39 - Le Banc des Remplaçants!
Trop en état de larves pour avoir envi de se bouger, alors on a traîné au lit. Puis, c’était dimanche après tout, et le dimanche, c’est fait pour ça, traîner au lit. Il neigeait, c’était vraiment très beau. Tous les arbres étaient recouvert de blanc, un paysage absolument féerique. J’adOre. Je pouvais rester des heures à baver devant autant de beauté. Ici, aujourd’hui, à cette heure-ci, à cette minute précise, Jane Do avait le nez collé contre la vitre, en chaussettes et t-shirt et se remplissait les yeux de toute cette beauté tombée du ciel. Dans 100ans, je ne serais plus de ce monde, et quelqu’un d’autre appréciera toutes ces merveilles. Mes yeux se seront depuis longtemps fermés à jamais et il ne restera rien de moi ou juste quelques ossements quelque part... Je ne suis qu’un grain de poussière après tout.
Wahhh, ce que je pouvais avoir comme idées bizarres parfois!
Brian me regardait dévorer le paysage des yeux. Il avait une tête d’endormi. Il avait essayé de se lever un peu plus tôt avant de s’effondrer la tête dans les coussins. Verdict; encore dodo.
- -Et si on sortait ensemble, être en couple...
- -Héééé??? Toi et moi?
Je croyais avoir mal entendu, mais non. Il est fou? Jamais, je ne pourrais sortir avec lui!
- -Sortir avec toi? Toi? Le coureur de jupon invétéré, c’est drôle! Tu crois pas que j’ai eu ma dose avec Layne?
- -Owh, ça t'arrangeait aussi... Tu ne détestais pas son côté intenable!
- -On pourrait essayer pour voir si ça marche? Ça pourrait marcher. Tu connais mes défauts, je connais les tiens. Je connais les limites à ne pas dépasser, tu connais les miens. On se connaît très bien. Non, sérieux, je crois qu'on a toutes nos chances. Et même, je dirais, de meilleurs chances que n'importe quel autre couple!
Mouais... Il me connaissait trop bien! Il avait un petit sourire malicieux et un mèche lui barrait le visage. C'est vrai qu'on s'entendait vraiment bien, mais les choses changent quant on se met en couple. C'est forcé!
- -Hum... Je crois pas, ça nous détruirait. Et justement, tu me connais trop trop bien. Si ça marche pas, notre amitié sera “Kaput”.
- -On peut pas dire ça avant d’avoir essayé?
Je me suis allongée les bras derrière la tête à côté de lui. Son amitié m’était très précieuse, je ne voudrais pas risquer de perdre ça. Il était la personne avec qui je m’entendais le mieux, à part moi. On se comprenait et on s’aimait vraiment beaucoup, mais former un couple... Glups... c’était pas possible. En tous cas, je n’arrivais pas à imaginer ça.
- -Que tu le crois ou non, je suis capable d’être sérieux aussi.
J’ai éclaté de rire. Lui sérieux? MDR. Oui, le pape était une strip-teaseuse! En tous cas, je ne le croyais pas capable d’être sérieux, en tous cas, pas pour l’instant. Mais après tout, est-ce que j’avais envie de quelqu’un de sérieux? Je ne crois pas non plus.
J’aimais trop vivre seule, n’avoir de comptes à rendre à personne... En fait, la situation de Pascal me convenait plutôt pas mal. Ça m’évitait de l’avoir sur le dos tout le temps, de devoir faire des efforts, etc. Et c’était peut-être aussi pour ça que je l’aimais autant. De ne pas l’avoir sous mon microscope avait des avantages!!! Cela m’évitait de connaître probablement tous ses défauts. J’avais du mal à m’arranger avec quelqu’un de 100% libre, c’était vraiment trop de contrainte pour moi. Je n’avais pas la grandeur d’âme de mettre ma vie, mon bonheur et le reste dans les mains de qui que ce soit. En fait, je me suffisais toute seule, les à côtés étaient comme de petites récréées! Je n’avais pas le courage ou la force de supporter quelqu’un et de devoir faire des concessions. Mouais... je n’étais pas faite pour la vie de couple standard.
- -Tu n’en ai pas capable...
- -Peut-être parce que depuis longtemps, tu m’as relégué sur le banc des remplaçants...
- -Baka... Arrête tes bêtises.
- -C’est pas le cas avec Pascal, hein? Si on sortait ensemble, faudra que tu arrête ces conneries avec Pascal...
- -Bon, c’est fini? T’as fini de raconter des conneries?
- -Ouais... ouais... le banc des remplaçants!
Je l’ai frappé avec un coussin, pas fort, c’était pour rire.
Infatigable, ils ont voulu aller faire du patinage avant de rentrer sur Lausanne. Hum, suis nulle en patin. Je ne sais pas patiner du tout et je ne voulais pas aller me geler les fesses à les regarder. Je me connais, j’aurais fini par aller sur la glace même si je suis zéro.
J’ai flâné un peu dans le village avant de les rejoindre pour grignoter quelque chose, puis je suis retournée au chalet me préparer à rentrer. J’étais impatiente de retrouver mon chez moi et mes petites affaires.
Pascal était sûrement fâché avec moi parce qu’il n’avait pas proposé qu’on se voit le dimanche soir... snif. Je le comprenais un peu. J’avais répondu aux nombreux messages de Thomas. Il avait repris ces anciennes habitudes et me bombardait. C’était chou. Je retrouvais mon vieux Thomas que j’aimais bien.
Patricia s’était ennuyée et me reprochait de l’avoir abandonnée toute seule. Layne n’avait pas fait d’apparition chez moi. Je ne lui avais pas dit que je partais avec Thomas, elle aurait voulu venir et au cas où Layne aurait demandé, je préférais qu’elle ne sache pas où j’étais.
Et elle bavardait, et bla-bla-bla... Crevant...
* * * * * *
Le banc des remplaçants! --(8 fév 09 -dim)