Mercredi... 27 janvier 2010
Les dernières heures de mon bébé Max
Maxou avait eu encore une attaque cette après-midi, et là... 5h du mat, mercredi 27, ça n'arrête pas. Pauvre bébé!!!! 5h38, il s'est pissé dessus, paniqué de ne pas réussir à se lever. Il n'arrive pas à diriger son regard non plus, comme s'il ne me voyait pas. Trop mal au cœur. Ses yeux qui naviguent de droite à gauche; il est en train de faire attaques sur attaques.
Je crois que je ne peux rien faire pour le sauver. J'ai le cœur déchiré, mais je garde mon calme, je sais que les chiens sont très sensibles à nos humeurs, alors je fais semblant de prendre les choses bien, en me persuadant que ça va aller mieux d'un moment à l'autre.
J'ai l'impression d'avoir les joues rouges, mais comme je ne rougi pas, je sais que mes oreilles sont sûrement rouges. Je l'ai porté dehors. Il voulait aller sur le balcon. J'ai réalisé que j'avais le dos qui me faisait des siennes, c'est un des signes quant je subi un choc. Je suis terrorisé de perdre mon chien. Il... (merde les larmes qui coulent, je sais qu'il ne peut pas le voir heureusement) Il va me manquer trop fort. Pauvre chou, il a de la peine à tenir sa tête droite...
Demain, enfin aujourd'hui, à 17h Mathieu va passer pour le promener. Enfin, surtout pour le voir. Je pense que ce sera la dernière fois. Je crois qu'on devra se faire violence (ces stupides larmes qui coulent et avec le nez aussi, pfff) ... On devra décider et le laisser dormir...
Max va tellement me manquer que je n'ose pas y penser... Non, je ne veux pas.
J'avais eu l'impression, ces derniers temps, que chaque fois qu'on allait en promenade, au moment où on retournait vers la voiture, Maxou s'arrêtait pour regarder le paysage qui l'entourait. Il passait près d'une minute à regarder ces endroits où il avait aimé gambader, comme s'il faisait ses adieux. Le nez en l'air, Max prenait le temps de renifler l'air et, marquait une pause avant de grimper en voiture, se retournait encore pour jeter un dernier regard autour de lui.
Je n'arrive pas à aller me coucher... J'ai la vague impression que se sont nos dernières heures ensemble et c'est difficile de les passer à dormir. Je n'arrive plus à contrôler mes larmes.
Je souri en me remémorant sa manière de courater devant la voiture, comme une fillette, lui ce gros mâle imposant, qui faisait peur à tout le monde, mais qui est en fait, un gros nounours. J'aime le voir courir, ou tout concentré dans ses recherches avec sa grosse truffe, puis, HOP, il lève la tête inquiet pour vérifier si je suis toujours là. Rassuré, il replante sa truffette parterre. Ou parfois, il venait se coller à moi en frottant sa tête contre ma jambe pour un câlin... zut, je pleure encore, il me regarde alors je lui fais un signe de la main avec le sourire. Dès qu'il a couché la tête, j'ai vite essuyé mes larmes.
Là il est couché sur le balcon et il regarde et renifle, la tête de travers parce qu'il n'arrive pas à coordonner ses mouvements. Pourtant, je devine qu'il ne voit pas grand chose, sa vue avait baissé ces dernières semaines. Mais il continue à regarder autour de lui. Je pourrais le filmer, mais je crois qu'il devinera pourquoi. De temps en temps, il regarde dans ma direction. Je sais qu'il ne me voit pas vraiment, alors j'ai allumé une bougie pour qu'il puisse me repérer.
J'ai le cœur qui saigne, c'est lourd, les larmes me viennent et j'essaie de les contenir en serrant les dents. Pourtant tout à l'heure, j'ai été lui préparé une seringue de calmant et j'ai éclaté en sanglots en masquant le bruit avec l'eau du robinet.
Heureusement que je n'ai pas besoin de regarder mon clavier quant je tape, parce que je ne vois pas grand chose, c'est flou.
6h21, mon neveu vient de se lever. Je suis raide, j'ai mal à la tête, mais je n'arrive toujours pas à me résoudre à aller me coucher. Si je fini par me traîner au lit, je sais que je ne dormirais que d'une oreille et que je laisserai les portes ouvertes pour que Maxou puisse venir jusqu'à la chambre. Je suis presque sûre qu'il essayera d'atteindre la chambre si son état s'aggrave. Je sais que je l'entendrais, comme ces dernières nuits, et que je me lèverais.

Marco vient de partir. Fatigué. Lui non plus ne dort pas beaucoup. Il passe ses nuits au téléphone avec Ella! Il a peut-être dormi 3h à peine cette nuit. Je vois qu'Ella est aussi une maniaque du téléphone comme Brig.
Ciel, ce que j'ai mal au cœur... Je ne pourrais en parler à personne... Pour eux, ce n'est qu'un chien... Pour moi, c'est mon bébé...
Je dois vraiment aller me coucher, j'ai les yeux qui se ferment, mais ça me donne la nausée en sachant que mon chien n'est pas bien... Comment pouvoir dormir en sachant qu'il a besoin de moi... J'ai avalé 3 cafés coup sur coup, mais rien à faire. Le café c'est comme de l'eau pour moi...
Mince, je n'arrive plus à arrêter ces stupides larmes. Mais je dois, je dois absolument. J'ai peut-être dormi 3h sur le canapé pour couper la fatigue et je me suis réveillée en sursaut. Oh, mon petit chou. Il a la tête penché sur le côté, et a de la peine à me voir si je ne bouge pas.
J'ai super mal au cœur. Je sens que je vais le perdre et ça me fait déjà terriblement mal. Si cette fois ça passe et qu'il se remet, je sens que la prochaine fois, ce sera fatal.
Mathieu devait passer à 17h, mais comme s'il avait un 6ème sens, il a demandé des nouvelles de son chien en fin de matinée. Une chose qu'il ne faisait jamais. J'ai dû lui parler de l'état de Maxou et Mathieu a décidé de venir de suite.
J'avais été promener Max à un de ses endroits favoris. Une fois de plus, avant de monter en voiture, il a regardé autour de lui comme s'il ne reviendrait plus. Ça me brise le cœur. Peut-être qu'il ne manque que la parole aux chiens pour communiquer avec nous? Est-ce qu'il sait quelque chose que je ne sais pas? Ou que je ne veux pas voir... Mon Dieu, j'ai si peur...
Ne plus voir cette adorable touffe de poil autour de moi, sa petite bouille si expressive, ne plus l'avoir qui vient me soulever le bras pour des câlins ou planter sa tête entre mes jambes pour que je le caresse, ou me pincer la manche pour que je lui pose la main sur la tête... Non, il ne peut pas disparaître, c'est pas possible que ce bébé là ne puisse plus exister?
Encore une fois, je me dis que j'ai bien fait de ne pas avoir d'enfants, je n'aurai pas pu supporter qu'il leur arrive quoi que ce soit de mal. J'essayerai aussi de ne plus m'attacher à qui que ce soit, je ne veux plus perdre personne. Et tant que j'y suis, j'éviterais que qui que ce soit m'approche de trop près. Je dois me détacher de tout le monde, petit à petit.. de ma famille, de mes amis, et.. de Pascal aussi. En pensant à mes neveux, j'ai le cœur serré; je les aime beaucoup trop. Oh mon bébé Max... je ne veux pas le perdre... En tous cas, je tâcherai de ne plus aimer personne. Je ne veux plus aimer personne.
Aimer veut dire, à plus ou moins court terme, souffrir le martyre... Je ne veux plus aimer.
J'ai gonflé ces derniers jours; le manque de sommeil, l'oubli de mes pilules pour la thyroïdes, les soucis, le stress!
Mathieu... Pauvre chou... Il avait les larmes aux yeux en arrivant. Je crois qu'il doit vraiment avoir un 6è sens. Il a tout de suite remarqué que c'était grave. Il a insisté pour que j'appelle le véto. Je ne voulais pas.
Mal assis, le dos courbé, penché vers son chien, Mathieu a passé les 2h30 suivant à le caresser non-stop. J'admire. J'essayais d'avoir l'air calme, mais je ne l'étais pas vraiment. Bizarrement, j'étais rassurée par la présence de Mathieu.
J'avais aussi envie d'être vers Maxou, mais je devais laisser la place à Mathieu. J'avais eu la chance d'avoir Maxou avec moi tout le temps, je pouvais au moins lui laisser ça. De temps à autre, je ne pouvais pas tenir et je fuyais à la cuisine sous un prétexte ou un autre, pour ne pas éclaté en sanglots devant lui et mon bébé.
Je faisais semblant de m'occuper pour que Maxou ait l'impression que tout va bien. Mais j'avais l'impression de sentir les secondes passer et je savais que dans... Maxou ne serrait plus... avec nous. Ça faisait trop mal, c'était trop dur à supporter. J'avais beaucoup de peine pour Mathieu, il souffrait. C'était difficile pour lui de contenir ses larmes. Parfois je voyais les gouttes tomber de ses yeux, ça me faisait trop mal au cœur.
L'air de rien, malgré ses airs de "rien ne peut m'atteindre", c'est quelqu'un de sensible, de gentil et le voir aussi abattu me faisait mal. Si j'avais pu, je lui aurai épargné ce chagrin. En le voyant aussi effondré, je me suis rappelée que, même si je n'étais plus amoureuse de lui, même si je ne l'aimais plus, je l'aimais beaucoup. Il m'était cher, comme un membre de la famille; on peut se disputer, se prendre la tête, s'envoyer des trucs à la figure, mais on s'aime quand même parce qu'on est "famille". J'avais partagé beaucoup de chouette moment avec lui, et les chiens, et les enfants. Il avait toujours été gentil et adorable et que j'avais beaucoup d'affection pour lui. Je n'aimais pas le voir souffrir et il souffrait. Il n'arrivait pas à contenir ses larmes, je les voyais tomber et je détournais les yeux pour ne pas le gêner.
Et il a fallu partir... Oh NON, je veux pas... Quel soulagement qu'il soit là...
Il a porté Maxou jusque dans ma voiture. Le pauvre, il avait les yeux rouges.
J'ai conduis lentement pour aller chez le véto qui était bien trop près de chez moi. Je n'arrivais pas à empêcher les larmes et il fallait que j'arrête ça avant le véto. Je pleurais en silence, je ne voulais pas que Max entende quoi que ce soit. Maxou est resté couché. Il ne s'est pas redressé comme d'habitude pour que je vois sa petite frimousse dans le rétro.
Le reste est un peu flou. Seuls quelques images me reviennent... Mathieu l'a porté jusqu'à l'intérieur?
Heureusement qu'il ne l'a pas mis sur cette horrible table en inox...
Ça m'aurait rappelé mon neveu; Pierre. C'est fou ce qu'on est capable de faire par amour... Ça m'aurait rappelé son petit corps tout nu, rapiécé... Malgré le gros choc, malgré mon regard qui espérait encore un signe qu'il n'était pas... les gestes pour le rhabiller à toute vitesse pour ne pas que ma sœur et mon beau frère ne le voit comme ça, malgré les larmes qui me brouillaient le regard, j'ai réussi à le rhabiller, lui mettre son petit bonnet, et ses petits gants avant qu'ils n'entrent dans cette horrible pièce froide. J'ai cru que mon cœur était brisé à jamais. Je n'oublierais jamais même si je vivais 1000 ans, la couture mal faite qui partait de son cou jusqu'à ses parties génitales, ni les coutures du tour de son crâne.
Pendant que ma sœur et son mari pleurait leur bébé, je n'ai pas pleuré. Je surveillais qu'il ne lui enlève pas le bonnet, ni ses gants, ni ses chaussons. Ma sœur s'est écroulée et Alain, son mari l'a récupérée. C'est seulement quant j'ai pu prendre mon bébé dans les bras pour lui dire au revoir que j'ai pleuré. Il était froid, il avait froid et j'avais trop mal.
Alors heureusement qu'il ne l'a pas posé sur cette horrible chose...
Max n'a pas essayé de se lever, ni comme d'hab essayé de partir... Il savait je pense... Comme Tétine, il avait abandonné la lutte.
La véto m'a parlé de ce qu'elle allait faire... Pourquoi font-ils ça? Je n'ai écouté que d'une oreille. Elle nous a laissé avec Maxou après la piqûre de Morphine pour qu'il se laisse glisser dans le sommeil. Je ne me rappelle plus si je pleurais, mais Mathieu pleurait. Je me rappelle lui avoir tendu un mouchoir, j'avais dû en prendre un aussi.
La vétérinaire nous avait laissé 10mn, mais Maxou ne dormait pas encore, et je ne voulais pas qu'elle lui fasse de piqûre tant qu'il ne dormait pas. Puis calme, grâce aux câlins de son papa, il a commencé à se détendre et sa respiration s'est faite régulière... J'ai été à 2 doigts de tout stopper, mais je me suis rappelée qu'il avait dû souffrir le martyre depuis 24/48h...
Puis c'était fini... Je ne voulais pas que ce soit fini. Je ne voulais pas le laisser là parterre. Je ne voulais pas partir... S'il n'y avait pas Mathieu... Je crois que j'aurai traîné les pieds... Sa truffette, sa bouille, ses poils... Les images de lui ont défilés à toute vitesse devant mes yeux... Sa façon de courir, ses câlins, ses aboiements, ses sauts dans toutes les rivières qu'on a croisé, les boules de neiges, nos promenades... Fini... Il ne m'accueillera plus avec le cousin ou mes pompes dans la bouche, ne grimpera plus se coucher au pied de mon lit. J'ai revu sa naissance, ce petit rat tout noir qui s'est transformé en petite crapule adorable... Fini.
J'ai pleuré des heures... J'avais plus pleuré autant depuis Tétine...
Dans la soirée, j'avais des trucs à faire... J'ai fait semblant, c'était pénible, mais je n'ai pas l'habitude pleurer devant des gens. J'ai fait semblant; j'ai souri, j'ai parlé. Soulagée de me retrouver enfin seule chez moi, j'ai pu pleurer de tout mon saoul.
Je me rappelle vaguement que Mathieu m'a dit "merci". J'ai oublié de lui dire merci aussi. Merci d'avoir été là, merci de m'avoir laissé Max, merci de s'en être si bien occupé pendant tout ce temps, merci de m'avoir décidé à adopter Tétine qui avait été l'autre amour de ma vie, grâce à ça il y a eu Maxou, merci d'avoir été là aujourd'hui pour Maxou...
C'est vague... mais j'aurai peut-être dû lui offrir un café pour ne pas le laisser seul... mais non, j'aurai pleuré, ç'aurait été un spectacle lamentable et je n'aurai même pas su lui remonter le moral. J'étais une loque.
Dans la soirée, j'avais des trucs à faire... j'ai fait semblait
d'être là, mais j'étais ailleurs. J'étais concentrée à contenir mes sentiments jusqu'à ce que je retrouve la sécurité de mes mûrs pour me laisser aller... Et j'ai pleuré... J'ai pleuré la perte de mon bébé...
Bye bye mon petit chou...
---->>> Message et cadeau de ma copine Schelby. Merci ma chérie <<<----