66/15 - Je suis le cheveu sur la soupe!! (2)
Samedi - 7 mars 2015 - 66/15 - Je suis le cheveu sur la soupe!! (2)
Pascal s’est penché pour m’embrasser, mais il restait en travers de la porte. Impossible de voir à l’intérieur, il occupait l’espace. Je le trouvais moins… chaleureux, moins câlin. Y avait-il quelqu’un d’autre à l’intérieur qu’il ne voulait pas que je vois?
- On se retrouve en bas, d'accord. Descends nous préparer un petit café, je vais vite m’habiller.
Je n’ai pas répondu. Perplexe, je me demandais pourquoi il voulait tellement que je m’en aille pour qu’il se change! Comme si je ne l’avais jamais vu à poil!
- Qu’est-ce qu’il y a?
- On dirait que tu ne veux pas me laisser entrer?
- Pas du tout. C’est juste que ce serait sympa de prendre un verre et discuter. Je m’attendais un peu à ça. Te voir arriver à l’improviste.
- Personne ne sait que je suis là. J’aimerai que ça reste comme ça.
Son sourire avait disparu, Pascal me contemplait de ses yeux verts pétillants. Je crois qu’il évaluait la situation. En fait, je crois qu’il cherchait à me défier, à me voir perdre les pédales. Il restait toujours en travers de la porte et me barrait le passage.
- Bon, je ferais mieux de rentrer. Je vais pas t’embêter, pas la peine de descendre. Je te laisse dormir.
- Et pas la peine de t’énerver…
- M’énerver? Est-ce que j’ai l’air énervé? Je n’ai pas l’impression que ça te fait plaisir de me voir, alors je rentre! Y a pas de quoi s’énerver.
Qu’est-ce qu’il raconte, je n’étais pas du tout énervé. Je n’avais même pas élevé la voix. Est-ce que je devais forcer le passage pour vérifier ma théorie, ou au contraire laisser couler?
- Je pensais que ce serait chouette de passer un moment ensemble, à discuter un peu, au lieu de… se coucher directement.
J’avais l’impression qu’il me testait, et c’est ça qui aurait le don de m’énerver. Mais, j’avais aussi vachement envie de le surprendre et ne pas agir comme il s’y attendait. Alors j’ai souri et j’ai tourné les talons pour partir quand il m’a saisi par le bras pour m’attirer contre lui. Et dans sa chambre.
Il n’y avait personne. Ou peut-être que quelqu’un était planqué sous le lit? Ou dans l’armoire? Non, c’est de la paranoïa. Pascal ne m’aurait pas fait entrer s’il y avait eu quelqu’un, ou, il n’aurait pas voulu que ce quelqu’un se cache. Il savait qu’il pouvait compter sur moi pour ne rien laisser paraître tant qu’il y aurait eu quelqu’un.
Et il savait aussi que je n’aurai pas fait de scène. J’aurai peut-être fait la gueule, j’aurai foutu le camp après, ou peut-être pleurer, mais pas devant qui que ce soit.
Lorsqu’il m’a embrassée à nouveau, je me suis pressée contre lui, frémissante à la lueur de désir que je percevais dans ses yeux. Flûte depuis toutes ses années que je fais partie de sa vie, mon coeur palpite encore rien que de le voir. J’avais les jambes toutes molles.
Quant on s’est pelotonné l’un contre l’autre épuisé, rassasié, je lui ai demandé ce qu’il voulait dire par; “Je m’attendais à quelque chose comme ça?”. Pascal m’a dit qu’il avait espéré et pensé que j’allais monter lui faire une surprise. Il s’attendait déjà à me voir en rentrant après leurs sorties.
Je ne lui ai pas caché que je savais qu’il boutiquais avec une miss, et il ne l’a pas nié. J’ai voulu savoir ce qu’il aurait fait si j’étais arrivée en boîte? Il m’a dit qu’il était un peu cuit, qu’il avait avalé quelques cafés en rentrant et beaucoup d’eau pour diluer. Mais, ça ne l’aurait pas gêné que je vienne le retrouver même s’il était en train de se laisser draguer, bien au contraire.
Pascal a dit que c’était juste amusant de se laisser “draguer”, mais qu’il n’avait pas l’intention de faire quoi que ce soit avec cette fille. Qu’il n’allait pas tout de même pas sauter sur tout ce qui bouge parce que j’étais pas là. Il m’a demandé de lui faire confiance.
Peut-être que je suis naïve, mais j’allais lui faire confiance. Personne ne savait que j’étais là, alors j’allais filer et passer le reste du week-end comme je l’avais prévu. Larvée devant la télé sur mon canapé. Toute seule. Je lui ai donné ma bénédiction pour s’amuser comme il l’entendait.
Après tout, ce n’était pas un moine! Il n’a jamais fait voeux d’abstinence!
A la levée du jour, j’étais de retour chez moi. Epuisée d’une bonne fatigue, le coeur rempli d’amour de ces quelques heures dans les bras de l’homme que j’aime à la folie. Je sentais encore son souffle sur mon visage, le goût de ses baisers.
Le pauvre, il allait être crevé. Pascal avait rendez-vous avec les autres à 9h pour se lancer à l’assaut des pistes. Juste le temps d’avaler un café, et il sera dehors toute la journée. Je me sentais un peu coupable de l’avoir privé de sommeil.
De mon côté, je me suis lancée à l’assaut de mon lit en rentrant. J’étais crevée… Mon pauvre bébé, il allait vraiment souffrir aujourd’hui sur les pistes.
J’ai dormi jusqu’en milieu d’après-midi. En me levant, j’ai vu que Pascal avait essayé de m’appeler. Hum. Rien entendu. Je devais être dans un coma laiteux dans les bras de Morphée! J’ai essayé de le rappeler, mais cette fois, c’est lui qui ne répondait pas.
Pas de souci. Je me suis faite couler un bain et je m’y suis plongée avec délice, un bouquin en soutien. Je crois avoir gaugé au moins 2h dans une mousse à la lavande.
Pascal a rappelé vers 18h. Ils étaient dans une crêperie/sandwicherie pour avaler un morceau avant de retourner au chalet. En rigolant, il m’a dit qu’il était effectivement ratiboisé par la fatigue la première heure. Ensuite, ça a été. Il a eu un petit coup de pompe quant ils ont fait une pause à midi. Il avait besoin de bouger, sinon, il cale.
En rentrant, il avait l’intention de nager un peu et peut-être faire une petite sieste avant d’entamer la soirée, sinon, il serait sur les rotules. Hum, à vrai dire, ça ne me gênait pas des masses qu’il soit sur les rotules, parce que comme ça, il ne sortirait peut-être pas.
Pascal m’a demandé si je voulais le retrouver dimanche soir et passer la nuit chez lui. Je ne savais pas encore. Ce qui l’a fait rire. Il savait qu’il me fallait du temps pour me décider, que j’avais des difficultés à prévoir quelque chose en 24h.
Miam, j’ai passé une soirée de rêve à faire ce que je voulais… et c’était ne pas sortir, ne voir personne. J’avais bouclé mon téléphone que j’ai laissé traîner sur mon lit. Je ne voulais pas avoir à parler non plus le reste de la soirée. Le pied.
Je me trouvais idiote d’être montée jusqu’à Gstaad hier soir… et heureuse aussi de l’avoir vu. J’ai passé un moment magique dans ses bras. Ciel, comment est-ce qu’on peut aimer quelqu’un à ce point là? D’avoir le coeur qui flanche, qui bat et qui chante rien que de le voir? C’est de la folie! Je l’aime à mourir!