280 - Affronter Pascal, m'excuser..

Publié le par JaneDo

Jeudi..... 7 oct 2010

Quant je me suis réveillée le jeudi matin, Thomas était déjà parti au travail. Abattue, j’ai réussi à me traîner jusqu’à la machine à café, et à côté de la machine, j’ai trouvé un petit mot de Thomas; il espérait me voir en rentrant, sinon lui téléphoner, il m’invitait à manger dehors. Il avait aimé me regarder dormir, j’avais l’air épuisée, des bisous etc... Aïe, encore un truc qui me rappelait Pascal et j’ai fondu en larmes. Pascal avait l'habitude de me laisser des petits mots et me regardait dormir, et moi aussi, j’avais passé des heures à le regarder. Il me manque, il me manque tellement, la souffrance est intolérable.

Quelques brides des prises de tête entre Pascal et Jess m’ont traversés l’esprit... Je me rappelais aussi quant Pascal lui a demandé d’arrêter de s’immiscer entre nous, il ne supportait pas ça. A ce moment là, je me rappelle avoir pensé que Pascal m’aimait et c’était tout ce qui comptait. Je me suis souvenue aussi comme il avait été bouleversé et s’était précipité vers elle quant elle a eu des douleurs au ventre à cause de leurs disputes. Après ça, Pascal s’était promis de ne plus la perturber...

Oh, il fallait que j’arrête de penser à lui, il le fallait... Mais, afff, je me suis permise une dernière petite souffrance; aller traîner dans son appartement.

L’âme en peine, j’ai hanté les lieux pour finir enrouler dans son lit. Je n’avais aucune peine à imaginer son hombre se profilant d’une pièce à l’autre, ou en train de jouer à la guitare. Mais... tout était vide, il n’était plus là, il était là-bas, en Allemagne. Je ne pouvais même pas l’imaginer à son travail, je n’y avais pas mis les pieds. Les bras en croix, j’ai sondé le plafond à réfléchir si je devais au moins l’appeler pour m’excuser d’être partie comme je l’avais fait. Oui, je crois que je le lui devais, sinon mon silence serait blessante.

Entendre sa voix me faisait mal d’avance... Je n’étais pas sûre de pouvoir tenir le coup après... ni de pouvoir raccrocher non plus...

Après avoir remarqué mon départ, Pascal avait essayé de m’appeler, mais je n’avais pas répondu parce que j’étais encore en Allemagne, je ne crois pas que j’aurai pu m’empêcher d'avoir envie de le voir une dernière fois, probablement que je ne serais même pas partie. Le lendemain, après mon arrivée, je m’étais endormie dans les bras de Thomas, épuisée par le chagrin.

On imagine mal comme la souffrance intérieure, causé par les sentiments, peut faire mal. C’est tellement lourd, on a l’impression d’avoir une main qui nous étrangle, nous serre la gorge tout le temps, qu’on manque d’air, que cette main nous serre le cœur entre ses griffes, sans parler de la fatigue énorme, d’avoir tous les membres engourdis, lourds, trop lourds. Et l’abattement énorme, le vide... Et les larmes qui attendent pour nous sauter aux yeux à n’importe quel moment.

Aïe non, il fallait que j’anesthésie toutes ses pensées, ses souvenirs, il fallait que j’arrête de penser à lui... Avant ça, il fallait que je l’appelle... Et il fallait que je le fasse tout de suite avant de trop y penser, tant que j’avais encore du courage...

  • Jane...

Pascal n’a réussi qu’à prononcer mon nom, puis il m’a écoutée sans rien dire. Je me suis excusée, lui ai expliqué que c’était mieux comme ça, que je n’aimais pas les adieux, que je pensais que c’était le mieux pour lui. Au fond de ma poitrine, mon cœur se suicidait, poignardé de douleurs. Je voulais entendre sa voix, mais aussi non. Comme il ne disait rien pendant toutes mes lamentables explications, je n’ai pas osé lui dire que je l’aimais et que ça m’avait déchiré le cœur de partir.

  • Tu n’aurais pas dû partir comme ça... On ne s’est même pas dit au revoir...

Sa voix était douce, il me parlait presque dans un souffle. Je n’osais pas parler, pas l’interrompre. J’enregistrais sa voix, son intonation, j’avais tellement besoin de l’entendre, de le voir... Afff. Il a eu un moment de silence avant de rajouter;

  • Ça m’a fait mal...

Je crois que quelqu’un lui parlait, ou il était demandé, mais il restait au téléphone. On ne savait plus quoi rajouter, mais on ne voulait pas raccrocher. J’aurai peut-être dû lui dire que j’avais vu Jess et que ça ne s’était pas très bien passé, mais j’avais compris que je devais partir... Mon natel commençait à me brûler les doigts parce que je sentais que le moment de raccrocher approchait dangereusement, la communication arrivait à son terme.

  • Il faut que j’y aille, désolé...
  • Je comprends...

Je crois que comme moi, il ne voulait pas raccrocher parce qu’on est resté encore 1mn suspendu au bout du fils sans rien dire. Puis, il a fallu raccrocher, il n’y avait rien d’autre à faire.

  • I love you Jane... and I miss you... (Je t’aime Jane... et tu me manques...)

Je me suis mise à pleurer. Pascal m’a demandé de raccrocher parce qu’il n’y arriverait pas. On s’est renvoyé la balle un moment, ce qui a eu pour effet d’arrêter mes pleurs. J’avais appelé, c’était à moi de raccrocher. Je suis restée une bonne vingtaine de minutes avec mon natel dans les mains, il n’y avait plus personne à l’autre bout, mais je n’arrivais pas à me décider à poser mon natel. J’étais à 2 doigts de rappeler.

Pendant ce temps, ma tête tournait à plein régime; arrêter de penser, de penser à lui, arrêter de pleurer sur le passé, ça ne servait à rien, ça ne changerait rien, effacer tout ce qui concernait Pascal, etc, etc... Je savais très bien que j’allais flancher encore, et souvent, mais avec le temps, ça passera...

Je l’avais appelé depuis son appartement, alors je suis remontée prendre un douche, me changer et attendre Thomas.

Le soir, en me trouvant chez lui, le sourire heureux de Thomas m’a réconforté. Thomas aurait voulu que je l’accompagne prendre un verre avec les potes, mais c’était un peu trop tôt pour moi, j’avais besoin d’un peu d’espace. Je pense que je n’avais pas besoin de lui expliquer comme ce serait dur d’être entouré de nos amis et comme l’absence de Pascal se ferait cruelle.

Thomas a voulu rester à la maison, mais ça non plus, je ne voulais pas. Je voulais qu’il ne change rien à ses habitudes pour moi, surtout pas. J’avais vraiment besoin d’un peu de solitude, en tous cas ce soir. Pourtant, plus tard dans la soirée, j’ai ressenti le besoin de le retrouver, peut-être aussi me remettre en selle. Je n’avais aucun problème à aller, même seule, retrouver Thomas, ça ne me mettait pas dans tous mes états.

Ouf, je n’ai pas eu besoin de supporter la foule et les endroits que Pascal fréquentait. Thomas n’est pas resté longtemps dehors, vers 23h, il était rentré, alors j’ai été le rejoindre chez lui.

Je n’avais pas vraiment envie d’être seule, je voulais éviter de laisser mes démons me polluer la tête. Je n’aurai peut-être pas dû. J'avais besoin de la présence de Thomas, mais pas de sexe. Encore un peu trop trop tôt pour moi. Dès que Thomas a tenté quelques timides approches, j’ai voulu fuir... Fuir à nouveau... Afff, ça commençait à devenir une habitude chez moi! Thomas l’a compris, alors il m’a juré qu’il ne tenterait rien, parce qu’il voulait que je reste. Moi aussi.

Je crois que quant j’arriverai à faire le pas, je serais en bonne voie de guérison...

C’est assez difficile de demander à un homme de rester coucher près d’une fille sans essayer quoi que ce soit, c’était dur pour Thomas. Mais il a tenu sa parole tant bien que mal. Je ne pouvais pas empêcher les bisous, mais il s’en ait tenu à ça, sans pousser plus loin.

Thomas était vraiment chou et gentil avec moi, et j’’avoue que par moment, j’avais envie de laisser la facilité l’emporter et laisser le plaisir physique prendre le dessus...

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------ Affronter Pascal, m’excuser - (280) - jeu.07.oct.10 ------

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