311 - Week-end Cauchemar
Week-end - 6 & 7 nov 2010
Pascal n’était toujours pas là. Installée devant la cheminée, j’avais pris un air détendu et je faisais semblant de lire, parce qu’en fait, j’espérais et attendais son arrivée. 00h00, rien. 00h30, toujours personne. L’anxiété commençait à me bouffer le ventre, et s’il ne venait pas? 1h toujours rien, la déprime commençait à s’installer. Ou est-ce qu’il pouvait bien être? Et... avec qui?
Le temps passait lentement, très très lentement, la tête vide, je n’arrivais plus à lire et la folle envie de l’appeler. Au moins, je saurai s’il venait ou pas, et j’arrêterai de me ronger. Mais, j’ai juste attendu.
Vers les 2h du matin, le gros de la troupe et rentré, Pascal était avec eux. Oh, le gros coup de cœur! Ma tension a chuté dans mes grolles, mais ciel, j’étais soulagée. Jess n’était pas venue, par contre Caro avait fait le voyage en voiture avec Pascal.
On est sorti sous prétexte de fumer une clope pour discuter et être un peu seul, mais on a pas eu le temps de parler, Thomas est venu me demander si je pouvais les laisser 5mn, alors je suis retournée à l’intérieur.
Après ça, Pascal avait disparu. Je ne l’ai plus vu de la soirée. Thomas restait près de moi et me demandait sans arrêt si j’allais bien. Arf, est-ce que ce que je ressentais se voyait sur ma figure? Après 1h, j’ai essayé de le joindre, mais il ne répondait pas à son téléphone. Il l’avait peut-être oublié? Caro inquiète, a aussi essayé. Rien. J’ai demandé à Thomas s’il savait où il était passé? S’il avait une idée de l’endroit où il était allé? Thomas ne savait rien.
Je n’arrivais pas à me résoudre à aller me coucher, et franchement, j’étais inquiète. S’il y avait des problèmes, Pascal m’en aurait-il parlé? Ou à quelqu’un d’autre? S’il avait dû rentrer en Allemagne... Non, certainement pas, Jess n’était pas enceinte, alors je ne voyais pas où il avait pu aller! Et sans rien dire à personne, en plus!
Caro et moi avons fini par nous endormir au salon, assommée de fatigue. Vers les 8h du matin, j’ai ouvert un oeil en sursaut, Caro dormait, alors je l’ai réveillée. On a été faire une petite vérification dans la chambre à Pascal. Il n’était pas là, son lit n’était pas défait et ses affaires n’étaient pas là. Caro lui a envoyé un message, et on a décidé d’aller se coucher.
Caro m’avait demandé si elle pouvait partager ma chambre, j’avais accepté. Thomas dormait, allongé tout habillé, en travers de mon lit. Je m’y attendais un peu, c’est pour ça que j’avais dit oui à Caro, parce que je ne voulais pas de confrontation, et surtout parce que je me sentais un peu coupable vis-à-vis de lui. Il a sursauté et s’est réveillé quant on est entré dans la chambre. La présence de Caro m’a sauvée de l’embarras, et Thomas est parti dormir dans sa chambre. Il a prétendu s’inquiéter, c’est pour ça qu’il m’avait attendu. Mais je crois que c’était pour savoir si j’arriverai avec Pascal ou si je dormais ailleurs!!
Ni moi, ni Caro n'avons bien dormi. Toutes les heures, ou les 2 heures, on se réveillait, parfois, on allait vite vérifier si Pascal était rentré. Mais non, Pascal n’était toujours pas revenu.
Hum, maintenant, avec le recul, je me demande pourquoi je ne m’étais pas demandée pourquoi Thomas s’inquiétait pour moi et non pour Pascal, parce qu’après tout, c’est lui qui avait disparu!!
Le matin, vers midi, la tête dans le cul, on est descendue. Il y avait quelques retardataires qui déjeunaient, alors que d’autres dînaient juste à côté. Moi, sans café, je ne sers à rien, je n’arrive pas à désserrer les dents. Je n’osais pas demander à Thomas s’il avait des nouvelles de Pascal, alors, c’est Caro qui lui poserait la question. Thomas ne savait pas où il était, mais il était sûr qu’il allait bien.
Il avait raison, Pascal est rentré en début de soirée...
La tête vide, incapable de penser à autre chose que Pascal, j’ai passé la journée au chalet. Je n’avais pas envie de sortir, mais plutôt de rester au coin du feu à lire, ou disons plutôt, à essayer de m’occuper en attendant de le voir apparaître.
Pascal est arrivé vers les 20h. Il n’a donné aucune explication sur son absence, et ébauchait un semblant de sourire à ceux qui lui posaient la question. Je n’ai pas osé lui demander. J’étais contente qu’il soit là, et j’ai espéré toute la soirée qu’il trouverait le moyen qu’on puisse discuter un peu seul à seul, mais il n’a fait aucune tentative.
Pascal restait avec le groupe, et quant il s’éloignait de temps à autre, il était toujours accompagné, donc, impossible de discuter. Ce n’est que le lendemain que j’ai réalisé, qu’en fait, il était sympa, sans plus, et qu’il avait évité tout le week-end de se retrouver seul avec moi. J’ai essayé 1 fois de demander à lui parler, mais il a juste dit; “plus tard”, mais le plus tard ne s'est jamais présenté et je n’ai pas osé réitérer ma demande.
Le samedi soir, j’avais pensé passer à sa chambre, mais il n’était pas dans sa chambre. Complètement histérique, je n’ai pas résisté à passer voir s’il n’était pas avec Caro. Même pas. Je pense que Caro, elle aussi, se torturait la tête pour savoir où Pascal passerait la nuit, donc, on est resté ensemble.
Je l’ai revu le lendemain matin, dimanche après le déjeuner. Tôt le matin, Pascal était sorti avec Paul et Julien et ils sont rentré vers le milieu de l’après-midi.
Enfin, j’ai pu m’approcher de lui... Il était au salon à discuter avec 2 potes, et pour une fois, j’ai pris mon courage à 2 mains pour aller vers lui. Je me suis assise à côté de lui. Caro était appuyée au dos du canapé derrière lui et participait à la discussion. Moi, je n’arrive jamais à entrer dans les discussions, et j’envie à Caro cette qualité. Je me sentais toujours hyper coincée pour approcher Pascal, je n’ose jamais me laisser aller, ni à être naturelle.
On a échangé que quelques mots, rien de spécial, il y avait trop de monde autour. J’espérais pouvoir lui parler plus que ça, mais je n’en ai pas eu le temps. 1h plus tard, lui et Caro reprenait la route.
J’étais anéantie, déprimée, au bord des larmes... Il n’avait pas cherché à me parler, ni à se rapprocher, ni même me toucher. J’étais même plus que déprimée, je ne savais pas quoi faire. J’avais mal partout et la tête avec. Je suis tombée dans une sorte de mutisme, qui m’évitait de fondre en larmes.
Il m’avait fait la bise, comme à toutes les filles, salué ses copains, embarqué les affaires à Caro... Et ils sont partis...
Désemparée, j’ai regardé la voiture s’éloigner à 2 doigts de lui crier de revenir. Gentiment, Thomas m’a pris la main. C’est à peu près à ce moment là que j’ai réalisé que Thomas avait été presque tout le temps à mes côté, mais que je l’avais complètement zappé, ibnobulé par Pascal.
J’étais dans une espèce d’état comateux, je ne parlais pas, ne souriait pas, n’écoutais rien; j’étais larguée! Je n’arrivais même pas à pleurer, ou peut-être était-ce parce que je n’étais pas seule, j’étais amorphe! Je n’attendais qu’une chose; rentrer chez moi. Je n’avais même pas l’envie d’appeler Pascal, Caro était avec lui et je ne voulais pas me payer la honte de l’emmerder, ou pire, me mettre à pleurer ou à le supplier...
Ce week-end avait été le pire week-end de ma vie, un vrai cauchemar, je me sentais détruite, cassée, épuisée. Sans avoir même la force de pleurer, je me suis effondrée sur mon lit, et je me suis endormie presque immédiatement.
------ W-E de cauchemar - (311) - dim.07.nov.10 ------