04/2014 - Still friends

Publié le par JaneDo


Samedi, 4 janvier 2014 - 04/2014 - Still friends

Caroline est redescendue pendant la journée. Elle était déprimée. Pascal l’avait évitée soigneusement toute la soirée de Nouvel An, évitée la journée et le soir d’après. Bref, vendredi, elle a quand même essayé de lui parler. Rien. Il lui a conseillé de rentrer, qu’il ne pouvait pas lui consacrer de temps. Qu’il ne le voulait pas. Il pensait avoir été assez clair. Glups.

Caroline avait quand même essayé de l’approcher, pensant qu’il pouvait au moins se parler en tant qu’ami. Mais, Pascal n’était pas de très bonne humeur. Il était maussade, peu bavard, le visage fermé. D’ailleurs, même pendant la soirée du réveillon, il n’a presque pas desserré les dents. Ses seuls sourires ont été pour sa femme. Il est même resté à l’écart et il avait l’air de s’ennuyer à mort.

Chaque fois qu’elle avait essayé de l’approcher, il s’était visiblement détourné et éclipsé. Caro était au fond du gouffre.

Ce qui est bizarre, c’est que quant quelqu’un est à ras les pâquerettes, on se sent mieux. Peut-être parce qu’on se sent obligé de faire bonne figure et de leur remonter le moral. Elle me faisait de la peine. Aussi pour moi, mais ça c’était secondaire. Il pleuvait sans discontinuer, et on a passé l’après-midi enroulé dans des couvertures, devant la télé. On ne la regardait même pas.

Caroline me racontait par le détail sa souffrance, qui faisait écho à ma propre douleur.

J’aurai préféré ne pas avoir à parler de Pascal. J’avais raccroché. Je ne voulais plus penser à lui constamment. Mais, Caro était aussi mon amie, je ne pouvais pas la laisser tomber. Je la sentais se liquéfié, son coeur se réduire en cendre.

J’avais vraiment de la peine pour elle. Je me voyais en elle. Elle était le miroir dans lequel je voyais le chagrin que je cachais au fond de moi. Caroline était dévastée par la froideur de Pascal envers elle.

Elle me demandait ce qu’elle avait fait de mal. Pourquoi il ne voulait pas lui laisser une petite place. Pourquoi est-ce qu’il voyait encore Elodie et pas elle. Bref, toutes les questions que je ne voulais plus me poser. L’air de rien, c’était pénible. J’aurai voulu fuir.

L’image de Pascal, ses sourires, ses rires, l’éclat de ses yeux, la douceur de sa voix, me torturaient, et me donnaient envie de le voir. Bêtises.

Je l’ai consolée autant que j’ai pu. Essayé à plusieurs reprises de changer de sujet. Après avoir pleurer des bidons d’eau, on a rigolé en se rappelant certains bons moments avec Pascal, la tête qu’il faisait quant on le surprenait en faisait des trucs auxquels il ne s’attendait pas. On a eu un petit instant de tristesse en pensant que tout ça était loin, qu’il n’y aurait plus de ces moments inoubliables.

Caroline m’a demandé s’il se passait des trucs avec Thomas. Elle m’avait vue chez lui à plusieurs reprises. Méfiante, je lui ai dis qu’on était seulement copain. Caro a de la peine à garder sa langue, alors je ne voudrais pas qu’une info lui échappe et atterrisse dans les oreilles à Pascal. Pourquoi? Je me demande! Ça ne change plus rien, nous deux c’est fini. Pourtant, je ne veux pas qu’il l’apprenne. Pas encore. J’attends que ce soit lui qui accumule d’abord les mauvais pas.

Cette journée et soirée avec Caro m’avait achevée. Je me sentais plutôt déprimée en rentrant. J’avais mis la musique à fond pour ne pas laisser de place dans ma tête à la réflexion. A la maison, j'ai tout de suite avalé un petit somnifère, et je me suis jetée dans un film direct; "Looper". Film d'action, tortueux. Parfait. Pas de place pour le vagabondage de l'esprit.


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