Sam, 23 Mars 2019 - La Tête à l'Envers

Publié le par JaneDo

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Sam, 23 Mars 2019 - La Tête à l'Envers

Argh, je me suis trompée! J'étais déjà fâchée avec Pascal, mais je me suis rendue compte après coup que c'était sans raison. Alors mea-culpa. Je m'enflamme un peu vite parfois!

Enragée de savoir que Pascal avait vu Caro et ne m'avait pas même appelée, j'avais décidé que même s'il essayait de me joindre, j'ignorerais ses appels. Il n'y avait personne chez moi pour le voir; mais je faisais la gueule. Je lui faisais la gueule. Folle de jalousie, mais aussi passablement emprisonnée par une angoisse qui grandissait à mesure que les heures passaient, alors j'ai enterré mon esprit dans le travail.

Aux environs de midi et demi, quant j'ai vu le nom de Caroline sur mon natel, j'ai regretté de ne pas l'avoir mis sous silence. C'est ce que j'ai fait. Heureusement par moment, on peut remercier le ciel, la nature fait que, la tête fonctionne quand même, même si on aimerait l'éteindre.

Caroline devait être avec Pascal à l'heure qu'il est, alors pourquoi m'appelait-elle? Bizarre. Je crois que quelque part, tout au fond des méandres de ma caboche, quelque chose me disait de répondre. S'ils étaient ensemble et qu'elle m'appelle, c'était sûrement parce qu'il le lui a demandé, non?

Puis, tout de suite, une horde de doutes sont venus perturber les 2 secondes et demi de soulagement et de joie; oui, mais... pourquoi lui avoir demandé de m'appeler, hein??

Ho, ho, si c'est pour me demander d'aller les rejoindre, alors il pourra aller se faire voir chez les Grecs! La colère recommençait à me monter au nez. Mon natel, sur discret, a recommencé à grésillé. Encore Caro.

Verte de colère contenu, j'ai décidé de répondre à ma copine...

Ah! Pattes coupées. C'était Pascal à l'autre bout du fil, pas Caroline. Mon cerveau bouillant s'est vidé d'un coup. Je ne savais plus ce que je voulais dire, ni ce que je devais faire. J'ai raccroché. Hhhhhhh, surprise, j'ai raccroché. J'y croyait pas. Nulle. Ça me laissait un moment pour me ressaisir. J'avais les joues en feu. Mon natel s'est remis à sonner.

  • Tu as raccroché?
  • Ah! Tu crois?
  • Peste. Tu aurais pu rappeler droit derrière. Enfin... Comment vas-tu?
  • Tu m'appelle avec le téléphone de Caro, pour me demander comment je vais?


Houhouhou, c'était reparti, j'avais retrouvé ma stupidité et ma langue.

  • Non, tu as raison. Dis, tu réponds jamais à ton natel ! Ça fait 3 semaines que j'essaie de te joindre. Je t'ai appelé avant de partir pour Londres aussi. Et niet.
  • Ah bon... ça m'étonne...
  • Depuis mercredi, j'ai essayé plusieurs fois par jour, rien. Depuis le boulot, depuis l'hôtel. Je commençais à croire que tu avais changé de numéro.

Ha! Mon œil. Hum, il ne pouvait même pas penser que je ne voulais peut-être pas le voir, mais seulement que j'avais changé de numéro. Wahhh.

  • Bah, j'ai rien vu en tous cas...


Puis, je me suis souvenue de ces étranges appels de numéros que je ne connaissais pas. Se pourrait-il? Ahhh!

  • Oh! Ooooh... je crois... heum, c'était des numéros que je ne connaissais pas, alors je n'ai pas répondu. Je les ai même bloqué. Hu-hun (rire jaune).
  • Ben, ce n'était que moi. Je voulais te dire que j'étais à Londres, savoir si tu voulais venir me rejoindre, mais voilà... Alors, j'ai fait un crochet par la Suisse... Il a rigolé gêné... J'espérais te voir, mais comme tu ne répondais pas, j'ai bien cru que j'allais repartir sans...

Chique coupée, je ne savais pas quoi dire. Mon cerveau était en burn-out. Les pensées se chevauchaient en vrac avec les questions et les doutes. Pascal avait essayé à l'avance, espérant me convaincre de le rejoindre pour passer le week-end et peut-être le lundi avec lui à Londres. Mais, comme il n'avait jamais réussi à m'avoir au téléphone, il avait changé ses plans pour venir à Lausanne.

Bien sûr, il avait du coup vu quelques amis. Amis qu'il n'aurait pas eu l'occasion de voir s'il était resté à Londres. J'imagine qu'Olivia faisait partie de ce qu'il appelait "quelques amis". Ça me foutait en pétard. Il me disait être content d'avoir vu Caro, parce que du coup, il avait pu utiliser son natel pour m'avoir au bout du fils. Il commençait à désespérer.

Désespérer? Je pouvais difficilement y croire. Ou est-ce que je suis si compliquée? Quant je dois me méfier, je passe carrément à côté, quant on me tend la perche, je ne la vois pas.

Ce soir, il avait rendez-vous avec ses copains. Je notais au passage qu'il ne me proposait pas de le rejoindre!!! Il avait voulu savoir comment j'allais, si je faisais quelque chose ce week-end, si j'avais prévu de sortir... et avec qui. Bref, désenchantée, je voyais la conversation se terminer sans pour autant qu'il me propose un rendez-vous quelconque.

Puis au moment où j'allais effectivement raccrocher en lui disant que je devais y aller. Subterfuge pour ne pas fondre en larmes au téléphone. Ça, je pouvais me le réserver en privé. Pascal a presque crié ; "mais, attends... tu... tu ne veux pas qu'on se voit?". Tu? Moi? J'aurais voulu entendre "Je" ou "On", comme dans "on pourrait se voir un moment?".

Oh la la, je frise le code moi. Ça va pas dans ma tête. Je trouve toujours des raisons de baliser, au lieu d'être contente du peu qu'on m'offre, je jette. Je me suis calmée.

  • Si je veux? Attends, c'est ton voyage, je sais pas ce que t'as prévu. Je crois pas être une priorité. Si t'as des amis à voir, fait. Qui je suis moi...
  • Arrête ça! Est-ce qu'on peut se voir? J'aurai aimé passé le week-end avec toi, mais... comme c'est un peu à la der, je sais pas si tu as déjà quelque chose. Mais bon, je vois que tu n'en as pas envie.



Wahhh, j'ai fondu d'un coup. Une vraie chiffe molle. Je me suis encoublée dans mes mots et je me suis étalée comme une vraie serpillère.

Bien sûr, j'avais envie de le voir. Mais, je ne voulais pas être un boulet ou une corvée. Pascal m'a aussitôt rassurée, que s'il était venu jusqu'à Lausanne, c'était bien pour me voir et pas pour visiter la ville. Du moment qu'il était là, il était bien obligé de voir un peu tout le monde. C'est pour ça qu'il avait rendez-vous avec ses copains ce soir. Quant Thomas a su, il a tout de suite organisé une bastringue chez lui avec les potes.

Il avait presque failli se retrouver à devoir dormir chez Thomas!

Pascal pensait ne pas faire trop tard. Impatient de se retrouver en tête à tête. Peut-être que Thomas m'avait aussi invitée? Ben non. Alors Pascal m'a dit qu'il avertirait la réception du Royal (j'avais eu raison, il était bel et bien là-bas), et que je n'avais qu'à passer quant je voulais... si ça ne me gênait pas de l'attendre un peu. Ou, il pouvait toujours passer me chercher?

Ça ne me gênait pas du tout de l'attendre à l'hôtel . Bien au contraire.

Oh la la! Ce n'est qu'après avoir raccroché que je me suis rendue compte de la merde dans laquelle j'étais. Comme je n'avais pas de nouvelles, j'avais tout annulé; le rendez-vous avec ma coiffeuse, la podologue, et tout ça à la dernière minute.

Ça m'avait fait chier de courir toute la journée comme une dingue pour me faire une tête pour des prunes. J'étais dans le caca. Les cheveux à la Einstein le retour, et je pouvais sans complexe faire un concours de jambes, aisselles et bikini poilu avec Big Foot.

Arhhh. J'étais dans la merde. Je ne pouvais pas passer le samedi soir et dimanche avec Pascal sans risquer de passer à la casserole. Bon, pas le choix; donc rassoir. Pour les cheveux, arh, je devais faire mon brushing moi-même.

Tout ça allait me prendre plusieurs heures, donc ce n'était pas si mal que Pascal soit occupé.

Franchement, je n'aurais pas dû accepter de le voir ce soir. Surtout si je voulais qu'il essaie plus fort la prochaine fois. Déjà, Je n'aurai pas dû répondre à l'appel de Caro sachant qu'elle était en compagnie de Pascal. Tsss. Peut-être qu'inconsciemment, j'espérais qu'elle me le passe ou quelque chose. Certes, je ne m'attendais pas à l'avoir directement en ligne.

Pourquoi est-ce que j'aimais tellement cet homme jusqu'à en oublier ma fierté! Une vraie mollasse.

Mort de rire; pendant que je me préparais, Pascal a appelé pour être sûr que je n'avais pas changer d'avis, et juste pour m'entendre. Débarquer à l'hôtel, toute seule, ça fera un peu "Call Girl" non? Comme une vraie pimbêche, je n'ai pas pu m'empêcher de lui demander s'il cherchait à en être sûr parce qu'il avait une remplaçante au cas où. Futile et étalage ridicule de mon manque de confiance en moi.

Pascal ne me connaissait pas vraiment comme ça. J'étais trop nerveuse...

A l'hôtel, dans sa chambre, je me suis jetée sur son lit pour renifler son odeur. Hélas, je pense que les draps avaient été changés. Alors, comme un chien, j'ai reniflé le pull qu'il avait porté aujourd'hui, et qui était posé sur le dos du fauteuil au coin de la chambre. J'avais besoin de sentir sa présence.

Pascal ne doute vraiment de rien, je pourrais fouiller ses affaires de fond en comble. Mais, je ne l'ai pas fait. D'abord, parce qu'il aurait peut-être pu s'en rendre compte. Je n'avais pas pris d'affaires pour dormir ici. Cela aurait paru présomptueux de ma part. Je pense que je rentrerais dormir à la maison.

Je n'étais pas trop contente avec mes cheveux. Grrr. J'étais persuadée que je tiendrais bon et que je ne le laisserais pas me coucher. Mais, quant je l'ai vu passer la porte, toutes mes bonnes résolutions ont pris la fuite par les fenêtres.


Il a souri... et mon cœur a fondu.

Quant j'ai entendu la porte, je me suis levée précipitamment. En entrant, il s'est arrêté et a plongé ses magnifiques yeux verts au fond de mon âme. J'avais dû oublier à quel point cet homme m'attirait et me plaisait. Mais mon cœur, lui, n'avait pas dû oublier. Tout me revenait.

Pascal a jeté la clé sur la tablette près de la porte et a penché la tête. Mes pieds avaient été coulés dans une masse de béton. Je ne pouvais pas les bouger. Trop lourd. Pascal a enlevé sa veste et est venu me prendre dans ses bras. Son petit bisou dans mon cou m'a fait perdre pieds. Tout ce qui m'avait énervé, au point d'avoir envie de lui tordre le cou, tout le chagrin que j'avais éprouvé et toutes les larmes que j'avais versé, la colère aussi de savoir qu'il avait vu Caroline avant moi... oublié.

Je me suis agrippée à lui de toutes mes forces. J'étais si si contente de le voir. Mon cœur était en fête et battait si fort, que je risquais la crise cardiaque. Je suis sûre que ma tension avait aussi dû grimper de manière alarmante quant il m'a embrassée.

Quant il a essayé d'aller plus loin, je me suis rappelée que j'avais mis ma tenue de combat; slip de grand-mère, vieux soutien-gorge de sport. Hum, je ne pouvais pas le laisser voir ça. Au moins qu'il puisse repartir en ayant que des bons souvenirs et belles images de moi. Et pas de ma tenue anti-viol.

Non non et non. On s'en tiendra aux baisers.

Ciel que c'était dur... Je fondais dans ses bras et je devais faire de gros efforts pour m'en extirper. La vérité, c'est que j'avais envie de lui. Et comment. Mais je manquais totalement de confiance en moi. Je ne voulais pas n'être qu'un bouche-trou d'un petit voyage d'affaires à l'étranger. De plus, Pascal repartait pour Londres dimanche soir, il avait un meeting lundi matin et repartait pour les États-Unis le jour même.

Je dois dire qu'on a beaucoup parlé...

J'ai honte, mais finalement, j'ai dormi à l'hôtel avec lui. Avant, j'ai dû faire un aller-retour chez moi pour me changer, surtout me débarrasser de ma tenue anti-viol, et prendre les affaires que j'avais préparé au cas où. Avant, je suis vite rentrée pour aller chercher les affaires que j'avais déjà préparé à l'avance. J'aurais dû prendre mes affaires et les laisser dans la voiture, ça m'aurait évité le déplacement.

De retour au Savoy, Pascal semblait dormir tout habillé, couché sur la couverture.

Je pense qu'il avait dû s'endormir peu après mon départ. Après avoir posé mes affaires, je me suis couchée sur lui et posé ma tête sur son torse. Ses bras se sont refermés autour de moi et je me suis laissée entraînée par la passion. Parce que je l'aimais avec passion, une passion dévastatrice qui emporte tout sur son passage.

Toute ma peine, les rivières de larmes, les angoisses à répétitions, tout à été effacé dans ces quelques heures dans ses bras. Tout avait disparu. Mon corps et mon âme ont repris vie. J'étais à nouveau au paradis dans les bras de mon amour.

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