53/2013 - Confrontation...
Vendredi - 22 Février 2013 - (53/2013) - Confrontation
Mon silence le rendait fou. Pascal a multiplié les appels, les messages. Il s’était mis à me harceler. Grrrh, donc, s’il le voulait, il pouvait. J’ai attendu le dernier moment, avant qu’il ne quitte le boulot, pour finalement répondre à son appel. S’il n’avait pas essayé, je ne l’aurai pas appelé, n’aurais pas essayé de le voir non plus.
J’ai déchanté quant il m’a proposé de monter au chalet! J’avais pensé qu’on se verrait en tête à tête, et pas avec toute une bande de dingues autour. Et sa femme en prime! Alors, j’ai gentiment refusé, prétextant que j’avais prévu autre chose. La seule chose dont j’étais certaine, c’est que dès que je raccrocherais, les larmes seront au rendez-vous.
Petit silence à l’autre bout du fils, puis il a proposé que je passe à la maison vers 22h. J’ai hésité. Je ne voulais pas aller chez lui, fallait qu’on discute avant. Je ne voulais pas prendre le risque de me laisser embobiner, tomber toute cuite dans ses bras. Puis, il s’est expliqué. Le temps d’accompagner Jess au chalet, parce qu’elle ne voudra certainement pas monter avec Thomas, et il nous préparera un petit truc à manger. Parce que ce serait mission impossible de trouver un resto qui sert après 22h.
Je m’étais pourtant préparée mentalement, mais j’ai fondu. Il a craqué aussi; “Waouh… Caliente!”. J’avais décidé de ne pas rester. Je ne voulais pas qu’il se doute que j’étais plus vulnérable le week-end, et que je lui pardonne tout, parce que je veux le voir.
Mon coeur gigotait comme d’habitude et j’ai dû prendre une longue inspiration pour me calmer avant de sonner. On était seul tous les deux, l’idée ne me quittait pas.
J’avais mis une longue jupe noire, fendu devant, jusqu’à mis-cuisse, un chemisier transparent qui laissait deviner mon soutien-gorge fleuri, et pour ceinture, un foulard qui pouvait facilement être enlever. Une longue veste à la vampire. J’avais coincé mes cheveux avec un bandeau pour dégager mon visage et mes oreilles. Une longue boucle d’oreille que je voulais mettre en évidence. Ses yeux lançaient des flammes en s’attardant sur ma poitrine. Quant il s’est penché pour cueillir un baiser, je n’ai pas eu le coeur de le repousser. J’en mourrais d’envie.
Il était hyper mignon comme d’habitude. Son débardeur blanc moulant, ses bras musclés, bronzé. Son jean délavé, troué en dessous du genoux droite. Et... la boucle de sa ceinture ouverte... Hum, ça m'a donné envie de lui sauter dessus direct.
Waouh, rien de mieux qu’une bonne partie de jambes en l’air pour dissiper la déprime. Faudra que je m’en rappelle. Pascal m’a attirée contre lui, et j’ai fondu. Poisse.
- Merci… C’est cool que tu me raconte.
- Tu n’es plus fâchée?
- Fâchée? Oh, je t’en voulais à mort! Tout un week-end sans un mot, sans un appel. C’était dégueulasse. Bien sûr que je t’en voulais. Oui, je crois que j’étais fâchée. Intérieurement, je t’ai traité de tous les noms. Fumier était celui qui revenait le plus souvent.
Pascal ne disait rien. Ses yeux cherchaient à lire mes pensées. Il cherchait dans mon regard, mes expressions s’il avait des raisons de craindre une dispute.
- J’étais un peu jalouse de ne pas avoir la chance d’être à la place de Caro, mais maintenant que tu m’as raconté, parce que ça me donne l’impression d’avoir été un peu là-bas, de partager.
- Ha? Alors tu n’es pas fâchée que j’étais avec Caro?
- Non… J’étais surtout fâchée de ne pas avoir de nouvelles, de ne pas savoir où tu allais. Fâchée que tu ne penses même pas à me faire un petit signe. Je sais pas moi, signaux de fumée à l’indienne, telex… Même si tous les téléphones étaient en panne, à cheval ou à dos d’âne, il aurait fallu moins de 8h pour recevoir un mot griffonné à la hâte!
- Je suis désolé… J’ai pas pensé…
- Faute. Je ne suis pas sûre que tu mérites que je te pardonne.
Pascal s’est évertué d’arracher un mot de pardon, mais il oubliait que j’étais encore plus têtue que lui. Puis, il me fallait y réfléchir à tête reposée pour savoir ce que je devais faire. Comme ça, à chaud, je n’étais pas capable de donner une réponse à sa requête.
- Tu es vraiment une nana incroyable! Tu es différente de toutes les nanas que je connais. Non… de toutes les nanas de la planète.
- T’exagère!
- Non, je t’assure. N’importe qui m’aurait fait une scène de jalousie. M’aurait demander de choisir, casser les pieds pendant des heures à chercher le pourquoi du comment. Toi non. Je ne suis pas sûr de comprendre, te comprendre, mais en tous cas, encore une fois, je me dis que j’ai beaucoup de chance d’être avec une fille aussi fantastique. Je suis le mec le plus chanceux. Et, tu m’as manqué l’air de rien.
Glups! Mal placée maintenant pour l’astiquer et demander des tonnes d’explications. Surtout après l’avoir laissé me traîner jusqu’au lit!
- Je voudrais quand même savoir… c’était mieux avec Caro qu’avec moi?
- Héééé! De quoi?
- Le week-end? T’as passé un bon week-end, mais est-ce que t’as préféré être avec elle? Elle est plus… amusante, elle a plus d’entrain? Je sais pas… Est-ce que c’était mieux?
Pascal est resté une minute, ou deux à réfléchir, avant de me sortir; c’était différent. Glups, pour moi, différent voulait dire; mieux! S’il préférait être avec moi, il n’aurait pas eu besoin de 2mn pour répondre. Ces 2mn, c’était juste pour trouver une réponse vague, sans avoir besoin de me faire du mal avec la vérité.
Je ne voulais pas insiter là-dessus, pour ne pas avoir l’air chiante. Il venait de complimenter mon caractère. Ou était-ce encore de la manipulation? Mais, si je ne demandais pas maintenant, je n’aurais plus l’occasion de revenir sur le sujet.
- Mais encore?
Alors il m’a expliqué qu’il aimait nos petits week-ends les deux. Il se sentait toujours bien, à l’aise avec moi. Caro, elle, était toujours sur son dos. Difficile d’avoir un petit moment pour respirer. Contrairement à moi, plus indépendante, qui m’occupe assez facilement, qui lit dans mon coin. Je n’ai pas besoin qu’on s’occupe de moi tout le temps. Et il avait remarqué qu’il n’allait jamais vers elle, c’était toujours elle. Avec moi, c’était le contraire, s’il ne venait pas vers moi, c’était pas sur moi qu’il pouvait compter pour le faire.
Malgré tout, il avait adoré leur week-end. C’était la première fois en fait, qu’ils passaient un week-end entier ensemble. Même, la première fois, qu’ils passaient plus de 2h ensemble. Et il ne parlait pas de nos vacances en Sardaigne.
Puis, en pleine réflexion, Pascal a dit qu’il préférait qu’on soit les 3. Pas quant il était avec moi, mais s’il devait passer un autre week-end avec elle, il préférait que je sois là aussi. L’empêche, ça lui avait fait du bien, et plaisir de passer le week-end avec Caroline. Ils s’entendaient bien. C’était comme s’ils sortaient ensemble réellement, comme un vieux couple. Avec moi, c’était toujours comme si tout était nouveau.
Grâce à mon message, Caroline s’était rendue compte que je ne savais rien de son programme. Elle n’avait pas voulu qu’il soit toujours planté au bout du fils avec moi. Elle voulait, pour une fois, qu’il lui consacre tout son temps. Caro lui avait demandé de ne pas m’appeler.
D’abord, j’ai tiqué, puis, j’ai compris que j’aurai fait pareil. Pourtant, quant il est avec moi, ça lui arrivait de lui parler au téléphone. Alors, je lui ai demandé de se rappeler de ça, que désormais, pas de coup de fils à Caro. Mais, il a objecté que c’était la 1ère fois, alors elle méritait qu’il fasse un effort. Il n’avait pas non plus appelé sa femme. Il n’avait parlé à personne d’autre, à part au groupe.
Mise au même rang que sa femme? Je ne sais pas si j’apprécie cette comparaison!
Il était temps pour moi de rentrer, mais Pascal faisait tout pour me faire changer d’avis. Il devait monter au chalet, sans quoi, il aurait encore des ennuis avec sa femme et ses parents. Pascal essayait de me convaincre de monter. Mais, j’en avais bavé le week-end dernier d’avoir été mise de côté, je voulais prendre l’habitude de passer mes week-end sans lui désormais, et ne pas lui coller aux fesses comme une pauvre idiote.
Pour finir, Pascal a décidé de rester si je dormais chez lui. Qu’on pourrait passer le week-end ensemble. Juste après Caroline? Sûrement pas! Pour qu’il se mette à comparer? Pendant une petite seconde, j’ai failli accepter sa proposition, question de le garder pour moi toute seule. Mais, c’aurait été bien trop facile pour lui. Alors, je suis partie quand même. Pascal m’a inondé d’appels, tenté encore de me faire changer d’avis. Prétendu rester ici en espérant que je change d’avis et le rejoigne. Je n’ai pas capitulé pour une fois.
Je tentais désespérément de reprendre le contrôle de ma vie!