289/11 - Pas prendre le risque de perdre l'homme que j'aime
Je ne veux pas perdre l’homme que j’aime
Dimanche, 16 oct 2011 - (289/11)
Je devais absolument voir Pascal ce soir, je ne devais pas le laisser passer la soirée ailleurs ou avec une autre après ce qui s’était passé entre nous, sinon, je tomberais dans l’oubli, dans la case de la fille avec qui on couche de temps à autre sans plus.
Mais comment? J’étais presque sûre qu’après le truc avec le groupe de musiciens, il ne rentrerait pas chez lui et ne se mêlerait pas aux potes ce soir, lui et sa blonde iront passé la soirée ailleurs. Il irait ailleurs pour nous éviter Caro et moi, et je ne le verrais pas de la soirée, ni du reste du week-end. Ce serait le bon moyen de me faire comprendre que c’était fini.
Si j’avais été maligne, j’aurai dû m’arranger pour voir Pascal avant qu’il n’aille jouer avec le groupe, mais j’espérais qu’il m’appelle, et il ne l’a pas fait.
Donc, vu l’heure, je lui ai envoyé un message et il n’a pas répondu, comme je m’y attendais. Je n’ai pas osé l’appeler, ç’aurait l’air désespéré, et aussi, ça lui aurait permis de me dire par téléphone qu’il ne voulait pas me voir. Je savais qu’il commencerait à jouer vers 22h, alors je lui ai envoyé encore un message pour lui dire que, si jamais, j’irai l’attendre chez lui vers minuit.
Là, Pascal m’a répondu; Il avait quelque chose et qu’il ne pensait pas rentrer, alors ce n’était pas la peine que j’aille chez lui.
C’était bien ce que j’avais pensé! Même si je m’en doutais, sa réponse m’a quand même foutu une boule à l’estomac. Une main invisible me broyait l’estomac. Je ne pouvais pas le laisser m’échapper ce soir, oh non, pas question que je le laisse me zapper.
Comme si je ne me doutais pas de ce qu’il avait planifié, je lui ai donc envoyé un autre message pour dire que je l’attendrais alors après le concert, vers sa voiture. Et là, je crois que Pascal n’a pas su comment se dépatouiller pour se débarrasser de moi. J’ai bien vérifié mon natel et je ne recevais pas de réponses, puis presque 1/4h après, il a essayé de m’appeler, mais j’ai viré son appel sur ma boîte vocale. Comme je m’y attendais, il n’a pas laissé de messages, il n’avait pas osé ou pas voulu me faire de la peine.
23h, j’étais déjà à Lutry. J’ai vite repéré sa voiture et je me suis parquée un peu plus loin de manière à pouvoir voir sa voiture. J’avais peur qu’il s’arrange pour filer en douce sans venir prendre sa voiture, mais il n’est pas assez tordu pour faire un truc pareil. J’étais angoissée, mais j’attendais avec impatience qu’il ait fini.
J’avais parlé avec Caro dans la soirée, je me sentais obligée de la mettre au courant des dénouements. Je n’ai pas jugé utile de lui dire qu’on avait couché ensemble, donc quant elle me l’a demandé, j’ai nié. J’ai prétendu avoir juste dormi chez lui et qu’il ne s’était rien passé. Caro m’a dit franchement qu’elle avait l’impression que j’essayais de la pousser de côté, j’ai prétendu que non.
Après j’ai eu des scrupules parce que, ce n’était pas entièrement faux. Je me suis vu penser que je n’avais pas le droit de lui faire ça. Caro avait voulu aller le voir jouer, mais il lui a demandé de ne pas le faire, qu’il ne voulait pas la voir. Glups, je lui ai demandé s’il avait vraiment osé le lui dire comme ça, et elle a dit que oui. Pascal lui avait implicitement dit qu’il ne voulait pas la voir ce soir, qu’il en avait un peu marre de la voir le suivre partout, le traquer comme elle le faisait.
Glups... il risquait bien de me dire la même chose... ça me faisait trembler d’avance... mais j’avais l’intention de le coller quoi qu’il fasse.
Caroline est vraiment un peu fofolle, elle s’était déguisée et s’était quand même pointée au concert. Je ne sais pas comment elle faisait pour ne pas trembler de peur qu’il l’aperçoive. C’est une petite salle, je me demande comment elle allait faire pour passer inaperçue. A un moment, Caro m’a envoyé un message pour me dire que la bonde était là, donc elle pense que Pascal et elle avait rendez-vous. Je n’ai même pas reconnu Caro quant elle est sortie. Caro m’avait avertie de la fin du concert, alors j’ai été attendre à côté de la voiture.
Enfin, j’ai vu Pascal sortir, parler un moment avec les membres du groupe et enfin se diriger vers sa voiture, Puis j’ai vu la blonde qui est restée l’attendre vers l’entrée. J’avais des palpitations, Pascal allait sûrement essayer de se débarrasser de moi. Et en effet, c’est ce qu’il a cherché à faire.
Pascal m’a dit que je n’aurai pas dû venir, qu’il ne retournait pas en ville. Le groupe est venu le rejoindre, j’avais les oreilles brulantes, la honte. Je ne voulais pas qu’il me parle devant eux, mais ils étaient là et semblait l’attendre. Je pense que Varios m’a saluée par politesse. J’ai continuais à sourire innocemment, comme si je ne me doutais de rien, même si dans ma tête, tout tournait.
Pascal était mal à l’aise, il se sentait coincé, je le voyais bien dans son regard. Il sentait bien que je pensais venir avec lui et il ne savait pas quoi faire, l’autre blondasse l’attendait. J’ai vu la mauvaise humeur l’envahir, mais il savait garder son calme, et moi, faire semblant de ne rien remarquer.
Pascal a ouvert sa voiture pour poser sa guitare à l’intérieur et je me suis précipitée pour m’asseoir à l’intérieur. Il a dû se dire que je n’avais pas ma voiture. Je me suis félicitée de l’avoir parquée ailleurs. Pascal m’a dit d’attendre, qu’il revenait tout de suite, alors je me suis installée confortablement. Dans le rétro, je l’ai vu aller discuter avec la blonde.
Pascal est revenu après quelques minutes, c’était clair qu’il était de mauvaise humeur. Il a voulu me ramener à la maison, mais toujours calme et innocente, je lui ai dit que ça ne me gênait pas d’aller prendre un verre avec le groupe. Je savais bien qu’il risquait de me dire carrément que c’était fini, que je n’avais rien à faire là, mais il n’a pas osé. Il n’a pas osé non plus me dire qu’il avait d’autres plans avec la petite blondinette.
Il restait enfermé dans une sorte de mutisme, il était de mauvais poil c’était certain.
On se dirigeait je ne sais où pour aller retrouver son groupe je crois, puis Pascal m’a proposé qu’on rentre, qu’on aille plutôt chez moi. J’ai tout de suite pensé que si on allait chez moi, il risquait de trouver un prétexte pour se tirer. Alors j’ai insisté, avec bonne humeur, que ça ne me dérangeait pas d’aller retrouver ses potes du groupe. C’était un énorme effort, en temps normal, j’aurai pété un câble et je serais rentrée en le plantant là. Malicieusement, je lui ai dis de ne pas changer ses plans pour moi. Ça m’a fait du bien de le torturer un peu. Toute adorable, j’ai dis que je me foutais où on allait du moment que j’étais avec lui. J’ai alors posé ma main sur sa cuisse et la tête contre son épaule en fermant les yeux.
Je suis sûre qu’il devait regretter en ce moment même ce qui s’était passé hier soir...
Pascal a encore insisté qu’on aille chez moi, alors j’ai prétendu qu’une copine dormait à la maison ce soir; des problèmes avec son copain. J’ai cru l’entendre soupirer. Ce devait être un soupire de défaite. On a roulé en silence quelques minutes, puis il a posé sa main sur la mienne posée sur sa cuisse. Je me suis instantanément sentie soulagée. Pascal avait capitulé. Il a dû se rendre compte qu’il ne pourrait pas se débarrasser de moi quoi qu’il fasse. Adorable. C’était un chouette mec, trop gentil par moment, mais faut avoué que c’est ce que j’aime chez lui. Ce n’était pas quelqu’un de méchant pour aller jusqu’à être horrible avec moi.
Ce n’était pas un pervers qui aurait pu être dégueulasse avec moi, juste pour aller retrouver une autre fille.
On est donc rentré chez lui. Il s’était calmé entre temps. Un peu perdu dans ses pensées, il a rangé ses affaires de musique et il s’est changé. Il m’avait offert de me préparer du café, je l’ai fais moi-même. On s’est ensuite installé au salon devant la télé. Pascal nous a allumé un petit feu de cheminée.
Il s’est étonné que je ne sois pas sorti avec le reste de la bande. Il a dit avoir essayé de m’appeler pour me dire de ne pas aller au concert parce qu’il pensait sortir avec le groupe après. Je lui ai demandé s’il n’avait pas voulu rejoindre les autres parce qu’il ne voulait pas y aller avec moi? Il a prétendu que non et qu’il préférait juste qu’on soit tous les 2. Hum, ouais, ouais!!! Je suis sûre qu’il sait que la chanteuse ne m’aimait pas et moi non plus. Je pense aussi qu’il n’avait pas prévu de les rejoindre mais plutôt de filer avec sa blondinette.
D’ailleurs, elle l’a appelé et il est sorti lui parler. J’ai pensé qu’il devait gelé, alors je lui ai apporté sa veste et j’ai eu l’impression que ce geste l’avait touché. Il m’a fait un petit sourire.
Je n’ai aucune honte à avouer que je ne me suis pas gênée pour l’écouter lui parler. Il était désolé mais qu’il ne pourrait pas (la rejoindre, je pense, bien fait), même pas plus tard. Puis suite à ses questions, il lui a dit qu’il était avec moi, qu’on avait des trucs à discuter. Quant il a raccroché, je me suis précipitée sur le canapé comme si de rien.
Ouf, il n’allait pas pouvoir la voir ce soir! C’était moche de lui faire ça, mais je n’avais pas le choix. Si les choses n’allaient pas si mal entre nous, je l’aurais probablement laissé faire ce qu’il voulait.
J’ai mis ma mauvaise humeur, mes doutes et mes milliers de questions de côtés, c’était pas le moment. J’ai été tendre, douce, je ne lui ai pas laissé aucune occasion de me mettre les points sur les “i”. Au fils de la soirée, il s’était détendu et peu à peu la distance entre nous a disparu. On a passé une soirée adorable.
J’ai évité tout ce qui pouvait l’amener à me dire qu’on était pas ensemble.
Vers 3h du matin, Pascal a proposé de me ramener. Je n’en avais pas envie, j’ai pensé qu’il irait alors rejoindre la Ophélie. Je devais en avoir le cœur net, alors j’ai dit que je prenais un taxi. Pascal a insisté pour me ramener, je pense qu’il voulait être sûr de me déposer chez moi, ensuite il irait directement chez l’autre et je ne pourrais rien faire. Ça m’a légèrement froissé qu’il ne me propose pas de rester.
J’avais l’intention de faire semblant de partir et de revenir sur mes pas, s’il appelait l’autre, je l’empêcherais de partir.
J’ai donc appelé un taxi, mais alors que je m’y attendais pas, il m’a pris mon natel des mains pour demander si je voulais rester. Hafff, mon cœur a fait un gros boum, j’ai fait oui de la tête. Comme je l’adore lui. Il a souri et a raccroché pour moi. Il m’a attirée contre lui et c’était le paradis...
Dimanche matin, Pascal s’était levé avant moi et il a été courir. J’imagine que Caro avait dû le rejoindre, parce que j’ai vu un message d’elle. C’est Thomas qui m’a réveillée en venant sonner pour déjeuner avec Pascal, comme ils avaient l’habitude de le faire. Je l’ai vite expédié en lui demandant de repasser plus tard quant Pascal serait là. Je ne voulais pas qu’il rentre pour nous retrouver ensemble.
On a déjeuné tous les 3 dans une atmosphère un peu lourde, mais on a fait de notre mieux pour donner le change. L’après-midi, Thomas avait des copains qui passaient comme toujours, il voulait qu’on monte, mais Pascal n’en avait pas envi. Il voulait larver tranquillement chez lui.
Normalement, je serais rentrée chez moi, mais l’idée qu’il aille retrouver l’autre pouffe m’a fait rester.
Pascal m’avait filé un training, un peu grand, mais c’était quand même sexy. On a flâné et on a fait l’amour presque toute la journée. Je sais qu’il était heureux qu’on puisse à nouveau s’aimer sans restriction, ça me rendait aussi follement heureuse et je ne me suis pas gênée de le lui dire encore et encore. Il m’avait manqué de la tête aux pieds.
En fin d’après-midi, Thomas avait réussi à nous convaincre d’aller manger avec eux. De temps à autre, Pascal glissait sa main sur ma cuisse ou me serrait la main discrètement. Quant ils ont proposé d’aller prendre un verre quelque part, Pascal a préféré s’abstenir, il voulait rentrer et je suis rentrée avec lui.
Je sais que la Ophélie lui avait envoyé plusieurs messages, et je les ai lu en cachette. Elle disait que c’était dommage qu’ils ne se soient pas vu beaucoup ce week-end, qu’elle aurait aimé le voir. Dimanche dans l’après-midi, elle lui avait proposé de passer chez elle le soir, et Pascal a répondu qu’il ne savait pas encore s’il pourrait et qu’il la rappellerait dans la soirée.
Pascal a dû oublié alors, elle l’a appelé.
On était au resto, ça m’a fait chier de le voir sortir pour répondre à son natel. Du coup, je ne savais pas ce qu’ils se sont dit. Mais une chose est sûre, je ne le lâcherais pas. Du moment qu’il se cachait pour lui parler, c’est qu’il y avait une chance que les choses dérapent et deviennent sérieux entre eux. Ça me foutait les boules, ça, je ne pouvais pas l’accepter.
Je ne pense pas que Pascal sache très bien ce qu’il voulait, mais je pense qu’elle lui plaisait...
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289/11 - Je ne veux pas perdre l’homme que j’aime. - Dimanche, 16 oct 2011