300/2013 - Comme un giffle...

Publié le par JaneDo


Dimanche, 27 octobre 2013  - 300/2013 - Comme un giffle...

Pascal semblait déjà s’amuser à fond. Mon moral s’est effondré de le voir s’éclater autant quant je ne suis pas là. Il fût un temps, où le simple fait que je ne sois pas dans les parages, le rendait morose, taciturne, et il s’ennuyait comme un rat mort. Les choses avaient tellement changé.

J’avais trop envie de pleurer pour avoir un sourire radieux. Poussée par l’adrénaline de la rage, je me suis dirigée droit sur Pascal. Si je le pouvais, si j’avais été un personnage de dessin animé, j’aurai poussé Maud pour la faire dégager et prendre sa place. Aux dire de Thomas, mon maquillage et mon déguisement me donnait un air austère, froid, terrifiant et magnifique à la fois. Mon regard furax convenait à la vampire que j’étais, pour ce soir.

J’avais tout de suite reconnu Pascal malgré son “loup” qui couvrait le haut de son visage et même une partie de son nez que j’adore. Il y avait un monde fou. Malgré tout, des grands hommes, bien bâti, il y en avait pas des masses. D’abord paumée, j’ai regardé aux alentours, partout, sans le voir, avant de regarder la piste de danse. J’ai eu peur de ne pas le trouver ou le reconnaître dans la foule. Puis, j’ai cherché les silhouettes du groupe de mecs que je connaissais; leur façon de grouper en bande, leur allure sportive.

Ils étaient occupés à évaluer les filles au bar où ils s’étaient s’agglutiné et sur la piste de danse toute proche, alors tout naturellement, j’ai essayé de voir si je ne trouvais pas Pascal parmi eux, ou en train de danser avec ses potes. Quelle désillusion de le voir se trémousser avec cette cruche de Maud, avec son air de pétasse précieuse.

Pascal ne m'a pas vu arriver. Ils se chuchotaient des trucs à l’oreille. Quant elle m’a vu, sa main posée sur son bras s’est contractée, elle s'est agrippée, comme si elle cherchait sa protection. Je t’en foutrais moi de la protection.

Situation épique! Sorti de nul part!!! Pascal m’a fait la bise, elle, je l’ai ignorée. Non mais la bise quoi!!! Bon bref, je peux comprendre… C’était peut-être parce qu’on était en publique et qu’il y avait sa femme. Sa femme, qui n’était plus sensé être sa femme, et pour qui ça ne devait plus avoir d’importance!

Je suis restée plantée devant lui, et je l’ai pris par la main pour qu’on s’en aille.
Pascal a osé me dire d’y aller, qu’il arrivait dans une minute. Et devant elle en plus! J’ai fait celle qui n’avait pas entendu. Je crois que ça se voyait que j’étais au bord de l’explosion. J’ai passé mon bras autour de son épaule et me suis penchée, comme pour dire; quoi? répète, j’ai pas entendu. Pascal a osé répéter.

Heureusement pour ma dignité presque bafouée, Thomas est venu sauver la situation, sauver ma dignité. Il avait dû voir ce qui se passait. Ou est-ce que c’était pour aider Pascal, et le débarrasser d’une emmerdeuse? En tous cas, il tombait à pic. D’une main de fer, il m’a traînée après lui pour me faire danser. Ce n’était pas des slows, mais il m’a serrée contre lui et à l’oreille, il m’a chuchoté à l’oreille qu’il ne fallait pas que je me ridiculise pour cette nana, ça ne ferait que la réjouir.

De plus, Thomas m’a complimenté sur mon déguisement. Il m’a dit que j’étais belle ce soir, que j’avais l’air de la Reine des Vampire, donc je devais faire honneur à celle que je représentais, et me respecter un peu plus. Je lui ai dis que ça venait de Pascal. Il a reconnu qu’il avait du goût.

Thomas m’a recommandé d’ignorer Pascal, que je devais assez le connaître pour savoir comment il fonctionne. Que je ne devais pas laisser mon impulsivité me guider, mais ma tête. Thomas m’a dit que je lui accordais trop d’importance, ce qui le faisait parfois se comporter comme un enfant gâté, ou un gamin dans une boîte à bonbons.

Thomas avait tellement raison. J’ai donc reporté mon attention sur celui qui venait de me sauver de la déchéance. Il avait un charme fou, et en plus, il faisait un très mignon loup-garou avec ses lentilles jaune. Pendant quelques instants, j’ai oublié Pascal et sa Maud. Qu’il aille se faire voir après tout.

Thomas est un excellent danseur. Il me guidait dans un corps à corps sensuel. On en oubliait le monde entier. Puis, il a failli m’embrasser, ce qui nous a fait sursauter et revenir à la réalité. Du coin de l’oeil, j’ai vu que Pascal ne dansait plus, mais avait les yeux braqués sur nous. Il n’avait plus du tout l’air de s’amuser. Et Thomas continuait à me draguer avec un sans gêne qui me surprenait un peu.

Thomas l’observait lui aussi discrètement. En rigolant, il m’a dit qu’il préférait rester sur ses gardes au cas où Pascal perdait son sang froid et viendrait lui en coller une. J’ai voulu alors arrêter de danser avec lui, mais il ne voulait pas louper une chance de s’amuser un peu. Après tout, comme il me l’a si bien rappelé, c’est Pascal qui avait commencé, en faisant le con avec cette fille qui essayait de s’immiscer entre Pascal et moi.

On a quitté la piste avant que Pascal n’ait les yeux qui lui sorte des orbites. J’étais contente de savoir qu’il goûtait à son propre médicament pour une fois. Mais un peu peur aussi qu’on se mette à jouer les surenchères. Tant pis, c’était les risques du jeu. On a pris un verre au détour d’un des bars, en se baladant bras dessus-dessous.

Pascal ne semblait plus prêter attention à ce que lui racontait ses copains. Maud est venu s’agripper à son bras, mais il continuait à nous suivre du regard. On s’est remis à danser, plus loin. Avec Thomas, j’avais retrouvé le sourire, et notre complicité d’antan. Je me sentais bien, comme toujours, très à l’aise avec Pascal.

Du coin de l’oeil, j’ai vu Pascal traverser la salle pour se diriger vers nous. J’ai averti Thomas. Il l’avait aussi remarqué, mais il pensait qu’il se tiendrait à carreau avec tout ce monde.

Pascal est venu, comme moi un peu plus tôt, me demander de le suivre. Comme lui, l’air absente, occupée à autre chose, sans même le regarder, je lui ai dit que j’arrivais. Et je continuais de sourire à Thomas. Pascal a insisté, en disant à Thomas qu’il prenait le relais.

Mais, j’avais les bras autour du cou à Thomas, les siens autour de ma taille. Pascal a voulu enlever mes bras, ou me tirer vers lui, je ne sais pas exactement, mais je ne voulais pas m’en aller, ni arrêter de danser avec Thomas. Lui au moins ne m’avait pas ignorée à mon arrivée. On a regardé Pascal comme si on ne comprenait pas ce qu’il disait, tellement qu’on était surpris par sa réaction.

Je pense qu’il a dû se sentir con, alors il m’a dit qu’il m’attendait en me désignant le bord de la piste. Cela a eu pour effet de nous plomber dans nos élans. De le savoir à deux pas, les yeux visés sur nous, on ne se sentait plus très à l’aise. Thomas trouvait qu’on l’avait assez fait chevrer, et à voir la tête qu’il faisait, il semblait être sur le point de péter un câble. Thomas préférait éviter qu’il décide de venir lui mettre la tête au carré.

Thomas m’a posé un baiser sur la joue, avant qu’on se sépare à regret. Le bisou était un peu plus long et langoureux pour un simple bisou entre amis. Pascal avait dû le remarquer. Parce que, quant je me suis tournée vers lui, il se dirigeait déjà vers moi. Et il n’avait pas l’air content du tout. Ouf, on s’était séparé juste à temps. Waahh? Il semblait furax?? Lui qui se trémoussait comme une célibataire en pleine drague! Lui se permettait d’être furieux? Le culot!

Pascal voulait qu’on s’en aille. Il en avait marre!!! Marre? Moi non. Je venais à peine d’arriver. C’est quoi ça? C’est pas comme ça qu’on fête Halloween? Normalement, tout aurait dû se passer autrement; on aurait dû le fêter ensemble, s’amuser, baigner dans l’allégresse, mais au lieu de ça, on allait se prendre la tête? Ben zut!

Pascal m’a prise par la main, et on est sorti sur la terrasse un moment pour discuter.

En gros, Pascal n’avait pas apprécié la manière dont Thomas était venu nous interrompre alors qu’on discutait (tsss, il m’envoyait balader, c’était pas une discussion!). Il n’avait pas supporté la façon que je l’avais zappé à peine arrivée (là aussi, il pousse? C’est lui qui avait l’air de me zapper pour cette pouffe). Il n’avait pas supporté de me voir danser avec Thomas, ni la manière dont j’avais l’air de m’amuser, de l’avoir complètement oublié. Bref, là il me prenait la tête.

Comme un enfant, il me faisait une scène, à la manière d’un mec. Une scène remplie de la mauvaise foi masculine, me reprochant exactement ce que j’avais à lui reprocher. Je n’ai rien voulu répondre. D’un côté, ça lui faisait les pieds de ressentir ce que j’avais ressenti. De l’autre, je n’aimais pas le voir perturber.

Après avoir vidé son sac, il a dû réaliser ce que je ne disais pas, peut-être par mon regard, Pascal s’est excusé. A me dire qu’il avait agi comme un con, qu’il n’avait pas réalisé que ça pouvait me faire chier. Qu’il regrettait de n’avoir pas tout de suite quitté la piste (… au lieu de dire; planté Maud …) pour me suivre. Qu’il avait pensé qu’il n’y avait rien de mal à danser avec une copine. C’est seulement quant il m’a vu en train d’en faire autant, qu’il s’est senti presque humilié.

Tout malheureux, Pascal m’a prise dans ses bras. Il avait besoin de se faire un peu consoler. Pascal voulait rentrer. Il voulait qu’on soit rien que les deux, seuls sans tout se monde autant. Moi, c’était le contraire, je trouve important de voir comment un mec se comporte quant on est avec du monde. C’est un peu facile de fuir la foule, pour éviter de se compromettre. Pascal n’avait qu’à faire un effort.

Mais, quelque part, c’est vrai que j’avais aussi envie d’être seule avec lui… Dilemme…

On a pris un moment pour se rapprocher. Se serrer l’un contre l’autre. Se faire de petits bisous tout tendre. Il était tellement chou, tellement “bisounours” que j’ai eu envie de lui. Ça m’est sorti de la bouche sans réfléchir. Ça l’a fait sourire, apparemment lui aussi. Encore une fois, il m’a demandé de filer en douce avec lui, mais je voulais encore rester.

Après les câlins, Pascal a voulu encore rester un moment dehors tout seul. Je suis retournée m’amuser un peu en attendant. J’ai réalisé que j’avais complètement oublié Caroline, Jess, etc. Ciel! J’avais aperçu Thomas nous espionner sur la terrasse. Il m’a demandé de quoi on parlait et je lui ai raconté. Je ne crois pas qu’il y avait de secret à garder. Mais Pascal n’a pas apprécier du tout quant il l’a su.

Dès que j’ai mis les pieds à l’intérieur, comme si elle nous avait espionné elle aussi, Maud s’est précipitée dehors vers Pascal. Ça m’a énervée. Et ce n’est que le premier mot pour le dire. Pascal m'a cherché du regard et il est aussitôt rentré. Il n’a pas aimé me retrouver encore avec Thomas.

Mais désolée, Thomas est toujours là quant il faut. Et ça, j’y peux rien, et j’apprécie trop sa compagnie. Il est prévenant, gentil, toujours à l’écoute. Toujours à me sauver les miches. Je n’allais pas l’éviter, même pour faire plaisir à Thomas.

Est-ce que je ne serais pas un peu égoïste là? Il m’a fait remarqué qu’il venait de planter Maud pour moi, alors je pouvais en faire autant. C’est-à-dire, éviter les situations qui pouvaient créer des histoires. Hum… Peut-être…

Pascal voulait rentrer, alors j’ai fini par capituler. Aller chez lui, c’était pas possible. Et aller chez Thomas, je ne voulais pas. Je ne pouvais pas faire ça à Thomas. En plus, je crois que ça me ferait trop penser à la dernière fois qu’on avait couché ensemble… Pas une bonne idée. Ce serait comme si je lui envoyais un poing dans le ventre.

Pascal a proposé d’aller à l’hôtel, mais on pouvait aller aussi chez Michael. En plus, Michael était toujours à la soirée, donc on aurait l’appart pour nous pendant au moins… 2h… Je l’ai suggéré timidement.

Hélas, Michael était chez lui, et pas tout seul, mais ça ne le gênait absolument pas. Michael a toujours dit qu’on pouvait aller chez lui quant on voulait, qu’il soit là ou non. Alors on s’est rabattu chez Michael. Pendant tout le trajet, Pascal a essayé de me décidé à aller à l’hôtel. Je trouvais ça trop impersonnel.

On a passé une nuit mémorable… Trop hhhhhehhhh… Je l’aime vraiment à la folie…

Le dimanche, repos. On a passé presque toute la journée au lit. J’ai… hum… fouillé le natel à Pascal. Un moment donné, il discutait au salon avec Michael, après que la nana soit partie. Il y avait pleins de messages de Maud. J’aurai voulu les lire, mais j’avais trop peur de me faire attrapée, si j’étais trop prise dans ma lecture. Ce qui m’a étonnée, c’était de voir tout un bataillon de messages de Caro.

J’ai pris le temps de lire les 2 derniers qu’elle lui a envoyé. Il datait de la soirée. Elle ne l’avait pas vu disparaître. Elle aurait voulu qu’il passe chez elle. Elle aurait voulu qu’il l’avertisse quant il file comme ça. Elle savait qu’il n’était ni avec Maud, ou Elodie, ni avec sa femme, vu qu’elles étaient encore à la soirée. Donc, elle pensait et espérait que c’était avec moi, sinon elle ne lui le pardonnerait pas, s’il était parti avec une autre fille!!!!

Une autre fille???? Qu’est-ce qu’elle voulait dire là??? Est-ce qu’il y avait anguille sous roche? Non, je n’y crois pas. Faut que j’arrête de tout décortiqué. Elle avait simplement dit ça comme ça. Rien de plus. J’ai trop d’imagination voilà tout.


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