71/14 - Faux espoir!

Publié le par JaneDo


Mercredi, 12 mars 2014 - 71/14 - Faux espoir!

C’est mercredi, et comme tous les mercredis, mon planning est immuable, sauf vacances scolaires; à 13h, je passe chercher ma nièce pour la conduire à son cours d’équitation au Mont.

Par contre, petite surprise mieux qu’agréable, Pascal a appelée, il voulait me voir...

Il disait avoir hésité à appeler, qu’il avait besoin de me voir. Qu’il y avait pensé tout le week-end (j’en doute très fort), et qu’hier, il a passé sa journée à se demander si c’était une bonne idée, mais aujourd’hui, il avait craqué. Il proposait de m’inviter à dîner, parce qu’il avait vraiment besoin de me voir.

Pascal insistait sur le besoin de me voir… Au début, le son de ces mots m’ont fait plaisir, réchauffés le coeur, puis l’anxiété et la peur m’ont secouée; il avait certainement besoin de me parler? Mais pourquoi? Ça n’augurait rien de bon.

Alors je lui ai posé la question; si c’était pour me parler, il n’avait qu’à me parler au téléphone.

  • Jane… Est-ce que je dois chaque fois inventer un sujet juste pour te voir?
  • Non! Mais pourquoi? Ça me semble bizarre…
  • Rien de bizarre, j’ai envi de passer un moment avec toi. En fait, j’ai envi de te voir là tout de suite… mais, comme je ne peux pas partir du boulot avant midi, donc… alors, j’attendrais midi…
  • Ecoute, je ne peux pas… J’ai un planning, je dois être quelque part à 13h, alors… c’est un peu loin, je…
  • Je t’en prie, s’il-te-plaît, stp, stp… Ne me m’oblige pas à inventer tout un tas d’excuses…

Glups, voilà pourquoi Pascal ne m’appelle jamais, à cause de ma méfiance, mes réactions, je l’obligeais à avoir un juste motif pour m’appeler! C’était pas bon. Même si je me méfiais de ce soudain besoin de me voir, il fallait que j’arrête de l’acculer comme ça. J’y vais et je verrais bien, mais je ne pouvais pas manger avec lui.

Contrairement à ce que je croyais, il n’avait rien de spécial à me dire. Quant je suis arrivée au rendez-vous, il s’est précipité pour me serrer contre lui. Il m’a gardée dans ses bras pendant bien 3 minutes. J’étais surprise et me suis sentie empruntée, ne sachant pas si je devais me laisser aller, mettre mes bras autour de son cou rien. Je suis restée serrée contre lui comme un légume.

Je m’attendais à un baiser, mais non, il m’a simplement embrassée sur le front! C’était tout ce qu’il voulait; me prendre dans ses bras! J’avoue que je trouve encore ça bizarre.

Pascal a dit qu’il n’avait fait que de rêver de ça depuis hier. Un soudain besoin! Il voulait qu’on se voit encore ce soir, puisque je ne pouvais pas annuler mon rendez-vous de 13h. Un peu étonnée, j’ai pourtant accepté.

L’air de rien, même si j’étais complètement ébahie, j’étais contente et impatiente d’être à ce soir. Après avoir ramené la petite à la maison, je suis rentrée sur les chapeaux de roues avec ma lessive pour me préparer. Je gaugeais dans un bain parfumé, toute heureuse, la musique à fond, je n’ai pas entendu mon natel.

Pascal avait un match ce soir, on avait prévu de se voir après, j’étais si impatiente. Mon coeur était complètement déréglé, l’impatience me rendait fébrile. J’ai mis des plombs à m’habiller, changeant d’avis toute les 2 minutes. Je voulais lui faire une impression d’enfer, le rendre fou, amoureux. Bref, je me faisais des films sur la soirée à venir.

Oui… Ce n’était que des films… Pascal m’a laissé un message vers 19h pour annuler… “Jane, je suis sincèrement désolé, mais ce soir, j’ai un truc après, ça ne joue pas. Mais on se voit ce week-end d’accord”. Un truc? Quoi comme truc???

Je m’étais préparée pour rien. J’étais plus que déçue, j’avais l’estomac retourné. Comment a-t-il osé me planter, alors que j’avais couru pour lui  à midi? J’étais verte. Non, je mens, j’étais pire que verte, ça m’a fait fondre en larmes. Je me sentais rejetée, flanquée à la dernière place sur la longue liste de ses priorités. J’étais dégoûtée. J’ai pleuré longtemps. Comme si ça servait à quelque chose.

Oui, peut-être… les larmes soulagent la pression, soulage le coeur lourd! Mais c’est tout. Parce que ça ne fait pas qu’on se sente mieux, la douleur reste là, tassée, enfoncée au plus profond de soi.


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