335/2013 - Ma vie au ralenti... Rupture...
Dimanche, 1er Décembre 2013 - 335/2013 - Ma vie au ralenti...
Ok, Pascal voulait me parler, et a proposé qu’on se voit cet après-midi. C’est pas comme si je ne savais pas ce qu’il voulait me dire. Pas trop stress pour foutre en l’air mon moral, je n’en avais pas vraiment envie. En plus, j’étais en état végétatif. Une vrai larve. J’aurai bien passé la journée sur mon canapé à récupérer. Ni envie de m’habiller, ni de sortir de la maison. D’un autre côté, autant en finir une fois pour toute, au lieu de me faire des idées. Rendez-vous 15h au bar du Royal Savoy.
J’étais un peu en avance. J’aurai dû arriver après lui, parce qu’en le voyant pénétrer dans le bar, mon coeur a lâché quelques battements désordonnés. Zut, il me faisait toujours autant d’effet. Et zut, j’étais en training. Je détonnais vachement. Heureusement, on était dimanche, et il n’y avait qu’une seule autre personne attablé près des fenêtres, probablement un client de l’hôtel.
Pascal s’est penché pour m’embrasser sur la joue. Trop bizarre de se faire la bise. Pascal s’est tourné pour faire un signe discret au barman, j’ai pu ainsi admirer son adorable profil. Ciel, j’aurai aimé pouvoir lui sauter dessus et qu’il me prenne dans ses bras. Après avoir passé la commande, il a voulu qu’on se mette dans un coin. Il s’est mis à côté de moi. Dans ma tête, je lui criais de passer son bras autour de moi. J’avais envie de le sentir proche, et pas aussi distant.
On n’était pas si à l’aise que ça ici; trop de lumière, trop de tons clairs. J’ai proposé qu’on aille plutôt au White. Mais au White, il y aurait du monde. Ce sera difficile de trouver un petit coin tranquille. Et trop de témoins, si je dois m’effondrer et me retrouver en larmes, autant qu’on reste ici. Ceci étant établi, après moultes tergiversations, on s’est décidé pour le bar du Palace, ou sinon, le pub d’à côté. On a avalé notre café en vitesse, en parlant de banalités. On a laissé ma voiture au Savoy.
Bar du Palace; enfin, un endroit qui me convenait plus; lumière tamisée, peu de monde, c’était parfait.
Comme on savait tous les deux pourquoi on était là, Pascal a évité de tourner autour du pot. Il m’a répété ce que sa femme avait déjà dit; ils ont décidés tous les deux, de se donner une autre chance. Voir si leur mariage pouvait fonctionner. Il pouvait bien essayer, il lui devait bien ça. Pascal a avoué qu’il n’avait pas vraiment envi de divorcer, Jess non plus.
Ensuite, Pascal m’a raconté que Jess le laissait libre de mener sa vie comme il l’entendait. Elle lui laissait sa liberté. La seule chose qu’elle exigeait, c’est qu’il n’ait pas de liaison durable avec qui que ce soit. Donc, c’était clair, il devait mettre un terme à sa relation avec moi, et avec Caroline bien entendu. Jess était moins exigeante à propos de Caroline, comme Pascal ne semblait pas avoir véritablement de compte à lui rendre. Par contre, pour moi, ce n’était pas la même chanson; on était ensemble depuis plus de 5ans. J’avais déjà compris.
Pascal est resté un long moment plongé dans ses pensées. Un silence lourd. Pendant ce temps, mon coeur s’était mis à saigner. J’avais trop mal pour pouvoir même parler. Pourtant, il y aurait eu des tas de choses à dire. Pascal a pris ma main dans la sienne; “Loin d'ici, de toi, c’était facile d’envisager les choses de son point de vue, mais une fois de retour, j’ai eu envi de te voir, et c’est là qu’elle m’a mis les points sur les “i”. Elle m'a dit que si on voulait se donner une vrai cance, je devais mettre les choses au clair avec toi et rompre. Mais Jane… Je n’en ai pas envi…”. Pascal espérait que je le comprendrais après le week-end qu'il avait voulu qu'on passe ensemble.
Il attendait quelques mots de ma part, mais rien ne venait. Je n’étais même pas sûr de ce que j’avais entendu. Ni de ce qu’il entendait exactement par ça. Pascal a cherché mon regard, et c’était dur de le regarder dans les yeux. Il a de si beaux yeux, son regard si intense; “Je ne veux pas arrêter de te voir… même si ça veut dire manquer à ma promesse… Je veux bien essayer de donner une chance à notre mariage, mais… pas cesser de te voir! Mais, je me rends compte que les deux sont pas compatibles… Alors je ne sais pas quoi faire, mais je tenais à ce que tu le saches. Peut-être que tu ne veux plus me voir dans ces conditions… Je le comprendrais…”.
Pascal m’a dit que tout ça c’était en vrac, il avait cherché comment m’expliquer ce qu’il pensait, probablement trop. Il n’avait pas su trouver les mots, et Jess a fini par m’aboyer tout ça à la figure. Elle l’avait pris de vitesse. C’était lamentable, il s’en excusait. C’était un peu difficile de me balancer qu’il avait promis de laisser une chance, qu’il ne devait plus me fréquenter de manière intime, mais qu’il n’en avait pas l’intention et me demander par dessus tout ça, si j’acceptais encore de continuer à le voir en secret.
Ok, dans ma tête, c’était le branle-bas de combat, un vrai carrousel en pleine déroute; Est-ce qu’il parlait sérieusement? Pascal veut donc qu’on continue à se voir? Mais, moi j’étais d’accord bien entendu. Heu… mais… je ne vois pas comment??? J’allais trop vite en besogne… Trop heureuse… J’allais vite déchanter.
Pascal a ajouté avoir réfléchi depuis, c’était pratiquement infaisable, Jess finirait par s’en rendre compte. Il n’était pas très doué pour la dissimulation, je le savais mieux que quiconque. Oui, il avait raison, je le savais bien. Pascal s’inquiétait de me voir si muette. A quoi s’attendait-il? Attendait-il une réaction précise? Il savait aussi qu’il me fallait toujours un peu de temps pour tout retourner dans ma tête, avant de dire quoi que ce soit. Il me laissait donc le temps.
Quelque part, les liens n’étaient pas complètement rompus, donc j’avais peut-être encore une petite chance…
Je lui ai dis qu’en effet, je ne voyais pas très bien comment on pourrait continuer à se voir, sans que Jess ou quelqu’un d’autre s’en rende compte. J’ai aussi tenu à lui dire que je n’avais pas apprécier qu’il ait encore une fois parlé à Caroline en premier. Pascal a semblé surpris; “Non, je ne lui ai encore rien dit. J’ai juste dit que je ne pourrais pas la voir très souvent, mais maintenant que j’ai pu te parler, je dois encore lui dire que je ne pourrais la voir qu’en tant qu’ami, rien d’autre”.
- Bizarre… Elle avait l’air de savoir quelque chose. Elle m’a dit qu’elle n’avait pas le droit de me parler de ce que tu lui avais dis. Qu’est-ce que c’était alors?
- Probablement parce que je lui ai dit que je devais te dire la même chose; que je ne pourrais pas souvent te voir.
Ah bon! Je ne le croyais pas vraiment. Caroline avait vraiment l’air de savoir ce qui s’était passé en Corse et savait que Pascal avait l’intention de rompre avec moi. Ce n’était pas pareil la concernant, je comprends donc pourquoi elle n’avait pas l’air si dévastée. J’ai tenu à dire à Pascal que je l’aimais.
J’aurai dû rajouter; qu’une petite place dans sa vie était mieux que rien. Mais je voulais voir venir. Voir comment il allait goupiller tout ça, voir ce que ça allait donner avant de me prononcer. Ça m’a un peu choquée de savoir que Jess l’autorisait à avoir des aventures. Elle cherchait à me faire concurrence ou quoi??? Pascal m’a demandé de l’appeler si j’avais envie de lui parler. D’un commun accord, on a décidé de laisser passer le week-end.
Pourtant, j’avais bien compris, Pascal m’a expliqué que c’était fini, même s’il ne le voulait pas. Il ne voyait pas comment faire autrement. Continuer à me voir, c’était aller contre son mariage, contre sa promesse et dans ce cas, leur mariage n’avait aucune chance de marcher. Pascal avait promis à sa femme, de faire certains efforts. Pour l’instant, il était assez paumé et pas aussi convaincu que quant ils étaient seuls tous les deux sur une île lointaine.
Je m’attendais à partir de là-bas en larmes, complètement chamboulée. Mais pas tant que ça. Dans la voiture, alors qu’il me ramenait à ma voiture, Pascal m’a embrassée… Alors, je ne sentais pas de “rupture définitive”. Et son baiser n’avait pas été anodin, c’était toujours aussi passionné, tendre. Très tendre. Comme si rien n’avait changé.
Evidemment, Thomas m’a tiré les oreilles par téléphone. Il pensait que Pascal n’était pas honnête de me laisser espérer, ou de me laisser languir à attendre son bon vouloir. Parce que, d’après lui, c’était le but; me garder au chaud, en attente. Pendant ce temps, je n’avançais pas. Je n’avais aucune vie. Thom voulait que je l’envoi balader. Envoyer Pascal sur les roses?? Je ne crois pas en être capable! Hum, facile à dire pour lui, il n’était pas à ma place. Je l’aime moi!