348/2013 - Chemin de ronces...

Publié le par JaneDo


Samedi, 14 Décembre 2013  - 348/2013 - Chemin de ronces...

Toute l’équipe, c’est-à-dire, Thomas et ses potes sont montés au chalet, impatient d’enfiler leurs snowboards et skis. D’après ma conversation avec Thomas, Pascal ne montait pas au chalet. Thomas croyait qu’on avait prévu de se voir. Ce qui était faux. Caroline n’était pas non plus au chalet. Je pense que Jess restait pour surveiller son mari.

J’ai pensé monter pour prouver que je n’étais pas responsable de la défection de Pascal. Mais, franchement, l’envie me manquait. Pas parce que j’avais l’intention de le suivre ou de chercher à le voir, mais parce que c’était difficile de supporter d’être dans un endroit où il n’était pas. Tout me ferait penser à lui.

Donc, je me suis arrangée pour passer la soirée avec Caroline. On a loué quelques films d’horreurs. Quelque chose qui nous prenne aux tripes, et pas de films d’amour qui risquerait de nous faire pleurer. Il faisait un froid de canard, et le soir venu, je n’avais pas envie de bouger de la maison. Je me suis faite violence.

Evidemment, on a parlé de Pascal. Caroline était désespérée. Je voyais dans ses yeux, dans ses mots, elle me renvoyait l'image de mes propres souffrances. Malheureusement, on a aussi versé quelques larmes. Les deux premières heures ont été particulièrement difficiles, et on était carrément déprimée.

Caroline a voulu aller voir chez Pascal. Moi, ça me faisait chier. Parce que de le voir, même de loin, ne ferait que me remuer et me rendre encore plus triste. Elle y tenait, alors je l’ai attendue pendant son escapade. Elle a duré presque 2h. Caro est revenue toute exitée, Pascal était sorti sans sa femme. Elle voulait qu’on se lance à sa poursuite.

Là aussi, je n’en avais pas envie… J’ai essayé de lui expliquer que ça ne nous ferait que plus souffrir, que ça n’en valait pas la peine. Sa femme avait probablement rendez-vous avec lui plus tard, et qu’on ne ferait que de se geler le cul pour rien. Je parie que si je n’avais pas été là, elle se serait lancée sur les routes, pour arpenter tous les endroits possibles et imaginables où Pascal aurait pu aller.

Je ne voulais pas me faire du mal inutilement. C’était déjà assez dur de ne pas penser à lui tout le temps, alors le suivre ne ferait qu’aggraver la souffrance. Le voir rire avec d’autres, des personnes qui avaient la chance d’entendre sa voix, l’écouter, de profiter de sa présence.

Oh, non, j’étais peut-être mazo, mais j’avais prévu le coup. Le fait d’avoir mis un training pour aller chez Caro était calculé; aucune chance de me faire sortir dans un endroit public.

Caro a fait des pieds et des mains, mais c’était peine perdu avec moi. Comme j’avais suggéré que Jess irait surement le rejoindre, qu’ils avaient sans doute rendez-vous, Caroline a voulu aller voir si elle était toujours à la maison. J’ai proposé qu’elle appelle le numéro privé, c’était plus simple.

Jess a répondu à la 2ème sonnerie, comme si elle attendait un coup de fils. Sous le coup de la surprise, Caro a raccroché. C’était nul, parce que Jess pouvait voir son numéro. D’ailleurs, Jess a rappelé aussitôt, presque fâchée. Caro s’est lancé dans des explications qui semblaient carrément plausible; elle s’était trompée de numéro en appelant la ligne privée, elle pensait réessayer sur le natel.

Entretemps, j’avais suggéré à Caro de l’inviter à regarder les DVDs avec nous. Caro a donc invité Jess à passer. Je m’attendais à un refus, et c’était donc avec surprise que j’ai su que Jess arrivait. Elle savait pourtant que j’étais là aussi. La dernière fois qu’on s’était vu, ça ne s’était pas très bien passé, alors j’étais un peu tendue.

Jess avait été persuadé que Pascal était sorti pour voir l’une de nous deux, et le fait qu’on lui propose de venir passer la soirée avec elle l’avait rassurée. En même temps, elle se demandait donc où il était ce soir. Evidemment, nos pensées ont pris la même route; avec qui et où était-il ce soir???

Après un moment, une des deux, je ne sais plus laquelle, a proposé de sortir prendre Pascal en chasse. Je ne sais plus si c’était Jess ou Caro. Rhhh, tout sauf ça quoi! Je ne voulais pas, mais si je ne les suivais pas, elles auraient fini par imaginer que j’avais un rendez-vous secret avec Pascal.

Je me suis donc retrouvée embarquée, en training, à tourner autour des endroits connus. On a très vite retrouvé la voiture à Pascal au Time-Out. Caro et Jess ont voulu attendre jusqu’à ce qu’il sorte.

Purée, il faisait froid, et on était enfumée jusqu’à l’os. Presque en train d’étouffer par nos propres cigarettes. On ouvrait donc de temps à autre les fenêtres, et on gelait encore plus.

Tout ce cirque a fini par me rendre nerveuse. Notre voiture serait aussi visible qu’en plein jour, tellement qu’il y avait de fumée. On devait sentir comme un gros cendrier. Ierk.

Vers 3h du matin, gelées jusqu’à la moelle, on a vu Pascal quitter le bar… avec Maud.

La machine à laver dans mon estomac à aussitôt entamé un programme de rinçage, et une main glacée me serrait le coeur. A voir la tête des 2 autres, ce n’était pas mieux. Jess ne savait pas où habitait Maud, et je ne voulais pas qu’elle le sache. Ben, de l'avoir suivi, nous voilà fixé! Pas top. Je crois que je me sentais malade, au bord de la nausée. J'aurai préféré ne pas voir ça.

Quant Caro m’a lancé un coup d’oeil dans le rétro, j’ai secoué énergiquement la tête… Fallait pas les suivre. Ou les perdre en route… Je voulais rentrer. La lessive dans mon estomac n’était pas terminé et je ne voulais pas en rajouter une couche. Je ne voulais pas savoir si Pascal finirait la soirée ou la nuit chez Maud. Je voulais juste être aveugle et sourde tout de suite.

Caro et Jess avaient l’intention de les suivre jusqu’au bout, alors j’ai préféré descendre et prendre un taco. Heureusement que j’avais pris mon porte-monnaie!

Franchement, j’aurai dû aller avec elles, parce que l’image de Pascal et Maud m’a hanté tout le reste de la nuit… Horrible.


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