regard sur Pascal, j’espère qu’il souffrait autant que moi, autant que j'avais souffert ces derniers temps et tout ce merdique week-end. Bien fait pour sa tête.

  • Thom?

Thomas a fait celui qui n’avait rien entendu. On a pas traîné, Thomas a regagné sa chambre, et moi la mienne. Caro est arrivée quelques minutes plus tard. Notre apparition a dissou leur dispute, Pascal n’avait plus envi de parler, il était contrarié.

  • Je crois que Pascal t’aime toujours, ça l’a sonné de te voir avec Thomas. Ca l’a carrément assommé. Il était en train de me faire la leçon pour avoir osé me pointer chez cette bonne femme, mais du coup, pffft, rien.

J’ai su le lendemain qu’il avait été chercher Thomas jusqu’à sa chambre. Maeva a cru que ce n’était que la suite de l’absence imprévu de Thomas. Pourtant, en voyant la tête de Thomas et Pascal au matin, il était évident qu’il y avait eu plus que des mots. Les coups de poings avaient dû pleuvoir! Je crois que je devinais que c’était à propos de moi, et je ne comprenais pas très bien. Après tout, je ne comptais plus pour Pascal, donc je ne voyais pas pourquoi ils se seraient battu.

D’ailleurs, ils s’évitaient. Pascal avait une mine renfrogné, il était taciturne et ne pipait pas le mot. Il faisait gris, moche, froid, en temps normal, j’adore ce temps et le partager sous la couette avec celui que j’aime. Là, je n’avais personne avec qui le partager, et il était hors de question que je m’abaisse à essayer de le passer avec Pascal. S’il ne me touchait plus depuis la dernière fois, aujourd’hui, c’était clair que non.

J’étais contente de voir qu’il avait l’air d’aller mal, alors que moi, j’étais calme, bien, pas torturée du tout. Je n’avais pas l’impression d’avoir quoi que ce soit à me reprocher.

Pascal m’a regardé de travers quant il m’a vu discuter avec Maeva. Je sais... Il devait penser que j’étais hyper hypocryte. Maeva m’avait salué samedi soir quant elle m’a croisé en boîte, mais je lui ai avoué que je n’avais rien vu, rien entendu. Je ne savais même pas qu’elle était là. J’avais d’ailleurs joué la surprise en la voyant débarqué dans la cuisine. Thomas lui restait neutre, jetant des coups d’oeils inquiets en direction de Pascal chaque fois qu’il me parlait. En fait, sur les 4, je devais être la seule à être complètement à l’aise.

Caroline, pâle comme un linge est venu prendre son déjeuner en silence.

Les garçons avaient prévu d’aller sur un circuit faire une course auto, mais avec le temps, leur projet semblait tomber à l’eau. Ils nous ont proposé d’aller faire un bowling, mais personne n’avait vraiment envi de traîner dehors. Au contraire, on avait plutôt envi de traîner au chaud, au coin de la cheminée.

Je crois que Thomas redoutait un peu que Pascal éclate et que Maeva apprenne où il avait passé les quelques heures d’absence hier soir. Je suis restée un moment à discuter avec Maeva et Caro qui avait les marchoires coincées, ensuite on est descendu se baigner. Quant on est remonté, Pascal nous a demandé de nous dépêcher, il voulait rentrer...

Pascal était de mauvaise humeur. On a pas cherché à discuter, on est monté prendre nos affaires et après les salutations de rigueur, on est parti. Cette fois, je me suis assise à l’arrière, pas question que je m’assaie à côté de lui. Et pour éviter de me prendre la tête sur son humeur et le reste, j’ai fait mine de m’assoupir. Hun! Moi qui ne dort jamais en voiture.

Caroline a fait quelques tentatives de conversation, mais c’était clair que Pascal ne voulait pas parler. Il est resté renfermé tout le trajet. Et, et c’est là que je pouvais mesurer à quel point il était fâché avec moi, il m’a déposé en 1er. J’ai quand même osé lui faire la bise. Bien sûr, j’ai pensé qu’il détournerait la tête, ou refuserait, mais pas du tout. Par contre, pas un regard rien. A peine la porte de la voiture refermée derrière moi, il a démarré.

Bon... Il est très très fâché!

Hafff, il devait nettement préférer me voir me morfondre et dépérir dans mon coin! Sorry dude, aujourd'hui, pas envie!

Haahhh, j’étais contente de retrouver mes pénattes. Je ne peux m’empêcher en rentrant de hurler dans le vide; “Tadaima”, ce qui veut dire en japonnais; “Je suis rentrée” ou de retour. J’aime être chez moi, alors j’exprime mon contentement à haute voix même s’il n’y a personne à qui le dire. Si quelqu’un m’entendait, il penserait que je suis dingue.

Enfin une petite soirée de détente, j’en pouvais plus. J’avais trouvé ce week-end extra long et j’avais eu mal au coeur plus qu’à mon tour. Pfffouh. Dol a essayé de me joindre, elle avait essayé tout le week-end, mais ce soir, je ne me sentais pas l’envie d’avoir quelqu’un qui scotche chez moi jusqu’à des heures impossibles. J’avais envie de rester seule, tranquille, faire ce que je veux.

Est-ce que j’espérais que Pascal ait la bonne idée de passer? Peut-être... mais je ne crois pas.

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 262/11 - Fin du week-end en enfer (2) - Lundi, 19 sept 2011

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A
J'avoue qu'il ne l'a pas volée celle-là...
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K
De toute façon, Pascal l'a bien mérité!
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M
Moi je dis bien joué! les mecs pensent avoir le droit de tout faire, ils n'aiment pas qu'on leur fasse pareil. S'il est jaloux, c'est bon signe, peut-être qu'enfin il réalisera s'il tient franchement sincèrement à toi!
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