301 - Mensonge avoué!
Ce soir, Pascal m’a invitée à manger dehors, en tête à tête. C’était une super bonne idée et ça m'a fait plaisir de changer notre routine. Quoique moi j'aime la routine! J’aimais l’entendre me raconter ses trucs, le regarder sourire, les expressions de son visage. Puis paff... Ahhh Pascal... pourquoi? Pourquoi me le dire?
Pascal m’a avoué m’avoir menti à propos du week-end où j’étais clouée à la maison. Caroline l’avait suivi au chalet. Comme je faisais déjà la gueule parce que je l’avait vu avec Caroline le vendredi soir, et aussi parce qu’il n’avait pas répondu à son téléphone, Pascal n’avait pas voulu risquer qu’on se fâche encore en m’avouant que Caroline l’avait rejoint au chalet, surtout après m’avoir dit qu’il avait été au chalet pour s’isoler!
Pfff, si ça peut me rassurer? Tu te fou de ma gueule mec? Je déteste les pseudos franchises, honnêteté ou qu’importe comment on veut appeler ça. C’était juste une manière de se donner bonne conscience avec une bonne dose d’excuses par dessus. Et l’autre était sensé quoi? Gober, digérer, accepter? Ben non, ça ne marchait pas comme ça. Il m’avait menti.
Caroline l’avait suivi, elle avait donc passé des heures là-haut avec lui, seul à seul, ni vu ni connu. Pendant que je souffrais à mort sur mon canapé, il passait une délicieuse petite soirée avec ma pire ennemie? En plus, il était trop occupé pour répondre à son natel? Pourquoi? Qu’est-ce qui pouvait l’en empêcher? S’il ne l’était pas, il aurait dû me répondre, alors pourquoi ne répondait-il pas? Il n’avait aucune excuse. Qu’est-ce qui pouvait donc l’empêcher de parler dans son téléphone? Oh la la, j’étais repartie en mode-débile! Iaaaak, la rage refaisait surface. Mais pourquoi a-t-il dû me le dire, hein? C’était d’un nul. Et comment j’étais supposée réagir, hein?
J’étais verte. La gorge nouée, les larmes me picotaient les yeux. Je ne voulais pas pleurer. Pour ne pas pleurer, je devrais me mettre en colère et lui balancer des vacheries. Je me mordais la langue pour ne rien dire.
Et il continuait de parler, mais je ne captais que quelques mots au hasard; pas voulu gâcher la soirée, déjà fâchée de nous avoir vu partir ensemble, pas voulu en rajouter, voulais m’isoler, pas eu le courage de corriger, pas voulu gâcher tout le week-end, paniqué, était déjà content d’avoir pu arrange les choses... J’ai explosé... hélas!
Je n’aurai pas dû. Si j’avais toute ma tête et si j’avais été maligne, j’aurai juste dû partir sans un mot. C’aurait été mille fois plus parlant que de dire quoi que ce soit.
- Elle n’y a pas dormi? Tu peux le prouver? Pfff, comme si ça changeait quelque chose. Comment est-ce qu’elle a su où te trouver? Tu le lui as dit?
- Sûrement pas voyons...
- Ben tiens! Elle est smart alors?
- Elle a dû l’apprendre par Alexia ou par Paul...
- Pourquoi l’avoir dit à Paul? Tu savais très bien qu’elle l’apprendrait, c’est ce que tu voulais!? Ou tu le lui as dis et tu veux me faire croire autre chose, question de ne pas en rajouter...
- Arrête ça... Je ne voulais pas que Caro monte. Tout ce que je voulais c'était te voir...
- Ohhh... Caro... tu utilise son petit nom en plus... Jeeez!
- Tout le monde l’appelle comme ça. Et non, je ne voulais pas qu’elle vienne voyons! Mais tu n’as fait que de me repousser, ne voulais pas me voir, et...
- Haaah d'accord! Et DONC, autant en profiter pour passer le week-end avec... elle?
- C’était pas du tout comme ça.
- Ha? Alors c’était comment?
- Je l’ai renvoyée. Je t’ai dit, elle n’est pas restée.
- Owhhh, tu l’as renvoyée après combien de temps? 1h? 2? 3? à 4h du matin?
STOP, fallait que je me contrôle et que j’arrête de me laisser emporter par la colère. Je ne le voulais pas, j’avais pris la décision de ne pas montrer ce ridicule manque de confiance. Elle était repartie vers les 2h du matin. Mouais... Relax ma fille, relaxxxxx! Je ne savais pas pourquoi je me mettais tellement en colère???? Pascal se doutait que je finirais par l’apprendre, alors il a préféré me le dire avant que quelqu’un d’autre ne le fasse.
- Owh... Et?
Jeeeez, mais faites moi taire!!! Mes plombs avaient sautés pourtant, je faisais un gros effort. Mince... Je devrais filer et ça éviterait qu’on se dise des trucs qu’on finirait par regretter. Il fallait que je m’isole pour descendre de la vague, ensuite je serais en mesure de parler ou de le voir.
De mauvaise grâce, Pascal m’a raconté qu’elle avait voulu lui faire une surprise et pensait qu’il se sentirait peut-être un peu seul là haut. (Pffff, naïf va, elle avait autre chose en tête.) Il avait bien pensé que ça ne me ferait pas plaisir. Il avait justement voulu éviter les complications en se réfugiant au chalet pour éviter de la croiser, mais voilà, elle l’avait retrouvé. Ils ont, paraît-il, seulement mangés ensemble, puis il lui a demandé de partir. Même si ça n’était pas vrai, je n’avais pas pour l’instant, le moyen de le vérifier. Est-ce que j’avais vraiment besoin d’en savoir plus? Je ne pense pas.
Tout à coup, je me suis rappelée pourquoi j’avais été tellement remontée contre lui; en le voyant partir aussi précipitamment avec Caroline après son match le vendredi de mes déboires avec mon dos, je m’étais promise de ne plus me montrer en public avec lui.
Ayant une imagination débordante, je les avais imaginé arriver ensemble dans les endroits que je fréquentais avec lui, l’imaginais toute la soirée avec Caroline pendu à son bras, dansant avec elle et tout le reste, et ensuite ils partaient ensemble dans sa voiture. Je l’imaginais la couvant de son regard enflammé que je pensais être la seule à connaître.
Je tremblais de jalousie. Je m’étais aussi promise de ne plus mettre les pieds dans sa voiture en quittant ces mêmes endroits. Il n’avait qu’à désormais partir avec elle.... Mouais, je savais que j’avais été fâchée contre lui, mais je ne me rappelais plus pourquoi!! Donc, il fallait bien que je trouve une raison pour justifier pourquoi je n’avais pas voulu le voir, ni lui parler! En général, ça me rend injuste et je tatillonne dans tous les sens pour trouver une bonne raison pour justifier mon humeur, puisque je ne me rappelle plus de la vrai raison. Hum, mes ex en savent quelque chose, mais ils n’ont jamais deviné pourquoi j’étais aussi chiante.
- Pascal, je n’apprécie pas du tout, mais alors pas du tout. Tu m’as dit que vous étiez qu’amis alors, je trouve que c’est un peu exagéré; tu la vois toute la semaine au BOULOT et je dois me la FARCIR encore le week-end? Ça m’énerve trop.
Il s’excusait mais ça me faisait une belle jambe!!! J’étais déjà énervée alors, Pascal s’est dit qu’étant donné la situation, un peu plus ou un peu moins ne changerait pas grand chose, alors il m’a rappelé que le 15 novembre, c’était son anniversaire de mariage. Pour l’occasion, ses parents avaient organisé, avec eux, une petite semaine de vacances sur une île paradisiaque. Wowhhh, ça... c’était... DUR!
Dire que leur séparation temporaire devait prendre fin à cette date là aussi, et que j’avais passé le plus clair de mon temps à me fâcher contre lui. Pas génial. Ouais! La coupe était pleine non?
- Si je t’avais parlé de tout ça ce week-end...... Dis quelque chose?
Bah, je ne trouvais rien à dire. Fallait le reconnaître, à la place de Caroline, j’en aurais faut autant. Pour l’anniversaire de mariage, je n’avais rien à dire non plus. Je ne pouvais rien y faire. Je me suis murée dans le silence et Pascal ne savait pas sur quel pieds danser.
Ciel, j’avais un de ces mal de tête, de quoi faire exploser la planète. Affff, j’avais envie de rentrer et me coucher tout de suite. Peut-être que j’irai mieux après? J’étais fatiguée, le dîner en tête à tête avait été un fiasco.
Pascal a essayé de me prendre la main, mais son contact me brûlait. Je voulais juste rentrer. Est-ce que je ne devrais pas en profiter pour lui poser les questions qui me préoccupaient?
Durant tout le trajet jusque chez moi, je n’ai pas pipé le mot. Il avait encore essayé de me prendre la main, mais c’était pas la peine. Même si je le laissais me toucher, je m’empressais de retirer ma main en faisant semblant de chercher quelque chose ou pour m’allumer une cigarette. Je gardais mes distances, j’avais besoin de réfléchir un peu, il fallait que je décide ce que je voulais et ce que j’allais faire pour ça!!!
En me déposant, je lui ai fait un rapide bisou et tenté de m’enfuir, il ne m’a pas laissé me dérober. Il me serrait contre lui et je dois dire que je sentais ma volonté flancher. L’image de lui et Caroline a suffit pour me rebouster. Je l’ai laissé m’embrasser et je suis rentrée. Ouf, je n’avais pas trop flanché, mais maintenant... affff, j’avais envie de remonter le temps, être à nouveau dans sa voiture... Cette fois, j’aurai mis mes bras autour de son cou et répondu à son baiser. Il me manquait, même si je ne savais pas où j’en étais, j’avais envie d’être avec lui. J’ai dû me mordre les doigts pour ne pas sauter sur mon natel et lui demander de revenir.
- De la manière qu’on s’est quitté, je sais que t’es fâchée... Je ne veux pas qu’on se dispute... Je ne veux pas qu’on s’endorme le coeur gros chacun dans son coin...
Pascal avait dû entendre ou sentir mon appel désespéré... Il n’avait aucun besoin de me sortir le dico des bonnes raisons, de le voir debout devant ma porte suffisait amplement pour avoir envie de tout lui pardonner. Bon ok, maintenant qu’il était là, dans ma tête je pouvais faire la fine bouche et me dire que je ne lui pardonnais pas tout, mais quand même, pas tout tout tout, mais presque!
S’il n’était pas revenu, j’aurai eu toute la nuit pour alimenter les raisons de lui faire la tête. Demain, j’aurai sûrement évité tous ses appels et répondu à aucun de ses messages. J’aurai continuer à “construire” ma fureur. Mais là, pas possible. Il avait l’art de savoir faire les bons gestes, au bons moments, ça je pouvais le lui laisser! Je n’ai pas dit un mot, je l’ai juste embrassé. Pourquoi parler...
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------ Avouer son mensonge! (301-mer.28.oct.09) ------
