338 - Vendredi Planète Chagrin (2)
Vendredi - 4 décembre 2009; - (2)
Sachant que j’allais voir Layne, ma colère a diminué de moitié. Pourquoi Layne? Etait-ce parce que cela rendrait Pascal jaloux? Dans mon état, avec qui que ce soit d’autre, je me serais ennuyée comme un rat mort et toutes mes pensées auraient été dirigées chez Pascal. Avec Layne au moins, j’éprouverais probablement des sentiments similaires à ceux qu’éprouvait Pascal avec Caroline.
Avant de partir, j’ai envoyé un message à Pascal; "Bonne soirée avec ta Caroline... oh excuse... Caro! et Bon film!" La rage, il n’a pas réagi à la réception de mon message et je regrettais déjà de l’avoir envoyé. Ma tête se faisait un petit un match de box, tous les coups étaient pour ma pomme.
Ils ont fait une pause, j’étais frigorifiée. Pascal a jeté un oeil sur son natel. Après l’avoir regardé fixement... Je pense qu’il a dû se repasser le film de ce que j’avais pu voir, réalisé que si je les avais vu, c’était que j’étais dans les parages, regretté de ne pas avoir fermé les rideaux... Puis, il a composé un numéro, sûrement le mien, en sortant sur la terrasse. Il scrutait l’obscurité. Je me suis cachée. Il a ressayé mon numéro. Toujours pas de réponses. Il n’imaginait quand même pas que j’allais lui répondre, non? Pascal est retourné à l’intérieur, alors j’ai filé.
- Vous vous êtes engueulés, hein? Qu’est-ce qu’il a encore fait?
J’avais beau lui dire que non, mais Layne n’était pas dupe. Pour pousser le comique de la situation, je lui ai proposé de se regarder un DVD aussi. Hi, après tout!
Pascal était plus malin que je ne le pensais, peut-être 1h plus tard, il sonnait chez Layne. Je ne voulais pas le voir. Aïe, là, j’avais un peu mal au coeur. Je n’aurai pas aimé qu’il me fasse un coup pareil, même si on était fâché, on ne laisse pas son copain derrière la porte chez un autre mec. Pascal a fait le tour pour toquer à la baie vitrée.
- Et vous ne vous êtes pas disputé, hein?
Là, faut remettre les choses en perspectives; si je me pointais chez Caroline pour lui demander de rentrer avec moi, ça passerait mal s’il refusait, donc... Heureusement que malgré ma colère, quelques fois, ma tête fonctionne.
Le seul hic est que je n’avais pas envie de parler, de lui parler. Il ne m’avait pas proposé de se voir ce soir, donc, il n’avait rien à faire là. On s’est quand même pris la tête propre et en ordre. Lui, furieux de m’avoir retrouvé chez Layne, moi furieuse qu’il n’ait pas su résister à Caroline, ni comment se débarrasser d'elle. Apparemment, ce qui faisait mal, c’est qu’on avait aucune confiance l’un dans l’autre. L’horreur.
Pascal voulait qu’on aille chez lui. Rien que l’idée me donnait de l’urticaire. Aller chez lui après le passage de Caroline? En plus pour s’engueuler? Non merci. Avec Patricia peut-être à la maison, je ne voulais pas qu’il vienne chez moi non plus. Impasse. Et il faisait froid.
- Super! On commence bien le week-end... Vraiment super!
- C’est pas moi qui batifolait avec Caroline!
On arrivait pas à se séparer et être ensemble était tout aussi douloureux.
- J’en ai assez, tu la vois déjà toute la semaine plus le week-end. On ne s’est pas vu de la semaine, et le vendredi...
Fallait que je fasse un pause, sinon ce serait l’explosion en pleurs. Ridicule.
- Et le week-end, la voilà même à domicile...!?! Trop c’est trop. Elle te manque à ce point que tu ne peux pas te passer de la voir dès le vendredi soir? Faudrait savoir...
Trop. Les larmes menaçaient dangereusement, fallait que je fasse des pauses entre 2 phrases pour ne pas pleurer lamentablement.
- Ça commence à bien faire. Il va falloir que tu fasses un choix. Si tu continue à la voir, on arrête. Je peux plus continuer.
- Your kidding, right? Tu te fou de moi là?
- J’en ai l’air?
- Jane... Je peux pas faire ça! Je peux pas l’empêcher d’aller dans les endroits qu’on fréquente et... je peux pas non plus ne pas lui parler?
- Comme tu veux.
- T’es pas sérieuse?
- Tu veux bien me ramener stp. J’ai laissé ma voiture chez Layne.
Je n’avais pas envie de rentrer sans lui, et je n’avais pas envie d’être avec lui. Je me sentais mal, ma peau me faisait mal, mon coeur ha lui... douloureux, lourd. J’aime Pascal mais, en ce moment là de suite, je le détestais aussi. Rien que d’être avec lui me rendait malade. Sans lui aussi d’ailleurs.
- Non en fait... Tu peux continuer à la voir autant que tu veux. Je veux juste rentrer.
- Jane...
- Fiche moi la paix. Ne fais pas semblant d’être triste, tu aurais dû y penser avant de l’embrasser...
- Viens, on va à la maison et on discutera.
- Y a rien à discuter de plus. Tu peux pas effacer ce baiser, non? T’aurais dû y penser avant, maintenant c’est trop tard.
- Le moment même où je l’ai embrassé, je l’ai regretté..
- Super! Ça me fait une belle jambe! Trop tard.
Il réalisait ou essayait de deviner ce que j'avais dû ressentir et espérait que je lui pardonne. Mais va te faire cuire un œuf! Te pardonner? Ça sûrement pas.
- Quant je pense à tout ce que j’ai enduré... Jess... La vidéo de vous 2... Les petites remarques de tes potes... Avoir Caroline à tous les contours... J’en ai assez. Il est tant que je raccroche.
Pascal se confondait en excuses, mais rien ne semblait atteindre mon coeur. J’avais trop mal; l’image de lui se penchant sur elle pour l’embrasser n’arrivait pas à s’effacer de ma tête et maintenant que j’en avais parlé; la vidéo non plus. Pascal a essayé de me prendre la main. Mauvaise idée. Et pourtant, je n’avais pas d’autre envie que d’être dans ses bras. Mes maux de têtes avaient atteint leurs paroxysmes, ça m’a rendue muette et fatiguée. On restait assis l’un et l’autre, têtes basses, perdu dans nos pensées, ne sachant pas quoi dire.
On a fini par aller chez lui. Au milieu de tous ces énervements, j’ai fini par réalisé que s’il avait abandonné et m'avait laissé rentrer toute seule, j'aurai été encore plus malheureuse que d’être énervée mais avec lui, alors je l’ai suivi.
Après plusieurs tentatives, où je l’ai repoussé assez méchamment, Pascal a réussi à me prendre dans ses bras. Je salue sa ténacité. J’étais épuisée.
- Jane, je suis désolé. Je t’aime et la dernière chose que je voudrais c’est de te faire de la peine.
Peut-être la fatigue, peut-être parce que je l’aimais trop pour faire autrement, j’ai accepté sa désolation. De toute façon, réaliste, je savais qu’à sa place, je ne me serais pas limité à un petit baiser de rien du tout...
- Moi aussi j’suis désolée. Je n’aurai pas dû réagir comme ça. C’est de ma faute, j’avais refusé de te voir, puis j’ai changé d’avis. Je ne m’attendais pas à la trouver ici, et je ne pensais pas la moitié de ce que j’ai dis. Tu peux voir qui tu veux...
- Chuuuut...
Y pas à dire, y a rien de mieux que faire l’amour après une sordide dispute! Et une homme jamais avare de tendresses, qui sait dire “Je t’aime” comme Pascal, y a pas mieux comme aphrodisiaque! ... Il peut bien les embrasser toute!
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------ Vendredi Planète Chagrin (2) - (ven.04.déc.09) - (338) ------