350 - Lâcheté...
Jeudi, 16 décembre 2010 - La fin de l'année approche et je me sens gagnée par le stress! Stress pour Noël avec les cadeaux à faire, et stress pour Nouvel An que j'aimerai passer avec Pascal...
Tôt ce matin, vers les 7h du matin, Pascal est passé. D'ordinaire, 7h du mat, c'est l'aurore pour moi, je déteste en plus qu'on me réveille... mais je l'attendais déjà depuis 6h du matin! C'est dingue ce qu'on peut faire par amour, et c'est dingue ce qu'on peut être bête aussi.
Dans ma nuque, il se plaignait de devoir aller bosser, il aurait voulu rester là, passer toute la journée au lit. Les mouvements de sa bouche et ses cheveux me chatouillaient, ce qui me faisait rire comme une idiote alors qu'il était tout sérieux.
Pascal aurait voulu prendre congé l'après-midi, mais je ne voulais pas qu'il fasse ça, c'était encore une fois recommencer à faire des bêtises.
J'avais l'intention de revenir souvent à Munich, alors s'il prenait congé à chaque fois, il allait finir par avoir des problèmes, et ce serait fichu. De plus, on avait une plus grande chance de se faire prendre.
Dans des moments comme ça, quant il me couve de tendresses, où l'on est que les 2, j'oublie complètement Thomas...
C'est seulement après, ou quant je reçois ses messages que je me rappelle tout à coup que je n'aimerai pas qu'on me fasse la même chose. Mais... Mais... Je préfèrerais qu'il me le cache, tant qu'il est pareil qu'avant avec moi. Mouais, je ne voudrais pas le savoir!!
12h05, il était à nouveau de retour. J'avais commandé à manger, je ne voulais pas qu'il reparte travailler le ventre vide. Ça lui a fait plaisir, mais il n'avait pas très faim. Il préférait se taper un sandwich au boulot, il ne voulait pas perdre 1mn à manger quant on pouvait faire autre chose. Les hommes! C'est à l'horizontale qu'ils nous aiment le plus, et je crois bien qu'ils ne pensent qu'à ça.
Quant il est parti au boulot, j'ai foncé sur le dîner que j'avais commandé, je crevais la dalle!
Pascal m'a dit que Thomas n'avait aucun moyen de savoir où j'étais par mon natel, alors j'ai finalement eu le courage de répondre à son appel. Gaffe! Je n'aurai pas dû, il était triste et cherchait à me voir et moi, je cherchais à mettre un peu de distance. Je l'adore quand même, alors d'entendre de la tristesse dans sa voix me faisait mal. Quoi que je puisse ressentir pour lui, je n'arrivais pas à réfreiner l'envie de rester près de Pascal. C'est horrible à dire, mais j'agissais comme une sale pétasse, et il ne méritait pas ça.
J'avais pensé repartir dans l'après-midi, mais Pascal m'avait convaincue de rester. Il aurait voulu qu'on rentre ensemble vendredi, mais j'étais venue en voiture, alors c'était foutu.
-
Mais, est-ce qu'on peut se voir un petit moment? Aller prendre un verre en tête à tête si tu ne veux pas voir les autres?
-
Je peux pas. J'avais déjà prévu autre chose Thomas, je suis désolée.
-
Tu me fui c'est ça? Tu aimerais que je te fiche la paix? Jane, j'aimerai te voir, juste un petit moment, je sais pas, même 5mn, s'il-te-plaît...
-
Je peux pas, c'est un peu le stress ces temps avec les fêtes qui approchent!
J'aurai finalement pas dû répondre, je me sentais coincée par ses questions, son insistance. Je ne savais plus quelle excuse utiliser, je voulais surtout éviter de lui faire de la peine. Le souvenir de son visage rongé par la tristesse hantait mes pensées, alors d'une voix enjouée, j'ai essayé de changer de sujet en lui posant des questions sur le week-end... Mauvaise idée! Il a voulu savoir si on se verrait le week-end, quant, puis il a continué à essayer de me faire changer d'avis pour ce soir.
Malgré mes sentiments pour Pascal, j'aimais aussi Thomas et lui faire de la peine, ça, je ne pouvais pas. Quelle galère! J'ai donc décidé de rentrer après avoir vu Pascal ce soir, et de passer chez Thomas. Ce sera une petite surprise à laquelle il ne s'attendait pas, ça lui ferait plaisir. Ça calmera son angoisse. Je n'arrivais pas et je ne voulais pas lui faire de peine. En fait, je n'arrivais pas à faire de la peine, ni à l'un, ni à l'autre, c'était une grosse faiblesse.
J'avais bien peur de passer à la casserole avec Thomas! Juste après Pascal, c'était... iak!
Pascal a quitté le boulot 1h plus tôt, c'est fou, il avait peur que je m'ennuie à mort. J'avais beau lui répéter, encore et encore, que je ne m'ennuyais jamais, on dirait qu'il avait de la peine à le croire.
Je lui avais dit que j'avais eu envie d'appeler Caro hier soir, mais Pascal pensait que ce n'était pas une bonne idée que Caroline soit au courant de chacune de mes visites en Allemagne. Pour une fois, si on pouvait éviter de mettre toute la planète au courant, ce serait pas plus mal.
Pascal a encore tenté de me faire rester. Il a pensé que j'aurai pu laisser ma voiture à Munich, et dimanche soir, on aurait pu rentrer ensemble et j'aurai pu repartir lundi ou mardi soir. C'était une bonne idée, mais ce serait pour la prochaine fois. Je devais rentrer.
En plus, connaissant Caro, elle pensait surement faire la route avec lui vendredi, si ça ne se fait pas, je suis sûr qu'alors, elle n'aura pris qu'un billet aller, pour rentrer avec lui dimanche soir. Donc, si je rentrais avec lui dimanche, je ne vois pas comment on ferait pour éviter que Caroline le sache!
Pascal est rentré chez lui vers les 22h. Couverte de bisous-bisous, j'ai pris la route pour rentrer. Mon cœur était rempli d'amour, de tendresses, de bonheur et à mi-chemin, j'ai décidé que je ne passerai pas chez Thomas comme je l'avais pensé. Je ne pouvais pas prendre le risque de laisser un autre homme me poser la main dessus.
A l'approche de la sortie que je prenais habituellement, j'ai encore changé d'avis... Nul, c'était déjà presque 4h du matin, je ne pouvais quand même pas me pointer chez Thomas, ce serait carrément une incitation... Thomas penserait que je voulais... Non, non, je ne pouvais pas... Finalement, je suis rentrée sagement chez moi.
Thomas était passé chez moi. Il avait laissé un petit mot avec un bouquet de fleurs derrière ma porte. C'était touchant et ça m'a rendue triste aussi. Il fallait vraiment que j'ai le courage de dire à Thomas que j'aimais Pascal et que je n'avais pas l'intention de le rayer de ma vie. Tant que j'avais de l'espoir, je m'accrocherais, même si c'était pour le voir ne serait-ce que 5mn, c'était comme ça! Et quant je dis courage, il allait m'en falloir beaucoup, parce que rien qu'à l'idée d'affronter son regard, ah la la, je ne pouvais pas. Je crois que lâchement, je laisserai Pascal s'en charger!
------ Ma lâcheté... -- (350) -- Jeu.16.Déc.10 ------