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Sam - 4 nov 2023 - Hors contrôle
J'ai bondi hors du lit, et avant d'avoir le temps d'enfiler des pantoufles, j'étais dans le salon, mes yeux braqués sur la main que la ploukette avait enfilé sous la chemise de mon homme. Je voulais lui demander ce qu'elle pensait être en train de faire, mais les mots sont restés bloqués, emprisonnés au fond de ma gorge, la langue paralysée.
Mon apparition soudaine a eu pour effet de faire tourner toutes les têtes. J'étais hors d'haleine, le coeur fracassé, sans réussir à prononcé un seul mot. Je suis restée statufiée quelques secondes. Au moins, mes jambes ont bien voulu obéir et ont pris le relais à la parole. En 2 secondes j'étais vers le fauteuil dans lequel ils étaient.
Je ne crois pas que ma tête réfléchissait, mais un je-ne-sais-quoi, j'ai retiré la main de cette nana des pectoraux de mon mec et l'ait retirée et je-ne-sais-comment, je l'ai aussi arrachée des genoux de Pascal. Lui souriait toujours. Je crois que personne n'a vraiment pris la mesure de ce qui se passait. Moi, dedans, c'était le Vésuve en fusion total.
On dirait que ma petite crise de jalousie ne dérangeait pas Pascal. Je voyais rouge. Je crois avoir entendu quelqu'un baragouiner; "mais elle est dingue celle-là". Je pense qu'on pouvait entendre ma voix trembler, quant j'ai réussi enfin à prononcer quelques mots, aveuglée par l'angoisse, que Pascal s'interpose pour prendre les défendre...
- Je peux savoir ce qui se passe ici? Vous vous croyez où?
Personne ne m'a répondu. Ils me regardaient tous comme si j'avais perdu la tête, ou que j'étais une extraterrestre.
- Je pense que la fête a assez duré, tous, dégagez d'ici.
- Hé l'autre, ce n'est pas chez toi ici, mais chez Pascal.
Je crois que c'est Milan qui avait parlé. Pascal ne disait rien, il avait toujours le sourire et me regardait perdre la face. Je priai pour qu'il n'intervienne pas. Qu'il n'aille pas me dire de me calmer et de me joindre à eux, ou un truc aussi barge. S'il l'ouvre pour prendre leur parti, je me tire.
Mes yeux devaient lancer des flammes quant je me suis tournée vers Milan. Il n'a pas répéter sa connerie, mais il a osé me défier, en proposant qu'ils aillent tous chez lui. Pascal s'est levé pour partir avec eux? Mon estomac s'est tordu. Si Pascal part avec eux, ce serait l'humiliation ultime. Pourtant, je devrais être satisfaite de les voir partir.
Pascal a dit qu'ils étaient désolé pour le bruit et s'est tourné pour les suivre. Mon coeur a serré comme un moteur qui s'enraille. Les autres étaient déjà à la porte et Pascal se dirigeait vers eux. Je ne pouvais tout de même pas le supplier de rester? S'il avait un peu de jugeote, il saurait qu'il n'avait pas intérêt à faire ça? Se serait impardonnable.
Mes jambes étaient lourdes, mais j'ai réussi à lui passer devant et leur ai ouvert la porte. Le poing serré, la gorge sèche, j'allais devoir le stopper ou au moins tenter. J'ai attrapé un pan de sa chemise, il l'a senti et s'est retourné vers moi. Il a compris. Il ne pouvait pas partir, sans que ça cause un désastre cosmique dans notre relation.
Je crois que Pascal est resté à contre coeur. J'aurai peut-être dû rester dans la chambre. Ne pas intervenir. Maintenant, je devais supporter qu'il soit déçu que j'aie gâché l'ambiance. Quelqu'un l'a appelé. Qui? Aucune idée. C'était comme si j'étais sous l'eau, les oreilles à moitié bouché, et que j'entendais les sons distordus.
Milan lui a fait signe qu'ils prenaient sa voiture. Pascal a détaché ma main de sa chemise. J'ai cru que j'allais mourir, fondre sur place. La douleur dans ma poitrine était immense. Je me sentais humiliée à mort, moi là debout en training, alors qu'ils étaient tous habillé pour sortir. J'avais l'air d'une plouk, mal fagotée, grosse, laide.
Pascal est descendu vers eux, a dit qu'il était tard, que ce sera pour une autre fois. Milan l'incitait à les suivre. Pour éviter qu'il finisse par réussir à le convaincre, j'ai dis que j'avais peut-être sur-réagi. Qu'ils pouvaient rester encore un peu s'ils le voulaient. Mais, en pointant du doigt la pouffe de tout à l'heure; qu'elle arrête de tripoté mon mec.
Forcément, j'avais déjà pourri l'ambiance. J'ai dis à Pascal que j'allais me coucher, et j'ai tourné les talons. Dans la chambre, je me suis appuyée à la porte. Je tremblais de tout mon corps. Pascal ne partirait pas avec eux, au grand dame de Milan. Soit ils s'en allaient, soit ils restaient, sachant que j'étais à quelques mètres...
Ben, ils ont décidés de trainer encore un peu là, sachant que Pascal n'irait nul part. Je ne les entendais plus, le bruit à nettement diminué, ils chuchotaient. Tendus, ils jetaient de temps à autre des petits coups d’œil en direction de la chambre. Ils savaient que je pouvais débarquer au salon à tous moments.
J'avais un peu soif, mais bon!!!
La pouffe se tenait à carreau, même si elle s'était assise près de Pascal. Impossible d'entre ce qu'ils se disaient, ils se parlaient presque à l'oreille. Il y avait aussi une chaine musicale qui jouait au bruit de fond.
J'ai fini par m'endormir. Le matin, Pascal dormait encore, ma tête sur son épaule et un bras par dessus ma hanche.
C'est la chaleur qui m'a réveillée je crois. Ou j'avais peut-être sursauté en réalisant que je m'étais endormie. Ahhh, c'était déjà le matin. J'ai tenté de m'extirper du lit, mais Pascal m'a retenue. Ciel, j'avais mal partout. Ma petite explosion d'hier soir m'avait laissée courbaturée. Probablement parce que j'avais été tellement tendue.
Il voulait que je reste couchée. J'imagine qu'il devait être encore mort à cause d'hier soir. J'ai voulu attendre qu'il s'endorme pour me lever, mais je me suis endormie. Finalement, quant on s'est levé, Pascal a été prendre sa douche, pendant que je me trainais à la cuisine pour m'enfiler un café. J'ai cru que j'avais des visions...
Caro jouait les fées du logis dans la cuisine! Elle s'était invitée chez Pascal. Comment mal réagir? Toute pimpante et souriante, elle avait préparé la table du petit déjeuner, avait débarrassé les cadavres qui devaient trainer un peu partout. Une vrai perle. J'ai bu mon café en silence. Elle savait que je n'étais pas du matin.
J'ai été remplacé Pascal sous la douche. Peut-être que ça couperait mon engourdissement. On a parlé de ce qu'on allait faire après. Ils avaient envi d'aller faire les magasins, faire du sport. Moi que dalle. Ça ne me disait rien. Je n'avais pas envie de bouger. J'aurai voulu être chez moi pour retourner me coucher après le déjeuner.
Je les ai regardé partir, et je suis retournée aussi sec me recoucher. J'étais raide et j'avais la flegme. Je suis retournée chez moi prendre quelques affaires avant de retourner chez Pascal. Ce soir, on mangeait dehors avec quelques amis... après, je ne sais pas. J'espérais rentrer après le restaurant et larver avec Pascal.
Pascal n'a rien dit à propos d'hier soir. Pas de reproches. Est-ce qu'il se souvenait de ce qui s'était passé? Ou rien du tout?
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