Lun - 8 août 2022 - Sur mes gardes

Publié le par JaneDo

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Lun - 8 août 2022 - Sur mes gardes

Aujourd'hui, même si c'était chouette d'être ensemble, je restais sur mes gardes. Je ne voulais pas être encore déçue. Je n'oubliais pas que Pascal faisait tout ça pour se rassurer lui-même. Pour que je reste sous son influence. Je n'oubliais pas qu'il n'avait pas chercher à me voir depuis qu'il était rentré... ou seulement,.. juste s'assurer que j'étais toujours sur son étagère!

Il faisait tout ça, parce que ça ne l'arrangeait pas. Il aimait que les choses se passent comme il l'a décidé. Rien à foutre du reste. Je devais être sa "bouche-trou" préférée. Toujours à sa disposition, qui coure quant il siffle. La parfaite idiote super compréhensive. J'étais son... assurance... la chose immuable, qui reste malgré les coups... Un meuble quoi... La bécasse dispo!!!

Je l'ai laissé me prendre la main, me serrer contre lui. Mais je ne rigolais pas beaucoup, parce qu'en fait, je me sentais blessée. Blessée qu'il se sorte les pouces du cul, seulement parce que je veux m'éloigner et ne plus être sa chose. Je me sentais bête d'avoir cru contrôler la situation. Je me retrouvais poignardée dans le coeur. Une bête, au sens propre et au figuré, blessée.

Pascal était beau comme un Dieu, bronzé, souriant, et ça me faisait me sentir bête, moche. Bonne à bouffer du foin. La stupide du coin. L'imbécile qu'on a ignoré, laissée dans un coin, pour le cas où on a rien de mieux à se mettre sous la dent. J'étais vexée, mais ça, je n'allais pas lui faire le plaisir de le montrer. Je me sentais assez conne comme ça.

Pour l'emmerder, j'ai passé un sacré moment au téléphone avec Jonas. Mon collègue. C'était méchant. Mais, je me sentais méchante. En fait, j'aurai voulu pouvoir être méchante avec moi-même. Pascal ne m'avait pas entendu rire du week-end. Je n'avais pas beaucoup parlé, et là, il me voyait rire, parler, sourire... Je le voyais m'observer en fronçant les sourcils.

Pascal a voulu savoir de quoi on avait parlé si longtemps, parce que je m'étais éloignée pour lui parler. Il m'a vu rire, me dandiner, et ça l'a torturé. Enfin je crois. Peut-être un peu jaloux aussi. Oh, certainement pas parce qu'il m'aimait, non, parce que j'échappais à son contrôle. J'ai dis qu'on a parlé boulot, et il a fait la tête.

Il a dit qu'il ne me croyait pas; parler de boulot ne pouvait pas être aussi marrant. Il pense que je lui cachais quelque chose. Hum, oui, seulement que j'étais furax contre lui, contre moi, contre ma bêtise, c'est tout. Et ensuite, j'ai menti comme une arracheuse de dents; on devait se voir le lendemain, partir quelque part et passer une nuit pour travailler.

Pascal a fait les gros yeux. Tsss, il n'était pas d'accord, et voulait me rejoindre le soir pour qu'on mange ensemble! Vraiment?! Quelle blague. Avant il était si occupé à jouer le mari cool, et le papa attentif, qu'il avait même oublié que j’existais. Très occupé à courir chez Caro pour s'envoyer en l'air, et rentrer s'occuper de son fils et de sa femme! Hum!

Ouais, aujourd'hui, pour notre dernier jour, j'ai été distante, mais cool. Sympa aussi.

Je voulais lui laisser un bon souvenir de ce jour, alors j'ai tout accepté avec enthousiasme, et participer joyeusement. Promenade au bord du lac, main dans la main, Regarder avec lui les endroits de vacances qui me plaisaient. Sans aucun intention de partir avec lui.

Je me suis laissée allée à sourire, à faire à manger ensemble. Pas envie d'aller au restaurant. Traîner dehors à minuit à regarder les étoiles, au lit à feuilleté les prospectus de vacances. S'il pense qu'il va endormir ma méfiance, ou m'acheter avec des vacances dans un lieu paradisiaque, alors il me connait mal. Mais, je l'ai laissé à son imagination.

J'ai bavardé volubilement dans la voiture sur le chemin du retour, pour éviter ses questions sur l'avenir. Je lui avais dis ce que j'avais à dire, et je n'avais plus envie d'en parler. Quant il m'a déposée, et a voulu m'embrasser, je lui ai tendu ma joue. Quant il a prit mon visage entre ses mains pour m'embrasser sur les lèvres, je lui ai fait un bisou rapide.

Je lui ai fais signe en souriant quant je lui sortie de la voiture, mais je ne me suis pas retournée. Je suis sûre qu'il l'espérait. Ça l'aurait sans doute rassuré. Mais, j'avais déjà les larmes qui coulaient et le coeur serré. Et pas question de le rassurer. Il n'avait qu'à rester plonger dans le doute, comme moi tous ces derniers mois. A chacun son tour.

Mais j'avoue qu'on a passé de chouettes moments. Je garderais tout ça dans mon coeur précieusement. Je me pense pas en avoir d'autres de si tôt, avec personne. Donc, c'était précieux. Ce sont ces souvenirs qui vont m'aider à me relever. Au moins, il sait que si on est plus ensemble, c'est entièrement de sa faute...

Quant je ne le vois pas, Pascal me manque, mais quant je suis avec lui, je suis en colère... Va comprendre!

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