016/11 - Blessure ouverte
Dimanche, 16 janvier 2011 ;
Arf, je le déteste, je le déteste, je le déteste... Je n’arrivais pas à supporter ma peine, je manquais d’air, difficile de contrôler ma respiration et les larmes continuaient à couler malgré le fait que je ne pleurais plus. J’avais un gros bloc au fond de la poitrine et la souffrance semblait vouloir stagner.
Je le haïssais et je l’aimais en même temps et j’avais beaucoup de peine à faire de l’ordre dans ma tête.
C’était un peu plus d’1h du matin quant je suis arrivée au bar où se trouvait toute l’équipe et j’avais un peu les boules. Je me sentais patraque, il me fallait reprendre le contrôle sur moi-même, je ne voulais pas m’effondrer en larmes, ce serait la honte. J’ai immédiatement aperçu Thomas debout au bar, alors j’ai été directement vers lui. Je n’ai pas fait très attention à ceux qui étaient autour parce que je ne voulais pas voir Pascal. Mon cœur aurait sûrement lâché, alors autant éviter.
Je voulais sortir pour montrer à Caro que j’avais repris le dessus, pour faire plaisir à Thomas, et aussi pour montrer à Pascal que j’allais aussi bien que lui. Je voulais aussi voir la tête qu’il faisait après “sa petite partie de jambes en l’air”. Pour l’instant, je n’étais pas capable de le regarder. Même en lui faisant la bise, je souriais à Caro comme si j’avais un truc à lui dire, d’ailleurs après Pascal, c’est elle que j’ai salué.
J’avais aussi un peu la trouille, parce qu’à force de repousser Thomas, il s'était fait une raison, compris que c’était chacun pour soit, il pouvait faire ce qu’il voulait, sortir avec qui il voulait, même si de temps à autre on se voyait. J'allais finir par le perdre à force. Je crois que j’avais fait une erreur, alors, je voulais me rattraper un peu.
En fait, j’étais paumée, je ne savais pas très bien où j’en étais, tout allait trop vite, me poussait dans des directions opposés, ou que je n’étais pas encore sûr de vouloir prendre. Je nageais dans de la vase, alors je me suis décidée à me laisser porter par les événements... On verra bien quoi!
Pascal discutait dans son coin, c’était encore trop prêt. J’entendais sa voix et ses rires, et de temps à autre ça me faisait de petits pincements assez désagréables. J’ai immédiatement vu Marilou qui se tenait à côté de lui et qu’ils se parlaient comme si de rien. Si je les avais pas vu plus tôt, je n’aurai jamais imaginé ce qui c’était passé!!!
Tout de même, j’ai eu un petit sourire intérieur en me rappelant de Marilou dans sa position chien, en train de se taper elle-même sur les fesses!! Ridicule!
Je sais que Pascal n’avait pas trop aimé, ça se voyait à l’expression de son visage. Je n’avais pas pu les regarder tout le temps, c’était trop pénible, mais c’était une des scènes qui m’avait marquée et surprise. Elle avait été quelque peu vulgaire, un peu trop excitée, un peu trop à lui sauter dessus tout le temps, à faire des trucs incroyables, probablement pour impressionner Pascal, mais je savais que ça ne lui plaisait pas. Elle avait l’air d’une p.. Je les avais entendu, lui et Caro en parler et en rire. Pascal avait trouvé ça horrible. Ou peut-être que je ne suis pas objective parce que je la déteste?
Caroline est venue enfiler sa main dans la mienne et est restée collée à moi. C’était quand même adorable. On s’est mis à se chuchoter dans l’oreille.
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J’suis désolée que tu ai dû assister à ça... Je regrette un peu de t’avoir dit de rester. Tu l’aime toujours n’est-ce pas?
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T’es chou, mais non, c’était au contraire gentil, et disons, nécessaire hein! Je crois que j’avais besoin de ça pour me détacher de lui.
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Je suis contente de voir que tu va mieux, ça m’a fait de la peine de te voir pleurer comme ça.
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C’est rien, c’est passé.
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Juste pour que tu saches, c’était mieux avec toi!
Ça m’a fait rire. C’était du semblant, parce qu’à l’intérieur, j’avais toujours une petite main de fer qui me serrait le cœur. C'était chou l'empêche, malgré qu'elle soit ma rivale, Caro essayait de me consoler comme elle pouvait. Thomas s’est tourné pour nous donner le signal du départ en me passant un bras autour de la taille. Malgré tout ce que je lui avais fait, Thomas restait adorable avec moi.
J’avais remarqué que Pascal m'observait, il avait aussi observé mes chuchotages avec Caro, de mon côté, j’évitais soigneusement de me retrouver seule avec lui ou de devoir lui parler. Je dois dire que Caro a été adorable avec moi toute la soirée.
En boîte, on s’est retrouvé par hasard côte à côte autour de la table. Comédienne, quant il m’a demandé comment j’allais, j’ai répondu bien et je me suis immédiatement penché de l’autre côté pour chuchoter quelque chose à l’oreille de Thomas.
J’ai choisi la 1ère chose qui m’est venu en tête; je lui ai demandé si je pouvais boire et si je pouvais compter sur lui pour me ramener. Banal, mais c’est la seule chose qui m’est venu en tête. Ensuite, après avoir pris une gorgée de mon verre de vodka, je me suis précipitée sur la piste pour danser vers Caro.
Caro dansait avec Marilou, qui lançait des œillades débiles en direction de Pascal.
(...mouais, je ne suis pas très objective, mon ressentiment pour elle transparaît à chaque phrase, zut...)
Caro et Marilou riaient en se racontant des trucs à l’oreille, dès que je me suis pointée, Marilou m’a regardée de haut et s’est détournée. Quelle PéTasse. J’avais du plomb dans les pieds, mais rien qu’1 ou 2 verres de plus n’arrangeraient pas. Très vite, j’ai oublié tout le reste, c’est pour ça que j’aime la musique!
Thomas est venu danser avec nous, il s’est collé derrière moi en passant un bras autour de ma taille. C’était chou. Je me suis tournée vers lui pour danser. J’aime comme il danse, il est trop sexe. J’aime le voir danser et j’adore danser avec lui.
Avec le recul, je vois maintenant que quant il se passe, ou s’est passé quelque chose avec Caroline, elle est rayonnant et reste en retrait. Pascal aussi était calme, comme je le connaissais au début. Il restait à la table, discutait avec ses copains, ne naviguait pas à discuter à droite et à gauche. Je saurais reconnaître les signes. (mais pourquoi? Je n’en avais plus besoin, rhhh!) Je ne voyais pas celui que m’avait décrite Caro, celui qui allait se planquer dans un coin pour discuter avec une fille!!! Avant de quitter la piste, Thomas m’a embrassée et je n’ai pas fait mine de le repousser.
Je me demande si inconsciemment je l’utilisais, ou si j’avais peur de le perdre et de me retrouver toute seule???
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Qu’est-ce qui se passe? Ou qu’est-ce qui s’est passé? Tu as parlé à Pascal ou quoi?
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Non! Rien! Pourquoi tu me demande ça?
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Je sais pas... D’habitude quant j’essaie de t’embrasser quant Pascal est dans les parages, tu te bloques! Je sens toujours une certaine réticence, là rien. Alors, je me demande ce qui t’arrive, ce qui s’est passé?
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Je t’assure que tu te fais des films. Il ne se passe absolument rien.
Thomas m’avait tiré un peu à l’écart. Il avait remarqué notre attitude, à Pascal et moi l’un envers l’autre, remarqué que j’étais venue directement vers lui et senti ma réticence à saluer Pascal. Aussi, il trouvait étrange ce copinage avec Caro, il avait remarqué qu’elle m’avait pris la main quant on était au bar. Je l’ai rassuré en lui disant qu’il ne se passait rien, que c’était pas une nouveauté qu’on s’aimait bien Caro et moi même si on se prenait la tête parfois.
De retour à la table, j’ai tout de même fait attention de ne pas m’asseoir près de Pascal, qui lui n’avait pas bougé depuis tout à l’heure. Thomas discutait avec ses copains et de temps en temps, il lançait un petit coup d’oeil dans ma direction, nos regards se croisaient, alors on se souriait avant de détourner la tête. Ben oui, si j’avais l’intention de sortir avec lui, il fallait que je l’observe pour voir s’il y avait plus de choses que j’aimais que de choses que je n’aimais pas, alors oui, je passais mon temps à le regarder.
Peut-être que c’était pour faire enrager Pascal? Je n’en sais rien. Je m'efforçais d’oublier sa présence et surtout de le regarder. D’ailleurs quant il a été rejoindre Thomas, j’ai regardé ailleurs. Je ne voulais pas me mettre à les comparer.
( Je le déteste, je le déteste, je le déteste, c’est la seule chose qui me traversait la tête le concernant... )
J’étais tellement occupée à éviter de regarder dans les coins où se trouvait Pascal, que je ne l’avais pas vu revenir à la table, ni qu’on était pratiquement seuls. L’angoisse. Si j’avais remarqué qu’il revenait à la table, j’aurai pris mes jambes à mon cou et j’aurai détalé en flamme! D’entendre sa voix avec sa joue presque collée à la mienne m’a fait sursauter.

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Tu m’évites ou quoi?
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(Jeeez, comment t’a deviné ça?) Non, pas du tout!
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Tant mieux, ç’aurait été triste. Tu sais tu peux toujours venir vers moi, ou me parler et j’ai toujours le même numéro de téléphone...
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(Vraiment? Ben, c’est dans les 2 sens mon vieux, t’aurait aussi pu m’appeler quant tu voulais... avant! Va te faire voir!) Oh! Ok!
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Tu es distante... Qu’est-ce que tu as? Tu va bien?
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Tu me veux quoi? Tu veux avoir la conscience tranquille et savoir que tout va bien? Alors, tu m’as plaquée, mais ça va bien. Je vais bien.
J’ai souriais quant intérieurement, je lui faisais un bras d’honneur. Il avait l'air si innocent que ça me faisait encore plus mal et m'énervait au plus haut point. Je me suis levée pour retourner sur la piste. Je ne voulais pas lui parler. Je n’ai pas eu de chance, parce qu’ils ont mis des slows et Pascal s'est permis de passer son bras autour de ma taille pour me m'inviter à danser... Ça, ça... Je pouvais pas. Oh! Non! Je ne pouvais pas, je ne voulais pas.
Avec un grand sourire, que j’ai eu toutes les peines du monde à rendre crédible, je lui ai dis que j’avais promis de danser avec Thomas, alors désolée et je me suis enfuie.
Pourtant, Pascal était tout calme ce soir, restant sur la réserve, entouré de ses potes, gardant ses distances avec Marilou et même Caro... C'était bien joué, en d'autres circonstances, je n'aurai rien deviné, rien remarqué... Iak, je le déteste!
Mais... je savais pourquoi... On pourrait croire qu’il était fatigué, mais je savais bien que non. Ma tête était encombrée de pensées; toutes les fois où il avait cet air là, était-ce parce qu’il avait...? Et cette manière d’éviter de se faire harponner par les filles, c’était juste pour que je m’imagine qu’il n’était pas intéressé? Ou qu’il tenait à moi? Ou pour ne pas me faire flipper? Arf, j’avais le cerveau en bouilli... Toutes mes certitudes avaient pris l’eau!
J’ai couru enfiler ma main dans celle de Thomas et lui ai demandé de danser.
Glups, je n’avais pas remarqué que Thomas discutait avec son ex et que ce n’était peut-être pas le bon moment. J’ai failli tomber à la renverse quant je m’en suis rendue compte. C’était un peu trop tard, elle avait vu mon geste, le regard qu’elle m’a lancé aurait suffi à me mettre sur la voie sinon. Si ses yeux aurait pu fusiller, Thomas aurait été raide, parce que après m’avoir regardée de la tête au pied, elle lui ai lancé le regard qui tue.
Prise de court, je me suis excusée de les déranger, Thomas a essayé de me dire que ça ne faisait rien, que je ne dérangeais pas. Il m’a attrapé par la main pour que je reste, mais je me sentais mal à l’aise, alors je lui ai dit que je rentrais, qu’il fallait pas faire attention à moi. Thomas m’a suivi et je lui ai dit que je ne voulais pas lui causer de problèmes, j’avais juste pas vu avec qui il parlait et je l’ai dépêché de retourner discuter avec sa copine avant qu’elle ne fasse une scène ou ne lui donne encore une tarte.
J’ai filé comme une hélice. Je ne voulais pas que Pascal ou qui que ce soit remarque mon malaise.
Thomas m’a appelée 1h plus tard, pour me demander où j’étais. J’étais rentrée et je n’étais pas en état de voir qui que ce soit, alors j’ai baragouiné une excuse et qu’on se verrait le lendemain.
Des rivières de larmes avaient refait surface, et le top, cette fois, j’avais les yeux enflés comme des ballons de foot! Je ne pleurais non pas à cause de Thomas, je m’en suis vite rendue compte, c’était encore et toujours Pascal. J’avais fait de gros effort ce soir pour montrer une figure sereine, mais dès que j’ai quitté la boîte, j’ai sombré. Je l’aimais toujours, et TOUT me faisait mal; ma peau, ma tête, le cœur... tout.
Il fallait que je dorme, c’était la seule façon d’arrêter de penser. Donc, je me suis enfilé un 1/2 somnifère et encore un verre et une 1/2h à peine plus tard, je planais. J’étais raide. Dès que j’ai posé ma tête sur l’oreiller, je me suis envolée dans les bras de Morphée. Fabuleux.
Je me suis réveillée un peu dans les vapes, mais pour l’heure, tout allait bien. Je me suis plongée dans un bain avec des petites bulles partout et j’ai lu. Après, j’avais prévu de peindre. J’ai dû sortir du bain précipitamment à cause de la porte. Une visite???
C’était mon chevalier servant, Thomas. Il était trop chou avec ses cheveux bouclés qui lui mangeaient les yeux et son débardeur bordeaux. Les mains dans les poches, il faisait la tête de celui qui sait qu’il dérange, ben, il ne me dérangeait pas du tout. Thomas était passé hier soir après notre coup de fils, comme je ne répondais pas, il a eu l’impression que je lui en voulais à cause d’hier soir avec son ex. Mah Non! Je devais déjà être profondément endormie et je n’ai pas entendu la porte!
J’ai vu l’étincelle dans ses yeux en regardant mes épaules nus, ça m’a fait sourire. Titillée par son regard rempli de convoitise et son air de mauvais garçon, je l’ai attrapé par la ceinture de son pantalon pour le tirer à l’intérieur... J’étais contente de voir sa tête en ouvrant la porte. Je lui ai fait sa fête en long et en large, il est reparti sur les rotules avec un sourire béat, non sans avoir insisté comme un malade pour qu’on sorte ensemble le soir. On verra... En tous cas, Thomas ne regrettait pas d’être passé à la maison!!
Est-ce qu’une fois de plus, j’avais utilisé Thomas pour me venger?
J’avais refusé d’aller manger avec lui et toute la bande, parce que je savais que Pascal serait là. Je n’étais pas encore en état de lui faire encore face, hier soir j’avais donné mon max. J’avais besoin d’un peu d’espace. Je le détestais encore trop fort, les images n’avaient pas encore disparu de ma tête et je savais que ça prendrait sûrement du temps. Mais je n’avais pas à m’imposer son regard innocent, ça m’agaçait.
Thomas pensait passer plus tard en rentrant, mais j’ai prétendu avoir quelque chose en début de soirée, par contre, j’irai le retrouver plus tard. En fait, une fois que je serais sûre que Pascal aura pris la route. Je voulais profiter d'une petite soirée tranquille, et quant j’aurai envie de dormir, j’irai le retrouver, pas avant.
------ Blessure ouverte -- Dim.16.jan.11 - (016/11) ------