356/2013 - Plus d'espoir?
Dimanche - 22 déc. 2013 - 356/2013 - Il n’y a plus d’espoir…
Après quelques mots, pour ne rien dire, Pascal est retourné auprès de sa femme. Le bras qu’il avait passé autour de moi était maintenant autour de la taille de sa femme. Hahhh, j’aimerai pouvoir me téléporter à sa place. Arh, je suis conne ou quoi; “arrête ma fille, ça ne sert à rien de remuer le couteau dans la plaie”. Il fallait que je dégage d’ici sinon j’allais terminer la soirée le coeur brisé et en larmes.
J’avais bu, mais je devais me protéger et prendre la fuite illico. Thomas m’a supplié de rester, même proposé de rentrer lui aussi et on pourrait passer le week-end ensemble. Mais voilà, je ne pouvais pas m’en aller. L’espoir de lui parler ne serait-ce qu’une minute me faisait rester.
Ce que j’espérais s’est produit. Pascal est venu s’asseoir près de moi, et m’a demandé comment j’allais. C’est rien du tout, mais ça faisait mon bonheur. Je lui ai retourné la question. Simple politesse. L’espace d’une seconde, sa main a effleuré la mienne. J’ai pris un un coup de chaleur, comme si j’avais traversé un volcan en éruption.
Pascal a plongé son regard dans les mien avec un de ses petit sourire qui me faisait perdre pieds, les battements affolés de mon coeur répondait à son contact. Je crois qu’il avait fait exprès. Est-ce qu’il cherchait à savoir si j’étais toujours folle de lui? Alors il savait.
Pascal m’a demandé si on pouvait trouvé le moyen de se parler ce week-end. J’ai pas eu le temps de lui répondre, Jess est venue récupérer son mari. Et zoup, communication interrompu. Mais j’avais la tête en feu; Pascal voulait me parler? Pourquoi? Des bonnes nouvelles? Est-ce que Pascal ressentait la même chose que moi? Voulait-il reprendre où on en était resté?
Pourvu qu’il m’aime encore… Argh, non, ce n’était pas trop correct envers Thomas. C’était nul de ma part d’espérer quelque chose que je ne pouvais pas avoir. Thomas discutait près du bar avec 2 copains et 2 nanas que je ne connaissais pas. Mais, je n’avais aucun problème pour aller vers lui.
Thomas a passé son bras autour de ma taille et m’a présenté ses potes et les filles. Il ne se rappelait pas de tous les noms. Ils ont continués à discuter. Je les écoutais sans me sentir obligé de participer. De temps en temps, Thomas me souriait, je crois qu’il était heureux. On continuait tout de même de garder profil bas. Pour tous, on était juste de très bons amis. Très proche, sans plus. Ce qui me convenait très bien.
Après une bonne trentaine de minutes, Pascal est venu se joindre à nous. D’abord contente qu’il se soit déplacé jusqu’à nous, j’ai vite déchanté en remarquant le regard que lui lançait les filles. Comme il avait bu quelques verres, son sourire enchanteur restait accroché d’un bout à l’autre de son visage. Elles allaient imaginer qu’il les avait remarquée ou qu’il leur faisait du charme!!!
Thomas avait aussi remarqué le cirque. Ce qui le faisait sourire. Heureusement, j’ai réussi à garder un air serein, mais ça bombardait sec dans ma tête. Si j’ai une arme, elles seraient sur le carreau.
Elles le questionnaient. Un vrai interrogatoire, et lui, sans aucune méfiance, il répondait à toutes leurs questions en souriant, son regard plongé dans les yeux de celle qui s’adressait à lui. Encouragée, croyant avoir tiré le gros lot, elles se marchaient même dessus pour capter son attention. J’étais verte. Et où était Jess si prompt à venir le récupérer quant il me parlait? Ne voyait-elle pas qu’il se faisait draguer sous notre nez?
A la question de savoir s’il était avec quelqu’un, Pascal s’est retourné pour chercher sa femme dans la foule. Ne la trouvant pas, il a répondu qu’elle était quelque part. Je l’aurai tapé. Il ne pouvait pas spécifié que c’était sa femme? J’ai cherché aussi, puis je l’ai fait pour lui; “Sa femme est là-bas près du bar d’en haut. Celle qui porte la robe rouge moulante”. Glups, ma voix a dépassé légèrement les décibels normaux. Stridente, comme si je criais. Thomas a ri, et Pascal s’est retourné pour fouiller le bar des yeux et retrouver sa femme. Dès qu’il l’a aperçu, il a salué d’un sourire et est parti la rejoindre.
Hum, alors il n’était même pas conscient qu’elle lui faisait du gringue! Franchement celui-là… Il est aveugle!
Déçues, les filles l’ont regardés disparaître entre les danseurs sur la piste de danse. Grand, je le voyais encore. Puis, je me suis rappelée que si Thomas suivait mon regard, il allait encore se sentir comme la 5ème roue du char, alors j’ai concentré mon regard sur mon verre et ma main sur son genoux.
J’avais vu Caroline suivre Pascal. Elle se dirigeait vers nous quant elle l’a vu fendre la foule. Elle allait être déçue de le voir courir auprès de Jess qui se faisait draguer. Les dragueurs aussi allaient être déçus, et ça, ça m’a fait sourire. C’était des nouveaux venus, probablement des vacanciers, il ne savait pas qu’elle était déjà en main et mariée de surcroit.
Thomas riait; “Et vas-y que je t’embrasse. Les pauvres gars avaient sorti le grand jeu pour rien. Tu devrais les voir s’éparpiller comme des fourmis”. Apparemment, il regardait aussi en direction du bar d’en haut. Donc, il n’avait pas dû voir le regard triste que j'avais lancé en direction de Pascal et qui s’accrochait encore à lui.
Mince… Est-ce que je devrais m’accrocher? Essayer de lui parler? Le supplier de ne pas me laisser? Je me sentais un peu perdue.
Après tout, je ne dois rien à Thomas, à part le respect pour son amitié. Il a toujours été là pour moi, que je le demande ou non. Toujours présent si j’ai besoin de lui. Mais, on ne sortait pas ensemble, on était juste des amis avec bénéfices. Pourtant, je ne me sentais pas le coeur d’agir comme une conne avec lui. Et courir après Pascal le décevrait certainement.
Mais bon, j’étais libre, j’avais le droit de faire ce que je veux avec mon cul… Raison de plus avec mon coeur…
Il fallait que je chope Pascal, qu’il sache que je voulais aussi lui parler. J’ai commencé à surveiller ses faits et gestes, pour choisir le bon moment. Pas facile. Il restait presque constamment avec sa femme. Ils dansaient ensemble, se collaient au même comptoir de bar, discutaient avec les mêmes amis. Dès que Pascal s’éloignait un peu, Jess le rejoignait aussitôt.
Bizarrement, je trouvais qu’ils se comportaient comme des amoureux. Cette pensée m’a blessée.
Avant de jeter l’éponge, il fallait que je sois sûre qu’il n’y avait plus rien à faire. Je devais parler à Pascal en tête à tête. Je dois savoir ce qu’il ressent, ce qu’il pense faire. Ce qu’il pense vraiment. Je voulais être sûre.
J’ai appris qu’il redescendait pour le boulot dimanche soir, hors Jess, sa femme, restait au chalet. Les parents à Pascal montaient pour préparer les fêtes de Noël. Soudain, j’avais la foi. Je vais en profiter pour parler à Pascal lundi soir. Peut-être même dimanche soir? Quel bonheur, la possibilité de pouvoir enfin lui parler me donnait envie de danser.
J’étais tellement à ma joie que je n’ai pas vu Pascal disparaître. Je l’ai cherché des yeux, et Caroline m’a dit qu’il déjà était rentré avec Jess. La soirée a perdu tout attrait, je m’ennuyais. Thomas a alors cherché à me distraire. On a dansé et j’ai oublié Pascal. Je ne m’ennuyais jamais avec Thomas. C’était chouette.
Attablés, épaule contre épaule, Thomas me faisait du charme. Amusée, je le laissais faire. Ça me changeait les idées. Puis, surprise, j’ai vu Pascal. Alors, il n’était pas parti. Sur un signe de Michael, Pascal se dirigeait vers le fond du bar. En moins d’une seconde, j’ai prétexté vouloir aller aux toilettes, et j’ai foncé sur lui.
Avec la foule, on ne pouvait pas me voir. Pascal oui. J’ai réussi à l’intercepter avant qu’il n’arrive jusqu’à Michael.
Peut-être à cause du nombres de verres que j’avais avalé depuis le début de la soirée, ou peut-être parce que je me faisais encore des illusions, ou que je vivais dans un autre monde, sans détour, j’ai demandé à Pascal si on pouvait dormir ensemble.
Sa réponse a été une douche froide… “Jane… Ne me demande pas l’impossible… Tu sais que je ne peux pas”.
Waouh! Je me suis sentie toute conne. La honte. Je n’avais qu’à attendre lundi pour le voir. Pourquoi est-ce que je lui ai demandé un truc aussi débile. Ici en plus. J’aurai voulu creuser et disparaître sous les dalles sales du bar. Comment sortir de ce mauvais pas avec un peu de dignité.
Bon, pour la dignité, c’était râpé. J’ai hoché la tête et tourné les talons pour retourner vers Thomas. Les larmes noyaient déjà mon regard. Mon coeur saignait. Je voulais rentrer. Voir personne. Aller m’asseoir comme si de rien, faire semblant de rien. Ce serait trop dur. Mais, je ne pouvais pas laisser Thomas comme ça? Puis, pourquoi pas.
Je suis retournée à la table pour ramasser ma veste et mes clopes. Thomas a pensé que je sortais fumer et a voulu venir avec. J’ai fait signe que non de la tête et j’ai filé. Dans ma veste, j’avais mon porte-monnaie et mes clés. A pieds, je suis retournée au chalet pour ramasser mes affaires.
Comme toujours, il y avait 2-3 personnes qui traînaient là. Un des copains avait ramené une fille et ils s’embrassaient sur le canapé du salon devant les autres. Sans gêne. Sans leur adresser la parole, je suis montée prendre mon sac, et j’ai repassé en douce. Je ne crois pas qu’ils faisaient attention à moi.
Je n’étais pas tout à fait en état de conduire, mais je ne pouvais pas rester. J’ai filé.
La route a été longue, je roulais en respectant les limitations. La fatigue, l’alcool et les larmes ne sont pas de bonne compagnie la nuit sur les routes. Je n'aurai pas dû conduire, c'était idiot et risqué. Je n’ai même pas écouté de la musique, ça m’aurait déchiré le coeur. Ni envie de chanter non plus d’ailleurs. De l'acide me grignotait l'estomac. J'étais trop triste pour contenir mes larmes.
Enfin de retour, ouf, Tchoy roupillait déjà. Ni vue, ni connue, je me suis réfugiée dans ma chambre. J’étouffais. J’avais besoin de me défouler. Je ne tenais pas en place. J’ai repris la route. Je cherchais un coin désert où je pouvais hurler et pleurer sans qu’on ne puisse m’entendre. Avant de quitter la maison, j’avais avalé un somnifère. Je ne voulais pas passer la nuit à tourner, mais dormir pour oublier ma tristesse. Surtout, ne pas penser à Pascal. Et les somnifères commençaient déjà à faire effet.
Avant de ne plus être capable de garder les yeux ouverts, je suis retournée à la maison. J’avais pu pleurer un peu et hurler ma douleur, je me sentais vidée, et somnolente. Je me suis couchée aussitôt et j’ai dormi dans la seconde. Ouf.
Vers 15h, je me suis réveillée, la tête lourde. Avec la tristesse en prime. Ça tapait un peu sous mon crâne, comme si j’avais reçu un coup. Mais, c’était presque ça. L’attitude de Pascal, le ton de sa voix, ses mots étaient autant de coups sur la tête. Est-ce que je lui en voulais? Sans doute.
J’avais reçu des tonnes d’appels, des tonnes de messages. Aucune envie de les voir. C’était certainement Thomas qui me cherchait. Il avait dû se taper la tête contre les murs à regretter de ne pas m’avoir suivi. Ou peut-être qu’il l’avait fait. J’ai passé la journée au lit. En convalescence. Aucune intention de bouger de là.
Dire que c’était bientôt Noël et j’étais triste à mourir. J’allais passer le pire des Noël. Merci Pascal pour ce beau cadeau de Noël!