347/14 - Un si grand bonheur

Publié le par JaneDo


Samedi, 13 Décembre 2014 - 347/14 - Un si grand bonheur

Vers minuit, alors qu’on venait à peine d’arriver chez Steven, Pascal s’est pointé pour venir me chercher. Laaa Vaaache! Je pensais qu’il était à son chalet, je ne m’attendais pas à le voir. Purée, je n’aurais jamais osé lui faire un truc pareil moi!! S’il est avec une autre fille, je me vois mal débarquer sous prétexte d’aller le chercher!!!

Je ne pouvais pas, ou plutôt, je n’avais pas le coeur de l’envoyer s’amuser ailleurs, je ne pouvais pas lui faire ça moi.

Steven est resté calme, mais je savais qu’il était excédé. Ils ne se sont pas affronté, Steven m’a laissé faire ce que je voulais. Il savait très bien que je ne suis pas du genre à l’humilier devant un autre mec. Mais… En aurait-il fait autant? M’aurait-il suivi? Ou m’aurait-il envoyé promener?!? Pfff.

Je l’ai suivi. Cette fois, je n’ai pas pris la fuite pour aller m’enterrer chez Caro, mais peut-être que j’aurai dû.

Pascal avait bel et bien été au chalet. Je lui avais fais croire que je montais par sms. Vers 22h, il a commencé à se rendre compte que je ne viendrais pas. Tous ses appels sont restés sans réponses. Il s’est rendu compte que je filtrais mes appels. Ça l’a carrément énervé. Il s’est donné encore une 1/2h avant de partir à ma recherche.

My God, il bouillonnait de l’intérieur. Dans des moments pareils ses yeux se transforment en gouffre. Le vert de ses prunelles deviennent comme une mer par temps d’orage. Hum, et moi, ça me clou le bec. Je n’ose même pas parler, ce qui le rend encore plus furax.

  • Dis moi tout de suite si tu m'as, exprès, dis que tu allais au chalet pour rester ici avec Steven. Si tu n’as plus envie de me voir, dis le tout simplement, et j’arrêterais sur le champ de te faire chier. Et, je te laisse retourner où tu étais.

On était devant ma voiture, Pascal me fixait les mains dans les poches. Comme il était… j’avais envie de me blottir dans ses bras. Non, non et non, stop. Je dois juste me rappeler mes longues nuits à le chercher, à pleurer, à l’imaginer dans les bras d’une autre. Oui, voilà à quoi je dois me raccrocher pour ne pas flancher.

Et j’ai menti comme une arracheuse de dents. Heureusement que Steven n’était pas présent, il lui aurait dit que c’était moi qui l’avait contacté, c’était moi qui lui avait fixé rendez-vous. Hum. Honteuse, j’ai prétendu que je ne voulais pas le déranger, je savais qu’il était avec sa femme.

  • Et d’abord… On fait quoi maintenant? On continue à discuter dans la rue et à peler de froid? On va chez toi? ou ta femme…

Sa femme était au chalet, mais on ne pouvait pas aller chez lui. Dès qu’elle réalisera qu’il était parti, elle allait se rappliquer. D’ailleurs, elle lui avait déjà laissé plusieurs messages, pour lui demander où il était. Fantastique! Et chez moi, pas question.

J’ai préféré laissé ma voiture sur place. J’expliquerais à Steven demain pourquoi je n’avais pas pu revenir, étant donné que ma voiture était restée devant chez lui.

On a pris un verre au Time-Out. Dur de discuter avec le volume musicale, et c’était tant mieux. Ça meublait nos silences embarrassés. Ciel, mon coeur et ma tête se livrait un combat sans merci. C’était trop tard, j’avais craqué dès que je l’avais vu devant la porte de Steven.

Déjà, parce que je le trouvais courageux, il avait osé venir jusque chez son rival. Bravo! Je n’aimais pas le voir mal, et il n’avait pas l’air très fier. Lui, contrairement à moi, n’attendait pas la fin du week-end pour après me plaindre et lui faire des tonnes de reproches Et dire qu’il était descendu de Gstaad… Le moindre que je pouvais faire, c’était au moins lui parler.

Arghhh, et il était tellement chou. Même son air renfrogné me donne envie de lui sauter dessus et le couvrir de bisous. Afff. Mais bon, il avait l’air trop furieux pour que je tente une approche. Ah non, pas d’approche, rhhh, je ferais mieux de rentrer chez moi vite fait!

En sortant du bar, Pascal a passé son bras presque autour de ma taille, et j’étais dans tous mes états. En fait, c’était juste un geste de galanterie pour me laisser passer en premier. Si rien qu’un petit contact anodin de ce genre me faisait planer, alors je n’ose pas imaginer le reste.

On avait discuté gentiment, j’ai continué avec mes mensonges, lui laissant porter le poids de mon attitude, de la distance qu’il y avait entre nous. Je l’ai même blâmer pour la présence de sa femme chez lui. Rhhh, c’est pas honnête. Je ne me sentais pas très bien et j’avais l’estomac tout retourné.

Pascal a à nouveau insisté pour qu’on aille discuter ailleurs, chez moi par exemple. J’ai prétendu que mon coloc était là, alors c’était impossible. A cause de ce que j’avais dis avant, Pascal s’est senti coupable de ne pas pouvoir m’inviter chez lui.

Mais, il n’y avait pas de coloc, et la présence de Jess m’arrangeait bien. Si je me retrouvais entre 4 mûrs, seule avec lui… Non non non, les endroits bondés, sans intimités me convenaient parfaitement.

Dans la voiture, alors qu’il me ramenait à ma voiture, Pascal a changé d’avis, et décidé de m’emmener au chalet. Je ne voulais pas, je n’avais pas mes affaires, rien pour la montagne. Il a proposé qu’on fasse un saut chez moi, et je ne voulais pas non plus. Bref, c’était l’impasse.

Pascal a joué franc jeu, en avouant qu’il voulait qu’on reste ensemble, et ne voulait pas me laisser reprendre ma voiture, parce que je ferais tout pour le semer. Que même si on déciderait d’aller ailleurs, il était presque sûr qu’il ne me reverrait pas de la soirée. Alors, je lui ai avoué que j’avais peur de me retrouver dans un espace confiné ou seule avec lui, parce qu’il me faisait toujours craqué.

Ce n’est qu’à partir de ce moment là que j’ai commencé vraiment à parler. Je lui ai tout avoué; que j’essayais de prendre mes distances, de m’éloigner de lui. Je l’aimais toujours oui, mais je n’avais pas assez confiance, ni en moi, ni en nous pour continuer. J’avais tout le temps la trouille de le perdre, et ça me rendait carrément parano.

Et lui, il souriait en me regardant avec ce petit air attendri qui me fait complètement chavirer… quant j’ai plongé mon regard dans le sien, j’ai rougi. Pascal l’a remarqué et a passé sa main sur ma joue et j’ai commencé à bafouiller… Ce sourire… hahhhïïïïëeee.

Pascal s’est alors penché et m’a embrassée. Et c’était la fin des haricots!

Argh, dans ma tête, je me suis excusée envers Steven. L’horreur! Je n’oserais plus jamais le regarder en face. Je saluais mon hyper stupidité, parce que j’avais plongé. Une fois de plus, j’étais en train d’envisager de retenter l’aventure avec Pascal. Ça, c’était le pire de chez pire, surtout après tous les efforts que j’avais fait.

Pascal a suggéré qu’on aille à l’hôtel où on avait l’habitude de filer se cacher le temps de nos amours coupables. Il riait. Dieu que j’adore son rire.

Quand même le comble, on a chacun notre appartement, et nul part où aller, à part l’hôtel! Alors j’ai accepté qu’on aille au chalet. Je devais aussi redescendre dimanche, ma nièce faisait un spectacle avec l’équitation, et si Pascal ne me laissait pas reprendre ma voiture, il sera obligé de me descendre.

Encore une fois, un peu compliqué. En plus, j’avais l’impression de faire exprès de monter et qu’on se donnait en spectacle pour humilier Jess. Alors Pascal m’a dit que si c’était pour ne pas être ensemble, et devoir passer la journée à se croiser poliment, ça ne valait pas la peine de monter. Ce qui était plutôt vrai.

Mais moi, je préférais quand même aller au chalet. J’ai promis de faire un effort pour ne pas à 3 kilomètres de lui par timidité.

Pascal a alors rappelé sa femme, qui l’avait harcelé toute la soirée. Je me suis mise à l'écart pour ne pas écouter. Comme il l’avait deviné, elle avait quitté le chalet pour revenir à l’appart, où elle pensait le trouver. Quant elle a su que j’y retournais avec lui, elle a décidé de rester à la maison.

Pascal lui a demandé si elle en était certaine, parce que sinon, elle serait obligée de partager le dortoir.

On s’est réfugié dans sa chambre dès notre arrivée au chalet. Les autres étaient sortis. Le paradis… Je l’aime à en mourir. Un de ces 4, je vais faire une attaque, mon coeur bat trop vite, et il n’y pas assez de place dans ma poitrine pour le contenir quant je suis auprès de Pascal.

Allongée dans ses bras, je reprenais mon souffle, et essayais de régulariser les palpitations de tout mon corps. Je l’écoutais me raconter un peu tout ce qui lui avait traversé l’esprit ces derniers temps, comme je lui avais manqué. Ça faisait écho parce qu’il m’avait manqué encore plus. Je me mentais en croyant pouvoir me détacher de lui.

La garce… Jess avait dit qu’elle resterait chez Pascal, mais… Elle a changé d’avis… La bouche en coeur, elle a fait irruption dans la chambre. Hum, heureusement qu’on était pas en train de… Evidemment, Pascal ne pouvait pas lui demander de partager une chambre comme les invités, elle était aussi chez elle.

Pascal ne voulait pas non plus me demander d’aller dormir ailleurs, alors, on a été s’installer dans l’attique.

Samedi matin, Caroline était contente de me voir, elle s’était sentie seule ces derniers week-end. Sa chère amie Alexia m’est toujours autant antipathique. Elle me regarde toujours de haut et de travers. Mais par amitié pour Caro, je suis restée polie, j’ai souri, faisant semblant de ne pas remarquer ses regards remplis d’animosités.

L’après-midi, une bande a voulu aller traîner au village, l’autre rester au chalet et jouer au bowling. Pascal a été se baigner à la piscine. Une partie dormait encore. Comme les vampires, ils ne se lèvent qu’à la tombée de la nuit. J’en ferais autant si je n’étais pas avec Pascal.

J'ai discuté un moment avec Pascal et quelques copains dans les canapés près de la cheminée. Pascal s’était assis près de moi, son épaule collée à la mienne. Paul aurait voulu qu’on se fasse une soirée ciné. Il avait emportés des DVDs des derniers films sortis; The Purge - The Maze Runner - Lucy. Ça me tentait bien et Pascal aussi.

Les garçons sont sortis faire les courses pour acheter ce qu’il faut pour qu’on puisse manger à la maison. La gouvernante avait préparé des rôtis, Pascal pensait préparer une grosse salade et plutôt d’un gratin, et pas du riz qu’elle avait préparé. Ils ont fait la razia dans une boulangerie pour des canapés comme entrée.

Je suis près de la cheminée pour lire. Quant Pascal est rentré, on est monté faire une petite sieste.

Jess a essayé de s’asseoir entre nous à plusieurs reprises. Elle avait même accompagné Paul et Pascal faire les courses. Et même si elle ne sait pas cuisiner, elle a prétendu les aider dans la cuisine. Je crois qu'on ne sera jamais les meilleures amies du monde! On a eu des bons moments, mais ça ne colle pas c'est tout.

Steven m’a laissé des messages, mais je n’ai pas osé répondre. Déjà, parce que j’aurai été obligée de mentir. Je ne me sentais pas le courage de lui dire que j’étais au chalet. Il avait vu que ma voiture n’avait pas bougé de chez lui. Et Pascal me surveillait quant j’avais mon natel, alors je l’ai laissé dans l’attique.

Ce qui fait que je n’ai vu le message de ma nièce que vers 1h du matin, quant j’ai été me chercher un paquet de clopes. Demain midi, je devrais passer les chercher elle et Théo. Ma soeur ne voulait pas revenir sur Lausanne exprès pour l’emmener et poireauter 1h à attendre le début du spectacle de Noël organisé pour la famille.

Je m’étais collée à Pascal pour regarder les films. Jess était sortie en boîte avec les fêtards. Dans le noir, il me faisait des bisous discrètement. Puis, il en a eu marre, il m’a prise entre ses jambes et entourée de ses bras. Je flottais dans l’allégresse.

Caroline s’était collée à sa gauche, mais il ne faisait pas très attention à elle. Elle a fait comme si elle ne remarquait rien. Mais nos regards se sont croisés à plusieurs reprises, et je savais qu’elle en souffrait.

J’essayais d’imprimer dans mon cerveau l’impression de bonheur que je ressentais, sa chaleur, la pression de son menton sur mon épaule. Ses bisous aussi, son odeur, son corps collé au mien… comme tout à l’heure quant on faisait l’amour. Je ne voulais rien oublier.

Entre chaque film, on faisait une petite pause, discutant du film qu’on venait de voir, se préparer à boire, des petits trucs à grignoter, puis on se réinstallait confortablement pour regarder le film suivant. Après Lucy, le 2ème film, Pascal et moi avons décidé d’aller nous coucher. Demain, à 10h au plus tard, on devait partir.

Au lieu de dormir comme on aurait dû, ben… J'avais oublié comment c'était d'être heureuse! Comme c'était bon d'aimer. Je nageais dans le bonheur… Pour combien de temps??? J’avais un peu honte de n’avoir pas été plus forte...


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