30/2014 - Impulsion destructive !??
Jeudi, 30 janvier 2014 -- 30/2014 -- Impulsion destructive !
Mon coeur saigne encore. La douleur est si profonde que je ne n’arrive pas à croire que je survis encore. Mon impulsivité m’a toujours joué des tours, seulement, je croyais avoir maitrisé ce travers. D’avoir réussi à me dominer. De manière impulsive, j’ai “planté” ma relation déjà fragile avec Pascal. Planté, saboté, brûlé, détruit... Mouais! Cela faisait des mois que je nageais en pleine confusion, tantôt au paradis, tantôt en train de ramper au fond des gouffres de l’enfer, je n’en pouvais juste plus. J’avais l’impression qu’il fallait que j’y foute le feu. Qu’importe tout ce que cela raflerait au passage, au moins, tout brulerait.

Hier soir, j’ai fait l’effort de sortir. Je savais pertinemment que je croiserais Pascal. Il me l’avait dit. La tentation avait été la plus forte. Pourtant, dans son message, il ne me demandait pas de le rejoindre, juste qu’il sortait. Il a voulu savoir si je pensais sortir, si j’acceptais de prendre un verre avec lui. Et je pense qu’il imaginait quelque chose de plus discret, comme un tête-à-tête, loin des autres. Mais après son match. Et avant d’aller rejoindre ses potes.
Je n’ai pas jugé utile de lui répondre. Je me doutais que, quelque part, aussi pour savoir s’il m’aura dans les pattes ou pas.
En arrivant dans notre bar habituel avec Caro, je l’ai tout de suite aperçu. Mon coeur a repris aussitôt un "Jive" effréné. J’avais de la peine à tenir sur mes foutues guiboles. Pfff. Je tremblais aussi, alors j’ai enfoncé mes mains dans les poches de ma veste et resserré la fausse fourrure de ma veste autour de mon cou. Appuyé au bar, Pascal rigolait avec une demoiselle, que je ne connaissais pas. Je crois l’avoir déjà croisée. J’ai cherché Jess du regard, je ne l’ai pas vue.
J’ai décidé de faire comme si je ne l’avais pas vu, et me suis arrêtée vers Thomas, à quelques mètres de lui. Caroline a voulu foncer vers Pascal et je lui ai serré e poignet. A l’oreille, je lui ai chuchoté d’attendre que ce soit lui qui vienne à nous, qu’elle devrait l’ignorer jusque là. C’était vraiment beaucoup lui demander, des larmes lui sont montés aux yeux. Elle lui a tourné le dos pour éviter de le fixer, ou courir vers lui. Les battements de mon coeur ne cessaient d’augmenter. Le savoir derrière moi, à quelques pas, me rendait super nerveuse. Moi aussi, je voulais courir vers lui; lui faire la bise, qu’il sache que j’étais là.
Mais dans la vitre derrière le bar, j’avais vu que Pascal nous avait vu. Interpelé, parce qu’on n’avait pas été directement vers lui, il continuait à regarder dans notre direction entre 2 rires. J’entendais sa voix, ses rires. 5mn, 10mn, il ne venait toujours pas. Qu’attendait-il? Ça me démontait. J’avais une brique énorme au fond de la poitrine. C’était lourd.
Doucement, discrètement, Caroline m’a fait la réflexion; “Jane, il ne vient toujours pas…”. Sa voix tremblait, ses intonations démontrait sa tension et sa peine. Je lui ai alors dit qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait, mais, ce n’était pas très bon signe qu’il ne vienne pas. Aussi, parce que, juste après elle, s’il n’était pas venu, j’avais l’intention de faire comme elle… aller vers lui. Lamentable, mais pas tellement, la colère avait pris de l’ascendance sur ma faiblesse.
Caroline est revenue la queue entre les jambes, elle s’était sentie de trop. Pascal discutait avec ces nanas, et elle n’avait pas réussi à s’immiscer dans la conversation. Ni même dans le cercle. Les filles l’avaient considérée de haut, se demandant même ce qu’elle foutait là. Caro avait battu en retraite, malheureuse comme les pierres. Je l’étais aussi. Rongée de l’intérieur, rongée jusqu’à la corde. Pourquoi Pascal n’était pas encore venu me dire bonjour?
Thomas m’a proposé d’aller chez lui, de se taper un verre et un film. J’ai dit oui. Que Pascal aille se faire voir. Pourquoi est-ce que je me retenais de vivre? Pourquoi est-ce que je faisais attention de ne pas titiller sa jalousie? Alors que lui continuait tranquillement son petit bonhomme de chemin? Et que je m’amuse, et que je papote toute la soirée avec une pouffe, bref, j’étais enragée. Mais, ma rage est tombée aussitôt. Je ne lui en voulais même pas, il aurait dû seulement venir me saluer, mais apparemment, je n’étais pas si importante à ses yeux.
Avant de partir avec Thomas, j’ai décidé d’aller lui dire 2 mots.
Mon impulsivité a eu raison de moi. Ayant perdu le contrôle sur mes mouvements, complètement sous l’impulsion du moment, de la colère sans doute aussi, j’ai foncé tête baissée vers Pascal. Ignorant les pouffes avec qui il discutait. Je me suis plantée entre lui et celle du moment, avec qui il blablatait, lui coupant du même coup la parole. J’ai fait comme si elles n’existaient pas. Les sourcils à Pascal ont décrit un étonnement qui me coulaient dessus. Rien à foutre si j’étais mal polie. En souriant, je lui ai lancé le “Hey” habituel.
Surprise passée, il m’a souri et dit qu’il était content de voir que j’avais fini par sortir le bout de mon nez. En disant ça, il m’a touché le nez délicatement, comme on le ferait à un enfant crapule. Puis, sans que rien ne me suggère un geste pareil, il s’est penché pour m’embrasser sur les lèvres. Je suis restée interdite, sans voix. Tétanisée.
Comme un automate, j’ai tournée les talons pour repartir vers Thomas. Ma tête était en fusion, entre; comment a-t-il osé m’embrasser sur la bouche après tout ce qu’il m’avait dit? trop mignon! quel culot? Il m’embrasse et pourtant, il reste là-bas à folâtrer avec ces filles? Il se fou vraiment de ma tête! J’avais reçu une décharge électrique, qui m’avait traversée de part en part. Tout à coup, j’ai fait demi-tour pour repartir lui dire ce que je pensais de son comportement.
Sans gêne, et sans trop de ménagement non plus, je me suis replantée devant lui; “J'ai besoin de te parler”.
- Quoi? Maintenant?
- Oui, maintenant. Ça ne prendra que 2 minutes.
- Ok. Je te rejoins dans une minute.
Dans 1 minute? Il rigolait! J’ai tout à coup réalisé qu’il était en pleine explication sur nos relations, avec l’Iceberg brune avec qui il semblait avoir des atomes crochus. Ce n’était pas la bonne place. Alors, j’ai changé de place pour enfiler mon bras sous le sien et le tirer, tout en lui disant que ça ne pouvait pas attendre.
Une fois à l’écart, loin des oreilles indiscrètes, j’ai balancé ce que j’avais sur le coeur;
- Quel culot de m’embrasser comme ça devant tout le monde. Tu me prends pour une bille ou quoi?
- Pas du tout… Tu es fâchée? Qu’est-ce que j’ai fait? J’ai fait quelque chose de mal?
- Arrête Pascal, c’est moi qui ait quelque chose à te dire. Alors, c’est moi qui parle.
Je l’ai coupé. Je ne voulais pas entendre ce qu’il avait à raconter là, j’étais remontée. Je lui ai demandé à quoi il jouait. Que j’en avais assez qu’il s’amuse avec mes sentiments. Que je n’étais pas sa chose. Il me soufflait toujours du chaud/froid, j’en avais marre. Il se montrait adorable, chou, puis, hop, pendant plusieurs jours, je n’avais aucune nouvelle. J’avais bien compris que je n’étais qu’un bouche-trou.
Pascal a voulu protester, mais je n’en avais que faire. Je lui ai dit qu’hier soir, je savais qu’il était chez Elodie. Qu’il n’avait pas de compte à me rendre, mais je voulais mettre les choses au clair, moi non plus, je n’avais pas de compte à lui rendre. Que j’en avais assez de faire attention à ses sentiments, alors que lui, il faisait comme il voulait, rien à foutre de ce que je pouvais en penser, ni ce que je ressentais, ni ce que ça pourrait me faire. Bref, c’était assez. Fini. Terminé. Que Thomas m’avait proposé de passer chez lui et j’ai dit oui. Désormais, je fais ce que je veux, sans avoir besoin de lui demander son approbation.
Voilà, c’était tout ce que j’avais à lui dire. Pascal a ravalé ses mots, son regard était dur, il a juste répondu; “Ok. Je ne comprends pas, mais ok.”. Ben tiens! Il ne comprenais pas, hein!
Purée, son “ok” m’a achevée. J’ai fait demi-tour cette fois, sans me retourner, sans même chercher à voir son expression dans les glaces aux alentours.
Je crois que, je ne voulais pas savoir.
Je suis persuadée qu’il est retourné aussi sec, dispenser ses rires et ses sourires aux ploukettes avec qui ils discutaient tout à l'heure. Je me sentais soulagée d’avoir enfin aboyé ce que j’avais trop longtemps gardé sur le coeur. J'avais enfin vidé mon sac.
Mais, ça n’a pas duré… A la minute où j’ai posé le pied hors du bar, je commençais déjà à regretter… Flûte. Et non, je n’avais pas à regretter.
A la maison, Thomas s’est précipité pour prendre un douche et se changer. J’ai attendu mon tour. Peu après, j’ai entendu la voiture à Pascal. Grrrh. Il faisait exprès ou quoi? Il rentrait pour me faire regretter encore plus mon éclat de tout à l’heure? Merde. J’ai effacé d’un geste toutes ces pensées qui ne feraient que me descendre, et j’ai préparé un verre pour Thomas, un café pour moi, et arrangé les coussins sur le canapé. J’ai aussi vite vérifié la porte entre les 2 appartements était bien fermée. Pour être sûr que c’était fermé, et que Pascal ne se pointerait pas.
Thomas est sorti de sa chambre, torse nu, bronzé, un bas de training sur les hanches, en se frottant la tête pour sécher ses cheveux bouclés, je l'ai trouvé attirant. Il avait toujours eu beaucoup de charme. Seul bémol, son caractère! J’ai filé me changer. Thomas avait posé, sur son lit, un training à mon intention. Il sera trop grand, mais qu’importe. Et voilà, j’avais mis le point final avec Pascal… Encore fallait-il que j’y survive sans son amour...