03/15 - Juste un kiss

Publié le par JaneDo


Samedi, 3 Janvier 2015 - 03/15 -  Juste un kiss

Purée, le soir, j’avoue que je n’avais carrément pas envie d’aller traîner en boîte, mais j’ai suivi le mouvement. Ni Caro, ni Steven ne parlait du fait que Caro avait dormi dans sa chambre au premier. J’ai entendu quelques sous-entendus, quelques rumeurs.
Ce n’était rien de grave, mais, c’est cette réaction qu’ont les gens de changer de sujet, de se taire dès que vous apparaissez, de filer, de chercher à vous éviter, ce sont ces réactions là qui me casse le cul le plus.

C’est ça qui me fait tiquer et parfois péter un câble. L'impression qu'il me fait passer pour une gogole!

Toutes les personnes à qui j’ai posé la question ne m’ont pas répondu. C’était eux là même que j’entendais chuchoter dans mon dos. Et pourtant, il n’y avait pas de quoi fouetter un chat.

Apparemment, complètement bourré, Caroline et Steven se sont embrassés. Il n’y a que Pascal qui m’a répondu, et il n’avait pas l’air fâché.

Pascal trouvait qu’il n’y avait pas de quoi en faire toute une histoire, et que les 2 protagonistes ne se rappelaient probablement même pas de l’évènement. Pascal en rigolait, donc, ça ne devait pas donner matière à chipoter.

On dirait que la plupart pense que c’était pour ça que j’étais montée me coucher. Pfff.

Finalement ce soir, je suis restée au chalet. Je n’aurai pas dû. Cça n’a fait que conforter ceux qui pensaient que je faisais la gueule, parce que je m’étais sentie blessée. C’était peut-être pour ça que Pascal en riait? Pourtant, ils ont bien vu que rien n’avait changé entre Steven et moi, ni entre Caro et moi?!?

Qu’ils pensent ce qu’ils veulent je m’en fiche.

Pascal était sorti avec la première bande, et lorsqu’ils sont arrivés en boîte, il ne m’avait pas vue, alors il est rentré. On a bavardé devant la cheminée un moment, on était seuls au chalet. C’était super… agréable. Alors qu’on discutait, je l’ai embrassé. Moi. J’ai fait le premier pas. Sa réaction a été presque instantané, il m’a emmenée en haut et nos corps ont refait connaissance. :)

Caroline est rentrée peu après, et a commencé à me bombarder de message, elle aurait voulu venir nous rejoindre. Bien vu, elle a tout de suite deviner que j’étais avec Pascal. Elle n’était pas seule à jouer au harcèlement, Pascal aussi avait reçu des messages d’Elodie tout au long de la journée.

Pour éviter les malentendus, on est redescendu au salon et on a regardé un film après avoir parlé. On a beaucoup discuté de comment on avait vécu l’année qui venait de s’achever. C’était par moment assez inattendu. Puis, d’un commun accord, on a décidé qu’il valait mieux regarder un film au lieu de parler du passé. Après tout, ce qui est fait est fait. Mais moi, je pense que c’est bon d’en parler, ça permet de mieux comprendre.

Pendant le film, tout à coup, j’ai eu un petit “tilt” dans ma tête; est-ce que Pascal était sorti plus tôt pour aller voir Elodie? C’est à ce moment là que j’ai réalisé que les messages avaient brusquement diminués.

Je n’ai pas pu garder ma question pour moi. Je ne voyais même pas le film tellement que la question sonnait et occupait toute la place dans ma tête. A la première pause, avant même que Pascal ait eu le temps de se lever, j’ai demandé. Je voulais savoir si j’avais raison en fait.

Son regard fuyant et son hésitation ont répondu à ma question; “Non, tu rigoles… J’ai été prendre un verre au Pub avec mes potes”. Je n’ai pas cherché à le cuisiner. C’était inutile. Je ne voulais pas le forcer dans ses retranchements, et si je l’acculais à devoir me dire la vérité, après je serais obligée de lui faire une scène et je n’en avais pas envie.

Après le film, Caro a proposé qu’on aille se baigner à la piscine. Pascal était partant, mais moi pas trop. J’avais froid jusqu’à l’os. Probablement les restes de ma soirée de beuverie. Je ne suis pas idiote, je voyais bien que Caroline tentait des approches. Si elle cherchait à renouer un trio, je n’étais pas d’humeur. J’étais cassée.

J’ai préféré les laisser et aller lire dans l’attique. J’ai dit à Pascal de prendre son temps, qu’il pouvait même rester en bas quant les autres rentre pour continuer à faire la fête avec eux. Il n’avait pas à se précipiter en haut parce que moi j’y allais.

Il est tout de même monter quelques minutes après. Je pense que c’était pour vérifier que j’allais bien et que je pensais ce que je lui avais dis. J’étais confortablement installée dans son lit à lire. Rassuré, Pascal est redescendu. Je ne l’ai pas entendu revenir se coucher, j’étais déjà endormie depuis belle lurette.

Le lendemain matin, j’ai réalisé que j’avais complètement zappé Steven… hum!

J’ai croisé Jess à la cuisine et elle m’a lancé un regard de cendre. Je faisais tout pour l’éviter, et quant j’ai pénétré dans la cuisine, j’avoue que j’avais failli faire demi-tour illico presto. Mais, elle m’avait vu. On ne s’est évidemment pas adressé la parole. Je me suis sentie soulagée de la voir quitter la cuisine. Je pouvais enfin me détendre et avaler mon café tranquille.

Mais Jess est revenue sur ses pas, et m’a demandé si j’allais bien. J’ai dit que oui. De toute façon, même dans le cas contraire, j’aurai dit oui. Je pensais que ça mettrait un terme à la conversation. Mais même pas. Jess s’est excusée de toujours avoir envers moi, une première réaction d’animosité. Elle m’a dit qu’on pourrait essayer cette nouvelle année d’essayer de se rapprocher, d’être amies.

Glups, je devais être encore plongée dans un cauchemar!!! Etre amie? Je ne crois pas que ce soit possible, mais pourquoi pas!

Au chalet, on a passé une journée calme, on a fait des jeux de sociétés, et on a mangé au salon. La plupart d’entre nous étions fatigués. En milieu d’après-midi, Pascal et 2 autres copains sont sortis pour aller à la patinoire. L’intérêt de Pascal pour la patinoire nous semblait suspect.

Hum… j’imagine que Pascal n’avait pas du tout l’intention d’aller avec les 2 autres, ils ne sont que son alibi. Je suis sûre qu’il a été retrouver Elodie.

Caroline soupçonnait elle aussi que Pascal s’arrangeait pour passer des petits moments avec Elodie. On avait décidé de le suivre de loin. On voulait en savoir plus, en être sûre.

Ils sont partis à pieds, et nous quelques instants plus tard. On a marché vite, tout en restant en arrière, et hors de vue. Arrivé au village, c’était plus facile pour se fondre dans la foule. De toute façon, Pascal était loin de se douter qu’il était suivi.

Et c’était bien ce qu’on pensait…

Près de la patinoire, le petit groupe de trois s’est arrêté pour discuter un moment, avant de se séparer. Les 2 copains se sont dirigés à la patinoire, et Pascal est parti en direction du centre. On l’a suivi. J’avais le coeur dans la gorge. C’était une chose d’imaginer le pire, mais d’en être témoin, la vache, ça fout un coup.

Pascal a traversé la place, s’est enfilé dans une ruelle, s’est arrêté à la boulangerie. Sans soupçonner quoi que ce soit, il a repris son chemin. On a cru qu’il revenait au chalet, mais non. Elodie était donc là, dans cet hôtel près du chalet. Voilà pourquoi il n’avait pas eu besoin de prendre sa voiture.

Bizarrement, on a fait aucun commentaire, la marche a été silencieuse, chacune plongée dans ses propres pensées. Bon, faut dire que ça grimpe pas mal, et avec ce que je fume, j’ai pas de souffle. Mais ça m’arrangeait aussi. Au chalet, j’ai été me recoucher. Je voulais éviter d’analyser ce que je venais de voir, et dormir me donnait cette chance. Je serais plus en forme ce soir et je verrais bien si cela vient me hanter ou pas.

J’ai dormi pendant une bonne heure et demi, comme une planche. Je me sentais reposée et en pleine forme. Mais, je n’avais pas digéré ce que j’avais vu. A peine les yeux ouverts, c’est revenu en vrac me heurter de plein fouet. Je n’arrivais pas à accepter qu’il ait pu être si tendre, me faire l’amour comme si j’étais la seule femme qu’il aime, probablement en faire autant avec Caroline et encore filer en douce pour aller voir Elodie.

Ce qui m’agaçait par dessus tout, c’est de penser que pendant qu’il était au chalet avec nous, à rire, à s’amuser, à me prendre la main, me faire des bisous et des câlins, il était aussi en même temps, en train de chercher comment et quant prendre la tangente pour aller vers Elodie. Ça, ça me bouffait la tête.

Y a pas à dire, l’année 2015 commençait salement mal…

Non, je n’avais pas envie de rester là et passer la soirée à le dévisager pour voir si je pouvais détecter un sentiment de culpabilité dans ses yeux, un regard évasif, une moue préoccupée ou autre. Si je ne voyais rien, je serais ça de plus traumatisée qu’il arrive à couvrir sa trahison. Et après tout, rester ici pour passer toute la soirée à attendre de passer 5mn avec lui? Non, trop nul.

J’étais descendue après ma petite sieste, pour constater que Pascal, de même que  ses 2 acolytes, n’étaient toujours pas rentré. Ma décision était prise, je rentre chez moi.

Rester ne ferait qu’être celle qui les empêche de se voir, cela risquait de le faire penser à elle tout le temps, à chercher des échappatoires, et même croire qu’il l’aime peut-être. Au moins en cédant la place, j’avais une chance de capter toute son attention, et occuper toutes ses pensées. Alors basta.


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