311 - N'y va pas!
Pascal avait une sortie. Une sortie entre mecs, donc une fois de plus, il sortait sans moi. Ou était passé le mec qui n’aimait pas traîner dans les bars? J'avais fait un saut chez moi l'après-midi, j'avais des trucs à faire. Je suis retournée chez lui en début de soirée pour qu'on mange ensemble et le voir un moment avant qu'il ne disparaisse pour toute la soirée. Et j’ai bien fait...
Couchée en travers de son lit, la tête posée sur mes mains, on discutait à bâton rompu pendant qu'il se préparait. J’adorais le regarder se balader à travers la chambre à moitié à poil, il était vraiment trop chouky. De temps à autre, il se couchait sur le dos à côté de moi et me passait la main sur le visage. Un geste tendre et doux qui me donnait envie de le manger tout cru.
D’après ce que Pascal me racontait, la 1ère partie de la soirée se déroulait chez un copain, ensuite ils iraient, sans doute, prendre un verre dans un bar avant d’aller en boîte.
Tout à coup, Pascal s’est assis sur le lit, la tête basse. La tête de quelqu'un qui a quelque chose à se reprocher. En fait, il m’avait menti. Il n’y avait pas de 'chez un copain', c’était Caroline qui avait organisé un truc. Il avait d’abord refusé mais elle avait tellement insisté, qu’il avait fini par dire oui. Pascal avait pensé qu’il trouverait le moyen de me le dire plus tôt, mais il n’en avait jamais eu le courage.
Ha! J’étais sur le cul... Donc, c’était ça sa soirée!?!
Pascal me demandait de décider; si je ne voulais pas qu’il y aille, il n’irait pas. Hum, saleté de place! Si je faisais ça, ça ne ferait que les rapprocher, et il passera la soirée à y penser. Pire; à penser à elle! Au moins, il me l’a dit avant et pas après, sinon j’aurai été furieuse de chez furieux, dégoûtée, et je lui en aurais voulu à mort. Évidemment, je ne pouvais pas lui dire de ne pas y aller.
Je détestais hyper fort cette position quant un mec vous parle de l’autre femme qu’il voit, de devoir être au courant quant il passe la soirée avec l’autre! Ça, ça sentait mauvais.
Évidemment, je savais que je n’étais pas invitée, mais s’ils sortaient après, il pouvait m’appeler pour le rejoindre? Je pourrais voir s’il y penserait tout seul? Mais les hommes ne sont pas très malin, si je ne lui dis rien, il risquait de ne pas penser à m’appeler ou simplement rentrer pour ne pas imposer ma présence à cette garce... Alors, je lui ai dit que s’il en avait envie, il pouvait m’appeler plus tard s’ils sortent. J’irai le rejoindre, que je préférais ça que le voir rentrer à toute vitesse, comme s’il avait peur de se faire taper sur les doigts. Il me ferait passer pour une conne...
Inutile de faire semblant, je faisais la moue, j’étais contrariée et ça se voyait. J’en avais hyper marre d’avoir tout le temps cette pétasse dans les pattes. Ça commençait à me courir sérieusement.
Sans un sourire, je lui ai fais un petit bisou sur les lèvres et je suis partie sans attendre qu’il ait fini de se préparer. Inutile que Pascal me voit me transformer en pouding.
2mn après, Pascal m’appelait dans la voiture et j’ai failli ne pas répondre. Mais si j’avais fait ça, il serait rentré après avoir fait un tour chez Caroline, au lieu de m’appeler plus tard, alors j’ai répondu. Pascal voulait être savoir si je ne préférais pas qu’il n’y aille pas? NON... N’Y VAS PAS IDIOT. Mais, je ne voulais pas jouer le mauvais rôle. Au moins comme ça, il pensera à moi toute la soirée? Et il m’appellera plus tard, sinon je le scalpe!
J’ai passé plus d’une heure à me lamenter sur mon sort et à pleurer... Et l’heure suivante à essayer d’immobiliser les milliards de fourmis en délire qui faisait la fête dans mon ventre. Encore plus urgent; il fallait essayer de faire disparaître ces yeux bouffis et rouges!
Enfin... 2h du matin, Pascal m’appelait pour demander si je voulais qu’il passe me prendre?
Caroline pensait passer la soirée au bras de mon petit coeur? Ben, c'est raté poulette! Non, il n’avait pas besoin de venir me chercher, je le rejoindrais par mes propres moyens. J’avais passé la soirée à attendre son coup de fils, donc j’étais déjà prête. Je n’avais plus qu’à sauter dans un taxi. Je suis arrivée un peu trop en avance, arfff, ils n’étaient pas encore arrivé.
Mince, pour une timide, ne pas savoir si j’allais oser entrer seule, ni quoi faire une fois à l’intérieur, ou plutôt attendre dehors malgré le froid et les passages? A l’intérieur, j’ai quand même regardé autour pour m’assurer qu’ils n’étaient pas encore là. Évidemment, même si je leurs tombais dessus, je ne les aurais pas vu, handicapée par ma timidité. Zut, j’aurai dû demander à Vania de m’accompagner! Non, non. Je préférais, au cas où, assister seule à ma déchéance. Pas besoin de témoin. Au cas où, je pouvais partir discrètement filer pleurer dans mes 4 mûrs.
Je n’ai pas eu à attendre longtemps. A peine 10mn plus tard, ils sont arrivés. Ils avaient réservés une table et comme je m’y attendais, Caroline se comportait comme si Pascal était son petit copain!!! Il y avait des copains de basket à Pascal, y compris le petit allemand que j’avais en grippe depuis que je l’avais entendu essayer de faire l’article à Pascal à propos de Caroline.
Une chose que Pascal savait très bien faire, c’était se rattraper. C’était probablement pour ça que j’avais de la peine à laisser vivre mes rancunes et que je finissais par tout lui pardonner.
Caroline a changé de couleurs en me voyant arriver. Elle posé une main sur la cuisse à Pascal (sur la cuisse à? non! sur MA cuisse!), comme pour dire; “Oh mon Dieu, voilà des problèmes”. Son petit regard et son petit geste: je déteste.
Pascal était content de me voir, c’est tout ce qui comptait.
J’ai eu beaucoup de plaisir à jouer les connes de services... Caroline a voulu parler à Pascal à l’écart bien sûr. Quant il s’est levé pour la suivre, j’ai glissé ma main dans la sienne et je l’ai suivi. Il aurait fallu plus que du dissolvant pour me décoller!!!! Jamais il n’oserait me dire de rester à la table. Du coup, elle était plus que mal à l’aise de me voir dans l'ombre de Pascal, un grand sourire ironique aux lèvres. Il aurait fallu qu'elle me dise de les laisser et j’avais préparé une réplique, pour faire court; 'Pas question poulette!' Caroline n’a pas osé et du coup, elle n’avait rien à dire.
Déconfite, des missiles à la place des yeux, elle est retournée à la table, et nous, on a dansé, collé-collé, scotché, bisous-bisous, en veux-tu en voilà! J’étais si contente d’avoir déjoué son plan avant de me rappeler que je ne voulais pas que Pascal change, ni le mettre en cage, ni qu’il soit coincé... Flûte, je m’étais laissée emportée!
Après avoir dit à Pascal que j’espérais qu’on ne fasse pas trop tard, je me suis éloignée un peu. J’ai bavardé un peu à droite et à gauche, avec mes potes au bar, avec Thomas, avec Paul...
Dès que j’ai senti Pascal plus détendu, je suis restée dans mon coin à dévorer Pascal des yeux. Miam. J’adorais le voir rire, voir ses sourires, ses mimiques. J’adorais le voir faire le fou-fou avec ses potes, même s’il cherchait mes mains quant je les lui retirais ou me cherchait du regard si je m’éloignais. Trop mignon! Bien sûr Caroline s’est immédiatement collée à lui et le petit allemand me fixait avec un petit air narquois, s’attendant sûrement à une esclandre. Même les minauderies de Caroline et de ses copines, leurs petits regards en coin moqueur, tout ça ne me dérangeaient plus. Caroline a voulu que Pascal la raccompagne (gonflée, mais faut pas rêver...). Elle a changé d’avis en sachant que ce serait avec moi, puisque je n’avais pas pris ma voiture. Hihihi.
On était rentré depuis à peine 1/2h, qu’elle a osé relancer Pascal en le harcelant au téléphone... Tenace! Mais il était trop occupé pour répondre ;)
* * * * * *
------ N’y va pas! :( - (311-sam.07.nov.09) ------