51 - Préverenges

Publié le par JaneDo


Je devais rejoindre mes potes, et ça ne me disait pas grand chose. Je n’avais toujours pas eu le courage de voir Pascal, donc, lui tomber dessus ce soir, ça ne me bottait pas des masses.

Layne a essayé d’arranger un rendez-vous pour qu’on discute de ce qui s’était passé à l’hôpital, là aussi, pas d’attaque non plus. Je n’avais pas pu discuter avec Pascal alors, discuter avec Layne me paraissait difficile tant que je ne savais pas où j’en étais.

Ma lâcheté avait fait un retour en force, je n’avais pas le courage de voir ni l’un ni l’autre. Je me sentais prise au piège avec l’envie féroce de fuir me cacher quelque part. Loin! et dire que la lâcheté est l’un des traits de caractère que j’exècre le plus chez mon partenaire... Peut-être parce que je le suis tellement!!!! Le gros problème est que je ne savais pas où aller me cacher pour leur échapper.

Pascal a finalement réussi à me faire admettre que c’était un peu idiot de se cacher la tête dans le sable, si j’avais besoin de lui passer ma rage dessus, il serait une victime consentante. Tout ce qu’il voulait, c’était me voir. On ne se voyait déjà pas souvent, alors si en plus, on s’amusait à ça, on ne s’en sortirait pas. C’était trop mignon, et une mini seconde, j’ai failli oublier que j’étais encore fâchée.

Je frissonnais de partout, avec une grosse impression de tracs terribles, anticipations et tout le reste. J’avais les vapeurs! Justement les raisons qui font que je ne voulais pas le voir; il m’impressionnait toujours autant et j’avais la fâcheuse tendance à oublier bien vite mes résolutions. Mais... il avait raison, ça ne servait à rien de fuir, autant y aller franco et on verra bien.

Après une longue discussion, j’ai finalement accepté de voir Pascal la semaine prochaine.

Hum... J’ai appris qu’il ne sortait pas ce soir. Puisque Pascal ne serait pas dans les parages, j’allais pouvoir rejoindre mes copains sans craindre de le croiser et devoir l’affronter. Tout baigne! J’aurais aussi bien voulu être sûre de ne pas croiser Layne, mais lui, c’était moins problématique que Pascal.

J’étais tout à ma joie de voir mes potes et de faire la tarte toute la soirée, quant j’ai remarqué Layne avec Miss Tennis. Hum, j’ai failli un moment perdre ma bonne humeur. Petit tressaillement quant nos regards se sont croisés. Lui au moins, il s’arrangeait pour donner de l’eau à mon moulin. Même si j’avais trouvé son geste pour la St-Valentin super gentil, là... là, il venait de commettre un petit impair. Je n’allais pas manqué de lui reprocher, et ça me donner une bonne raison de ne pas croire un mot de ce qu’il me raconterait.

Même à cette distance, je crois qu’il l’a compris en voyant les missiles qui ont apparu dans mon regard. Je dois avouer qu’à ce moment précis, je n’avais pas envie de lui parler, ni d’écouter ses explications quelles qu’elles soient! Ses potes évitaient mes regards, et je voyais bien qu’ils se sentaient un peu mal à l’aise. Ils ont fait comme s’ils ne m’avaient pas vu.

Elle tenait Layne “propriétairement” par le bras, tout en gardant ses distances avec ses copains, Miss Tennis regardait les autres un peu de haut avec un petit air de mépris. Mais bon, c’était aussi peut-être juste de la timidité.

J’ai senti un petit frisson me parcourir la colonne vertébrale et avant d’avoir le temps de réaliser que la seule personne qui me mettait dans cet état quant il était dans les environs... j’ai senti la main de Pascal se glisser autour de ma taille. J’ai presque failli m’évanouir.

Il était sensé ne pas sortir ce soir, mais apparemment, il ne m’avait dit ça que parce qu’il savait qu’alors, je sortirais et il pourrait m’attraper. Il m’a fait un de ses petit sourire en coin. Trop sexy. J’avais les jambes flagadas... La poisse!

Il se tenait derrière moi, et pour me parler il se penchait sur mon épaule et faisait exprès de me frôler la joue. Iaaahhh,  les palpitations!!!! Pascal me proposait d’aller faire un tour, et de discuter. Il a promis de me ramener rejoindre mes potes plus tard, mais maintenant, il n’avait pas l’intention de me laisser filer sans qu'on discute. Et il m’a fait un petit clin d’oeil. En chuchotant, je lui ai dit que je ne pouvais pas. Mes potes risquaient de ne pas apprécier.  Presque chaque fois que je sortais avec eux, c'était pour disparaître à son arrivée! Mais, Pascal a souri, il pensait que mes copains comprendraient très bien.

En attendant, il a été salué ses potes, quelques uns faisaient également partie de la même bande que Layne. Je n’avais plus fait attention à Layne et j’ai été surprise de les voir se serrer la main. C'est un truc qui marche pas entre filles... se saluer quant on a envie de s'étriper!!! Pas vraiment !!! Je ne voulais pas croiser encore le regard de Layne, alors j’ai détourné la tête.

Quelques minutes plus tard, j’ai senti les mains de Pascal m’entourer la taille et il m’a tirée sur ses genoux.  Je n'étais plus qu'une petite chose toute molle, toute frisonnante avec un sourire bêbête dans la tête, sans aucune volonté. Berk. Il m’a chuchotée de saluer mes copains ou de me renseigner où il devait me ramener. Il est resté peut-être 10 minutes avec nous en plaisantant et discutant avec mes potes, et quant ils ont décidés de bouger, Pascal en a profité pour me “kidnapper”. On a traversé le bar, main dans la main. Avec le bar pleins à craquer, me prendre par la main ne se remarquerait pas. J’aimais trop son contact. Je n’aurais jamais imaginé aimer quelqu’un autant.

Pascal avait une surprise pour moi... Il avait en quelque sorte déménagé, et ne vivait plus en permanence avec Jess. Il avait trouvé un autre appartement où il venait passer ses week-ends. Jess ne semblait pas vouloir quitter la Suisse pour repartir aux États-Unis, donc, Pascal avait emménagé ailleurs. Ça l’ennuyait un peu de ne plus partager la même maison que Thomas, mais tant que Jess resterait là, il avait décidé d’habiter ailleurs. En principe, il passait la semaine à l’autre maison, qu’il appelait chez Jess, et le week-end dans son appart sur la plage de Préverenges.

C’était vraiment très chouette, et il l’avait déjà tout aménagé.

C’était une petite maison de 4 appartements et il habitait à l’étage. Devant la maison, il y avait un énorme parc qui le séparait du lac. A côté du parc, il y avait le court de tennis de Préverenges, assez fréquenté d’ailleurs en été. Même si je n’étais pas une joueuse d’enfer, j’avais eu l’occasion d’échanger quelques balles avec un de mes amis d’enfance. Quant je dis d’enfance, c’était presque “pampers”... On a commencé l’école ensemble en afrique, et aujourd’hui sa femme fait partie de l’équipe féminine nationale de tennis et lui est médecin.

En voyant l’appart à Pascal, ça me donnait presque envie de déménager!

C’était lumineux, et spacieux. Je me suis demandée comment il faisait pour trouver des apparts pareils, mais, je pense que ça ne doit pas être trop dur quant on a de l’argent!

Quant je pense aussi qu’il m’avait fallu plus de 6 mois pour emménager chez moi, lui en 1 semaine, hop! Mais là aussi, les garçons ont sûrement moins de fourbis que les bonnes femmes, hihihi.

J’ai tout de suite aimé son appart, et j’ai presque oublié qu’on était là pour discuter, pas pour admirer la vue. Je ne voulais pas trop discuter chez lui, pour ne pas laisser de mauvais esprits dès ma 1ère visite!!!! Alors, je lui ai proposé d’aller ailleurs. Glups, ça l’a surpris, on venait à peine d’arriver. Ciel, les hommes sont-ils si différents de nous? Ne pense-t-il jamais à ce genre de choses?

Je préférais qu’on retourne en boîte ou prendre un verre quelque part, mais c’était passé minuit, les seuls endroits ouverts étaient des endroits où on ne pourrait même pas s’entendre penser. Crap. Pascal m’a proposé de marcher au bord du lac, alors j’ai accepté avec soulagement.

Jess avait deviné que Pascal projetait de déménager et ils se sont un peu disputés à ce sujet. En fait, elle avait fouillé ses affaires et avait trouvé son bail. Il n’avait pas projeté de le lui cacher de toute façon.

On tournait un peu autour du pot, ayant l’un comme l’autre des difficultés à en venir aux sujets qui fâchent. En fait, je crois que lui comme moi, n'en avions pas vraiment envi. C’était une des choses que je comprenais bien chez lui, comme j’avais les mêmes travers. On avait tendance à garder les choses qui nous blessent à l’intérieur de notre tête. On enterre ces choses sous une grosse pierre et on s’autorise à les visiter de temps en temps et que quant on est seul.

Tout à coup, Pascal m’a attrapé par la main et m’a ramené chez lui. Heum... je n’ai pas opposé de résistance, Je connaissais le programme, et d’habitude, ce sont des choses qu’une fille ne dit jamais mais... quant je le vois, je ne pense qu’à ça!!

Après, on avait pas vraiment envi de discuter. Moi par lâcheté, et aussi comme lui, pour ne pas gâcher l'ambiance. Je ne pouvais pas rester, mon chien m’attendait à la maison. Pascal a proposé d’aller le récupérer. On a donc été chercher mon gros nounours qui s’est fait un devoir de visiter de fond en comble tous les recoins de son appartement.

Oh, je lui en voulais toujours pour la St-Valentin, mais j’avoue que ce soir...  un peu moins ou même pas. Arf, non, non, pas question que je dépose les armes aussi facilement... quoique... dormir dans ses bras me faisait un peu perdre le nord. Ciel, même que je le connaissais depuis des mois, j’avais toujours le coeur qui battait à la folie comme si c’était la première fois. Je me demande quant est-ce que je retournerais à un fonctionnement normal? Je crois que je n’ai jamais été aussi amoureuse de quelqu’un. Pascal ne savait pas pourquoi je frissonnais, mais ça le faisait sourire, et son sourire me faisait trembler encore plus tellement j’aimais ses sourires. Ses bisous, ses attentions, son regard, ses gestes... Tssss, j’étais cuite!

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Préverenges   (20fév09-ven)

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