Mer - 4 août 2021 - Je sais tout...
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Mer - 4 août 2021 - Je sais tout...
Pascal m'a accueilli à la porte, comme s'il avait attendu derrière la fenêtre. Mais, il était froid et plutôt distant. Ça m'a un poil perturbée. Je pense qu'il n'a pas eu envi de cuisiner, alors il a fait livrer des pizzas. J'avais l'estomac à l'envers, donc pas faim du tout. On a un peu tourné autour du pot, je crois aucun de nous voulait être le 1er à parler.
Je me suis rappelée que j'étais plus âgée que lui, donc, plus avisée et expérimentée.
Pascal a été obligé de commencer à parler, je l'avais poussé dans ses recoins. Il avait pensé que je serais super énervée et avait été surpris que je l'appelle en 1er. Il n'avait pas osé le faire, il n'aurait pas su quoi dire. En fait, il ne savait pas ce que je savais, alors, il a décidé d'en parler avant que je ne l'apprenne par quelqu'un d'autre.
Après avoir nerveusement passé les mains dans ses beaux cheveux, il m'a avoué avoir passé le week-end avec Natacha. Il n'avait pas osé me regarder en disant ça. J'ai dis que je le savais, et que j'avais trouvé plutôt nul qu'il ne m'appelle pas en rentrant le dimanche soir. Il a changé de couleur.
Son bronzage s'est évanoui en une fraction de seconde avant qu'il ne vire au rouge.
Il était nerveux, ça se voyait comme le nez au milieu du visage. Il a prétendu qu'il ne s'est rien passé, mais quelque chose dans sa façon d'éviter mon regard, ou de vouloir se cacher sous la table me fait penser le contraire. Et le coup de poing dans ma poitrine aussi. Je ne souriais plus, mais je restais calme.
Je lui ai demandé s'il pensait me parler de son départ avec Natacha l'autre soir. Je lui ai dis que; une semaine d'absence, puis partir avec Natacha le week-end d'avant, puis le week-end avec Natacha, ça commençait à faire beaucoup. Beaucoup de Natacha partout... Conclusion?
Aïe, je crois que les mots avaient dépassés ma pensée... Je n'aurais pas dû frôler la rupture là... Je ne voulais pas rompre.
Pascal a dit que c'était pour se venger qu'il était parti avec elle. Ça aurait pu être avec n'importe qui, du moment que je vois ce qu'il avait dû ressentir. Mais, il a prétendu l'avoir raccompagnée et avoir été dormir chez Paul, après avoir pris un verre ensemble au Time-Out. Il n'avait pas l'intention d'aller aussi loin que moi.
Quelque chose lui disait que je devais être furax contre lui, pour avoir agi comme j'ai réagi, mais il ne savait pas pourquoi.
- Tu es parti au sud de l'Espagne une semaine pour le boulot?
- Euh... oui... Je devais voir un client...
- Pas vrai. Après avoir vu ton client, tu as pris la semaine de congé...
Pascal a encore pâli. Il a levé les yeux et on a croisé les fers avec nos yeux. Il cherchait à me sonder pour savoir ce que je savais. Moi, à le pousser à parler, en faisant croire que je savais tout. A ma grande déception, il n'a rien dit. Il s'est fermé, aussi muet qu'une carpe. Grhhh, ça me rendait dingue.
Aussi pitoyable que ça peut paraître, j'avais le disque dur de ma tête qui saturait. Vide. Je ne savais plus si je devais lui dire que je savais qu'il était parti avec Natacha toute une semaine! Caro pensait que c'était avec Magalie. Du coup, j'étais un peu paumée.
Je voulais lui poser des tas de questions, pour confirmer ce que je pensais... mais je n'étais plus sûre de rien.
Alors j'ai improvisé; "Pascal, je sais pour Natacha. Je savais tout. Je sais pour ta semaine de vacances, pour ton week-end... je pensais pouvoir te faire confiance. J'espérais... Non, je ne sais pas ce que j'espérais... que tu me parles? que tu sois honnête? Honnête? Qu'est-ce que ça veut même dire..."
"Je ne voulais pas avoir à découvrir tout ça, ni devoir te le dire avant que tu aies les couilles pour avouer. Je voulais..."
Non, je ne sais pas ce que je voulais. Je ne suis pas sûre que j'avais envie d'entendre des choses horribles sortant de sa bouche. Je ne voulais pas que mes oreilles entendent ça, ni que mon cerveau les enregistre. Je voulais que ça disparaisse. Je voulais qu'il puisse faire en sorte de trouver les mots qui effacent tout.
Nos regards se sont croisés et je crois que j'ai vu la même peur qui m'habitait... J'ai préféré tourner les talons et partir.
Partir avant que ma voix ne tremble, avant que mes jambes me lâchent... Partir avant de fondre en larmes, parce que j'avais envie de me jeter à ses pieds et le supplier de m'aimer encore et de ne pas me quitter. D'honorer sa promesse de ne jamais me quitter. Je devais fuir avant de perdre ma dignité et tant que je pouvais encore donner le change.
Je gardais mes incertitudes, mes larmes, mes tremblements pouvaient sortir quant je serais seule. J'étais down de perdre mes moyens dès que je suis face à lui. Ma tête, mon courage me laissent tomber.
Pascal a prétendu qu'il n'avait fait que ramener Natacha le samedi soir, juste pour que je sache ce qu'il avait ressenti. Que ce soit vrai ou pas, je ne le saurais jamais. Parce qu'il pouvait très bien s'être mis d'accord avec Paul, pour me raconter des salades. Je ne pouvais pas lui demander ce que faisait alors sa voiture au Beau-Rivage?
Lui demander, aurait été avouer que je l'avais suivi. Et ça, il aurait dû me pendre par les pieds pour me faire admettre ça.
Pascal a essayé de m'appeler, mais je ne pouvais pas répondre. Je pleurais trop et il l'aurait deviné rien qu'en entendant ma voix. J'aurai perdu la face. Il m'a envoyé un message, court; "REVIENS". J'aurai bien voulu, mais un seul regard et il aurait vu que j'avais pleuré comme une malade. No way.
J'ai coupé mon natel. Encore 1 message et je perdrais toute ma dignité en faisant marche arrière. En plus, vu comme je me sentais... désespérée, au plus bas... j'étais prête à avaler tous ses mensonges d'une seule traite. Pfff, qu'est-ce que je dis, il n'avait même à ouvrir la bouche, au point où j'en étais; je pardonne tout, je ferme les yeux... Wahh, immonde.
Dire que je pensais me sentir soulagée, en paix, mais non... trop de questions en suspens, sans réponses. Ça ne s'était pas passé comme je l'espérais. Et maintenant... qu'est-ce qui va se passer? Est-ce qu'il va me rappeler? Qu'est-ce qu'il pense? Qu'est-ce qu'il va faire? On ne peut pas rester comme ça... non?
A la maison, j'ai hésité avant de me mettre à l'espionner... J'avais déjà regardé sur mon natel ce qu'il fabriquait après m'avoir envoyé son message; il tournait en rond. Me renvoyait encore des messages. Enfin... je crois. Il a réessayé d'appeler. Puis, il a mis son poing dans un porte. Il avait l'air aussi abattu que moi.
Ça a fait un bruit d'enfer. Il saignait. J'ai eu mal au coeur. Je me suis aussitôt dis que j'étais stupide de ressentir de la pitié; il avait piétiné mon coeur et n'avait pas eu pitié lui. Thomas a surgi dans les escaliers. Il avait entendu le bruit. Pascal se bandait la main. Il lui a reproché que ce qui arrivait était de sa faute.
Sans ce week-end, on ne se serait pas disputé. Thomas a essayé de le calmer. ll lui a dit de ne pas s'en faire, j'étais spéciale et spécialement compréhensive. Je n'étais pas du genre à m'énerver pour si peu. Pascal lui a rappelé leur conseil idiot, à lui et Paul, de me faire pareil. Il n'aurait pas dû.
Il avait beau me dire qu'il avait juste ramené Natacha, et dormi chez Paul, je ne le croyais pas. Et je ne croirais pas Paul non plus. Comment me le prouver. Thomas a suggéré que Natacha me parle. Mais, Pascal pensait que je ne croirais pas Natacha non plus. Et il n'avait pas assez confiance qu'elle veuille bien dire la vérité.
Je l'ai cru... Alors, il l'avait bien ramené et laissé sa voiture au Beau-Rivage pour me rendre jalouse... Le rat, mais je le croyais.
Ok, alors, ça, c'était vrai. Mais il y avait tout le reste... Sa semaine de vacances avec Natacha, ses rendez-vous secrets avec elle... Et je sais parfaitement qu'il m'avait menti, en disant qu'il ne s'était rien passé avec elle durant le week-end. Mais... Est-ce que...
Si j'ai la confirmation de tout ça, est-ce que je veux rompre avec lui? NON, gros gros non... NON.
Alors, ça sert à quoi que je cherche à savoir? Une fois qu'il me le dira, ne voyant pas de conséquences, il n'y aurait plus de... Il n'aurait plus à se retenir de quoi que ce soit... Ce sera encore pire... Aïe... Entre 2 hoquets, j'en suis arrivée à la conclusion que je devrais faire marche arrière... Je ne veux plus savoir.
Je préfère qu'il continue à faire attention, à agir avec prudence, pour que je n'apprenne pas ce qu'il fabriquait dans mon dos.
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