Sam - 20 Mars 2021 - Menteur Menteur

Publié le par JaneDo

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Sam - 20 Mars 2021  Menteur Menteur

Week-end horrible. Pascal ne s'est pas occupé de moi du tout. La distance... ça commence déjà... Ça me fait mal. J'ai fait l'énorme erreur de m'en plaindre. La vrai mauviette, l'emmerdeuse de service. C'était un long week-end, avec de longs moments de solitude.

Moi qui aime la solitude, là, j'étais un peu dégoûtée. Je n'avais pas très faim non plus, et je n'arrivais pas à me concentrer sur la lecture, ni sur les jeux auxquels j'ai participé. J'entendais dans mon dos le rire de Pascal, ça me soulevait l'estomac de sentir qu'il s'amusait tellement.

C'était aussi bizarre, qu'avoir été séparé 2 jours, il n'ait pas plus envi de passer son week-end avec moi. Bon, c'est vrai qu'ici, on est pas en couple, mais entre amis. Mais quand même. Je le voyais rire, sourire, disparaître, sans savoir ou sans oser faire quoi que ce soit.

J'avais l'impression d'avoir du béton collé aux fesses et que je n'arrivais pas à quitter mon siège. J'étais soulagée quant on est monté se coucher. Ensemble. Cela faisait à peine 5mn qu'on était dans la chambre, qu'un copain à lui est monté lui demander de descendre jouer; "Fais pas chier Pace, allez... ça te gêne pas Jane, hein?".

Bien sûr que ça me faisait royalement chier, mais j'ai dis que non, comme n'importe qui. Ce sont des questions pièges auxquels il n'y a qu'une réponse. Personne n'ose jamais dire non. Une fois que Pascal était parti, j'ai réalisé que j'aurai pu l'accompagner.

Dans ma tête, j'ai tourné en rond un moment, avant de penser à appeler Caro, pour lui demander de garder un œil sur lui. Hélas, Caro était montée se coucher juste après nous. Zut. J'ai cru que je devrais me sortir les pouces du... derche, et descendre moi-même, mais Caro a décidé de redescendre.

Ça paraîtra moins louche. Personne ne savait qu'elle était montée se coucher. Ils pouvaient penser qu'elle était juste montée chercher quelque chose c'est tout. Ha! Ça m'a soulagée. Au moins, quelqu'un était en bas pour voir ce que mon homme faisait. Je devrais franchement la payer pour jouer les détectives!

Caro a rappelé 15 minutes plus tard, pour demander si Pascal était remonté se coucher... Euh, pas du tout...

Elle l'avait cherché partout, niet, Pascal n'était pas en bas, ni dans la salle de jeux, ni à la piscine, ni à la sauna, dans le jardin d'hiver, ou même dehors à fumer une clope, ni les bibliothèques. Pascal était nul part. Par contre, Paul, celui qui était venu le chercher était en bas, à jouer au Billard.

Intriguée, Caro a fini par lui poser la question et il lui a dit de se mêler de ses affaires. De la boucler.

Sueurs froides d'un coup. Quelqu'un marchait sur la tombe de mon coeur. Et avec tout ce qui va avec, tremblements, l'estomac en vrac, des briques au fond du ventre, la gorge serrée, etc. J'étais fâchée aussi avec moi-même, j'aurai dû penser à aller avec lui. Il n'aurait jamais osé dire non.

Flashback; j'aurai dû trouver louche que Pascal vienne me chercher pour monter se coucher. Il m'avait presque ignorée toute la soirée. Puis, je le vois encore dans la chambre, il n'avait pas l'air de se préparer à se coucher... mais, je n'y avais pas prêté attention. Ça n'avait pas fait tilt, mais maintenant oui.

Ha! C'était un coup monté avec Paul! J'avais la poitrine compressée, comme si on m'avait posé des altères dessus.

Je me sentais tellement mal que j'ai vomi, et humiliée aussi. J'imagine que Pascal pense que je dors comme un bébé, et qu'il pouvait traîné... où il était. J'ai essayé de l'appeler illico, et c'est allé direct sur voicemail. Alors j'ai envoyé un sms; "T'es où? Je suis descendue... je te trouve pas!"... Et j'ai attendu.

Rien... alors j'ai renvoyé un message; "Pace?". J'ai demandé la confirmation de lecture du message, et j'ai vu qu'il l'avait lu. J'étais vers la machine à café. Je ne pouvais pas rester là à attendre dans la chambre. J'avais les nerfs à vifs, prête à tout, tendue comme une arbalète. Il faisait chaud, mais je frissonnais.

Puis, je l'ai vu traverser venir d'en bas, traverser le salon et se diriger vers moi. En fait, Pascal a fait semblant de n'avoir pas vu mon message et qu'il venait simplement prendre un verre de lait. Caro était assise vers la cheminée et l'avait aussi vu. Quant il m'a vu, il a fait semblant d'être surpris et m'a demandé s je n'arrivais pas à dormir.

Trop énervée pour me contenir, ou à jouer de petits jeux; je lui ai dis que je l'avais cherché partout, ou était-il? Evitant mon regard, sous prétexte de regarder dehors, il a dit qu'on avait dû se croiser, il était en bas à la salle de jeux. Comme je ne répondais rien, il s'est tourné pour me regarder.

J'étais lessivée, au bord des larmes, mais hors de question qu'il le remarque. Je l'ai regardé dans les yeux; "Menteur".

J'ai posé le café que je tenais à la main, et j'ai tourné les talons pour remonter. Je sais qu'il a été scotché sur place par ce que je venais de dire. Il savait que j'avais 100% raison. Et il venait de se faire prendre. En montant, je réfléchissais à ce que je devrais faire.

Est-ce que je m'en vais? Offf, et me taper la honte devant tout le monde. Ceux qui ne savaient rien finiraient par le savoir et avoir pitié de moi, et quand même lui trouver des excuses. Aller dormir dans la chambre de Caro? Je ne veux pas en parler et rien savoir. Je dois faire en sorte qu'il se sente coupable et mal à l'aise.

Je ne veux pas entendre ses explications bancales. Qu'il se taise.

Pour ça, je dois rester. Garder le silence, lui tourner le dos pour dormir. Refuser de l'écouter. Demain, je garderais mes distances, mais je resterais souriante, parlerais un peu avec les autres, comme si de rien.

Sauf avec lui, mais sans que personne puisse deviner le malaise.

La queue entre les jambes, Pascal est monté immédiatement se coucher. Il a bien essayé de parler, mais je lui ai lancé des regards qui exprimaient ce que je pensais. Je me suis changée dans la salle de bains, et je me suis mise au lit. Sur le bord  du lit. Il est venu se planter devant moi.

Il a continué à prétendre qu'on avait dû se croiser, parce qu'il était en bas.

J'ai gardé les yeux fermés, comme il insistait, je me suis tournée dans l'autre sens. Quant il s'est couché, je me suis retournée. J'avais pris un petit somnifère qui plonge dans un sorte de sommeil artificiel pendant 4h. C'était sûrement parce que j'étais vannée, que je me suis endormie aussi vite.

Le choc avait été rude. Avant de m'endormir, j'ai pensé; "Jeez, il est tellement mauvais, il ne sait même pas mentir comme il faut!".

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Dim - 21 Mars 2021  Boule à l'estomac...

Le lendemain matin, Pascal a traîné dans la chambre, attendant que je me réveille. Il avait une brique sur la conscience? Tant mieux, chacun son tour. Moi, je l'avais porté tout le vendredi soir et tout le samedi. Il verra comme c'est lourd. Pas un sourire de ma part, pas un bisou, j'ai été me préparé et sans rien dire, je suis descendue déjeuner.

Quant il s'est assis à côté de moi, je me suis levée pour retourner finir mon café dans la cuisine, et faire semblant de lire. Les oreilles tendues vers la table à manger. Caro est passée me faire un bisou, et me glisser à l'oreille que Pascal semblait tendu et mal. Il regardait sans arrêt vers la cuisine.

Après avoir avalé mon café, j'ai été m'installer vers la cheminée. Pascal s'est dépêché de venir me le mettre ne route, et m'a dit je-ne-sais-quoi, je n'ai pas écouté. J'ai été m'accroupir à côté de lui.

C'était pour la galerie, pour qu'on pense que tout allait bien. J'avais senti le regard appuyé de quelques curieux.

Pascal a dû penser que l'orage était passé et s'est mis à sourire comme un imbécile heureux. Je le voyais du coin de l’œil. Il a tout de suite compris qu'il s'était trompé. Je me suis relevée et balancé un merci, et je me suis réinstallée dans le fauteuil, sans lui adressé un seul regard.

Dans ma tête, c'était; "Va te faire foutre. Tu as pensé que ça allait être si facile? Pour qui tu me prends!".

Je n'ai pas été lui faire signe quant il partait. Il étai venu me faire un bisou sur la tête, je l'ai ignoré. Quand j'ai été sûr qu'il était parti, j'ai fais semblant de sursauté et de regretter de l'avoir raté, en courant vers la porte et regarder dehors. Encore une petite scène pour la galerie.

Surprise, j'ai remarqué que Magalie n'était pas allée skier avec eux, et du coin de l’œil, elle m'observait. Je lui ai souri les yeux dans le vague. Je ne voulais pas lui faire le plaisir de savoir que Pascal et moi étions en froid. J'ai dû bien jouer mon rôle. Elle a essayé de se rapprocher, mais n'a eu que mon Cerbère; Caro.

Je m'attendais à voir Pascal rentrer vers midi, mais que dalle. Il a attendu la fermeture des pistes. J'imagine qu'il n'était pas pressé de se retrouver face à moi. Mes affaires étaient prêt pour le départ. Pas les siennes. Je suis pas sa boniche. Sa m'a fait quand même mal au coeur d'être si froide avec lui, je l'aime tellement.

Si je ne l'aimais pas, je n'aurai pas si mal...

Dans la voiture, il a essayé de me dérider, mais je gardais les yeux fermés et la tête appuyée contre la vitre. Je n'avais pas envie de lui parler. De temps en temps, je répondais à Caro. Pascal a demandé 2 ou 3 fois, si j'allais bien. Pour finir, je suis sortie de mes gongs et je lui ai dis que non, qu'est-ce qu'il imaginait!

J'ai même rajouté qu'il le savait parfaitement, alors inutile de jouer l'innocent.

C'était égal de parler devant Caro, elle savait presque tout. Je rigole, mais ma réaction a coupé la chique à Caro. Elle ne disait plus rien. Pascal a encore voulu prétendre qu'il ne savait pas de quoi je parlais et ne comprenait pas. Je lui ai dis que c'était très bien, moi non plus. Et j'ai gardé le silence.

On a roulé longtemps dans un silence de plomb.

Caro a fait semblant de s'assoupir. Je la connais trop, et je sais qu'elle était seulement mal à l'aise. Le fait qu'on se dispute devant elle la gênait. C'est moi qui ait parlé en 1er, pour lui demander si elle voulait qu'on mange ensemble. On pouvait aller chercher "chinois" par exemple?

Vu l'ambiance, elle a refusé poliment. Tant mieux, c'était seulement pour rompre le silence.

A la maison, chaque fois que je le voyais approcher, je m'éloignais. Je suis faible, je sais qu'il arriverait facilement à me faire craquer, alors je devais le fuir. Je veux savoir où il était, et je ne veux pas le savoir. Aussi, je veux bien croire à ses mensonges, mais qu'il s'applique quoi!

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