282/11 - Mauvais timing...
282/11 - Mauvais timing...
Dimanche, 9 oct 2011
Après la fête d’anniversaire de ma nièce, je suis rentrée me changer et je suis sortie rejoindre Caro au bar. En arrivant, j’ai vite regardé pour être sûr qu’elle était là. J’ai tout de suite remarqué Pascal et mon cœur a tout de suite commencé son bal infernal. Pfffouh, il ne fallait pas que je me laisse emporter par mes sentiments, du calme.
J’avais décidé de faire un petit tour, question de le rappeler à mon bon souvenir. Je pense que de rester invisible n’était pas la bonne décision, il prendrait l’habitude de ne pas me fréquenter, se renforcerait et je finirais à la trappe. J’ai vu que mes potes à moi étaient là aussi, alors je suis passée d’abord saluer Thomas, Pascal et leurs potes. J’ai fait la bise à Pascal dans la foulée, Thomas en dernier et j’ai discuté avec lui 2mn. J’avais choisi de passer dire bonjour à Thomas et son équipe en 1er, pour ensuite me réfugier vers mes potes, ce que j’ai fait. De temps en temps, je regardais ce qui se passait du côté de Pascal. J’ai ri, plaisanté et fait comme s’il ne s’était rien passé avec Pascal la semaine passée. Pascal avait l’air d’aller bien, d’être de bonne et il regardait assez souvent dans ma direction.
C’était dur de lui faire la bise, de faire la bise à la flopée de nana qui traînait avec eux. Difficile aussi d’ignorer les petits regards en coin des copains. Ils devaient tous être au courant et cherchaient à voir si j’étais dévastée. Je me suis montrée forte, je ne montrais rien. Je n’étais pas trop gaie, ni triste, juste neutre.
Thomas est venu scouater vers mes potes, on a discuté un peu. Maeva est venue se joindre à nous. J’ai zappé Pascal, s’il voulait me parler, il allait falloir qu’il se déplace. C'était de voir que Thomas sortait de plus en plus souvent avec Maeva, avant on ne la voyait jamais. Après une petite 1/2h, je suis retournée me joindre au groupe que formait Pascal et les autres pour papoter avec Caro. J’ai ignoré Pascal. J’avais laissé Thomas et Maeva avec mon groupe. Après 10mn, j’ai salué Caro, je suis repassée vers mes potes et après 5mn, je suis partie la tête haute.
J’étais fière de moi, mais j’en avais bavé. J’avais mal au cœur, au ventre, ça avait été très dur. C’est affreux d’avoir été si proche, si complice, s’aimer autant puis tout à coup, rien. Le vide total. Faire comme si c’était un étranger parmi tant d’autres, lui que j’aimais tant.
Quant ça a toqué à ma porte, j’étais déjà en training, démaquillée. Je ne crois que je n’étais pas très surprise de constater que c'était Pascal.
J’étais dans l’incapacité totale de le regarder en face, ça me donnait la chair de poule de devoir supporter sa présence, ça me fichait en boule, aussi, me renvoyait immédiatement à des images que je voulais occulter complètement de ma mémoire. Et le voilà sur le pas de ma porte, je sentais son odeur, sa présence remplissait immédiatement la pièce. Même si j’étais fâchée contre lui, je l’aimais quand même, j’ai failli perdre pieds, heureusement, le souvenir, l’image de lui sur le pas de sa porte me disant qu’il n’était pas seul m’a remis sur pieds direct.
- C’est difficile d’écrire, j’ai tapé, et retapé encore et encore, mais chaque fois que je me relisais... Afff, trop court, c’était inconsistant, je craignais que tu ne comprenne pas, trop long et tu me trouverais collant, et il manquait tellement de choses. Chaque fois que je me relisais, c’était du n’importe quoi. Et puis, je suis trop jeune, tu ne me prends pas au sérieux...
- Arrête ça... Arrête ces excuses à la con. Tu devrais retourner où tu étais. C’est vrai, t’es trop jeune, tu ne connais rien à rien. Rentre chez toi ou chez qui tu veux, mais laisse moi tranquille.
- C’est vache...
J’ai ouvert la porte, je voulais juste qu’il disparaisse de ma vue. Je ne le regardais pas, je ne voulais pas le regarder, voir ses yeux verts que j’adore tellement me fichait la trouille. Au moins, on peut dire que j’avais retourné la situation, c’était pas voulu, mais c’était lui qui portait désormais le manteau du coupable. J’étais la femme bafouée, innocente, lui le monstre super méchant.
Dégage, dégage, fou le camp, disparaît de ma vue. Si seulement il pouvait repartir pour l’Allemagne ou New York que je n’ai plus à le croiser, j’oublierai combien je l’aimais et combien c’était bon d’être dans ses bras.
- Tu n’es pas juste. Tu sais ce que ça fait de retrouver la femme qu’on aime sortant du lit de son frère? Thomas est comme un frère, mon plus vieil ami, savoir que je ne t’avais pas manqué autant que ça... Savoir que celle que tu aime couche avec ton propre frère? Je veux t’oublier, je ne veux plus... mais je t’aime aussi et ça me déchire...
- Pascal, arrête ça, va-t-en stp. Dégage.
Aoutch, je n’aurai peut-être pas dû lui dire de dégager, mais il aurait dû comprendre que ce n’était juste pas le moment pour discuter. Juste pas le moment.
Je me suis calmée. Après tout, il avait fait l’effort de venir jusqu’à moi, c’était ce que je voulais non? Je n’aurai peut-être pas dû le jeter encore, j’aurai dû avoir la patience de l’écouter, le laisser m’ouvrir son cœur et pas l’envoyer sur les roses. Je le veux lui, je le veux de toutes mes forces, mais je n’arrive pas à contrôler ma rancœur, les images de lui qui viennent me court-circuiter la tête ne sont pas agréable, alors la moutarde me monte au nez direct. Puis, il aurait dû se bouger le cul plus tôt. Attendre 2 jours pour venir me parler après ce qui s’était passé, il se fou de ma gueule ou quoi? Puis toute cette semaine, il a foutu quoi, il aurait pas pu trouver le moyen de... Injuste, j’étais injuste...
Afff, il a essayé de m’écrire mais il n’a pas su quoi dire, j’aurai aussi pu le faire, mais je ne l’ai pas fait non plus. Afff, je suis trop susceptible. Je pète les plombs quant il ne fallait pas, si je continuais comme ça, j’allais le repousser dans les bras d’une autre. Oui, mais maintenant, j’avais l’air maligne de le rappeler! J’ai scié la branche sur laquelle j’étais assise. Zut.
Pascal... Où es-tu? En ce moment... J’aimerai te serrer de tous mes forces dans mes bras.
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282/11 - Mauvais timing... - Dimanche, 9 oct 2011