Arh, je n'aurai pas dû me précipiter pour quitter l'hôpital. Je suis sortie trop tôt. J'ai présumé de ma force. En plus, j'ai tout le temps peur de refaire une crise. Au moins à l'hôpital, j'avais de l'aide sur place. Chez moi, ma chambre est à l'étage. Je suis rentrée prendre des affaires hier. C'était douloureux, j'ai vu pleins d'étoiles. Ça me brûlait dans la poitrine.
Les douleurs sont bizarres. C'est comme si la douleur se réparti jusqu'au bout de mes doigts. Je n'ai plus de prise. J'inspire, et j'ai l'impression que l'air que j'ingurgite me brûle, que j'ai mal aux plaies à l'intérieur de la gorge. C'est trop bizarre. Est-ce que c'est à cause des masques oxygène? J'ai essayé d'appeler mon médecin, mais elle ne répondait pas.
Pascal n'y a vu que du feu quand je suis arrivée chez lui. Il nous avait préparé un petit truc à manger. J'aime sa cuisine, mais il va falloir que je me casse le cul de cuisiner pour lui un peu plus souvent. J'ai souris en pensant au plaisir que c'était de faire la cuisine ensemble. J'ai mangé, mais je n'ai plus les goûts des choses. Tout a un goût approximatif.
Je ne me sentais pas assez bien pour dormir chez Pascal. Tu me diras que c'est que dormir, mais… je ne voulais pas qu'il me voit tourner en rond, faire semblant de ne pas souffrir, mais ne pas pouvoir le lui cacher. J'ai bien vu qu'il m'avait à l’œil. Il voit bien que je dis que tout va bien mais que j'ai les larmes aux yeux parce que je souffre.
Arh, je n'aurai pas dû aller rejoindre Pascal sur la plage. C'était un peu prématuré. On croit toujours qu'on est en forme, jusqu'à ce que notre corps nous rappel à l'ordre. Ça me brûle dans la poitrine. C'est l'enfer. J'avais un peu couru pour aller prendre mon Huber. Du coup, j'ai mal. J'ai eu de la peine à retrouver mon souffle dans le taxi. Le chauffeur m'a demandé au moins 10x si j'allais bien. Pascal est arrivé environ une 1/2h après moi. J'étais installée au salon avec un bouquin.
Pace est arrivé avec Caro. Elle a voulu m'a raconté que j'aurai dû rester, je serais tombée à la renverse. Elle a raconté que Pascal s'était fait draguer de manière agressive dès qu'il a commencé à faire sombre. Elle avait déjà passé la journée à se frotter à lui, le titiller, mais il n'a pas bouger. Alors à la tombée de la nuit, elle a attaqué. Caro riait. Elle lui aurait touché les parties… Elle a dit qu'il était embarrassé. Pascal a secoué la tête, gêné qu'elle me raconte tout ça.
J'ai commenté, en lui demandant s'il aurait préféré qu'il n'y ait personne? Ou parce qu'il avait du monde? Pascal a encore secoué la tête. Il a dit qu'il était effectivement embarrassé. Il ne s'attendait pas à ce qu'une femme fasse des trucs pareils. Pascal a sursauté de voir que j'avais les larmes au yeux. Il a dû croire que c'était à cause de lui.
Non, ce n'était pas de sa faute, ça venait du fait que ça me brûlait dans la poitrine. C'est comme si j'avais le tuyau de la gorge décapé. Je souffrais le martyre. Le comprimé que je prenais pour ça, c'était le matin. Je n'avais pas le droit à un 2ème. Je ne savais pas quoi faire, je n'avais pas pensé prendre du sirop. Pascal m'a fait du thé avec du miel et du lait. Ça m'a fait beaucoup du bien. Caro a raconté pleins de trucs sur ce qui s'était passé.
Elle m'a dit de me méfié de certaines de ces petites pétasses. J'aimais bien le mot "pétasse" alors j'aime pas l'utiliser pour ces minettes à 2 balles. Elle a raconté qu'elle s'était mise à poils devant tout le monde. Encore heureux que ce soit pas une plage de nudiste! Que tous les mecs avaient la langue pendues, ils bavaient tous devant ces filles, même Pascal.
Pascal a dit qu'il a regardé, mais il n'y avait rien à baver. Quand on se met aussi facilement à poils, c'est qu'elles feraient pareil même si elles sont avec un mec. De plus, il n'y a rien à deviner ou découvrir, parce qu'elles montrent tout aussi facilement. Pas de mystère. Ce qui fait courir les mecs, c'est la chasse, c'est arrivé à voir ce qu'on ne voit pas...
Lundi, je suis restée chez Pascal, je n'avais pas la force de rentrer. En plus, ma voiture était restée chez moi. Je demanderais à Pascal de me ramener pour que je puisse prendre quelques affaires pour demain et je prendrais ma voiture. Je n'avais même pas la force de bosser. Je me demande si j'ai bien fait de ne pas rester à l'hôpital. Je suis peut-être rentrée trop vite.
Samedi soir, la soirée s'est prolongé jusqu'aux env. de 4h du dimanche matin. Après le barbecue en début de soirée, Pascal pensait qu'il était préférable qu'on rentre. Je n'avais pas mangé grand chose. Tout a toujours un goût de chiotte. Pourtant, on ne m'avait pas intubé, ou je ne m'en rappelle pas. Je n'ai aucun plaisir à manger pour l'instant. A part la glace, rien n'est bon.
Je crois que Pascal s'amusait bien, je ne voulais pas écourter sa soirée. Je me suis décidée à tenir. Pourtant c'est vrai, je commençais à sentir les effets de ma sortie prématurée. J'avais mal à la tête et un poing dans le dos. Respirer était douloureux. J'avais eu la bonne idée de prendre mes médicaments avec moi, alors j'ai vite avalé ce qu'il fallait. Je n'aurai pas dû sortir.
Finalement, j'ai préféré rentrer. Pascal a voulu rentrer aussi, mais je lui ai dis que j'allais me coucher en rentrant. Que j'avais un peu de fièvre. C'était un peu vrai, mais je n'arrivais pas à partir. Je lui avais pourtant dis que j'avais appelé un Huber. C'était faux. Je me suis installée sous les arbres à gauche du chemin, pour... surveiller.
Là-bas, je me suis dis que quelqu'un pourrait tomber sur moi. Se demanderait ce que je foutais dans sous le couvert des arbres à regarder les gens sur la plage. Bof, tant pis, la curiosité était plus forte que l'embarras. Cela faisait un moment que j'étais partie. J'ai été vite oubliée. Un groupe a voulu encore piquer une tête dans le lac. Pascal n'était pas de la bande.
Il faisait nuit, le soleil était couché, se baigner voulait dire, rester mouillé pour le reste de la soirée. Apparemment, pas pour tout le monde. 2 des filles se sont changées après. Elles ne semblaient pas avoir du mal à se mettre à poils devant tout le monde. Caro, comme moi d'ailleurs, avons regardé pour voir si Pascal les regardait ou pas. Et oui, il a regardé, comme tous les mecs d'ailleurs.
Pascal était assis parterre et une nana, je ne sais pas qui, il faisait trop sombre, s'est assise à califourchon sur Pascal. Mon cœur a failli lâcher. Je sais que j'ai eu chaud, parce que j'ai senti mon visage prendre feu. J'ai aussitôt chercher Caro des yeux. Elle discutait avec quelqu'un juste à côté.
Elle a approché son visage du sien, et ils sont resté un moment comme ça. Je ne sais pas s'ils se sont embrassés ou pas. C'était difficile à voir. En regardant autour, j'ai réalisé que la plupart semblait être en couple, ou à 2. Parce qu'il faisait sombre, on dirait que les filles se lâchaient et en profitaient pour draguer un peu. J'étais surprise que Caro ne fasse rien.
Donc, voilà ce qui se passait quand je n'étais pas là. J'étais anxieuse, je manque de confiance… Puis, Pascal s'est redressé et a soulevée cette femme pour la renverser à côté. Elle avait les bras autour de son cou. Je trouve que c'était compromettant.
Je n'arrivais pas à croire qu'il s'amuserait à faire des trucs pareils dès que je tourne les talons. J'avais les larmes aux yeux. J'étais verte. Les battements de mon cœur avaient dû doubler. Mais peut-être que j'avais mal jugé la situation… Pascal s'est redressé pour récupérer son t-shirt. Son langage corporel n'était pas consistant… avec ses réactions... Que se passe-t-il?
La fille ne s'était pas éloignée et lui parlait. Il semblait sourire, mais quand elle a mis ses bras à nouveau autour de son cou, il les a enlevé. Pascal a été rejoindre ses potes. Caro a ramassé ses affaires pour aller vers lui. Elle restait debout derrière lui. Je crois que Pascal se préparait à partir. Il fallait que je sois rentrée avant lui. J'ai aussitôt appelé un Huber et demandé qu'il me prenne au café au bord de la route.
J'avais vu la voiture à Pascal, j'essayais d'éviter de me retrouver nez à nez avec lui et Caroline…
Ils en avaient discuté hier, d'un changement de décor. Mais hé, c'était pour rencontrer des gens et jouer au basket. Avec cette chaleur, j'arrive pas à croire qu'ils aient encore envi de se tuer à courir et tout. Bof. Depuis hier, je cherche une excuse pour ne pas les suivre. Ici, on est au bord du lac, et je ne me mets déjà pas en maillot de bain devant les autres. Alors sur une plage…
Je viens de sortir de l'hôpital, et cette chaleur c'est pas bon pour moi. Je ne sais pas si c'est les masques, mais j'ai l'impression d'avoir la gorge décapée. Et j'ai parfois un poing dans la poitrine. Enfin, plutôt par le dos. Aussi des fourmis dans les bras, et ça me brûle dans la poitrine.
Arh. J'aimerai bien que Pascal reste avec moi et qu'on passe la journée tranquille rien que tous les 2. Est-ce trop espérer? Je ne peux quand même pas lui demander de rester.
Ça tombe mal, il rentre à peine des États-Unis, on ne s'est pas vu pendant 2 semaines, il ne va pas oser me planter ici et se tirer avec ses potes sur une plage quelconque! Mais, je voyais bien qu'il en avait envie! Ses potes l'appelaient les uns après les autres. J'ai fini par lui dire d'y aller rejoindre ses potes.
Pascal a prétendu qu'il était très bien à la maison. J'ai dis que c'était moi qui était mal fichue, pas lui. Et que je savais qu'il avait envie de jouer au basket. On se verrait le soir. Ou peut-être que je viendrais le rejoindre en début de soirée, quand il fera moins chaud. J'avais besoin de me reposer beaucoup. J'ai déjà passablement exagéré ces derniers jours depuis que je suis rentrée.
J'ai dormi un moment après avoir pris un peu le soleil. Il me faut 5mn, pas plus, pour être bronzée. J'ai lu un moment, puis je me suis couchée devant la télé dans la chambre. J'avais d'abord laissé les fenêtres ouvertes avec la clim. Mais, je fini par m'enfermer dedans. C'était plus prudent, on ne sait jamais, il y a tellement de tordus en liberté… Vers 20h, je suis partie retrouver Pascal.
On avait passé l'après-midi chacun de son côté. J'ai profité de mon après-midi, mais ça me dérange un peu qu'on soit séparé comme ça toute l'après-midi. En fait, peut-être que c'est le fait de ne pas savoir ce qu'il fait. Arh, mon cœur chavire de le voir à torse nu en train de courir sur la plage. Je pense qu'il avait dû la taquiner la miss qui lui courait derrière. Elle le pourchassait pour se venger.
Non d'un chien, il fait chaud, et pourtant, j'ai froid à l'épiderme. Je n'osais quand même pas enfiler une veste! Son sourire et son rire me donnait envie de me jeter dans ses bras. Il m'a vue. Ça a suffit pour que la miss le rattrape. Elle lui a sauté dessus pour vider sa bouteille d'eau sur sa tête. Ils ont ri. Il l'a posée pour venir vers moi. Je l'ai esquivé; il était tout mouillé.
Il a fait comme s'il voulait me choper pour se coller à moi. C'était juste semblant. Il n'aurait pas osé quand même se coller à moi alors qu'il était tout mouillé. Main dans la main, il m'a accompagnée à sa chaise longue. Je souriais aux anges. Exprès je ne regardais pas autour. Je ne voulais pas voir les regards.
Pourtant, je suis sure qu'il n'avait rien à se reprocher. Bien évidemment, Caro avait sa chaise à côté de la sienne. J'ai souri en pensant que c'était mon petit espion.
Hum, j'avais les chevilles tous gonflés, alors j'ai mis un pantalon léger mais long. C'était une manière de les cacher. Caro m'a vue en train de dévorer Pascal des yeux; "il est trop mignon hein?". J'avoue, il était à croquer. Il était en forme et taquin aujourd'hui.
Peut-être parce qu'il était content d'être de retour. Paul était à côté de lui et semblait s'amuser autant que Pascal. Ils étaient bronzés, beaux, bien foutus, on dirait des frères. On sentait leurs complicités. Je ne pouvais pas m'empêcher de le regarder. Parfois nos regards se croisaient et il m'envoyait un petit bisou ou un sourire. Il est venu me faire un bisou. Il sentait bon le soleil.
Voilà, on avait eu nos 5mn. Il m'avait manqué. En fait, non, je n'avais pas beaucoup pensé à lui, j'en avais assez avec ma santé. Pascal me dit qu'il n'avait jamais pensé que l'asthme pouvait être aussi terrifiante. Il pouvait me dire maintenant que ça allait mieux, qu'il avait eu vraiment peur. Il fera plus attention et que je devrais aussi être prudente.
Je n'allais pas lui dire que j'étais trop occupée à me soigner pour même penser à lui. Maintenant que j'allais mieux, c'est clair que j'avais envie de savoir comment ça avait été. Il m'a dit qu'il me racontera quand on se verra demain. J'étais à nouveau à cours d'énergie. Si Pascal n'était pas devant moi là, je me plierai en 2 pour respirer. J'ai la tête qui tourne.
Pascal a remarqué que quelque chose n'allait pas. Alors, j'ai lâché prise avec ma égo mal placé et me suis accroupie. Au moins si je tombe, ce sera de moins haut. Pascal m'a demandé si je voulais qu'il me raccompagne à ma porte. Je ne voulais pas, mais il a tenu à ramener ma voiture dans mon garage. Ensuite, il est revenu à pieds. J'allais mieux.
Il m'a ramenée en voiture devant ma porte. Arh, j'allais bien maintenant, pas besoin de me traiter comme un bébé. On s'est fait un bisou et je suis rentrée. On devait aller manger ensemble demain. Pascal n'allait pas travailler vendredi. Bon, il pensait faire un saut au bureau dans l'après-midi, c'est tout. Il avait pensé qu'on passerait la journée ensemble vendredi.
Il était descendu de voiture, on s'était fait un bisou. Il voulait juste s'assurer que je rentrais bien. J'allais ouvrir la porte, mais j'ai eu envie d'un dernier câlin. Alors je suis retournée sur mes pas et l'ai entouré de mes bras, me serrant fort contre lui. Il a été surpris. Il m'a fait un bisou sur le front. Il a hésité avant de me demandé si je voulais dormir chez lui.
Heu… oui, je voulais bien. Mais il me fallait récupérer mes médicaments et quelques vêtements. Je me suis donc préparée en vitesse. Ma voiture resterait ici. Pendant le trajet, Pascal m'observait et me demandait si j'étais sûre que ça allait. Je lui ai dis que oui, J'avais juste besoin d'un peu de temps pour récupérer. J'étais quand même restée 4 jours allongée.
Pascal était adorable. Il était attentif, je sentais qu'il avait peur que j'ai une attaque. On a un peu parlé de mon attaque. Pascal m'a dit que j'avais les lèvres bleues. Il n'avait jamais eu aussi peur, et c'était vraiment mal tombé qu'il soit obligé de partir au même moment. Il avait eu l'impression de m'avoir abandonnée.
Il ne pouvait rien faire, donc ça ne servait vraiment à rien qu'il reste ici. C'est pour ça que je l'avais encouragé à partir. De plus, je ne suis sortie qu'hier, c'est pour dire. Pascal m'a portée au lit et m'a bordée. Il a surveillé et vérifié que je prenne mes médocs. Son voyage l'avait fatigué, alors on n'a pas fait long feu avant de sombrer dans les bras l'un de l'autre.
Hihihi, quand on est petit on joue au docteur, là, Pascal avait l'occasion de jouer le docteur à l'âge adulte! Je n'arrivais pas à avaler grand chose, en plus, tout avait un goût de chiotte. Pascal m'a fait une grosse salade avec des morceaux de poulet dedans. J'ai eu droit à de la glace fraise melba. Étonnamment, la glace passe très bien. Je sens parfaitement le goût. Enfin!
Pour la salade, les carottes, tomates, concombre, etc, ça a été, mais la viande, passe toujours pas. Je n'arrive pas à avaler. Ça reste pris dans ma gorge et je dois faire descendre cette boule au goût de carton avec de l'eau. En début de soirée, des amis à Pascal et Paul se sont pointés. Certains ont paru surpris de me voir. D'après les rumeurs, ils pensaient qu'on s'était quitté!
Pascal ne leur avait pas dit que j'étais à l'hôpital, ni de notre petit voyage après au Lac de Constance. Ils avaient mal interprété son air inquiet, et parce qu'ils ne m'avaient pas vue avec lui quelques jours, ils en avaient déduits qu'il y avait du grisbi dans notre paradis. Les idiots.
Tout ce monde, c'était un peu trop, trop tôt. J'ai préféré me réduire dans la chambre et laisser Pascal se débrouiller avec eux. J'ai l'impression que cet été, le fait que Pascal soit au rez de la maison, on aura sans arrêt du monde sur notre terrasse, même si c'est Paul qui invite.
Pascal était mal à l'aise; il pouvait difficilement rester à l'écart avec moi, étant donné que ça naviguait à travers son appartement et que tout le monde squatte sa terrasse. Je comprenais très bien. C'était mignon qu'il se sente obligé de m'expliquer. Par contre, ça m'embêtait qu'il vienne sans arrêt voir comment j'allais. Ça m'empêchait de dormir. Je lui ai demandé d'arrêter.
Aujourd'hui, c'était l'anniversaire du petit Liam. Ils fêtent ça demain, samedi. Mercredi, c'était celui de la petite Jenna. Ils le fêtent aussi samedi! Donc, ce sera sans les cousins. C'est dommage. Évidemment, je ne peux aller à aucun. Ce serait imprudent d'aller jusqu'en France pour Liam, et même jusqu'à Thierrens pour Jenna. Depuis sa naissance, je n'ai pas vue la petite!
Pascal rentrait tard, mais j'avais envie de le voir. Je sortais à peine de l'hôpital, et c'était pas encore ça. Je suis vite fatiguée. Je lève le bras, je suis essoufflée. Je fais 2 pas, et je suis à court d'air. Bref, pas la totale. Et je n'ai même pas faim. J'ai du mal à avaler quoi que ce soit. On dirait que mon gosier s'est rétréci. Il n'y a pas grand chose qui passe.
J'ai appelé Caro, parce que je suis presque sûre que c'est elle qui ira chercher Pascal. Mais, je me suis trompée, c'est Paul qui s'y colle. La petite maligne a décidé qu'elle irait avec lui. J'ai fait la grande au téléphone, mais j'étais jalouse. Pas assez la forme pour dire à Paul que j'irai moi chercher Pascal. Et pas assez en forme non plus pour les accompagner.
Finalement, je vais passer mon tour pour ce soir. Je le verrais demain. Quand même, je me suis préparée au cas où je ne tenais pas. Mais d'abord, je voulais voir ce qu'il ferait en rentrant. S'il décide de passer la soirée avec Caro, alors tant pis, ce sera demain.
S'il reste seul à la maison, alors je partirai en courant pour me jeter dans ses bras, parce qu'il me manque.
Chez lui, j'ai eu l'impression qu'ils avaient déjà prévu de passer la soirée ensemble. Mais, encore une fois, je me trompais. Pascal lui a dit qu'il voulait rester seul. Puis, il lui a expliqué qu'il pensait faire un saut chez moi, même si c'était tard. Il avait envie de voir s'il pouvait me voir 5mn au moins. Il me faire la surprise. On ne s'était pas vu depuis 2 semaines.
Caro lui a rappelé que je détestais les surprises, ou qu'on débarque chez moi sans avertir... Mais bon, sachant qu'il vient, je jouerai le jeu. Je ferai la surprise, le gronderais de ne pas m'avoir avertie. Ou, je l'appelle quand il sera en route pour ma maison, pour lui dire que j'avais envie de le voir malgré tout. Ca, ça lui ferait tomber les chaussettes... Ouais, je ferais comme ça.
Arh, mon cœur loupe des battements quand je le vois. C'est ridicule pourtant, on est ensemble depuis plus de 10ans quand même. Mais, comme ce soir, je suis nerveuse, intimidée. J'ai la gorge serrée. J'avais juste mis un training. Lui, pas du tout gêné. Il m'a soulevé de terre pour me faire tourner dans ses bras et pris mon visage entre ses mains pour m'embrasser. Il avait pensé devoir insisté comme un malade, que j'allais l'envoyer balader.
Mon coup de fils, alors qu'il venait justement chez moi, lui a fait terriblement plaisir.
Ciel, je voulais rentrer…. Ils m'ont mis dans une autre chambre pour donner celle dans laquelle j'étais à des messieurs. J'ai dis à l'infirmière que ça valait la peine que je garde la chambre fraîche, pour que quelqu'un d'autre en profite. Elle a promis qu'elle irait regarder pour un ventilateur. Il y avait 4 dames dans la chambre. Une avec une voix trainante, de plainte constante…
C'est la 1ère que j'ai remarqué. J'allais tout faire pour l'éviter. Parce qu'elle essaie de trouver quelqu'un à qui parler, puis elle commence sur un ton monocorde et ne lâche plus la personne. Tout ça pour l'entendre parler de sa petite vie pathétique. Bon, j'essaie d'être plus gentille. On lui a amputé la moitié du pied droit. Elle n'a plus de doigts de pieds, juste le talon et un petit bout.
J'avais averti que je dirais n'importe quoi pour rentrer. Ça a fait rire le médecin, mais au moins, j'ai averti. Il a dit que l'essentiel, c'est que j'aille mieux. Dire que je pensais rentrer aujourd'hui. Mon illusion. En plus, aujourd'hui, je ne me sentais pas au top. Mais, le lit est mieux que le lit à air. J'ai essayé d'éviter les autres bonnes femmes, parce que je ne me voyais pas passer ma journée à papoter avec elles.
Pascal m'a appelée vers les 14h. Ça devait être 8h du matin là-bas. J'étais toute intimidée d'entendre sa voix. Ciel, c'est pas normal depuis le temps qu'on sort ensemble, de toujours être nerveuse, ou d'avoir des palpitations quand je l'entends. Je l'imaginais en train de sourire à l'autre bout du fils. Il était content d'apprendre que j'allais mieux et que je pouvais sortir demain.
Sa voix est si… J'adore sa voix. J'aime des petits rires, ses intonations. Ça m'a donné envie de lui.
J'étais surprise qu'il soit encore aux States. Je croyais qu'il ne restait qu'une semaine. Qu'est-ce qu'il fait encore là-bas. Il a rit. Effectivement, il ne devait rester qu'une semaine, mais comme j'étais pas dispo, ça ne l'a pas dérangé de rester un peu. Il rentrait jeudi. Il a voulu savoir s'il pouvait m'inviter quelque part à son retour. Heum, je ne sais pas. Je suis quand même tendue.
Je voulais être en forme pour le voir. Pour l'instant, je tousse sans arrêt, je manque de souffle et je suis vite fatiguée. Je ressens une sorte de lourdeur dans tout le corps. Pourtant, pour donner le change et avoir la permission de rentrer, je fais des allers retours à la cafétéria, je marche dans les couloirs. Tout ça pour montrer que je vais assez bien pour retourner chez moi.
J'ai pensé qu'il serait probablement fatigué après son voyage, moi aussi, vu que je sors aussi de l'hôpital. C'était peut-être mieux si on se voyait vendredi. Il y a eu un moment de silence, avant qu'il me demande; "même pas 5mn?". Je ne savais pas si je pouvais conduire, alors 5mn, ce serait présumé de mes forces. Mais de toute façon, je ne saurais pas avant d'être partie d'ici.
Aff, je n'avais pas envie qu'il raccroche. Je voulais qu'il continue de parler, je voulais me laisser bercer par sa voix. Il était si loin. Je me demandais ce qu'il y avait autour de lui.
Où se trouvait Jess? Les enfants? Je n'entendais rien ni personne. D'où m'appelait-il? Mince, tant pis, je le verrais demain quel que soit mon état. J'avais trop envie de le toucher, de le voir.
Arh, il fait tellement chaud, que respirer, même si c'est pas l'asthme, c'est dur. J'ai à nouveau demandé si je pouvais rentrer. Ils ont dit que si tout se passe bien et continue à s'améliorer, je pourrais rentrer bientôt. J'ai passé la journée toute seule dans la chambre, sans ventilateur. Mais j'avais fait baisser les stores et fermer les fenêtres pour garder un peu de fraicheur.
Il paraît que c'était la chambre la plus fraîche de l'étage! Mais bon, dormir, c'était dur. Même 1 sieste d'une 1/2h, tu te retrouves dans un bain de vapeur. La place où t'es couché est bouillante, et c'est ça qui finit par te réveiller. Sans compter la transpiration. Je crois que ma compagne de chambre est là pour un coma éthylique. Je me demande ce qu'elle a fait de son gosse!
La fille qui partage la chambre vient de Moudon. Donc, du même coin que moi. Elle a poireauté toute la journée pour enfin réussir à partir vers les 17h. Je ne l'ai pas vue partir, je dormais. Je l'ai déjà avertie que si on se croisait, je risque de ne pas la reconnaître sans son pyjama d'hôpital! Elle a une petite fille et sa mère l'aide financièrement.
Encore une de ces nanas qui s'est fichu enceinte en pensant que le mec allait rester. Bon, étant donné ses tatouages etc, je pense que le mec doit être un ploukose du même style. Elle a assez la tête d'une pleurnicheuse bougonne. Je me demande combien de temps ce genre de cliché va stagner dans la tête des femmes! Et faire un gamin sans penser comment elle allait le nourrir!!!