80/14 - Je dé-tes-te les enterrements!
Vendredi, 21 mars 2014 - 80/14 - Je dé-tes-te les enterrements!
Comme je dé-tes-te ces verres que la famille se voit obligé d’offrir à la foule qui s’est déplacé pour l’enterrement d’un proche! Comme toujours, c’est l’occasion de revoir la famille. Cela faisait presque 40ans que je n’avais pas revue ma cousine Cendrine. J’aurai pu la croiser sans la reconnaître! Il y avait tous les frères et une des soeurs de mon papa.
L’autre soeur, Marinette, était à l’hôpital, mais il y avait son mari, mon oncle Bernard. Lui, je l’avais revu une ou deux fois quant j’avais accompagnée mon papa voir Elli.
Il y avait aussi la femme à Elli, Florence. Ciel, qu’est-ce qu’ils ont vieilli! Les autres cousins, je les ai reconnu, j’avais vécu longtemps chez ma grand-mère paternelle, et chez ma tante Hélène aussi pendant mon apprentissage. Tante Edith, je l’avais revue dernièrement chez mon papa. Gislaine, je l’avais aussi revu à l’anniversaire des 70ans de mon papa.
Pfffh, une journée ensoleillée au possible, comme si tout allait bien, comme si c’était la fête. Comme si rien n’avait changé, comme si personne avait été… effacé de la surface de la terre.
Philippe, mon cousin, a été très chaleureux, malgré son chagrin évident. J’ai été ravie de rencontrer sa femme, que je ne connaissais pas. Nicole aussi. Ciel, maintenant, c’est elle qui doit reprendre les rênes de la famille Blanc. C’est drôle d’avoir des cousins qui s’appellent Blanc, alors qu’on est coloré! Tout le monde semblait chagriné, mais soulagé.
Toute la famille et les amis proches savaient que ma tante en avait assez et qu’elle attendait la fin… Ce que je déteste le plus dans ses verrées, ce sont les rigolades, les blagues et voir les gens rigoler. Si au moins, c’était des épisodes amusantes pour se rappeler de la personne défunte, je veux bien. Je trouverais ça bien. Mais non, la plupart du temps, c’est hors sujet. On ne parle plus de la personne, comme si… maintenant qu’elle est enterrée, passons à autre chose. Beurk.
Je ne veux pas d’enterrement. Quant ce sera mon tour, à la limite, si quelqu’un veut encore… rhhh quelle horreur, rien que d’y penser, ça me fou la gerbe. C’est affreux de regarder quelqu’un qui n’ouvrira jamais plus les yeux… Je ne voudrais pas même ça, surtout pas pour ma famille. Pfff. On dirait qu’il y a des règles auxquels on ne peut échapper!
En partant, j’ai vu que mon papa avait les larmes aux yeux. Ça m’a brisé le coeur. Mon petit papa adoré...
De retour à la maison, j’ai mis tous ce que j’avais sur le dos à la lessive. Je ne voulais plus sentir l’odeur des fleurs, ni des bougies, ni cet atmosphère froide des églises. Beurk. Et j’ai pris une douche avant de me coucher. J’avais besoin de reposer ma tête. J’ai toujours extrêmement mal au dos.
Mon natel a sonné et ça m’a fait sursauter. C’était Kaya, ma nièce.
C’était passé minuit, il n’y avait plus de bus, et elle voulait savoir si je pouvais la pousser (c’est un terme vaudois je crois), elle et Théo, jusqu’à St-Sulpice. Ils allaient à un anniversaire dans le refuge. J’ai aussitôt sauté dans le premier training sur lequel j’ai pu mettre la main, et j’ai foncé. De Chailly, elle et Théo descendait en direction de son collège. Je n’aimais pas la savoir dans les rues à des heures aussi tardives.
Pourtant, à son âge, je me baladais aussi dans les rues avec des amis! On n’avait pas encore de permis de conduire, donc pas de voiture, et il y avait bien moins de bus qu’aujourd’hui. Faut croire qu’il y avait bien moins de détraqués qu’aujourd’hui… Ou peut-être qu’on entendait pas parler de ces porcs!
De retour à la maison, je me suis tâtée pour savoir si j’avais envie de monter à Gstaad ou pas. Non, j’en avais pas envie. Avant de me décider, j’avais appelé Caro pour savoir comment ça se passait. Elle m’a présenté ses “condoléances”, puis m’a appris que Pascal n’était pas au chalet.
Caroline était montée avec Alexia, et elle était coincée là-bas en haut. Frustrée de ne pas pouvoir être avec Pascal. Par curiosité, j’ai voulu savoir si Elodie ou Maud étaient là-bas. Elles n’y étaient pas! Hum… Je n’aurai pas dû demander!
Demain soir, je vais à Gstaad. J’adore lire au coin du feu… C’est ce que j’ai l’intention de faire tout le week-end.