75/14 - Steven!
Dimanche, 16 mars 2014 - 75/14 - Steven! Et pourquoi pas!
Pourquoi est-ce que je suis montée à Gstaad moi??? Je dois vraiment être mazo. Pascal passait le plus clair de son temps à suivre Maud comme un toutou. Ils riaient, dansaient, comme s'ils étaient seuls au monde. Je le déteste. Non, je l'aime et ça me fait mourir de l'intérieur. J'imagine que c'était pareil pour Caroline et Elodie.
Et trois d’entre nous, Elodie, Caro et moi, les regardaient avec l’estomac en compote. De la voir passer sa main dans ses cheveux, s'attarder sur sa nuque me rendait folle. Une voix hurlait dans ma tête; il est à moi, ne le touche pas salope! Ils étaient trop proche, leurs visages se touchaient presque. S'il l'embrasse, je m'en fou, je hurle.
Et moi qui croyait que Pascal et Elodie étaient à nouveau ensemble!!! En tous cas, si elle l’avait cru aussi, elle doit franchement déchanter!
Caroline n’a pas tenu. Elle s’est précipitée pour danser avec Pascal. On ne pouvait pas entendre ce qu’ils se disaient, mais Pascal a paru surpris tout d’abord, le prenant au dépourvu, elle s’est glissée à la place de Maud. Je crois bien qu’elle lui a marché un peu sur les pieds. Bravo ma puce!
Maud n’a pas dû avaler la pilule en voyant que Pascal n’ait pas réagi et ait dansé avec Caroline. Elle a dû piqué la mouche. 1mn plus tard, elle dansait avec un autre gars, tout près de Pascal. Maud faisait en sorte qu’il ne rate rien du spectacle. Elle frottait sa grosse poitrine contre le type, faisait flotter ses cheveux quant elle riait. Exactement ce qu’elle faisait avec lui quelques secondes plus tôt.
Pascal l’a bien sûr remarquée. D’après son expression, je crois qu’elle avait atteint son objectif, il avait l’air d’avoir mal. Et aussi bizarre que ça puisse paraître, ça m’a fait mal aussi. Pour lui. Je n’aime pas qu’on lui fasse du mal. Pétasse. Je la détestais encore plus. Elodie a ensuite osé aller remplacer Caro sur la piste.
Ceux qui étaient sorti plus tôt, sont rentrés. Apparemment, il n’y avait pas d’ambiance. D’un coup, la salle de jeux en bas était plein. Il y avait aussi des têtes que je ne connaissais pas. Mais, les soirées en week-end sont souvent comme cela. Je suis remontée pour fumer. On pouvait fumer en bas, mais j’avais besoin de prendre l’air. Pascal semblait ne pas me voir.
Steven a débarqué dans le jardin d’hiver, soit-disant pour fumer aussi. Je crois qu’il m’a suivie.
Depuis la porte, il m’a demandé s’il osait se joindre à moi. Je ne voyais pas pourquoi j’aurai refusé. Je ne m’étais pas trompée, il m’avait suivie. Il s’est mis à me poser tout un tas de questions. Il semblait pourtant bien informé. Il savait plus ou moins que j’étais sortie avec Pascal. Avec Thomas aussi. Il trouvait assez surprenant de me voir encore dans les parages, et avait cru remarqué que j’étais assez proche de Thomas. Bien plus que de Pascal. Cette dernière remarque m’a piquée au coeur.
- Je peux te poser une question perso?
- Personnelle? Oui, si tu veux, mais je ne sais pas si je répondrais. Ou on fait comme ça, je te pose une question après la tienne et si la réponse me semble justifiée, alors je répondrais.
- Huh, c’est pas juste!
- Si par exemple, suivant la question, je voudrais savoir pourquoi tu me la pose! C’est normal. Je ne te connais pas, et je n’ai pas l’habitude de parler de moi avec des inconnus.
- Alors tu fais comment pour faire connaissance avec quelqu’un?
J’ai rigolé.
- Première question donc? J’y vais au feeling! J’ai pas besoin de leur CV pour ça.
C’est lui qui a rigolé.
- Ben… Pascal et Thomas sont assez proches, c’est pratiquement des frères, alors je me demandais…
- Non. Là tu vas trop vite, trop loin.
- Oups!
Steven était amusant et même charmant en fait. A force de le regarder, je découvrais des tas de petites choses. Par exemple, il avait tendance à froncer son nez quant il avait l’impression de faire une bêtise. Il avait des fossettes aussi. Sa voix était plutôt agréable. Et comme Pascal, il se dégageait de lui une certaine force tranquille. J’aimas bien ça. Il n’était pas non plus trop extraverti. Plutôt réservé et même un peu timide, comme Pascal. Enfin, comme Pascal l’était.
J’ai passé un moment agréable à parler avec lui. Après avoir fumé plus d’une cigarette, on s’est décidé à redescendre. J’ai fait une entrée dans la salle en bas assez remarquée. Steven venait de me faire une déclaration qui m’a fait exploser de rire; il s’était dit que je devais être une affaire au lit pour être sortie avec un type comme Pascal.
Ce qui m’a fait rire, c’est qu’il avait l’air sérieux. Il s’est expliqué. Apparemment, il croyait que Pascal tenait encore beaucoup à moi, il n’a que de gentilles choses à dire à mon sujet. Pascal m’adore. Et ce qu’il l’a aussi surpris c’est que, pour Thomas c’est pareil. Alors, je l’avais intrigué dès le début.
Pascal m’a lancé un sourire. Il avait tourné la tête pour nous regarder en entendant mon rire. Il était étalé dans un des canapés en grande conversation avec Elodie. J’ai voulu aller rejoindre Caroline qui me faisait signe, mais Steven m’a proposé de danser. Je ne pouvais pas délaisser ma copine pour un mec.
Puis les choses se sont un peu embrouillés...
Caroline buvait des verres avec une bande de mecs. Des potes à Maud d’après ce que j’ai compris. Ils ont voulus monter, j’ai suivi. J’avais promis à Steven de voir ce que voulait Caro, ensuite de danser avec lui. Peut-être un peu pour planter une aiguille dans le coeur de Pascal. Mais, les évènements prenaient une toute autre direction.
Les abrutis qui tournaient autour de Caroline voulaient me faire boire aussi! Tout ce cirque faisait parti d’un plan, un plan mijoté par Caroline…
Caroline m’a demandé de faire comme elle, faire semblant que je buvais aussi. Ou de sortir, d’attendre un moment, puis d’aller chercher Pascal. C’est ce que j’ai fait! Sans remord. Les mecs avaient l’air de vouloir profiter de la situation. Même si je savais parfaitement que Caroline n’était pas aussi saoule qu’elle le prétendait, ça pouvait mal tourner.
Quant je suis redescendue, Maud était installée sur les genoux de Pascal, et Elodie le fusillait du regard. J’ai tapoté sur son épaule et lui ait chuchoté à l’oreille que j’avais besoin de lui parler. Les fusils dans les yeux d’Elodie se sont reportés sur moi. Dans ceux de Maud, il y avait des obus qui m’auraient réduite en cendre.
Pascal l’a soulevée pour la planter dans le canapé. Pendant le transfert, elle lui a dit à l’oreille, assez fort pour que tout le monde puisse entendre; “qu’est-ce qu’elle vient nous emmerder celle-là encore”. Connasse. Pouffiasse.
Moi, à son oreille, pour pas qu’elle puisse entendre, j’ai expliqué à Pascal qu’il y avait des mecs qui ont emmenés Caroline à l’étage, que j’avais une mauvaise impression. Que ces mecs n’ont pas voulu me laisser entrer dans la chambre. Pascal m’a attrapée par la main et m’a traînée derrière lui dans le corridor. Maud a voulu nous suivre, mais il lui a fermé la porte sur le nez, en lui demandant de rester là.
Pascal a voulu que je lui montre le chemin, il avait tous les muscles tendus. Rarement vu Pascal dans un tel état. Il était furax.
Quant je lui ai montré la porte, il m’a poussée sur le côté, me demandant de ne pas bouger. Il est entré et a refermé la porte derrière lui. Je n’ai pas osé planter mon oreille contre la porte. Un des mec lui a demandé ce qu’il foutait là. Un autre, s’il voulait un morceau du gâteau. J’ai entendu Pascal les traiter de crétins, demander s’ils avaient envi de finir leurs misérables vies derrière les barreaux pour viol.
Il y a eu des bruits de bagarre. Puis Pascal et sorti en portant Caro dans ses bras, en repoussant la porte derrière lui du pied.
On l’a conduite dans sa chambre. Je suivais en silence, épatée que son plan ait si bien marché. Pascal se sentait concerné! Surprenant. On ne touche pas à sa précieuse petite Caroline hein! Caroline avait passé ses bras autour de l’épaule à Pascal et râlait un peu. Par dessus son épaule, elle m’a fait un clin d’oeil. La vache, elle est douée!
Dans la chambre, Pascal l’a couchée. Je l’ai aidé à lui enlever ses chaussures, et la déshabiller. Puis, il s’est couché à côté en passant la main dans ses cheveux. Il a marmonner que c’était de sa faute, il semblait vraiment inquiet. Il la regardait se tourner et se retourner, en dégageant les cheveux de son visage. Elle est venue se pelotonnée dans ses bras. Il l’a embrassée sur la tête et l’a serrée contre lui.
Je me suis allongée de l’autre côté. Faisant semblant d’être inquiète. J’imagine que Caroline espérait que je m’en aille, mais je ne voulais pas les laisser tout seul. Après 10mn, Pascal a dit qu’il devait redescendre et me demandait de rester avec Caroline. Il allait lui chercher quelque chose à boire.
Je ne l’ai pas cru. Je suis sûre qu’il retournait vers ses pouffiasses et nous plantaient tout simplement, pour continuer sa soirée tranquillement. Mais j’avais apparemment tord, parce qu’il est remonté quelques minutes plus tard avec du café, et qu’il l’a obligée à boire. En essayant de repousser sa main, elle a failli tout renverser dans son lit. Heureusement, Pascal avait prévu son geste. Il était persuadé qu’elle était cuite.
Quant il était sorti de la chambre, Caro s’est inquiétée comme moi, qu’il ne revienne pas. Et elle n’était pas saoul du tout.
Après avoir réussi à lui faire avaler quelques gouttes, elle s’est levée pour se précipiter dans les toilettes. Je l’ai suivi. Bien sûr, j’ai fermé la porte. Elle a fait semblant de vomir. Pour donner l’illusion, elle s’est mouillé le visage à l’eau froide, mouillant même les cheveux autour de son visage. Si je n’étais pas dans la confidence, j’aurai marché tout comme Pascal.
Pascal a décidé de dormir là ce soir. Il ne voulait pas la laisser toute seule. Hum, elle ne l’était pas, puisque j’étais là. Pour éviter qu’il ne s’en rende compte et décide de s’en aller, j’ai quitté la chambre pour descendre vers Steven. Je remonterai plus tard. Je crois que je dormirais avec eux. Après tout, je partageais la même chambre que Caroline.
Bien joué Caro!!! Pourquoi je n’avais jamais d’idées aussi lumineuses moi?