Lundi, 25 mars 2019 - (1) Les larmes ne suffisent pas
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Lundi, 25 mars 2019 - (1) Les larmes ne suffisent pas
Hier soir, Pascal est parti en me laissant le cœur plombé, plantée devant le restaurant où on avait eu notre dernier repas. Je ne vais pas mentir, c'était dur de le voir partir.
Tellement mal que j'avais même complètement occulté que j'étais plantée sur le trottoir et que ceux qui passaient, ou ceux du restaurant, pouvait me voir, là, debout, en train de pleurer comme une dinde. Au milieu de mes larmes, j'ai souri dépitée en pensant que c'était donc pour ça qu'il voulait m'inviter à passer le week-end avec lui à Londres??
Lamentable. Je préférais avoir les pieds sur le sol de mon pays plutôt qu'à l'étranger. J'aurai fait le voyage du retour en pleurnichant sur mon sort. Quelle horreur.
J'avais pensé qu'il était impatient de me voir, qu'il m'aimait toujours. J'y avais cru. Quelle désillusion! Le chauffeur de la voiture qui devait me ramener est venu confirmer mon identité et a ouvert la porte du véhicule.
Mon Dieu, c'était une Rolls!!! C'est la 1ère fois que j'en voyais une de si près. Fierté oblige, j'ai failli l'envoyer balader pour rentrer par mes propres moyens. Mais, ç’aurait été carrément stupide.
Alors j'ai pris place. Je me sentais toute petite. J'étais curieuse, mais j'avais toujours mal au cœur et je retenais avec peine mes larmes. Dès qu'il a fermé la vitre qui me séparait de l'avant, je me suis laissée aller, le plus silencieusement possible. Je suis sûre qu'il pouvait m'entendre s'il voulait.
Curieuse, parce que c'était la 1ère fois que je posais mon honorable postérieur dans une Rolls. Je crois que j'étais encore plus triste d'être assise là sans Pascal. J'avais l'impression que c'était comme s'il me laissait un dernier souvenir, ou un prix de consolation.
Mais j'avoue que la curiosité prenait le dessus et des tas de choses me passaient par la tête. La tête fonctionne beaucoup plus vite que la conscience, alors ça donnait un peu ça;
Ouahhh, alors c'est ça une Rolls! Diantre, c'est donc comme ça que ces gens là aiment se faire plaisir? Dire que je ne le verrais plus, je n'arrive pas à le croire. J'ai vraiment trop mal. Ciel, ça c'est vraiment du luxe. Comment est-ce qu'il pu me faire ça? Est-ce que Jess l'avait obligé à mettre le holà?
Ça y est, je lui trouve encore des excuses. Purée, du Champagne? Je déteste le Champagne, mais je devais peut-être m'en offrir un coupe pour le trip! J'aurai dû lui demander de l'accompagner à l'aéroport, comme ça on aurait passé encore 1h ensemble. Pfff, pourquoi faire? Il m'avait carrément larguée, et j'allais le suivre encore à l'aéroport? Pfff, manquait plus que ça!
Bref, les larmes avaient fini par se tarir, mais ma tête était en pleine effervescence. C'est ce que j'appelle; se chier dans la tête ou se masturber le cerveau. J'imagine que je cherchais des raisons de le bannir, de le détester.
Puis, le chauffeur a ouvert la séparation pour me dire qu'il y avait un appel pour moi. Ha! C'était carrément comme Dallas ou The Bolt and The Beautiful (Top Model), j'allais me servir même du téléphone. Intérieurement, ça m'a fait rigoler; je jouais à la richto!! Diantre.
Je crois que quelque part, je savais que ce ne pouvait être que Pascal. Et c'était le cas. Ça m'a fait drôle. Triste? Contente? Tout se mélangeait. Que pouvait-il bien avoir encore à me dire? "Si tu l'as pas bien compris, je t'ai largué?" Pas besoin, j'avais eu le message 5 sur 5.
Mais, je pense que j'étais contente de l'entendre quand même. Tout ça se passait dans ma tête alors que je levais l'appareil téléphonique à ma disposition à l'arrière. Par discrétion, ou peut-être parce que c'était l'habitude, le chauffeur a refermé la vitre qui nous séparait.
Je pouvais entendre de l'embarras dans sa voix, et aussi une certaine urgence. Pascal disait qu'il savait qu'il n'aurait pas dû m'appeler, mais il avait envi de m'entendre. Qu'il aurait voulu me demander de l'accompagner à l'aéroport, mais il n'avait pas osé après ce qu'il m'avait dit.
- Ça va toi? C'était un peu raide de se séparer comme ça je trouve...
Il me demandait si j'allais bien? Franchement là? J'ai prétendu que oui. Plutôt mourir qu'il sache la vérité. Il m'a fait remarquer qu'il utilisait souvent ma manière de m'exprimer; "c'est un peu raide", ça c'était du Jane. Je ne sais pas si c'était drôle ou s'il fallait rigoler, alors je suis restée muette.
Moi, pas trop...
Il y a eu un silence, que je n'ai pas interrompu,. Je n'aurai pas su quoi dire et j'étais à un doigt de me remettre à pleurer. Et je ne voulais pas me mettre à pleurnicher au téléphone.
- Tu me manques déjà... Gros soupir. Tu me manques tellement...
Les larmes ont à nouveau piquer mes yeux. Il me manquait aussi. Je ne voulais pas le lui dire et pourtant, je me suis entendu le faire des larmes pleins la voix. Je me suis rendue compte que lui aussi. Ou est-ce que je prenais mes rêves pour la réalité?
On avait des difficultés à se parler. Beaucoup de silence. Je crois la peur jouait un gros rôle là-dedans. Peut-être aussi, parce qu'on ne pouvait pas se dire certaines choses. Il a répété à plusieurs reprises qu'il n'aurait pas dû appeler. Il espérait que je ne lui en voulais pas trop, mais cela faisant plus de 10 ans qu'on était ensemble, alors ce n'était pas facile.
C'était vrai, j'avais beaucoup pleuré, mais les évènements autour de moi m'avait distrait pour un temps. Mais ça, je n'allais pas le lui dire. Je ne voulais pas qu'il sache que j'avais pleuré. Que dalle. J'étais une femme forte.
Pascal essayait de se convaincre de ne plus m'appeler (it's not fair), ce n'était pas juste. Pfff, je lui ai dis qu'il pouvait m'appeler quant il voulait, ça me ferait plaisir au contraire.
Quant les mots sont sortis de ma bouche, j'ai regretté aussi sec. Je ne crois pas que j'apprécierai qu'il continue à jouer avec moi comme ça; Un coup; je te veux, un coup; je te veux plus! Parce que je ne pourrais pas tourner la page et aller de l'avant. Hiiiihhh, mais c'était dit. Argh, j'aurai dû me mordre la langue. Heureusement, il insistait que ce ne serait pas correct. Qu'il ne le ferait pas.
Dans ma tête, je me suis dis qu'il n'avait juste pas envi de m'appeler et que lui aussi, ça avait dû lui échapper, alors maintenant, il essayait de se sortir de ce mauvais pas. Alors, je n'ai pas insisté.
Pascal était arrivé à l'aéroport, et devait cette fois raccrocher. Il ne pouvait pas prendre le téléphone de la voiture dans l'aéroport, ni dans l'avion. Le cœur serré, je savais que c'était nos derniers mots. J'avais à nouveau le cœur lourd. C'était atroce d'imaginer que je n'entendrais plus sa voix. J'aime tellement l'entendre. Et ses yeux verts... Ses yeux verts ne se poseront plus sur moi... mais sur quelqu'un d'autre... Argh...
J'entendais le chauffeur le presser. Il avait déjà sorti son bagage et il devait y aller. Les 2 minutes suivantes on a écouté nos silences et laissé échapper quelques mots de regrets. Il a été tellement chou. Il osait me dire que je lui manquais, qu'il n'avait pas envi de partir. Qu'il aurait voulu que le week-end soit plus long. Qu'il aurait voulu que je sois avec lui. Si j'avais été à Londres, on aurait pu passer encore la soirée ensemble et il aurait repoussé son départ de lundi pour passer encore la soirée avec moi.
Peut-être que je suis négative, mais j'ai pensé que ce n'était que des mots tout ça. Le fait est que je n'étais pas à Londres, que j'étais en route pour la maison, que dans quelques secondes, j'allais juste entendre le long biiiiip à l'autre bout quant il raccrochera.
Pourtant, je me suis dit que j'avais tellement de chose à lui dire encore, mais que c'était trop tard. J'aurai dû être plus adorable, plus ouverte. Peut-être insister qu'il me rappelle. Qu'il m'appelle quant il veut. Pascal devait y aller, encore 30 longues secondes où on est resté à espérer Dieu sait quoi, et il a dû raccrocher.
Les larmes ont bondis tout seul. J'ai écouté longtemps le biiiiiiiiip avant d'avoir le courage de raccrocher l'appareil. Mon cœur me faisait mal. Super mal. J'utilisais la respiration contrôlée des femmes sur le point d'accoucher pour essayer de diffuser la douleur. En tous cas, ça a toujours marché pour moi. Bon, je craquais entre 2, mais en arrivant chez moi, c'était fini, je ne pleurais plus.
Les 3 jours prochains, si j'arrive à être seule, je pleurerais de tout mon saoul, je pleurerais jusqu'à tomber dans les bras de Morphée, et après ça, je serais toute neuve. Je tournerais la page. Je sais bien qu'il y aura des moments où je penserais à lui, ou je flancherais, mais ça ne se verra pas. Petit à petit, je sortirais de ma bulle et je recommencerais à vivre.
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