338 - Vendredi Planète Chagrin (1)
Vendredi - 4 décembre 2009; (1)
Ha la la... même de raconter les événements de ce vendredi soir est pénible et me fait encore mal. J’ai toujours le coeur lourd en me remémorant chaque détail. Je voudrais pouvoir les oublier ou... je ne sais pas... Même si ça va mieux, c’est quand même difficile......
Ce soir, j’avais promis de prendre un verre entre filles. Je pensais m’arranger pour faire ça pendant le match à mon petit coeur de manière à être libre après. J’étais partagée, parce Vania m’avait proposé d’aller voir le match avec elle. J’avoue que ça m’aurait bien dit. De plus, il jouait à l’extérieur et rentrerait donc tard sur Lausanne.
Je passais une bonne soirée et ça m’a fichu un peu le moral dans les tongues quant il m’a appelée pour me dire qu’ils sortaient prendre un verre, qu’on pourrait se retrouver chez lui plus tard? En fait, ça m’a fichu de mauvais poil, alors je lui ai dit qu’on s’appellerait le lendemain, je restais avec les filles. C’était nul. Comme si je voulais le contrarier pour qu’il passe une mauvaise soirée.
Mais, on se s’était pas vu depuis le week-end, non plus jeudi soir, aujourd’hui on avait des difficultés à se retrouver, et samedi, le soir, il mangeait avec Jess. Grrrr, ouais, j’était pas contente. J’étais peut-être injuste. Alors j’ai décidé d'aller l'attendre chez lui et lui faire la surprise en espérant qu'il rentrerait seul.
J'étais décidée à ne pas laisser passer encore une nuit sans lui et à m'excuser d'avoir eu mes humeurs tout à l'heure au téléphone. J'aurai dû simplement accepter sa proposition, c'était quand même pas si compliqué! Accoudée à la fenêtre de son bureau, je fumais cigarettes sur cigarettes impatiente de le voir se pointer. Il n'arrivait toujours pas, alors je suis sortie par la terrasse dans le jardin pour aller fumer. Faisait froid, mais la promenade jusqu'au bord du lac calmait mon impatience.
Je ne regardais pas la maison perdue dans mes pensées et émerveillée par la beauté de la nuit et le petit picotement froid qui annonçait la neige. Il allait pleuvoir. J'aurai peut-être dû lui envoyer un message pour l'avertir que je l'attendais, ça l'aurait fait se dépêcher un peu? Je n'ai pas tout de suite vu la lumière, le temps que je traverse le jardin pour entrer par la terrasse dans son bureau, ça sonnait à la porte... La peste l'avait suivi chez lui!
- Aouwh, Caro... Qu’est-ce que tu fais là?
- Devine? Envie de te voir peut-être? Ça te surprend?
- Rentre chez toi Caro. Jane pourrait arriver d’un moment à l’autre, tu peux pas rester...
- Non, elle est au Tiger avec ses copines, et Layne...
Pouffe. Pascal s’est passé les mains sur la figure, un geste que je l’avais vu faire dans des moments de pression.
- Est-ce que tu cherches à me causer des ennuis avec Jane ou quoi? Rentre stp. Tu peux...
- Qu’y a-t-il de mal à vouloir passer la soirée avec un pote et se taper un DVD? Jane va quand même pas te faire une scène pour ça, non? Sinon, mieux vaut rien lui dire.
Elle était entrée et cherchait déjà un DVD dans sa collection. Aussitôt trouvé, elle le lui a tendu et s’est installée sur le canapé après avoir viré ses chaussures. Ben, voilà, c’est comme ça que je devrais faire et me taper l’incruste!
Pascal se mordillait la lèvre inférieur, chose qu’il faisait quant il hésitait. D’habitude, je trouvais ça chou. Les hésitations terminées, il a pris le DVD pour l’enfiler dans le lecteur. Il leur a préparé un bol de popcorn, et s’est installé à côté d’elle sur le canapé. Grrr, je le maudis. La peste a posé sa tête au creux de son épaule, l’obligeant (mon cul, il aurait pu changer de place ou la repousser) à lui passer un bras autour des épaules. J’avais les vapeurs qui me sortaient par les oreilles.
Mince, qu’est-ce que je pouvais faire? Partir? Rester? Entrer?
Jeeez, aucune idée. J’étais un peu tétanisée par l’indécision. Un de mes gros défaut. Non. Je ne pouvais que rentrer chez moi la queue entre les jambes. J’avais le coeur qui battait trop fort. Je crois que je reconnaissais les morsures de la jalousie. Je ne pouvais pas me pointer chez lui, j’aurai sûrement pété un câble ou pire, j’aurai pleuré. Devant elle et lui? No way. Rentrer c’était mieux. Ma tête me faisait un de ces mal. Je ne pouvais pas être tout le temps là pour l’empêcher de faire ce qu’il avait envi de faire.
Arffff... Retour sur mes pas. Je n’arrivais pas à partir.
Elle se lovait contre lui, ça me rendait hystérique. J’aurai voulu débouler dans le salon pour lui demander des explications, mais j’étais trop émotive. De temps en temps, elle lui faisait de petits bisous, ça aussi ça m’énervait. Il faisait semblant d’être pris dans le film. Je me demande s’il avait envi de l’embrasser? Sûrement. A sa place, j’en aurai eu envi. L’ambiance était des plus intime; petit feu crépitait dans la cheminée, lumière tamisée... S’il la touche, je le massacre.
Puis qu’est-ce qu’il faisait chez lui? Il n’était pas sensé être avec ses copains? Pourquoi n’avait-il pas essayé de me joindre s'il rentrait? Oh, je crois bien que ça y était, j’étais fâchée contre lui. Très très fâchée. J’étais hyper gelée, mais je n’arrivais pas à me décider à partir. J’avais la nausée causé par un coeur qui se brisait en milles morceaux.
Caroline s’est mis à le matraquer avec un de ses coussins, il essayait d’éviter, ils riaient tous les 2, pour finir il s’est retrouvé sur elle... Un petit moment suspendu dans l’espace temps, en tous cas pour moi, puis... il s’est penché et l’a embrassée.
Mon coeur a explosé. Les larmes coulaient toute seule. J’étais furax? Non, désespérément triste plutôt...
Pascal s’est relevé alors qu’elle essayait de lui passer les bras autour des épaules et l'a repoussée alors qu'elle essayait de s'accrocher. Trop tard, c’était trop tard. Impossible d’effacer ça. Trop trop tard.
Prise d’une crise, folle de colère et de douleur, j’ai contacté Layne. Brian aurait été mon tout 1er choix, mais il n’était pas là. J’ai réalisé qu’avec Layne, j’avais bien des chances de passer à la casserole, mais je pouvais toujours lui dire que j’avais mes bringues. Je ne pouvais pas courir vers lui et après jouer les vierges effarées!
J’aurai peut-être dû gentiment rentrer chez moi?
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------ Vendredi planète chagrin (1) - 338 - (ven.04.déc.09) ------