279 - Thomas me sauve du désespoir
Mercredi..... 6 oct 2010
Je n’étais pas belle à voir; les yeux enflés, le visage bouffi, le regard triste. Le voyage en train, je l’ai fait dans une sorte de brouillard, me raccrochant à ma résolution, le coeur complètement à la dérive. Intérieurement, je me battais pour ne pas faire demi tour et courir me jeter à ses pieds, lui demander de bien vouloir me prendre dans ses bras et de ne jamais me laisser partir, et lui promettre de ne plus jamais le faire pleurer.
Je devais oublier le bonheur d’être dans ses bras, ses sourires, ses baisers, ses rires, son visage, son corps... Je devais tout oublier.
Epuisée après un voyage interminable en train, je ne rêvais que de rentrer m’enterrer chez moi et laisser libre court à mon chagrin.
Devant la station des taxis, Thomas surveillait la foule qui débarquait de la gare. Evidemment, je ne m’attendais pas à ce que quelqu’un vienne m’attendre à la gare, alors je ne l’ai pas vu. D’ailleurs, je ne cherchais même pas, distraitement mon regard s’est porté sur les taxis et j’étais contente de voir que j’allais pouvoir en prendre un tout de suite pour rentrer au plus vite.
Thomas avait deviné que je prendrais un taxi et attendait tranquillement appuyé contre le truc des bus. Une main d’homme a saisis mon sac et il m’a fallu quelques secondes avant de le reconnaître. Quant mon esprit a enfin fait le lien, je lui ai sauté au cou. A une heure aussi tardive, je trouvais ça tellement adorable, tellement adorable qu’il ait pensé à venir me chercher. Je n’ai même pas cherché à savoir comment il avait fait pour me retrouver, mais c’est vrai qu’on s’était parlé au téléphone alors que j’étais dans le train, je crois bien le lui avoir dit.
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Huh? Mais qu’est-ce que tu fais là?
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J’ai pensé que tu avais besoin de voir un visage connu... J’aime bien voler au secours de demoiselles en détresse!! Qui mieux que moi pouvait jouer ce 1er rôle?
Thomas était tout sourire et plaisantait pour me remonter le moral, oui, ça me faisait drôlement plaisir de le voir. Inutile d’être devin pour savoir comment je me sentais, un coup d’oeil sur mon visage suffisait. Une fois dans sa voiture, Thomas m’a dit que je pouvais me laisser aller, je n’avais pas besoin de faire semblant pour lui. Mais exclu que je me mette à pleurer devant lui, et pour Pascal... Il m’aurait sûrement trouvée idiote!
Haaaa Thomas, il savait être tellement chou, dommage que ça me faisait penser à Pascal. Crrriiiiip, non, pas penser à Pascal. Effacer Pascal, doit pas penser à lui. Je n’étais pas très bavarde, il faisait la conversation, me racontant les petits potins du week-end, c’était véritablement distrayant. Adorable. Thomas m’a emmenée chez lui sans me demander, il pensait avec raison que je n’avais pas envie de rester seule.
Dire que Thomas savait supporter mon mutisme, il me traitait comme un grand blessé, ce que j’étais, et me couvait d'attention et de gentillesse. C’était drôlement agréable et je me suis laissée faire, soulagée de n’avoir pas à bouger le petit doigt, ni à décider de quoi que ce soit. J’étais épuisée, j’avais le cerveau en plâtre et j’avoue que je me suis raccrochée à Thomas espérant qu’il arriverait à faire fondre mon désespoir, faire disparaître ma peine.
Dès que Thomas a posé ma tête au creux de son épaule, je me suis presque aussitôt endormie. Sans doute, le ronronnement de la télé, la châleur et la sécurité de ses bras, et l’épuisement par un chagrin trop lourd à porter, je n’ai pas eu la force de lutter.
Enroulée dans ses bras, j’étais vraiment reconnaissante à Thomas d’être venu me chercher, reconnaissante aussi qu’il m’ait guidé pas à pas depuis mon arrivée, soulagée par son bavardage. Il avait réussi à endormir mes pensées. Je lui étais aussi reconnaissante de ne pas essayer de me sauter dessus, pas aujourd’hui, je crois que je n’aurais pas supporter. Alors que je sombrais, Thomas me faisait tout plein de bisous, c’était chaleureux et doux. A aucun moment Thomas n’a essayé de me tripoter, ses bisous avaient plutôt un effet calmant sur moi.
Je crois qu’à ce moment, j’ai ressenti une grosse bouffée de tendresse, un sentiment d’amour pour Thomas... Il était tellement gentil et j’adore les hommes gentils.
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------ Thomas me sauve du désespoir - (279) - mer.06.oct.10 ------